Retour à : Plan du site - Entrée de MétéoPolitique - Démocratie - Débats Politiques - Portraits

Du PQ à la CAQ, de l'Indépendantisme québécois au Fédéralisme canadien, du centre-droit à la droite populiste
François Legault: la girouette politique devient premier ministre
Portrait

 

Un premier de classe et ensuite de "classe affaires"

 
 

À l’école Saint-Georges de Senneville, qu’il a fréquentée au primaire et au secondaire, François Legault a toujours été premier de classe.  « Il ne fallait pas être deuxième, il fallait être premier de classe.  C’était toujours comme ça. Si quelqu’un avait une meilleure note que lui, s’il avait 98 au lieu de 100… il était déçu de lui-même. François a toujours été compétitif », dit sa sœur Francine, la benjamine des trois enfants Legault.

M. Legault a souvent évoqué le milieu modeste qui l’a vu grandir.  Son père était l’un des dirigeants du bureau de poste local et sa mère, femme au foyer, a travaillé entre autres comme caissière dans une épicerie pour arrondir les fins de mois.

Ses parents étaient sévères : le soir après l’école, on ne voyait pas souvent le jeune Legault jouer avec les autres enfants : c’était l’heure des devoirs. 

« Son père était quelqu’un qui était très, très, très structuré, raconte un ami.  Il n’aurait pas fallu qu’on se fasse prendre à voler quelque chose ou à être indisciplinés au point que le directeur d’école appelle à la maison… On en aurait mangé toute une ! »

À l’adolescence, vers le début des années 70, il commence à s’intéresser à la souveraineté.  Les francophones sont rares dans le West Island (l'Ouest de l'île de Montréal).  Sa mère travaille un temps au cégep anglophone John-Abbott « où les francophones étaient parfois traités comme des moins que rien », estime sa sœur Francine.

Il décide d’aller au cégep en français, au collège Marguerite-Bourgeoys, où il entre à 16 ans après avoir combiné la 10e et la 11e année et sauté la 12e.  Matin et soir, il fait le voyage en train, le nez dans le journal indépendantiste Le Jour, tandis que les gens d’affaires qui l’entourent lisent The Gazette.

Ce n’est qu’à 32 ans qu’il rencontrera son épouse, Isabelle Brais, par l’entremise d’un ami.  Pendant les 15 années qui précèdent, « disons que François est dans sa jeunesse active », lance d’un ton amusé Daniel Zizian, un ami rencontré au cégep qui deviendra son chef de cabinet.  La blague chez les Legault est que François a tellement changé de blondes qu’à Noël, la fille qui défaisait le sapin n’était pas la même que celle qui l’avait fait.

 

L'homme d'affaires prospère

 
 

François Legault n'a pas touché un mot à sa famille, en 1986, quand il a emprunté 50 000 $ à 29 ans pour se lancer dans l'aventure d'Air Transat qui en a fait un multimillionnaire.  «J'ai fait ça en cachette de mes parents, qui m'auraient tué parce que c'était plus que ce qu'on valait toute la famille ensemble, raconte-t-il aujourd'hui. C'était beaucoup d'argent dans ce temps-là.» 

Le risque était grand, mais il cadrait parfaitement avec son plan de vie.  «Quand il était plus jeune, il nous disait qu'il voulait d'abord être indépendant de fortune, pour faire ensuite de la politique», raconte un de ses anciens collègues de classe.  «Et c'est ce qu'il a fait.»

Son père est maître de poste et sa mère tient la maisonnée.  Il doit emprunter et travailler les fins de semaine pour payer ses études. 

Diplômé des HEC, il prend son expérience du monde des affaires pendant six ans chez Ernst & Young à Montréal.  Il fait son MBA en prenant des cours du soir.

Né au sein d'un milieu qu'il qualifie de « modeste », François Legault s'est juré dès l'adolescence d'être millionnaire avant ses 40 ans.

Il atteindra son but en 1997, à l'âge de 39 ans, en vendant ses parts dans Air Transat

Comptable de formation, François Legault entame sa carrière en 1984, quand il assiste Robert Obadia dans le lancement de Nationair, il a recours au financement personnel de Laurent Beaudoin et sa femme Claire Bombardier, des clients de Ernst & Young. 

Il passe ensuite chez Quebecair au service des ventes et du marketing, où il rencontre ses futurs associés dans Air Transat, Jean-Marc Eustache et Philippe Sureau.  Deux ans plus tard, il tente en vain avec d'autres investisseurs d'acheter le transporteur Quebecair, privatisé par le gouvernement du Québec.

Legault propose alors à MM. Eustache et Sureau, propriétaires de l'entreprise Trafic Voyage qui nolisait les vols de Quebecair entre Montréal et Paris, de fonder leur propre compagnie.  Un an plus tard, le groupe Air Transat fait son entrée en bourse avec une émission de 7 millions$ dans le cadre du Régime québécois d'épargne-Action.

Il devient vice-président aux finances du groupe Transat, et président de la filiale Air Transat et entame une ascension qui en fera, dix ans plus tard, l'un des plus importants transporteurs aériens du pays, avec un chiffre d'affaires dépassant le milliard de dollars et près de 4 000 employés.

 
«

Air Transat, on a parti ça de zéro. Il a fallu embaucher les agents de bord, les pilotes, acheter les avions, la coutellerie, les uniformes, trouver des locaux. Les pilotes étaient des gens de Quebecair.  On a fait une série d'acquisitions et le groupe Transat est devenu ce qu'on connaît aujourd'hui.

»
 

Daniel Bourcier, l'ex-président du syndicat des agents de bord, se souvient de lui comme d'un patron à l'écoute.  Il signale qu'à la suite d'une demande syndicale, Air Transat est devenue la première compagnie aérienne à reconnaître les conjoints de même sexe pour les assurances collectives.  Depuis Legault aurait bien changé selon Bourcier.

 

Dans son édition du 28 août 1984, l'hebdo L’ÉVEIL annonçait que la compagnie d’aviation Nolisair international devenait le premier transporteur important à installer son siège social à Mirabel.  Cette compagnie a décidé par la suite d’opérer sous le nom commercial de Nationair.  Nous pouvons reconnaître Claude Coupal, commissaire industriel de Mirabel, Charles Léonard, maire de Mirabel, François Legault, comptable agréé, Élie Fallu, député de Groulx, Robert Obadia, président de Nolisair International, Pierre De Bellefeuille, député de Deux-Montagnes, et Robert Dean, ministre du Travail et de la Main-d’œuvre du Québec.

 

Portrait du ministre-businessman
Par Pierre Dubuc, rédacteur en chef de l'Aut'Journal


Lucien Bouchard a présenté M. Legault comme le symbole de «la garde montante des entrepreneurs québécois».  Il faut plutôt parler d’un beau cas de B.S. corporatif lorsqu’on sait que Air Transat est une créature du Régime d’épargne actions (RÉA) et du Fonds de solidarité de la FTQ (FSFTQ).

En effet, Air Transat a pu bénéficier du RÉA pour assurer la capitalisation nécessaire à sa croissance. L’originalité de ce régime, c’est que les entreprises québécoises inscrites devaient émettre des actions à la Bourse de Montréal pour leur capitalisation.  L’achat de ces actions était en partie déductible d’impôts pour les acheteurs individuels.  Ce qui revient à dire que c’est l’État qui a financé l’expansion d’un grand nombre d’entreprises, dont Air Transat.  Quant au rôle de la FTQ, elle est détentrice de 15% des actions du Groupe Transat par le biais du Fonds de solidarité.

Air-Transat a également profité, dans les années 1980, du conflit de travail chez Nationair

Le conflit a traîné en longueur et a permis à Air Transat de prendre les parts de marché de Nationair. 

À l’époque, le président de Nationair, Robert Obadia, accusait la FTQ de conflit d’intérêts parce que les employés étaient syndiqués à la FTQ et que le Fonds était actionnaire de Air Transat.

Bien entendu, ce n’est pas parce que Robert Obadia, un anti-syndicaliste notoire, avait à cœur les intérêts des employés qu’il a proféré de telles accusations.  Néanmoins, on peut conclure que l’émergence de Air Transat vient beaucoup plus du fait qu’elle a profité d’un conflit de travail chez un concurrent et du coup de pouce du RÉA et du Fonds de solidarité que des qualités d’entrepreneurship de M. Legault.


Alors, pour la «garde montante», on repassera.

 

Une rupture déterminante avec Air Transat

 
 

C’était en février 1997, à Paris. François Legault, alors PDG de la compagnie aérienne Air Transat, se dispute avec son associé, Jean-Marc Eustache.  Quelques jours plus tard, à son retour à Montréal, l’homme d’affaires qui a alors 39 ans vend ses parts et place les autres cofondateurs devant le fait accompli : il quitte l’entreprise.

« J’étais choqué, explique M. Legault en entrevue. J’ai tout rempli les formulaires que la Commission des valeurs mobilières demandait. Ça s’est fait dans les règles de l’art avec les documents nécessaires. […] Donc tout s’est fait correctement. La seule chose, c’est que je ne leur ai pas dit, parce que j’étais fâché. On ne se parlait plus. J’ai annoncé que je quittais. »

Est-ce qu’il le regrette ? « Non », tranche M. Legault, toujours réticent à revenir sur cet épisode, 20 ans plus tard.  « On avait des opérations à Paris, une compagnie aérienne à Paris, se contente-t-il d’expliquer. On ne s’entendait pas, entre autres sur le développement et les activités de Transat en Europe… »  Il se souvient s’être dit : « On s’en va nulle part. »  Alors, il a décidé de vendre ses actions.

À l’époque, la nouvelle a l’effet d’une petite bombe dans le monde de l’aviation et les médias parlent du « mystère qui entoure le départ soudain » du fondateur.  Le titre de Transat, qui avait atteint près de 13 $ à la mi-février 1997, plonge de 4 $ à la fin du mois de mars 1997.  Il s’échange encore aujourd’hui autour de 9 $.

Silences -L’histoire n’a jamais été racontée en détail.

« Entre les anciens partenaires, il y a comme une entente de non-agression, d’après ce que je comprends », estime un ex-collaborateur.

En 2010, à l’approche du 25e anniversaire de l’entreprise, un livre a été commandé par Transat pour raconter son histoire, mais l’ouvrage n’a jamais été publié. 

Est-ce un hasard ? 

François Legault a fondé la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2011.

Dans son propre livre, Cap sur un Québec gagnant, François Legault résumera son départ de 1997 en quelques lignes seulement : « Avec l’impétuosité de la jeunesse, j’avais décidé à l’adolescence que je deviendrais financièrement indépendant avant d’avoir atteint l’âge de quarante ans. […]  C’est ainsi qu’à trente-neuf ans, je viens d’acquérir l’indépendance financière dont j’avais rêvé. »

Le moment a été déterminant dans la vie de François Legault.  Son départ lui a permis, quelques mois plus tard, de faire le saut en politique, où son aura de grand entrepreneur québécois l’a toujours suivi.

Mais il s’est brouillé avec ses partenaires d’affaires et Jean-Marc Eustache, qui est toujours PDG de Transat, n’a jamais accepté de lui reparler.  Le service des communications de Transat a d’ailleurs refusé les demandes d’entrevue de La Presse.

Réponse: silence absolu

Selon José Soucy Journaliste-blogueur, libre-penseur et stratège politique au HuffPost, aucun de ses anciens collègues ne semble vouloir en dire du bien.  Soucieux de ne pas ternir l'image de leur entreprise, ils ne veulent pas non plus se vider le cœur sur la place publique.

Mais chacun sait que Legault est «détesté» par ses anciens acolytes, notamment – mais sans doute pas seulement – pour la façon cavalière dont il a vendu ses actions sans avertissement.  L'action de la compagnie se négociait à 13$, la gifle de Legault l'a fait plonger à 4$, une catastrophe.

Alors la chose est nette: aujourd'hui, Air Transat refuserait d'embaucher François Legault, y compris pour laver les miroirs dans les toilettes.

Par ailleurs, le journaliste Hugo de Grandpré écrivait que :  «Cette rupture donne encore aujourd'hui des arguments à ceux qui affirment que François Legault n'est pas fiable et qu'on ne peut lui faire confiance.

Que ce soit son changement de position constitutionnelle, son affrontement avec Bernard Landry sur les contrats de performance, son soutien à M. Landry comme chef en 2001 après avoir eu des pourparlers avec Pauline Marois, ou les alliés qui, comme Gérard Deltell, ont quitté la CAQ avec une certaine amertume, le chef de la CAQ a laissé dans son sillage un lot de collaborateurs déçus et très critiques à son égard. "Ce n'est pas un gars qui est très loyal envers son entourage et sa loyauté est très limitée à certains individus", tranche un ancien employé.»

Bernard Landry et François Legault

Ce n'est pas une anecdote.  Au-delà du flagrant manque de loyauté, l'épisode Air Transat est la branche sur laquelle est assise la crédibilité économique du chef de la CAQ.  Car, si on examine les positions qu'il a prises en tant que chef de ce parti, des doutes s'installent sur son jugement économique.

Sur son jugement économique

En effet, en ce qui concerne le train du REM, la CAQ a été, comme le Parti Libéral du Québec, complètement insensible aux arguments du BAPE contre le REM, ce qui n'est pas surprenant, puisque la CAQ n'a pas la moindre fibre écologique.

Rappelons également que le Parti Québécois réclamait du contenu local pour le matériel roulant dans les lois du REM, pendant que la CAQ a appuyé les deux lois cautionnant la décision libérale sans contenu local, et donc désastreuse, qui a envoyé en Inde 600 millions de dollars pour la construction du train.

Encore pire, M. Legault se roule dans le bonheur d'avoir dans son équipe l'homme qui, au sein de la Caisse de dépôt, a manqué à son devoir de plaider pour du contenu local pour le train, en l'occurrence Christian Dubé.  D'ailleurs, celui-ci affirmait lors de son retour en politique que c'était au gouvernement d'obliger à du contenu local, mais sa formation politique a voté avec les libéraux, et ce, même si Philippe Couillard n'avait pas besoin de l'appui des caquistes puisque son parti était majoritaire...

François Legault et Christian Dubé

M. Legault a contribué à affaiblir le rapport de force du Québec face à Ottawa, et accepté de faire payer l'industrie laitière québécoise.

En campagne électorale, M. Legault a décidé qu'il souhaitait protéger le système de gestion de l'offre.  Il a pourtant fait le contraire lorsqu'il a suivi aveuglément la décision du PLQ d'entériner l'entente commerciale avec l'Europe, sans attendre qu'Ottawa compense adéquatement nos fermes.  M. Legault a, là, contribué à affaiblir le rapport de force du Québec face à Ottawa, et accepté de faire payer l'industrie laitière québécoise. 

Note du webmestre: sachant que trois partis politiques québécois (PLQ-CAQ-PC) n'ont aucune empathie pour la protection des fermes québécoises, le gouvernement fédéral ne s'est pas gêné pour donner aux états-uniens dans le traité de l'ALENA le même traitement que la CAQ avait autorisé pour l'Europe.  (comme par hasard, agréé la veille du jour des élections au Québec, le 1er octobre 2018, évitant du fait même un débat électoral sur la question.)

M. Legault aime dire qu'il est un comptable agréé.  Mais pourquoi n'a-t-il trouvé aucun autre comptable agréé ou économiste indépendant pour valider son cadre financier qui comporte plusieurs anomalies majeures, qui semblent tout droit sorties de ce qu'on appelle aux États-Unis du «Voodoo economics», donc de la pensée magique?

Tout cela pour dire que la réputation économique de François Legault repose sur du vent.   François Bonnardel a dit de son chef qu'il était un «expert en immigration».  Cela a provoqué un immense éclat de rire.  Dire de Legault qu'il est un expert en économie devrait à mon sens provoquer la même hilarité!

Un
 

Un « capitaliste social-démocrate »

 
 

Même à la tête d'une compagnie prospère, François Legault n'a jamais caché son vif intérêt pour la politique.  Celui qui a toujours été prompt à rappeler ses origines modestes à ceux qui critiquent sa fortune personnelle se définit lui-même comme un « capitaliste social-démocrate ».  Il a été dépeint par l'ex-président de la Fédération des travailleurs du Québec Henri Massé comme un homme d'affaires qui « parlait toujours de politique, de finances publiques ».

Pour le syndicaliste, François Legault « avait l'air d'un gars de gauche » parmi les gens d'affaires.

 
«

Je n'ai pas couru après la politique, sauf qu'il était clair dans ma tête, en quittant Air Transat, que je n'allais pas jouer au golf jusqu'à la fin de ma vie.


                                           
-  François Legault,
                                                                          lors d'une entrevue à La Presse, 5 septembre 2000

»
 

Après avoir accepté des sièges à de nombreux conseils d'administration, dont celui de président du conseil d'administration du Fonds régional de solidarité des Laurentides que lui offre son ami Henri Massé, François Legault commence à évoquer l'idée de se lancer en politique.

« J'ai été gâté, mais je n'ai jamais perdu de vue que, lorsqu'on a beaucoup reçu, il faut donner », explique François Legault pour justifier son choix de se joindre au gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, en 1998

 

Nationaliste ou souverainiste?

 
 

L'égalité des chances demeure le credo principal de François Legault : «Je suis très sensible à l'égalité des chances. Et les taux de décrochage scolaire de 50, 60 %, ça m'arrache le coeur.  Je me dis que ce n'est pas vrai qu'on peut parler de l'égalité des chances au Québec avec une situation comme celle-là.»

Question : cette égalité doit-elle passer par la souveraineté du Québec? 

François Legault se fait prudent.

«Je suis souverainiste depuis l'âge de 16 ans.  Je peux quasiment dire que j'ai été souverainiste pendant toute ma vie adulte.  Au début, c'était peut-être pas pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui.  J'ai été élevé à Sainte-Anne-de-Bellevue, donc dans l'ouest de l'Île.  C'était difficile de se faire servir en français au centre-d'achat Fairview à Pointe-Claire et dans les commerces en général, donc c'était une question d'affirmation.  Par contre, avec le temps, c'est devenu une question de contrôler nos moyens et de choisir nos priorités.  Moi, je suis un entrepreneur.  Si tu me dis que j'ai le choix de contrôler 49 % ou 25 %, ou 100 % d'une entreprise, j'aime mieux le plein contrôle.  J'aime mieux avoir le choix de mes priorités.»

Le carnet du militant

En 1995, Legault refusa de s’afficher en faveur du "Oui" lors du référendum sur la souveraineté du Québec, alors qu’il était PDG d’Air Transat, sa raison étant que : « Quand tu es chef d’entreprise, d’une certaine façon, tu représentes aussi les employés.»  La belle affaire!  Avait-il autant à cœur la bonne représentation des demandes salariales de ses employés? 

Il a aussi avoué « qu’il y en a qui sont fédéralistes [des chefs d’entreprise] et qui parlent très fort et qui font peur aux autres.  Et les autres se disent: si je ne veux pas être barré des petits «partys», je suis mieux de ne pas m’afficher souverainiste.»  Il n’a donc pas dû en manquer beaucoup, des petits «partys»!

Pour convaincre les gens d’affaires d’adhérer à la souveraineté, il propose de les attirer en leur disant : « Êtes-vous d’accord avec ma stratégie économique ?  Si vous embarquez, on s’en va là.  La souveraineté, ça va suivre en arrière. »   Fallait y penser: retirer tous les aspects libérateurs et progressistes du projet indépendantiste pour attirer des vautours affairistes !

Comme l'écrit Pierre Dubuc de l'Aut'Journal: la meilleure, c’est que Legault avait sa carte du PQ à 16 ans.  Il ne l’a jamais renouvelée pendant ses années dans le monde des affaires.  Il ne l’a fait que lorsqu’il a su qu’il devenait ministre !

Avez-vous dit carriériste?

Référendum en Écosse: François Legault dresse un parallèle avec le Québec - le 23 septembre 2014

«Deux choses sont claires pour les Écossais comme pour les Québécois. Premièrement, la différence nationale est une réalité incontestable.  Le Québec et l’Écosse forment des nations dans le sens le plus fort du terme.  Cette réalité ne saurait être niée et elle doit être reconnue, affirmée et respectée. Deuxièmement, l’indépendance n’est pas une religion.  On peut être fiers de ses origines, avoir à cœur le développement de son peuple, et préférer d’autres voies d’affirmation politique que l’indépendance.»

«La tenue du référendum en Écosse est d’abord une victoire pour la démocratie, a poursuivi M. Legault. Cela dit, les Écossais ont choisi de faire progresser leur nation à l’intérieur d’un ensemble plus vaste, le Royaume-Uni.  Ce pari, c’est aussi celui que les Québécois ont fait.  Mais pour que cela fonctionne, il faut tirer le meilleur parti de notre appartenance au pays auquel on a librement choisi d’appartenir.  C’est ce que les Écossais semblent vouloir faire.  C’est ce que nous devons faire aussi.»

Question : sa démarche politique est-elle encore souverainiste?

«Je suis d'abord un grand nationaliste. Je suis fier de parler français et je suis fier de ce qu'on a fait au Québec. Donc, je m'identifie au Québec d'abord.  Et ça, quoi qu'il arrive, ça n'a pas changé.  Notre langue est vulnérable, et il faut que ça reste une priorité très importante de développer et de protéger notre langue» disait-il le 19 février 2011 à Gilbert Lavoie du journal Le Soleil

 

François Legault et Laura Azéroual
candidate de la CAQ dans la circonscription provinciale
de Robert-Baldwin en 2018

Grave déclaration de François Legault

Ce qui est excessivement grave, c’est qu’un chef de parti aspire à supprimer pour toujours la question de la souveraineté du débat public.

Autrement dit, qu’il propose de fermer à double tour, ad vitam aeternam, l’agenda politique québécois.

« It is time to take that conversation off the table once and for all », a-t-il dit.

Aucun aspirant premier ministre n’est allé aussi loin, et ce, depuis très longtemps. Jean Charest déclarait, de son côté, que l’idée de souveraineté serait toujours présente.  Philippe Couillard, aussi hargneux qu’il puisse l’être à l’endroit des indépendantistes, a tout de même toujours réitéré qu’« une idée ne meurt jamais ».

Cette déclaration témoigne d’une conception dangereuse de la démocratie.  Qui est François Legault pour décider des débats que les générations futures auront le droit de tenir ?  On me dira que, parce qu’il est un ancien péquiste, le chef caquiste est obligé d’en beurrer particulièrement épais pour rassurer le West Island.

Soit !  Mais il y a des limites à l’irresponsabilité.  On voit clairement ici la différence entre un politicien qui ne pense pas au-delà du court terme et un véritable homme d’État commente le chroniqueur Simon-Pierre Savard-Tremblay, le 29 juillet 2018.

François Legault veut «protéger» la société de «nos ancêtres»  (15 mars 2018)

Il mousse l'idée d'imposer un «test de valeurs» aux immigrants, quitte à les renvoyer dans leur pays d'origine s'ils échouent.  L'idée n'est pas nouvelle : M. Legault l'avait déjà soulevée en 2016 dans la foulée du débat sur le burkini, ce maillot de bain qui recouvre tout le corps et la tête porté par certaines musulmanes.

La CAQ croit que le Québec devrait donner des permis de travail temporaires à des travailleurs qualifiés, tout en leur offrant des cours de français. Au bout de trois ou quatre ans, ils passeraient un «test de valeurs» qui serait conditionnel à l'obtention de la citoyenneté canadienne.

«Bien sûr que quelqu'un peut tricher à un test de valeurs, admet-il. Mais il y a un message à envoyer : on doit défendre nos valeurs. On doit aussi s'assurer qu'il n'y a pas des gens qui prêchent la violence, qui prêchent contre nos valeurs. Donc, il faut prendre des précautions.»

Il faut aussi retenir que le Canada fait déjà passer un test à ceux et celles qui demandent la nationalité canadienne.  Serait-ce compatible, le gouvernement canadien accepterait-il des questions particulières au Québec ?  Lorsqu'on sait déjà que pour les anglophones canadiens et leur livre d'histoire, le découvreur du Canada est John Cabot et que pour les Québécois c'est Jacques-Cartier!

Pas de vrais «tests de valeurs»

Le chef de la CAQ fait valoir que plusieurs autres pays le font, dont l'Allemagne et le Danemark.  Comme le démontrait le HuffPost en 2016, leurs «tests de valeurs» portent peu sur les valeurs, et plus sur l'histoire du pays d'accueil, ses lois et ses coutumes.

M. Legault justifie cette mesure en disant voulant protéger l'héritage canadien-français au Québec.  «Moi, je suis fier du genre de société que m'ont laissé nos ancêtres et je pense qu'on a le devoir de protéger cette société

29 août 2016 : Si on est responsable, on doit discuter calmement des répercussions de l'immigration au Québec. [...]

À l'ouverture d'un caucus présessionnel de deux jours, le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ) a réaffirmé son «malaise» par rapport au burkini, ce maillot de bain porté par des musulmanes qui les recouvre de la tête aux pieds.

Le chef caquiste doute que les tenants du burkini soient de fervents défenseurs des droits des femmes.  «On a déjà dit qu'on voulait faire passer des tests de valeurs aux nouveaux arrivants, a rappelé M. Legault.  Donc, j'ai un problème avec le burkini.»

«Le lien est qu'il y a des vêtements qui sont un peu extrêmes qui, pour certaines femmes, peuvent être interprétés comme un geste de soumission, a fait valoir le chef caquiste.  C'est important de s'assurer que les nouvelles personnes qu'on accueille au Québec croient à l'égalité entre les hommes et les femmes.»

La CAQ a proposé d'offrir aux nouveaux arrivants des cours de français, d'histoire et de valeurs québécoises.  Au bout des trois ans, ceux qui échoueraient à un test sur ces sujets pourraient être retournés dans leur pays d'origine.

Malgré sa volte-face, la députée Nathalie Roy refuse de parler de sa proposition d'interdire le burkini comme d'une erreur.  «Tous ces symboles d'oppression et de soumission de la femme - la burqa, le niqab, le tchador, le burkini - pour moi, c'est extrêmement heurtant, a déclaré Mme Roy. Ça ne devrait pas être des choses que nous voyons. [...]  Je vais persister à le dire.»

La CAQ réitère qu'elle interdirait le port de signes religieux pour les personnes en autorité dans l'appareil public, soit les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers, les gardiens de prison et les enseignants. Ainsi, M. Legault s'oppose formellement à l'ouverture montrée par le Service de police de la Ville de Montréal au port du hijab pour ses policières. De même pour le turban dans la Gendarmerie royale du Canada (GRC). 

«Si une policière porte un signe religieux et qu'elle a devant elle quelqu'un qui est d'une autre religion, évoque M. Legault, sa crédibilité, sa neutralité, au moins en apparence, peut être remise en question. Ce n'est pas souhaitable.»

 

L'entrée en politique: l'appel de Lucien Bouchard

 
 

En 1998, Legault a le goût de faire autre chose.  Il siège à huit conseils d'administration de compagnies québécoises, dont Provigo, Sico et Culinar.  Il va même voir du côté de la Caisse de dépôt et placement du Québec CDPQ

Finalement, c'est une rencontre avec Lucien Bouchard à l'occasion d'une mission aux États-Unis qui l'amène en politique. Leurs conjointes respectives, Audrey Best et Isabelle Brais, étaient déjà des amies.  Les enfants allaient à la même école.

Bouchard en fait son ministre de l'Industrie et du Commerce.  Trois mois plus tard, il se fait élire dans la circonscription électorale de Rousseau et surprise...

Bouchard l'envoie à l'Éducation.  « Dans un premier temps, j'ai refusé. Mais finalement, il avait raison. Ça été probablement la plus belle période de ma vie. »

À noter que M. Legault est l’un des sept membres du gouvernement (dont Lucien Bouchard) qui a préféré prêter serment sur la Bible, plutôt que sur le Code civil du Québec lors de son assermentation comme ministre!

Conflit avec Landry

Son arrivée au cabinet des ministres provoque des remous.  En février 2001, Lucien Bouchard doit interrompre une visite officielle en Chine pour arbitrer une chicane budgétaire entre Legault et Bernard Landry.

Un témoin proche rappelle les circonstances : «Legault offrait alors des contrats de performance aux universités pendant que Landry préparait des coupes budgétaires.  Legault a dit non. I l n'était pas question qu'il appose sa signature au bas de tels contrats, en sachant qu'on allait faire des coupures dans les budgets des universités.  Pour lui, c'était une question de conscience».  

Bouchard réconcilie ses deux ministres, mais Legault s'est déjà fait une réputation.  «Je l'appelais mon éternel insatisfait», rappelle un ministre du temps.  Encore aujourd'hui, ses critiques sont durs : «Legault n'est pas fiable».   C'est de l'entourage de Pauline Marois et de Bernard Landry que viennent ces reproches.  Parce que trois semaines avant sa querelle budgétaire avec Landry, Legault s'était déjà aliéné Pauline Marois.  L'histoire tient du roman.

Le 11 janvier 2001, Lucien Bouchard annonce qu'il démissionne.  Bernard Landry est le favori dans la course qui s'annonce.  Mais voilà que François Legault propose une alliance à Marois.  Celle-ci hésite; elle compte ses appuis.  Sans prévenir, Legault passe dans le camp de Landry le 17 janvier 2001. 

Bernard Landry

La ministre des Finances Pauline Marois dépose son premier budget à l'Assemblée nationale en 2001

Marois apprend la nouvelle de la bouche d'un Landry triomphant.  Furieuse et isolée, elle se rallie, mais ne fera plus jamais confiance à Legault.

Legault se défend d'avoir joué sur les deux tableaux
.

 
«

J'avais offert à Pauline qu'on fasse équipe à deux.  C'est elle qui aurait été le chef.  Quatre ou cinq députés voulaient nous rencontrer pour parler de fond.  Or, je me suis rendu compte, en parlant à son entourage, qu'elle n'avait pas l'intention de se préparer, de se présenter, puis ce qu'elle cherchait, c'était d'avoir la meilleure négociation possible avec Bernard Landry.

Donc, je suis allé voir Landry et j'ai mis mes conditions sur trois ou quatre sujets importants.  Il m'a dit qu'il était d'accord avec ces positions- là.  Je lui avais demandé de me donner le reste de la journée pour aviser Pauline.  Mais on avait un conseil des ministres et tout de suite après, Bernard Landry est allé annoncer ça à Pauline.

»
 

Éventuellement, ce sont les partisans de Bernard Landry qui l'accuseront à leur tour de ne pas être fiable. En 2003, Landry tente de sauver son leadership en vue du vote de confiance de juin 2005.  Le 23 octobre 2003, il lance «La saison des idées» afin de rallier les militants.

Mais Legault, qui jouit d'appuis importants au sein du caucus et des jeunes péquistes, prépare sa propre campagne à la direction. 

À l'arrivée des délégués au conseil national d'octobre 2004 à Sherbrooke, son organisation distribue un manifeste : «Le courage de changer».

Le directeur général du PQ, Pierre Chateauvert, avait pourtant refusé que ce document soit distribué sur les tables des délégués.

Devant les députés réunis à huis clos et ensuite devant les délégués, la vice-présidente du parti, Marie Malavoy, sonne la charge : « On n'écrit pas le programme du PQ avec des "je", mais avec des "nous" », lance-t-elle.  Legault ne bronche pas.  Mais aujourd'hui il se défend d'avoir manqué de loyauté.

«À l'époque, Bernard Landry avait dit qu'il n'était pas certain de rester.  On venait de perdre des élections, et je pensais qu'on avait besoin d'un brassage d'idées au Parti québécois.  C'était ma contribution, avec un groupe de jeunes, à ce qu'on appelait "la saison des idées".»

Ses collègues du temps sont plus durs encore à l'endroit des adjoints de Bernard Landry.  

«Son entourage était méfiant. C'est eux qui l'ont conduit à sa perte.  Legault ne cherchait pas à devenir chef, il voulait plus d'influence.  Au lieu de niaiser sur ce document, ils auraient dû appeler à l'aide. 

Nous aurions travaillé avec eux en vue du vote de confiance.  Mais personne ne nous l'a demandé.»

Legault reconnaît qu'il peut lui arriver de blesser ses collègues : «Sur des principes importants, je ne fais pas de compromis.  Je suis tout le contraire d'un suiveux.  Je n'ai pas peur de déplaire si c'est nécessaire même si beaucoup de gens sont contre ce que je pense.  Dans ce sens-là, peut-être que c'est vrai que je suis trop franc ou pas assez patient, mais le bon côté des choses, c'est que je dis ce que je pense.[...]  Je suis capable d'écouter, mais quand vient le temps de me prononcer, je n'ai pas peur, je suis capable de sortir du rang si je pense que c'est nécessaire.»

Martin Koskinen, l'un de ses plus fidèles partisans, admet aussi que l'impatience de Legault a pu lui jouer des tours.  «Il a les défauts de ses qualités. Son impatience à faire bouger les choses, c'est ce qui lui a fait le plus mal en politique.»
Peu importe ses motifs, les critiques de François Legault l'accusent encore aujourd'hui de ne pas être fiable, et pire encore, d'avoir choké en juin 2005, en se désistant de la course à la direction après avoir laissé travailler ses militants pendant de longs mois. 

Il avait alors invoqué des raisons familiales.

Tous ses collègues et amis admettent que sa femme, Isabelle, n'était pas favorable à ce qu'il s'investisse dans une telle aventure.  Ses garçons étaient jeunes; la famille avait déjà beaucoup donné à la politique.
Mais cette explication a été reçue avec scepticisme. 

Encore aujourd'hui, ses partisans du temps n'ont pas d'explication claire sur cette décision.  «C'est vrai que sa femme n'était pas favorable à ce qu'il y aille, mais elle n'avait pas fermé la porte.  Je pense que l'autre raison qui a joué, c'est que François ne se sentait pas porté par une vague à l'époque.  Or, il est un peu comme Lucien Bouchard : quand il va quelque part, il a besoin de se sentir appelé.  Ce n'était pas le cas en 2005», confie l'un de ses proches.

«Ça m'a fait mal au coeur, mais j'ai respecté ça, raconte un autre. On considérait qu'on avait l'appui de 50 % du caucus.»

Ce député, comme la quasi-totalité des personnes interrogées, a demandé l'anonymat.  Certains par amitié pour un ancien collègue qu'ils ont aimé, d'autres parce que leurs fonctions actuelles leur interdisent de parler publiquement.

 

Le 25 juin 2009, il quitte la vie politique

Pas facile d'être assis chez soi...

Il est clair que François Legault veut effectuer un retour en politique active.  «Ça ne doit pas être facile d'être assis chez soi et de voir tout ce qui se passe sans participer au débat», estime Sylvain Vincent, associé directeur pour l'est du Canada chez Ernst & Young, qui dit avoir choisi cette firme en sortant de l'université à cause du dynamisme et du leadership de Legault. 

Mais ce dernier ne veut pas brûler les étapes.

«Ce que j'essaie de faire, c'est de rassembler des gens, des leaders qui souhaitent relancer le Québec. Je pense que c'est ce dont on a besoin au Québec, du leadership et de la compétence. Et dans un premier temps, ça doit se faire à l'extérieur d'un parti politique parce que les politiciens ont perdu beaucoup de crédibilité.»

Question : peut-on changer le Québec uniquement par un mouvement d'idées?

- «Non. Éventuellement, ça passe par la politique. Mais pour l'instant, il faut d'abord s'entendre sur les changements à faire.

- Mais n'est-ce pas justement ce qu'ont fait les lucides?

- Bien justement. Il ne faut pas simplement faire un texte et s'en aller chez soi.  Il faut qu'il y ait un suivi. Je vais expliquer ça bientôt.»

 

 
«

Je voulais faire de la politique pour créer des emplois.  Je ne voyais pas ce que j'allais faire à l'Éducation,  jusqu'au jour où j'ai compris que l'éducation et la formation étaient la base de l'emploi.

»
 

Résolu à ne pas se laisser engloutir par la bureaucratie du second ministère en importance au Québec, M. Legault entreprend alors de combattre la lourdeur de la machine.

Mais pour plusieurs, l'inexpérience politique de François Legault a été la cause de nombreux faux pas.

En se voyant confier le ministère de l'Éducation, François Legault hérite d'une réforme complexe conçue sous Pauline Marois.  La disparition des notes traditionnelles dans les bulletins scolaires lui vaudra notamment le désaveu public du premier ministre de l'époque, Lucien Bouchard.

Après une période difficile lors de la course à la direction du PQ, au printemps 2001, marquée par son passage du camp de Pauline Marois à celui de Bernard Landry, le ministre Legault se taille la réputation d'être à l'écart des réseaux péquistes traditionnels.

Dès son arrivée à la Santé, en 2002, M. Legault trouve inconcevable de ne pouvoir évaluer concrètement la performance d'un réseau dans lequel les Québécois investissent annuellement quelque 17 milliards de dollars.

Par cette urgence d'agir et la tentation d'appliquer à la Santé des recettes qui se sont montrées efficaces à l'Éducation, François Legault ternira, selon plusieurs observateurs, l'image de solide gestionnaire née lors de son passage à l'Éducation.

De nombreux analystes soulignent toutefois son rôle de porte-parole de l'opposition en matière de finances et d'économie, de 2003 à 2009.  Il s'est particulièrement fait remarquer au printemps 2009, lors de la commission parlementaire sur les pertes importantes de la Caisse de dépôt et placement du Québec

François Legault, élu député de la circonscription de Rousseau aux élections générales du 30 novembre 1998 célèbre sa victoire avec sa conjointe Isabelle Brais

 

Le Financement politique de la circonscription de Rousseau

 
 

Selon José Soucy Journaliste-blogueur

À l'élection 2018, François Legault dénonce les petits amis du Parti Libéral du Québec, mais il a aussi ses petits amis qui le suivent et le soutiennent.  À l'époque où il était au parti québécois il a reçu sa part de dons lucratifs d'individus peu recommandables.

En 1997, l'année avant l'arrivée de Legault, le PQ avait récolté 5 300$ de dons dans la circonscription de Rousseau.  L'année de l'arrivée de Legault, 1998, les dons ont explosé à 5 570$.  Les dix années suivante, la circonscription de Legault a reçu en moyenne 69 109$ de dons par année.  L'année après le départ de Legault, les dons ont chuté à 11 790$.  Encore plus que le montant des dons, c'est leur origine qui fait sourciller.

En exemple:

1. Lyan Lavallée: entre 1999 et 2004 M. Lavallée a donné 16 750$ à la circonscription et sa femme a donné 7 750$.  Arrêté par l'UPAC aux côtés de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt. Accusé de fraude, d'abus de confiance et de corruption il a bénéficié d'une arrêt des procédures judiciaires en vertu de l’arrêt Jordan de la Cour suprême.


2. Claude, Danièle et Jacques DESJARDINS
Propriétaires d'Asphalte Desjardins Inc., Blainterre Inc. et Asphalte Jean-Louis Campeau Inc., dénoncés à la Commission Charbonneau par Lino Zambito.

La famille Desjardins, de l'entreprise Asphalte Desjardins ont versé près de 74 000$ à M. Legault pendant qu'il était au PQ.  Asphalte Desjardins a été dépeint comme l'un des principaux joueurs du système de collusion dans la région de Montréal.  Le directeur de l'entreprise Guy Desjardins a plaidé coupable à des accusations de complot et de corruption.


3. Jean-Pierre SAURIOL

Président du Groupe Dessau et des filiales associées (propriétés de Tony Accurso). Impliqué dans les cartels de collusion à Montréal, Laval et Rive-Sud.  Le 11 juin 2013 il démissionne de la présidence de Dessau.  En plus de la collusion et de la corruption, il avait autorisé le financement illégal des partis politiques du Québec.  Entre 1999 et 2006, il a versé un total de
1 750$ à Legault.

 

Programme FIER
Comportement étrange de François Legault

 
 

Dans le livre "Le mirage François Legault" (VL Éditeur), le journaliste Gilles Toupin rappelle l’étrange comportement de Legault lors du scandale des FIER au printemps 2009.  Ces Fonds d’intervention économique régionale (FIER) avaient été mis sur pied par le ministre des Finances Yves Séguin pour aider les entreprises à obtenir du capital de risque.

Porte-parole du PQ en matière de finances publiques, Legault avait découvert que certains dirigeants de FIER avaient investi de l’argent dans leurs propres entreprises et il étalait sur la place publique des pratiques fort douteuses.

Si bien que le ministre Bachand s’était vu contraint de demander au vérificateur général du Québec de faire enquête sur tous les projets qui avaient profité des FIER.  Son rapport, publié le 2 décembre 2009, confirmait les allégations de laxisme dans la gestion des FIER.

Texte de Pierre Dubuc
Rédacteur en chef l'Aut'Journal
3 septembre 2012

Par sa maîtrise du dossier, Legault triomphait.  Mais, nous apprend Toupin, « presque du jour au lendemain, François Legault ne voulut plus poursuivre ses charges à fond de train contre le gouvernement dans cette affaire ».  Que s’était-il donc produit?

Selon Toupin, l’événement déclencheur est le fait que « le 30 avril 2009, alors qu’il se trouvait dans le Salon rouge de l’Assemblée nationale, François Legault reçut la visite impromptue d’un huissier qui lui tendit une mise en demeure de la firme d’avocats McCarthy Tétrault qui, au nom de ses clients Pietro Perrino et Valier Boivin – explicitement mis en cause dans le scandale des FIER –, lui faisait une demande formelle de rétractation ».

Toupin rapporte les propos d’un proche collaborateur de Legault : « Il était complètement paniqué et il avait peur pour son portefeuille; pour sa fortune personnelle.  Il était très difficile de le raisonner.  Nous avions beau lui rappeler que ses propos avaient été tenus en chambre et qu’il jouissait de l’immunité parlementaire, il ne voulait rien entendre.  Nous lui disions que d’autres députés collectionnent sans conséquences les mises en demeure du genre, que le stratagème de Perrino et Boivin n’avait pour seul but que de le faire taire, qu’il ne devait pas s’inquiéter… il n’y avait rien à faire pour le rassurer. »

À partir de ce moment–là, Legault recule.  Il ne veut plus toucher au dossier des FIER.  A-t-il eu d’autres menaces, plus discrètes, touchant son portefeuille d’actions?

L’entrée en scène de Charles Sirois

Au moment où Legault amorce son virage, l’aile parlementaire du PQ découvre, nous apprend Toupin, que la personne qui a, au Québec, le plus d’intérêts dans les FIER est Charles Sirois, un proche de Jean Charest, mais qui sera plus tard, le cofondateur de la Coalition Avenir Québec CAQ!

Les recherchistes du PQ découvrent que Sirois, à la tête du holding Télésystème, est un acteur central des FIER et que les sommes en cause sont beaucoup plus importantes que dans le cas de Perrino et Boivin.

Citons à nouveau Toupin : « Les péquistes décident donc de foncer et de mettre en cause Charles Sirois dans le dossier des FIER à l’Assemblée nationale. Les questions sont rédigées.  Il est pour ainsi dire minuit moins cinq, et tout est prêt pour lancer la frappe.  Mais François Legault dit non; il refuse de faire le travail.  Il s’abstient complètement.  Pour s’en justifier, il se lève au caucus et annonce aux autres députés qu’il ne veut plus "salir des réputations’’ – lui qui jugeait encore quelques jours plus tôt qu’il était pleinement justifié de dénoncer les abus commis par ceux qui avaient utilisé les FIER à mauvais escient. »

Devant le silence de Legault, c’est le député François Bonnardel de l’ADQ qui s’empara de l’affaire, de façon maladroite parce qu’il ne maîtrisait pas aussi bien le dossier que François Legault.

Fausse sortie

En juin 2009, Legault annonce qu’il quitte la vie politique. Selon Toupin, « il confie également à des collaborateurs qu’il a perdu de l’argent dans la crise économique de 2008 et qu’il aimerait bien se refaire dans le privé ».

Mais il semble bien que l’adieu à la vie politique était plutôt feint que sincère.  Dans son long reportage consacré à la CAQ dans le magazine L’Actualité, (Dans le ventre de la CAQ, L'Actualité, mai 2012), le journaliste Alex Castonguay écrit que, pendant que Legault roulait vers Montréal avec son adjoint, Martin Koskinen, la sonnerie du cellulaire s’est fait entendre. « La voix grave de Lucien Bouchard retentit dans le téléphone. L'ancien premier ministre péquiste, qui a recruté Legault en 1998, le félicite pour son départ. ‘‘C'est le moment de prendre du temps pour toi’’ dit-il, avant d'ajouter d'un ton sérieux : ‘‘Il est aussi temps de penser à ton avenir politique.’’ »

On connaît la suite. Sirois et Legault vont s’associer et fonder la CAQ, avec l’appui de Pierre-Karl Péladeau de l’empire Québecor, et la bénédiction du gouvernement Harper et de Bay Street.

Rappelons que les journaux anglophones de l’empire Québecor, regroupés dans Sun Media, ont appuyé ouvertement le Parti conservateur et Stephen Harper lors de la dernière campagne électorale fédérale et que Charles Sirois est le président du conseil de la Banque Canadienne Impériale du Commerce (BCIC), la deuxième banque en importance au Canada, et traditionnellement liée au Parti conservateur.

On connaît la suite des événements, mais on ne sait rien des tractations qui se sont déroulées entre Charles Sirois et François Legault, sous le parrainage de Lucien Bouchard. L’a-t-on aidé à se « refaire » financièrement?  Touche-t-il un salaire secret comme dans le cas de Jean Charest?  Ou a-t-il plutôt reçu pour sa conversion au fédéralisme des actions d’entreprises?

Aujourd’hui, Legault parle de « courage », en promettant de s’attaquer aux organisations syndicales.  Mais, celui dont la fortune doit beaucoup à l’appui du Fonds de solidarité de la FTQ lors de la création d’Air Transat, était beaucoup moins « courageux » quand les Pietro Perrino, Valier Boivin, Charles Sirois lui ont intimé de cesser de fouiller dans leurs combines, comme nous l’apprend Le mirage de François Legault de Gilles Toupin.

 

François Legault et Pauline Marois

fin
 

La fin d'une ambition

 
 

La défaite des péquistes aux élections générales d'avril 2003, où ils n'obtiennent que 33 % des voix, fragilise la position du chef, Bernard Landry, et fait ressurgir les ambitions de certains, dont François Legault.

En octobre 2004, dans un manifeste intitulé Le courage de changer et destiné à forcer le débat au sein du Parti québécois, le député de Rousseau affirme que le PQ doit se moderniser pour conserver sa pertinence.

Mais quatre jours après la démission-surprise de Bernard Landry, le 8 juin 2005, François Legault annonce qu'il ne se présentera pas à la course à la direction du Parti québécois, invoquant des raisons familiales.

Avec un taux de popularité de 9 % dans les sondages, il se trouvait derrière Gilles Duceppe (30 %), Pauline Marois (16 %) et André Boisclair (10 %).

En juin 2009, il annonce son départ de la vie politique.  Mais en février 2011, il fonde, avec l'homme d'affaires Charles Sirois, la Coalition pour l'avenir du Québec, dans le but d'animer une réflexion collective sur les défis auxquels fait face le Québec.  Rapidement, il n'écarte pas la possibilité de revenir dans l'arène politique.

Neuf mois plus tard, la Coalition pour l'avenir du Québec s'est transformée en parti politique, renommée Coalition avenir Québec.  Le 4 septembre 2012, François Legault sera élu dans la circonscription de L'Assomption avec 1078 votes d'avance sur la candidate du PQ.  Le chef de la CAQ entrera à l'Assemblée nationale à la tête de la deuxième opposition, derrière le PLQ.

 

Caisse de dépôt et placement du Québec
François Legault, complice du camouflage
La Caisse a sacrifié 2 milliards $ pour favoriser l'élection des Libéraux en 2008
(source: Vigile.net septembre 2018)

 
 

En 2008, la Caisse a subi des pertes financières de 40 milliards. Vingt ans plus tard on ignore encore ce qui s'est véritablement passé dans ce qui fut le pire désastre financier de notre histoire.  Les principaux responsables, Jean Charest, Monique Jérôme-Forget, Henri-Paul Rousseau, sont parvenus à camoufler (cover-up) leur responsabilité jusqu'à maintenant grâce au silence complice de François Legault, alors critique de l’Opposition officielle (PQ) en matière de Finances et maintenant chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) que les sondages placent en avance en vue du scrutin du 1er octobre 2018.

Le rôle et la responsabilité de François Legault

À titre de porte-parole de l'opposition pour les institutions financières en 2008 et au début 2009, François Legault avait le devoir et la responsabilité de faire toute la lumière sur ce qui s'était vraiment passé à la Caisse. 

D'autant plus que, comme nous allons le démontrer, il détenait des informations sur les manœuvres du gouvernement Libéral qui avaient entraîné des milliards de pertes supplémentaires lors de la crise financière de 2008.  D'abord 10 milliards $ de contre-performance de la Caisse dans la crise des titres pourris (sub-primes), et, très grave, le sacrifice de 2 milliards $ pour favoriser l'élection de Charest en 2008.  Le silence de Legault à ce sujet fait de lui un complice de ce vaste camouflage qui perdure encore aujourd'hui. 

Comment expliquer ce silence face à la fausse explication donnée par Jean Charest, Monique Jérôme-Forget et Henri-Paul Rousseau à l'effet que ces pertes de 40 milliards $ étaient entièrement attribuables à « la tempête parfaite » que fut la crise financière de 2008.  

Cette fausse explication aurait pu facilement être contrée par François Legault à partir d'une simple lecture des états financiers de la Caisse pour 2008, publiés en février 2009 :  « la Caisse annonce un rendement de - 25 % », et ajoute entre parenthèses que celui du portefeuille de référence a été de -18,5 %. En clair, cet écart de 6,5 % équivalait à une perte supplémentaire d'environ 10 milliards $.»

Il était donc facile pour Legault, comptable de profession se targuant par surcroît d'être fort en finances, de démontrer que la « tempête parfaite » qui a affecté également tous les fonds n’était en fait responsable que de 30 des 40 milliards$ des pertes de la Caisse, et de revenir lors de la commission parlementaire de mai 2009 sur les raisons de cette contre-performance de 10 milliards$. 

D'autant plus que l’ancien premier ministre et ancien ministre des Finances Jacques Parizeau, une autorité en la matière, avait une explication sur cette perte supplémentaire de 10 milliards$ : le changement de la loi sur la gouvernance de la Caisse par le gouvernement Charest en 2004 (Loi 78), qui avait transformé selon lui un fonds de pension en fonds spéculatif. 

 

 

De là la violation des normes de placement et la surexposition à des produits de placements dont on avait mal évalué les risques, observées par Pierre Gouin.  Pourtant, une règle d’or en matière de placements recommande de s’abstenir d’investir lorsqu’on est incapable d’évaluer correctement les risques.  

C’est ainsi que la Caisse s’est retrouvée avec une quantité importante du fameux papier commercial non-bancaire, devenu toxique lors de la crise, entraînant une grave crise de liquidités et une vente de feu du portefeuille d'actions à l'automne 2008 en pleine capitulation boursière. Les pertes sur papier sont devenues des pertes effectives, un sacrifice de 2 milliards $ :  

« À l'automne 2008, la Caisse avait réduit du tiers (de 36,3% à 22,4%) sa pondération en actions. À l'époque, le président par intérim Fernand Perreault avait justifié la braderie en pleine débandade boursière afin « de protéger le capital des déposants... »  Ce chamboulement rapide du portefeuille avait coûté 2 milliards en 2008. »

Or, François Legault était parfaitement au fait que ces pertes auraient pu être évitées, comme l'atteste son point de presse à l'Assemblée nationale le 4 novembre 2008 :  

« M. LEGAULT: Oui. J'ai parlé avec des gens de la Caisse de dépôt, là, de façon confidentielle puis, en respectant leur anonymat. Ces personnes m'ont dit qu'actuellement, depuis à peu près un an, pour régler les problèmes de papier commercial, on vendait des obligations pour créer les liquidités qu'on a perdues avec le papier commercial, de 13 milliards.  

[...] 

La caisse peut toujours aller chercher des liquidités en vendant des actions, mais on va tous comprendre qu'avec la valeur actuelle des actions dans les entreprises un peu partout dans le monde ce n'est pas le temps de vendre des actions.  Or, il y a des inquiétudes chez les employés de la Caisse de dépôt, qui voient que la caisse est en train de vendre des actions au pire moment pour régler ses problèmes de liquidités.  Il y en a qui me disent aussi qu'il y aurait des demandes qui seraient faites au gouvernement pour qu'il y ait un transfert de liquidités qui soit fait.  Donc, je pense que la situation est assez grave pour que Monique Jérôme-Forget fasse le point puis nous dise exactement c'est quoi, la situation.

[...] 

Or, ce qu'on comprend, c'est qu'à cause du manque de liquidités on est en train de vendre des actions, c'est-à-dire qu'on est en train de changer le mix de la caisse. 

Ça veut dire que toutes les hypothèses sur lesquelles sont basés les rendements de la caisse viennent de tomber. 

Je pense que c'est tellement grave, là, qu'on doit avoir le portrait de la Caisse de dépôt, c'est trop important.  

[...] 

M. LEGAULT: « Bien, il y a des actions qui sont prises.  Si la Caisse de dépôt actuellement est en train de liquider des actions, ça veut dire qu'il y a des pertes qui vont devenir réalisées, avec notre argent. [...] Je pense que les Québécois ont le droit de savoir ce qui se passe à leur Caisse de dépôt. »

On constate donc que François Legault dispose des informations sur la situation à la Caisse, et l’on sait qu’il a la formation et l’expertise nécessaires pour établir les responsabilités. 

Le rôle et la responsabilité de Monique Jérôme Forget, alors ministre des Finances  

Suite à ce point de presse et à l’information que la Caisse lui transmettait, la ministre des Finances, responsable de la Caisse, Monique Jérôme-Forget, ne pouvait prétendre qu'elle n’était pas informée de la crise de liquidités en cours et des pertes potentielles d'une vente de feu.  On comprend qu'en pleine campagne électorale elle ait préféré camoufler la gravité de la situation au public pour ne pas compromettre les chances de réélection du PLQ et de Jean Charest.  Elle a donc ignoré la suggestion de l’Opposition officielle que l'État se porte à la rescousse de la Caisse et lui fournisse les liquidités nécessaires pour éviter des pertes effectives de 2 milliards $. 

Le rôle et la responsabilité des dirigeants de la Caisse

La vente de feu du portefeuille d'actions a donc eu lieu, ce qui a permis aux dirigeants de la Caisse de venir rassurer le public à l'effet qu'il n'y avait pas de crise de liquidités lors d'une conférence de presse le 21 novembre 2008, en pleine campagne électorale en vue de l’élection du 8 décembre :

Fernand Perreault et Pierre Brunet
et  le 21 novembre 2008

« La Caisse a cherché à se faire rassurante sur l’ampleur des liquidités dont elle dispose, et sur la façon dont elle sera affectée par la crise financière actuelle. Les hauts dirigeants actuels, Pierre Brunet et Fernand Perreault, ont affirmé qu’il n’existait actuellement pas de problème de liquidité, dont le niveau est de 20 milliards de dollars » ont-ils dit.  [...] Puisque la CDP a largué des titres alors que les marchés financiers étaient en chute libre, les pertes théoriques se sont matérialisées, d'après ces mêmes sources. [...] »

La Caisse ne manquera pas par la suite de camoufler cette opération qui eut pour résultat objectif de favoriser la l'élection des Libéraux en 2008, un camouflage dénoncé par un observateur averti, Pierre Goyette, ancien sous-ministre des Finances, ancien membre du conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec et ex-président et chef de la direction de la Banque Laurentienne du Canada.  Dans une lettre ouverte au aux journaux dont le Soleil et le Devoir, il écrit le 25 février 2010 :

« La véritable catastrophe financière de l'année 2008 a été la perte à la vente de placements en actions de 22,8 milliards par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Cela dit, l'omission la plus scandaleuse de la part de la direction de la Caisse a été de s'abstenir de toute explication, de toute analyse de ce fait éminemment important, de cette immense perte réelle irrécupérable de 2008. (...) Le rapport annuel décrit longuement le contexte de marché en 2008 au Québec, au Canada et dans le monde à l'égard de toutes les catégories de placements, mais des renseignements détaillés et de l'analyse des pertes comptables de 13,7 milliards sur actions, il n'y a rien. »

François Legault s’est lâchement défilé

François Legault va annoncer son départ de la vie politique dans des circonstances qui laissent de sérieux doutes sur sa capacité à défendre le bien public. 

Dans sa lettre de démission, il va insister pour demeurer sur la commission parlementaire spéciale censée faire la lumière sur les pertes historiques de la Caisse :   

« Mais au cours des dernières semaines, j’ai bien vu que ma motivation déclinait et que je ne serais pas en mesure de continuer.

J’ai cependant souhaité participer à la commission parlementaire spéciale sur la Caisse de dépôt et terminer la session parlementaire. » 

Cette lettre était accessible sur le site d’Agnès Maltais, mais le lien n'existe plus.  Il faudrait retracer cette lettre dans les archives du PQ.  Lors de cette commission parlementaire, il va se montrer peu combatif pour faire la lumière sur les pertes historiques de la Caisse et sur le rôle de la ministre responsable lors de la crise de liquidité.

François Rebello, un ami de Legault, confiera plus tard à deux militants qui l'interrogeaient sur le manque de combativité de Legault, « qu'il ne voulait pas déranger du monde ».

François Legault et François Rebello

Charles Sirois et François Legault

En 2012, François Rebello deviendra le porte-parole de la CAQ en matière de développement économique dans le cabinet fantôme de François Legault.  Son mandat couvre la Caisse de dépôt.

François Legault avait l'occasion de revenir sur cette vente de feu qui avait favorisé la réélection des Libéraux lors de la commission parlementaire spéciale sur les pertes de la Caisse en 2008, tenue en mai 2009.

Il s’est lâchement défilé et son jeu a servi les intérêts du PLQ. 

Son silence le rend complice du camouflage du régime Libéral

Ce silence n’est guère surprenant de la part de celui qui a démissionné pour ne pas poser de questions sur un scandale mettant en cause son ami Charles Sirois, l'ex chasseur de têtes pour Jean Charest devenu par la suite co-fondateur de la CAQ : 

« Les recherchistes du PQ découvrent que Charles Sirois, à la tête du holding Télésystème, est un acteur central des FIER au Québec. Le PQ se rend compte que Sirois tire parti des faiblesses du programme, relate Gilles Toupin. Les questions sont rédigées. Il est pour ainsi dire minuit moins cinq, et tout est prêt pour lancer la frappe. Mais François Legault dit non; il refuse de faire le travail. Il s'abstient complètement. »

[...] 

En plus de vouloir épargner Charles Sirois, avec qui il créera la CAQ deux ans plus tard, M. Legault aurait aussi craint pour sa fortune personnelle après avoir reçu une mise en demeure de proches des Libéraux, avance Gilles Toupin

L'auteur décrit ensuite un caucus du PQ médusé par un discours de François Legault qui veut diminuer l'intensité des attaques de son parti envers Jean Charest pour s'attaquer « aux vraies affaires ».

Faut-il ensuite se surprendre que François Legault soit allé jusqu’à solliciter Monique Jérôme (la sacoche) Forget pour un appui – qu’elle a d’ailleurs refusé de lui accorder – à son nouveau parti, sachant le rôle qu'elle avait joué dans le camouflage (cover-up) des pertes de la Caisse, particulièrement lors de l'épisode de la « vente de feu »

En fait, il faut surtout comprendre que la CAQ et le PLQ, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.  François Legault est un membre à part entière de l’establishment fédéraliste qui nous suce le sang aux quatre veines. Il a retourné sa veste lorsqu’il a compris que ses intérêts personnels étaient menacés s’il restait au PQ.  Il est aussi inapte que les Libéraux à servir le bien public.

 

Création de la Coalition Avenir Québec (CAQ)

 
 

Charles Sirois et François Legault

La Coalition pour l'avenir du Québec de François Legault et Charles Sirois a récolté 139 600 $ depuis février 2011, réussissant à obtenir des dons de personnalités connues du milieu des affaires, publie La Presse le 24 septembre 2011,

Des discours à 200$ à Québec et 250$ à Montréal pour entendre les objectifs de la Coalition, qui pourrait bien se transformer en parti politique.

Reconnaissons à ces deux messieurs l'intelligence de le comprendre analysait Josée Legault dans le Voir du 23 février 2011. 

Ce qui explique pourquoi, nonobstant l'image vachement dans l'air du temps d'une "coalition" arc-en-ciel non partisane, ni de droite, ni de gauche, ni souverainiste, ni fédéraliste, la couleur dominante de la CAQ tire nettement plus sur le rouge…

Logique. La plupart des membres de cette "coalition" sont issus du milieu des affaires. Un milieu allergique aux mots "souveraineté" et "social-démocratie".

Voilà donc la clé de l'énigme: ce même milieu ayant perdu tout espoir de voir les libéraux se sortir du trou, malgré l'extrême timidité du PQ sur la souveraineté, il préférerait tout de même trouver un moyen d'éviter un gouvernement péquiste majoritaire.

Et si ce "moyen", c'était la coalition Legault-Sirois?  Notez que M. Legault, ex-ministre péquiste, s'associe à Charles Sirois – un pur produit de la grande entreprise et ardent défenseur de ses intérêts, fédéraliste engagé aux réseaux d'influence tentaculaires, président du conseil de la Banque CIBC, un proche de Jean Charest et ex-recruteur du Parti libéral. Avouez que c'est tout un cv…  

Il pèse lourd dans la balance.  Si Legault n'a point perdu ses ambitions de diriger un parti, il semble avoir accepté que ce sera dorénavant au prix d'embrasser le cv de son nouvel ami qu'il peut encore songer à les réaliser un de ses rêves.

Certains c'étaient rendus pour entendre les deux hommes d'affaires autant par curiosité que pour sonder l'air du temps et se montrer avec d'autres gens d'affaires.

Indépendantiste convaincu, l'ancien ministre Matthias Rioux n'a pas l'intention de se joindre à la Coalition pour l'avenir du Québec, même s'il s'est rendu au cocktail-bénéfice de son ancien collègue, François Legault, à Québec.

À Québec, près de 200 personnes et 250 personnes à Montréal ont payé pour entendre François Legault et Charles Sirois, un auditoire venu de tous les horizons politiques.  On y retrouvait Jonathan Poitras, vice-président du Parti Libéral du Canada PLC, et Michel-Éric Castonguay, un candidat de Stephen Harper dans la région de Québec, un jeune militaire blessé en Afghanistan.

Jean-François Simard, l'ancien ministre péquiste, y a présenté Richard Thibault, membre de l'exécutif de l'Action démocratique du Québec où il s'occupe des communications.

Le sénateur conservateur Michel Rivard s'y trouvait aussi tout comme deux membres de l'équipe de Régis Labeaume sur la scène municipale, Denise Trudel et Patrick Paquet.  Devenus indépendants, les anciens adéquistes Éric Caire et Marc Picard faisaient aussi partie du groupe.

L'ancien animateur Matthias Rioux accompagnait son fils, explique-t-il car ce dernier était curieux d'entendre les ténors du nouveau parti en gestation. Mais pas question de faire le saut pour M. Rioux, ministre sous Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.

«Je suis un souverainiste de gauche, je n'irai pas ailleurs qu'avec les souverainistes... au PQ», lance-t-il.  Il salue au passage son ancien collègue Legault, «qui a démontré beaucoup de courage» dans ses réformes pour la laïcisation du réseau scolaire quand il était responsable de l'Éducation.

 

Inquiétude des liens de Charles Sirois avec le secteur privé
Publié le 07 décembre 2011 La Presse Canadienne Québec

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s'est inquiété que le cofondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ) Charles Sirois soit actionnaire d'une clinique privée.

M. Bolduc a exprimé la crainte que des politiciens dissimulent leurs intentions de privatiser le réseau de la santé.  La question du privé en santé est un sujet épineux entre la CAQ et l'Action démocratique du Québec (ADQ), qui pourraient fusionner.

En Chambre, en réponse au Parti québécois (PQ) qui l'accusait de laxisme envers les cliniques privées, M. Bolduc a plaidé pour un système public fort avec une collaboration du privé.  M. Bolduc a affirmé que les libéraux sont contre la privatisation telle que promise par l'ADQ, parce qu'elle cause des pénuries dans le réseau public.

Le porte-parole de la CAQ, Jean-François Del Torchio, a minimisé l'implication de M. Sirois dans l'élaboration des politiques du nouveau parti de François Legault.

M. Del Torchio a affirmé que M. Sirois n'a pas de rôle formel à la CAQ, ce qui élimine les risques de conflit d'intérêts.  Le porte-parole de la CAQ a rappelé qu'en 2009, M. Bolduc était lui-même propriétaire d'une polyclinique.

Au Salon bleu, le PQ s'est inquiété des délais d'une enquête de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) envers des cliniques privées, dont Plexo. Cette firme est une filiale de l'entreprise Télésystème, appartenant à M. Sirois.

La députée Agnès Maltais a accusé le gouvernement de faire preuve de laxisme envers les cliniques privées, afin de protéger leurs intérêts.  Selon la porte-parole en matière de santé, le laisser-aller du gouvernement a contribué à la pénurie de médecins de famille.  Mme Maltais a souligné le nombre grandissant de médecins qui se désengagent du régime public pour travailler dans des cliniques privées.

 

Résultats préliminaires des élections générales provinciales de 2018

 
 

2 octobre : à  14 h 12 selon Élection Québec -Taux de participation préliminaire : 66,4621 %

Coalition avenir Québec - L'équipe François Legault

74 sur 125

1 509 280 votes

37,41 %

Parti libéral du Québec/Quebec Liberal Party

32 sur 125

1 001 486 votes

24,82 %

Québec solidaire

10 sur 125

634 464 votes

16,10 %

Parti québécois

9 sur 125

688 140 votes

17,06 %

Parti vert du Québec/Green Party of Québec

0 sur 125

67 932 votes

1,68 %

Parti conservateur du Québec / Conservative Party of Québec

0 sur 125

59 193 votes

1,47%

Nouveau Parti démocratique du Québec

0 sur 125

22 949 votes

0,57 %

Pour les autres partis : voir le site Élection Québec

10
 

L'homme de 10 millions $

 
 

En septembre 2018, François Legault, admet se plier à l’exercice à contrecoeur.  Il a chiffré ses actifs à 9,866 millions $.  «Ça ne me plaît pas particulièrement de dévoiler mes actifs, mais je pense que c’est comme une obligation que je me donne, pour être transparent», a-t-il affirmé en mêlée de presse.

Le dirigeant caquiste estime cependant «que c’est rendu une norme de dévoiler les actifs, d’être complètement transparent» et que «les Québécois ont le droit de savoir».

Selon les documents dévoilés le 24 septembre 2018, François Legault et sa conjointe Isabelle Brais ne possèdent qu’une seule propriété — celle d’Outremont — et ils paient 36 629,75 $ par année en taxes municipales.

La valeur de leur résidence montréalaise est de 4 556 000 $, d’après l’évaluation municipale.

Par ailleurs, selon les informations fournies par le parti, le couple Legault-Brais n’a aucune somme d’argent placée à l’extérieur du pays. La déclaration de revenus de Mme Brais chiffre à 0 $ son salaire annuel.

La maison de style victorien du chef de la CAQ est à vendre depuis plus de 9 mois. François Legault et sa femme demandent 4,9 millions pour la propriété de 24 pièces. Une visite s'impose. On se demande pourquoi la maison n'est pas encore vendue car elle est très belle!

 

Sources: Journal le Soleil pour Martin Cauchon de Médias Capitales; Vigil.quebec média indépendant; L'aut'Journal média indépendant; L'Encyclopédie de l'Agora de Jacques Dufresne; La Presse pour la Fiducie La Presse

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
En ligne le 28 septembre 2018
Mise à jour le 2 octobre 2018

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Par Jacques Dufresne: de Charest en Legault, de Desmarais en Sirois

  Au micro Clément Gignac ex-ministre libéral: pas de quoi être FIER

Par Jean-Yves Proulx: quelques questions à François Legault, pour l'avenir du Québec

  Notes & Références encyclopédiques:

François Legault, en bref

Né le 26 mai 1957 à Sainte-Anne-de-Bellevue (Senneville), dans l'ouest de l'île de Montréal

Diplôme des Hautes Études Commerciales de Montréal (HEC) et comptable chez Clakson Gordon

Titulaire d'une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'École des hautes études commerciales (HEC), obtenue en 1984

Occupe le poste de directeur des finances et de l'administration chez le transporteur régional Nationair Canada, de 1984 à 1985

Fonde Air Transat en 1986, avec les dirigeants de Trafic Voyages: Jean-Marc Eustache et Philippe Sureau

Quitte Transat et devient multimillionnaire en 1997 en vendant ses parts dans Air Transat

Entre, sans être élu, au Conseil des ministres en septembre 1998 en tant que ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie

Élu pour la première fois, le 30 novembre 1998, député du Parti québécois dans la circonscription de Rousseau, dans Lanaudière

Détient, de 1998 à 2003, les portefeuilles de l'Éducation et de la Santé

Réélu député de la circonscription de Rousseau aux élections d'avril 2003, de mars 2007 et de décembre 2008

Renonce à être candidat à la direction du Parti québécois, en juin 2005

Départ du Parti Québécois et annonce qu'il quitte la vie politique en juin 2009

Fonde avec l'homme d'affaires Charles Sirois la Coalition pour l'avenir du Québec en février 2011 (qui deviendra Coalition avenir Québec)

Le chef de la CAQ entre à l'Assemblée nationale avec son nouveau parti après avoir été élu aux élections générales de 2012. Il récolte 19 députés.es et 27% du vote.

À l'élection de 2014 la Coalition Avenir Québec récolte 22 députés et 23 % du vote

À l'élection de 2018, la Coalition récolte 74 députés et 37,66 % du vote. François Legault devient le Premier ministre du Québec

 
 

Notes & Références encyclopédiques:

ces pertes de 40 milliards $ étaient entièrement attribuables à...

 

Auditions sur les résultats de la Caisse de dépôt et placement.

Allocution de M. Amir KHADIR, député provincial du comté de Mercier. Assemblée nationale du Québec. Commission permanente des finances publiques. Journal des Débats ― Vol. 41 N° 17. Le mardi 19 mai 2009

 

Retour au texte

la violation des normes de placement et la surexposition à des produits de placements dont on avait mal évalué les risques...

 

Un témoin expert de l'intérieur explique les causes des pertes de 40 milliards de la Caisse en 2008 et dénonce les agissements des dirigeants de l'époque.

Les bonnes questions n'ont jamais été posées aux bonnes personnes - Par Pierre Gouin, économiste et ex-de la Caisse de dépôt et placement du Québec. - Vigile.québec, le 6 septembre 2018

 

Retour au texte

celui qui a démissionné pour ne pas poser de questions sur...

 

Pamphlet anti-CAQ: Legault aurait épargné Charest pour protéger Sirois.

 

En plein scandale financier impliquant les libéraux, en 2009, le député péquiste François Legault aurait retenu ses coups contre le gouvernement Charest lorsque le nom de son futur partenaire politique Charles Sirois est ressorti dans le dossier, avance un dur pamphlet anti-Coalition avenir Québec (CAQ) qui sortira la semaine prochaine en librairie

 

Retour au texte

après avoir reçu une mise en demeure de proches des Libéraux...

 

Le mirage François Legault
Au-delà du bagou, qu'est-ce que propose la CAQ?

Par Gilles Toupin, journaliste

 
 

Retour au texte

il n'écarte pas la possibilité de revenir dans l'arène politique...

 

Les cofondateurs de la Coalition pour l'avenir du Québec  Charles Sirois et François Legault

Legault serait de la partie advenant un scrutin automnal

La Coalition pour l'avenir du Québec menée par François Legault se dit prête à sauter dans l'arène politique dès l'automne 2011 advenant le déclenchement d'élections anticipées. - Société CBC/Radio-Canada, le 21 février 2011.

 

Retour au texte

Coalition pour l'avenir du Québec s'est transformée en parti politique...

 

Le directeur général des élections du Québec autorise le parti de François Legault

Société CBC/Radio-Canada, le 4 novembre 2011

 

Retour au texte

Depuis Legault aurait bien changé selon Bourcier...

 

  Lettre à François Legault par Michael Butler et Daniel Bourcier - Respectivement anciens président et vice-président de la composante Air Transat du SCFP représentant le personnel de cabine de 1992 à 1997 25 août 2012

 

Retour au texte

Dans son propre livre...

 

Cap sur un Québec gagnant
Le Projet Saint-Laurent

Après avoir retracé son parcours personnel et politique – son enfance, ses études, sa fructueuse carrière d’entrepreneur –, François Legault esquisse dans ce livre une ambitieuse vision du Québec de demain.
Commentaires d'

Parution : 22 octobre 2013, 304 pages
ISBN-13 : 9782764622841

 

Retour au texte

Ce n'est pas souhaitable...

 

Pendant que le Québec se voile... les femmes iraniennes risquent la prison pour se dévoiler

Incapables de se ternir debout au Québec, les twitteux encouragent ces femmes à se dévoiler et à se ramasser en prison pendant qu'eux et elles au Québec roupillent avec Québec Solidaire et autres bobos pour permettre à une femme d'être députée à l'Assemblée nationale du Québec, vêtue d'une burqa.  Un cas hypothétique bien sûr.  Ce contre quoi la seule députée musulmane du Québec, Fatima Houda Pepin, s'est battue et a été rejetée par le Parti Libéral du Québec.

 

Retour au texte

évitant du fait même un débat électoral sur la question...

 

ALENA : le Québec est gouverné, mais à peu près pas défendu...

Le Québec a servi de monnaie d’échange afin que le reste du Canada soit épargné dans les négociations sur l’ALÉNA 2.0; êtes-vous surpris?

La date butoir était connue depuis longtemps, la date de l’élection au Québec l’était aussi. Déjà il y a quelques jours, on apprenait par le Financial Post que les négociateurs du Canada souhaitaient retarder le plus possible toute annonce d’une entente pour ne pas influencer le vote au Québec...

Ils ont joué leurs cartes à merveille les gens d’Ottawa en annonçant le tout bien après la date de tombée des principaux journaux et surtout en sachant que le jour du scrutin, les journaux font trêve de textes partisans généralement.

Journal de Québec, le 1er octobre 2018

 

Retour au texte