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La stratégie énergétique du Parti Libéral du Québec
Daniel Breton dénonce le scandale de "10 ans de gaspillage énergétique"

Le député provincial de la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Daniel Breton, exprime son point de vue sur la stratégie énergétique de l'ancien gouvernement du parti libéral du Québec, lors d'un débat à l'Assemblée nationale du Québec qui traitait du rapport d'une commission parlementaire sur la fermeture ou le déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2 et Gentilly-1.

 

  Québec

 

 
 
 

Daniel Breton, député provincial de la circonscription de Sainte-Marie-Sainte-Anne, Région de Montréal

Jean-Claude Pomerleau qui a fait circuler cette vidéo, écrit que pendant les 9 années qu’ils ont été au pouvoir, la politique énergétique des libéraux a été un désastre qui nous a coûté des milliards.

Elle aurait été encore plus coûteuse, n’eût été du militantisme acharné de ceux qui sont montés au front pour défendre le bien public et en réduire les dommages.

Parmi ces « 12 personnes qui ont mené le jeu » selon Pierre Renaud ( 01 ), il y avait le meneur : Daniel Breton.

Compte tenu de l’importance des intérêts en jeu pour les amis du régime Charest, pas étonnant que Daniel Breton ait été désigné comme la cible à abattre pour les Libéraux. ( 02 )

Le 11 avril 2013, lors d’une intervention à l’Assemblée Nationale, le député Daniel Breton remet la monnaie de sa pièce à ce parti « Le plus corrompu de notre histoire » (aux dires de l’ancien ministre de la Justice Marc Bellemare ( 03 ) du Parti Libéral du Québec) qui a perdu toute légitimité pour gouverner.

Daniel Breton en cinq dates

18 juin 1962 : Naissance dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.
19 juin 1995 : Récompense pour acte de bravoure après avoir aidé la police de Montréal à arrêter un homme pour vols à main armée.
17 novembre 2004 : Abandon, par le gouvernement libéral, du projet de centrale au gaz du Suroît, après une forte mobilisation des groupes environnementaux menés par le groupe Québec Vert Kyoto, dont Daniel Breton était porte-parole.
20 janvier 2012 : En pleine crise de leadership, Pauline Marois annonce en grande pompe la candidature de Daniel Breton, qu’elle présente comme un candidat-vedette.
29 novembre 2012 : Démission de Daniel Breton à titre de ministre de l’Environnement. Il demeure député de Sainte-Marie -Saint-Jacques.

 

Neuf minutes d’enfer pour les libéraux en vidéo ci-dessous ou en texte: ici

 

Journal des débats de l'Assemblée nationale - 40e législature, 1re session - 11 avril 2013
Débats sur les rapports de commissions
Intervention de M. Daniel Breton, député de Sainte-Marie-St-Jacques

Prise en considération du rapport de la commission qui a poursuivi la rédaction du rapport concernant les impacts reliés au déclassement de la centrale Gentilly-2 ainsi que le plan de diversification économique pour les secteurs du Centre-du-Québec et de la Mauricie

M.  Breton   : Merci. Merci, M. le Président.

J'ai écouté avec attention ce que le député libéral de Mégantic a dit au sujet du désastre politique, technique et financier que représente la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Il a parlé beaucoup d'une stratégie énergétique qui devait être vue à long terme. Je dois vous dire, je suis d'accord avec lui que ça prend une stratégie énergétique à long terme et je suis d'accord avec lui que c'est un désastre politique, technologique et financier.

Mais ce qu'il omet de dire, c'est que c'est un désastre bien libéral.

Ghislain Bolduc, député provincial de la circonscription de Mégantic, Région Chaudière/Appalaches

Commençons d'abord par le désastre politique

On a appris récemment qu'Énergie atomique Canada a su le 14 mai 2012 ( 08 ) qu'on n'allait pas de l'avant avec la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2. Donc, ce qu'on a compris, c'est qu'il y a une campagne électorale qui a été faite en omettant de dire aux gens de la région que le gouvernement précédent avait pris la décision de fermer cette centrale-là, donc de nous mettre ça sur le dos. Vraiment, c'est assez incroyable.

Désastre financier.

Effectivement, c'est un coup dur pour la région, pourquoi? Parce que le nucléaire, ça s'est avéré que c'était une filière qui était excessivement onéreuse. On va juste parler de Gentilly-1. Gentilly-1, qui a été autorisée sous le gouvernement Lesage en 1966, a été ouverte pendant 182 jours, et là on se rend compte que ça va pouvoir prendre jusqu'à 120 ans ( 00 )  pour s'occuper de son déclassement. Faites un calcul rapide: 182 jours d'opération, 120 ans avant d'être capable de la déclasser (fermer). Ça, c'est payant.

Parlons de Gentilly-2 maintenant. La centrale nucléaire de Gentilly-2 a été autorisée sous le gouvernement de Robert Bourassa en 1973. L'entente, au départ, était très simple, on parlait d'un investissement du gouvernement canadien, qui avait incité le gouvernement du Québec à aller de l'avant avec cette centrale-là, un investissement de 175 millions $ du gouvernement fédéral et de 175 millions du gouvernement du Québec.

René Lévesque en 1985

Qu'est-il arrivé dans les faits?

Dans les faits, ce qui est arrivé, c'est que, lorsque le gouvernement de René Lévesque est arrivé au pouvoir, on n'était plus à 350 millions $ au total, on était à 1,4 milliard $ pour la construction en 1977.

Calculez combien ça donne aujourd'hui. Et combien est-ce que le gouvernement fédéral investissait...

Ce n'était plus la moitié de 350 millions $ ou la moitié de 1,4 milliard $, c'était toujours 175 millions de dollars pour le gouvernement fédéral pendant que nous, on payait la totale.

Vous voulez parler désastre financier? Ça, c'en est un beau.

Pour ceux qui la connaissent la Commission fédérale de régulation de l'énergie, la Federal Energy Regulatory Commission des États-Unis, ils ont déterminé de façon très claire que l'énergie la plus chère de tous les types d'énergie était l'énergie nucléaire, et donc la moins compétitive et la moins flexible. Aujourd'hui, on est à l'heure des «smart grids». Les «smart grids» ( 04 ), ça veut dire l'énergie qui va être produite et consommée de façon intelligente. Le nucléaire est exactement le contraire de ça.

Maintenant, parlons de stratégie énergétique.

La stratégie énergétique lorsque le gouvernement libéral est arrivé au pouvoir, on commence en 2003.

Arrive fin 2003, les audiences du BAPE sur la construction d'une centrale qui est située où? À Bécancour, juste à côté de Gentilly-2.
Qu'est-ce qu'on apprend?

Je peux vous dire exactement la date, le 5 juillet 2004, à 14 heures, Mme Monique Jérôme-Forget était allée annoncer la construction de la centrale au gaz de Bécancour, qui appartenait à TransCanada Énergie, une compagnie albertaine.
( 05 )

Mme Monique Jérôme-Forget

Donc, qu'est-ce qu'on fait? Ça veut dire qu'on cède au privé une partie du contrôle de notre énergie. Cette compagnie-là dit en 2004 que l'énergie était pour nous coûter -- pour nous coûter -- 0,065 $ du kilowattheure. Or, quand la centrale a ouvert ses portes en septembre 2006, le prix qu'ils nous chargeaient était passé à 0,105 $ du kilowattheure. C'est une augmentation de 75 %. Vous parlez de désastre financier?

Mais ce n'est pas tout. La centrale a été ouverte 15 mois. Après 15 mois, qu'est-ce qu'on a découvert? Qu'on était en surplus électrique, et là on s'est retrouvé avec un beau désastre financier. Le gouvernement du Québec, Hydro-Québec a dit: On doit fermer la centrale de Bécancour après 15 mois. Depuis ce temps-là, un autre beau désastre financier, ça nous coûte entre 150 et 200 millions de dollars par année pour la garder fermée. On paie ça à des Albertains. Si on respecte le contrat de 20 ans que le gouvernement précédent a signé avec les Albertains, ça va nous coûter aussi cher pour ne pas qu'il produisent d'électricité que la construction des deux hôpitaux universitaires.

Vous voulez parler de désastre financier? Ça, c'en est un beau.

La centrale TAG ( 06 ) turbines à gaz

Continuons. La centrale TAG maintenant, turbines à gaz, construite en 1993 au coût de 288 millions de dollars, centrale d'appoint qui a comme mandat de fonctionner en périodes de pointe, de 30 à 40 heures par année. Il y a des gens de la centrale TAG, d'Hydro-Québec, qui sont allés voir la haute direction et qui ont dit: Pourquoi, plutôt que de construire la centrale de Bécancour, qui est une centrale privée, ne pas transformer la centrale TAG, qui nous appartient déjà et qui ne fonctionne que de 30 à 40 heures par année?

Savez-vous qu'est-ce qu'ils se sont fait dire?

On vous interdit de parler publiquement de la possibilité -- au BAPE -- de transformer la centrale TAG plutôt que de construire la centrale privée de Bécancour. Donc, on aurait pu transformer la centrale TAG sous le gouvernement précédent plutôt que de construire la centrale privée de Bécancour, et là on a deux centrales une à côté de l'autre qui sont fermées, et ça va nous coûter 3 milliards $.

Parlons des gaz de schiste maintenant

Vous avez parlé des gaz de schiste tout à l'heure? Vous voulez parler de désastre économique? Combien est-ce qu'on a obtenu pour les droits d'exploration sur les gaz de schiste pendant la même période que la Colombie-Britannique? On a obtenu 3,6 millions $. Pendant la même période, la Colombie-Britannique a obtenu 3,5 milliards $. Vous voulez parler de désastre économique?

Je n'ai pas fini. C'est ça, le pire, je n'ai même pas fini. Vous voulez parler d'un autre désastre économique?

La compagnie Siemens... Vous voulez parler de stratégie énergétique? Siemens est allée voir le président d'Hydro-Québec et le premier ministre du Québec pour leur proposer la chose suivante: On vous propose d'installer 4 000 mégawatts d'éoliennes là où il y a les grands barrages, de créer 2 500 emplois à temps plein, permanents -- pas 800, pas 300, 2 500 -- pas le temps de la construction, tout le temps, et de construire, en collaboration avec Hydro-Québec, un centre d'expertise, de recherche et développement dans l'éolien avec l'IREC. Réponse de votre gouvernement: Non. Ça, c'est 2 500 emplois perdus et au moins 4 milliards de dollars perdus. Ça fait que, là, je regarde, on parle de Siemens, 4 milliards $. ( 07 )

On parle des pertes en droits d'exploration.

Pendant que nous, on a obtenu 3,6 millions $ en 2008, la Colombie-Britannique a obtenu 3,4 milliards $. Ça, c'est un autre 3 milliards $. Ça fait que, si on regarde la stratégie énergétique du gouvernement précédent, si on regarde la façon dont vous avez traité le dossier de Gentilly-2, je m'excuse, c'est un scandale, il n'y a pas d'autre mot pour le dire.

Vous avez caché aux gens le fait que vous aviez fermé... que vous aviez fermé... que vous aviez annoncé à Énergie atomique du Canada que vous fermiez la centrale nucléaire, mais vous avez fait campagne en le cachant aux gens. Je trouve ça abominable. Je m'excuse, vous devriez avoir honte. C'est aussi simple que ça.

Je travaille sur le dossier de l'énergie depuis des années, et, je m'excuse, M. le député de Mégantic, ce que vous faites et ce que vous avez fait dans le dossier de l'énergie...

Le Vice-Président (M. Cousineau): M. le député, vous vous adressez à la présidence, s'il vous plaît.

M.   Breton   : M. le Président, je considère que ce que le gouvernement libéral a fait sous l'ancienne gestion du gouvernement libéral au niveau de l'énergie, c'est scandaleux. Il n'y a pas d'autre mot pour le dire.  Je vais finir là-dessus, l'avenir de la stratégie énergétique du Québec et l'avenir de l'énergie au Québec doit s'inspirer de ce que René Lévesque et Jean Lesage ont fait avec le Maîtres chez nous, c'est aussi simple que ça.

 Il faut qu'on reprenne le contrôle de notre énergie et de nos ressources. Il faut qu'on arrête de céder pour des pinottes à des intérêts particuliers ce qui est à nous.

C'est à nous et ça doit le rester. Parce que, si on perd le contrôle de notre énergie, si on perd le contrôle de nos ressources, on perd le contrôle de notre avenir économique puis écologique.

C'est tout. Merci, M. le Président.

Sources: Assemblée nationale du Québec et Vigile.net

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 18 avril 2013

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Notes & Références encyclopédiques:

01
 
 
 
 
 
 
 
 
 

12 personnes mènent le jeu, selon l’ex-patron du BAPE - Sur La Presse Affaires, 13 mars 2013. S'il avait voulu démontrer que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) fut noyauté ces dernières années par des gens ayant un parti pris contre les écologistes, Pierre Renaud n’aurait pas agi autrement. Antoine Robitaille pour le journal Le Devoir le 19 mars 2013

Pierre Renaud
ex-Président du BAPE

 
 
 
 
 
 
 
 
 

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02
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

31 janvier 2013 - L'ex-ministre de l'Environnement, Daniel Breton, reconnaît dans l'embauche de l'ancien patron du BAPE par le cabinet McCarthy Tétrault les raisons pour lesquelles il l'avait congédié de son poste en octobre.

Au sein de la firme d'avocats qui a récemment embauché l'ex-premier ministre Jean Charest, Pierre Renaud conseillera notamment les clients impliqués dans les processus du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Peu après sa nomination, Daniel Breton avait dégommé M. Renaud, dont il avait remis en doute l'indépendance face aux libéraux.

«M. Renaud avait été mis en place par le premier ministre Jean Charest, et là il va le retrouver, dit M. Breton. C'est la parfaite preuve qu'il n'était pas là pour son indépendance.»

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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03
 
 
 
 
 

À propos de Marc Bellemare ex-ministre de la Justice dans le gouvernement de Jean Charest

 
 
 
 
 

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04

Qu'est-ce que les "smart grids" ? - Sur Wikipédia

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05
 

 

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06

Des mégawatts virtuels à gros prix - Sur MétéoPolitique

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07

Éolienne: Québec dit non à Siemens - Sur MétéoPolitique

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08

 
 

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