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Il faudrait abolir le BS ou l'aide sociale pour faire taire les braillards

  Québec
 

Il faut en convenir: trop de gens sont sur l’aide sociale et exploitent la société, abusent de ce qu’elle leur apporte et ne lui rendent pas ce qu’ils en obtiennent. Il faut donc en finir avec l’aide sociale. Cette solution est radicale, je sais. Mais considérez tous les déplorables effets pervers que cette situation produit.

Pour commencer, les assistés sociaux entrent dans un infernal cercle de dépendance qu’ils ne peuvent briser et qui se perpétue de génération en génération. Ils finissent par ne plus pouvoir concevoir de vivre sans cet apport de la société, qui est même en certains cas une sorte de vol dont est victime la collectivité – ces mots sont durs, je sais, mais ils sont justes, le plus souvent.

Ensuite, les assistés sociaux perdent peu à peu, et parfois irrémédiablement, leur dignité, cela parce qu’ils ne peuvent avoir la satisfaction d’avoir accompli quelque chose par eux-mêmes et qui leur appartienne vraiment.

Par ailleurs, tirant ce bénéfice indu, certains assistés sociaux tendent à s’isoler entre eux du reste de la société, société à laquelle ils ne participent plus en y apportant leur juste part et avec laquelle ils n’ont plus guère d’intérêts communs. Ils perdent ainsi tout sentiment d’appartenance à la collectivité à laquelle ils doivent pourtant tellement.

Enfin, plusieurs d’entre eux, trop nombreux hélas, tendent à adopter des comportements répréhensibles, voire en certains cas criminels, en s’associant pour cela à leurs semblables: est-il nécessaire de préciser qu’ils le font, trop souvent, en toute impunité?

Ces raisons prises toutes ensemble me semblent décisives et la conclusion s’impose: il faut mettre un terme à l’aide sociale aux entreprises, à leur financement public débouchant sur la privatisation des profits qu’on leur permet, ainsi qu’aux privilèges accordés aux banques et institutions financières.

Il faut mettre fin à la criminalité en col blanc de ces assistés sociaux, faire payer leur juste part d’impôts aux entreprises et aux personnes très riches qui n’en paient guère, voire pas du tout, sans oublier dans la foulée d’augmenter le taux d’imposition du gain en capital (qui n’est pas imposable à 100% comme un revenu salarial, mais seulement à 50%) et d’abolir les abris fiscaux.

Cela ne se fera pas.

Depuis des décennies, nos véritables assistés sociaux ont mis en place un système redoutablement efficace dans lequel on trouve notamment des partis politiques, des médias, des firmes de relations publiques qui s’assurent tous ensemble que personne ne les reconnaît pour ce qu’ils sont. Ils se comportent en cela exactement comme ceux que le fondateur du libéralisme économique, Adam Smith
( 01 ), appelait les Maîtres. Dans des pages qu’on oublie typiquement de citer de son chef-d’œuvre La richesse des nations, il nous met sérieusement en garde contre ceux dont la «vile maxime» est: «Tout pour nous, rien pour les autres», des gens, dit-il, qui forment une «ligue tacite, mais constante et uniforme» et ne peuvent se rencontrer sans «comploter contre le reste de la société».

Considérez de ce point de vue les modestes propositions avancées par le gouvernement péquiste à l’automne: hausser à 75% le pourcentage imposable du gain en capital et hausser modestement l’impôt pour les plus fortunés. Ce fut, souvenez-vous, le tollé. Menaces de quitter le Québec, hauts cris, chantage: rien ne nous aura été épargné. Entre médias aux ordres, politiciens acquis à leur cause, campagnes de désinformation et propagande, les Maîtres ont déployé leur arsenal pour maintenir la conformité de nos politiques avec leur vile maxime. C’est que, dans nos sociétés, le 1% obtient à peu de choses près tout ce qu’il souhaite, et cela s’est vérifié cette fois encore.

Mais c’est une tout autre histoire quand ce n’est plus des Maîtres qu’il s’agit, et plus encore s’il est question des plus faibles des autres. Ils le savent, ces travailleurs et travailleuses dont l’âge de la retraite a été porté à 67 ans; ces chômeurs et chômeuses qu’on attaque brutalement en Gaspésie, au Nouveau-Brunswick et ailleurs; et, pour faire bonne mesure, ces personnes parmi les plus vulnérables de celles qui vivent de l’aide sociale sur lesquelles le Parti québécois frappe en ce moment: des personnes de 55 à 57 ans, ou qui ont la garde de jeunes enfants, ou encore des toxicomanes.

Ce serait, sans rire, eux et elles, dont le nombre diminue d’ailleurs de manière radicale depuis 20 ans, les vrais, les importants, les coûteux assistés sociaux. Et sur eux et elles, qui n’ont ni journaux ni intellectuels à gages ni politiciens aux ordres, on peut taper. Et on peut même cogner très fort sur les plus faibles et les plus démunis d’entre eux. Pour leur bien, bien entendu. Tough love, comme ils disent. Et on ne se gêne pas pour taper.

Je suis outré. Je suis sans voix. Et d’une infinie tristesse qui n’a d’égale que la colère qui m’habite.

Il faudra pourtant bien, un jour, qu’on mette fin à l’aide sociale, à la vraie. Les Maîtres ne le voudront pas. Il faudra le leur imposer. Cela s’appelle, du moins à en croire le milliardaire américain Warren Buffett ( 02 )qui le disait il y a quelques années, la lutte des classes:

«

Il y a bien une lutte des classes, affirmait ce dernier. Mais c’est ma classe, celle des riches, qui la mène. Et elle la gagne
                                       - Warren Buffett

»

C’est exact. Pour le moment. En attendant, le PQ doit reculer sur cette ignominie.

Normand Baillargeon
Chroniqueur

Laissons faire un instant les coupes dans l’aide sociale elles-mêmes. Pas que leurs conséquences m’indiffèrent, mais je trouve dans cette histoire la forme plus intéressante que le fond. Plus révélatrice et surtout plus nocive.

À commencer par cette visqueuse confiture de la vertu économique dans laquelle on a égrené l’amer médicament : c’est pour encourager le retour au travail. Mieux encore : c’est pour combler le manque de main-d’oeuvre. À très peu de chose près, le même discours que celui employé par Diane Finley à Ottawa pour justifier les changements aux critères d’admissibilité à l’assurance-emploi et qui ont déchaîné l’est du Canada.

Et c’est là, tandis que l’intox des conservateurs et celle des péquistes convergent, que le flamboyant personnage d’Agnès Maltais montre toute l’étendue de son registre.

Si, si, flamboyant. Souvenez-vous seulement de la députée dans l’opposition, indignée, poing levé, à la défense des poqués et des laissés pour compte. Puis de la ministre souverainiste scandalisée qui pourfendait le fédéral encore récemment dans l'affaire du chômage. Et, enfin, de la péquiste soumise aux critiques tandis qu’on l’accuse de sabrer à son tour dans l’aide aux plus faibles, et qui dit aux journalistes : Vous n’allez quand même pas m’apprendre ce qu’est la pauvreté.

Comme si elle l’avait inventée.

Ci-dessous madame Agnès Maltais, ministre du BS
Bien-être social ou de l'Aide sociale comme on dit aujourd'hui

Agnès Maltais joue avec la même intensité sur tous les modes, de la moue évasive à la colère en passant par la compassion, la contrition et l’enthousiasme (pour le nouveau Colisée, juste avant la dernière élection, tiens donc), si bien qu’on ne peut faire autrement que de rappeler qu’avant d’être une professionnelle de la politique, Madame fut actrice.

Parenthèse : il y a quelques semaines, une journaliste du Soleil a fait se rencontrer Agnès Maltais et Marjorie Champagne, qui a fondé la Revengeance des Duchesses, une activité plutôt champ gauche, très loin en marge du Carnaval de Québec. On a eu beau expliquer à la politicienne que cette nouvelle mouture n’avait rien du « concours de miss » d’autrefois, qu’il s’agit d’une réappropriation du nom, que l’événement met en valeur l’histoire de la ville et la vie de quartier, qu’il table sur l’intelligence et le talent en communication, elle n’a rien voulu savoir. Madame a joué dans une pièce qui dénonçait la tradition machiste des duchesses, il y a trente ans. On ne lui en passera pas. Ce nouveau concours a beau retourner comme un gant tout ce qui tournait à vide dans l’autre, elle ne veut rien entendre. Elle connaît ça, les duchesses. Presque autant que la pauvreté.

Fin de la longue parenthèse qui sert d’éclairage au personnage, et en particulier à sa posture.

Une sorte d’inflexible certitude qui n’est pas loin de celle, au fond, qui anime le cardinal Ouellet : ce sentiment de détenir sur les autres une sorte d’ascendant moral ou intellectuel qui permet d’avoir toujours raison.

Surtout lorsqu’on a tort.

Je vous disais que la forme m’intéresse plus que le fond dans cette histoire, parce qu’elle montre une vérité qui pue, qui me fait chaque fois haïr la politique, son spectacle, et plus encore l’arrogance de ceux qui y jouent.

Le fait que, bien souvent, Mme Maltais défend les mêmes causes que moi n’arrange rien. Bien au contraire. Chaque contorsion idéologique, chaque fois où la politique l’amène à se trahir, c’est un peu comme si un membre de mon équipe scorait dans mon but.

Qu’elle parraine le projet de loi privé 204, visant à soustraire le contrat du futur amphithéâtre de Québec à la contestation, relevait de la manoeuvre bassement électoraliste. Mais sa manière d’aller déchirer sa chemise à Ottawa, de nier avoir pratiqué des coupes en catimini pour ensuite avouer s’être indûment emportée contre la ministre Finley : voilà qui confirme que la ministre n’a guère de scrupules quand vient le temps d’insulter notre intelligence.

Que le Parti Libéral du Québec nous prennent pour des cons, passe encore. Qu’ils soient parvenus à récolter le tiers de l’électorat à la dernière élection leur en donne probablement le privilège. Mais vous, Mme Maltais ? Vous aurez beau tendre la main, dire que vous ne laisserez tomber personne, qui vous croira encore ? Surtout quand, au même moment, le ministre des Finances annonce qu’il sera inflexible sur ces coupes, et qu’elles sont presque identiques à celles des libéraux, dénoncées par votre parti en 2010…

Je le disais, c’est la forme qui m’intéresse. C’est par elle que l’on mesure le degré de bullshit dans lequel s’enfoncent nos politiciens, leurs lignes de parti et les joutes partisanes consistant à tirer sur ce qu’il nous reste de confiance, comme des chasseurs saouls sur des canettes de Pabst au clair de lune.

Des canettes qui tombent au sol, et dont, au matin, on découvre qu’il n’en reste que des lambeaux. Un peu comme pour votre crédibilité, Madame la Ministre

David Desjardins
Chroniqueur

Sources: 1- texte de Normand Baillargeon - Mettre fin à l’aide sociale . 2- texte de David Desjardins - Comme des canettes de Pabst sur Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc.

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 11 mars 2013

Agnès Maltais, chômage, assisté social, bien être social, coupure, Agnès Maltais, PQ, Coupure, Budget, Sociaux

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Marois au Congo et les députés.es cumulards bien au chaud

  Collusion du PQ pour empêcher de possibles révélations troublantes sur leurs pratiques

  Québec

Notes & Références encyclopédiques:

01
 
 
 
 
 
 
 

Qui est Adam Smith ? - Sur Wikipédia

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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02
 
 
 
 
 
 
 

Qui est Warren Buffett ? - Sur Wikipédia

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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