Allégations de trafic d'influence
Marc Bellemare vide son sac
 et implique Jean Charest le premier ministre du Québec

Jean Charest à l’épicentre du séisme
par Jean-François Lisée


John Gomery à la tête d'une large enquête publique
Une suggestion de la
chef du Parti Québécois, Pauline Marois

« On veut fermer la trappe de Bellemare »
Selon le chef de l'Action démocratique, Gérard Deltell


Gouvernement sous influence
M. Charest doit déclencher une enquête publique ou démissionner selon Québec Solidaire

M. Bellemare a été ministre d'avril 2003 à avril 2004

La vice-première ministre,
Mme Nathalie Normandeau
qui monte au créneau pour défendre son chef

Charest veut poursuivre l'ex-ministre M. Marc Bellemare

Accusations de corruption au Parti Libéral du Québec PLQ

Financement politique douteux, échange d'argent comptant, nominations partisanes de juges, pressions politiques indues au sein du gouvernement.

Marc Bellemare, ministre de la Justice pendant un an au sein du premier gouvernement de Jean Charest, en 2003 et 2004, revient hanter son ancien patron.

Il y a un mois, il déclarait qu'il avait fait part à l'époque au premier ministre d'informations embarrassantes sur du financement au Parti libéral, ce qu'a nié par la suite M. Charest.

Dans une entrevue téléphonique exclusive avec l'animateur de l'émission Enquête de Radio-Canada Alain Gravel, Marc Bellemare y va de révélations fracassantes en disant avoir été témoin d'échanges d'importantes sommes d'argent liquide à deux occasions en décembre 2003 et en janvier 2004. Dans un lieu public, dans un premier temps, et à la permanence du PLQ à Québec, par la suite.

Extrait de l'entrevue :

- [Marc Bellemare] Les échanges d'argent auxquels j'ai assisté, de façon très fortuite d'ailleurs, sont des échanges qui ont lieu entre un permanent du parti et un individu considéré comme étant un collecteur influent du parti.
- [Alain Gravel] Est-ce que c'est quelqu'un qui est lié à l'industrie de la construction?
- Oui.
- Est-ce qu'on peut s'entendre pour dire que c'est un entrepreneur en construction?
- Oui.
[...]
- Quand vous dites des sommes substantielles, c'était de l'argent comptant?
- Oui [...] Il y avait des chèques et il y avait une liste aussi de noms tout près.
- Donc, il y avait de l'argent comptant, des chèques et une liste?
- Exact.
- Beaucoup d'argent comptant?
- Oui.
 

- [Alain Gravel] Est-ce que vous avez parlé aux gens qui s'échangeaient de l'argent?
- [Marc Bellemare] Oui, je les ai salués, mais manifestement, je n'avais pas d'affaires là. [...] J'en ai parlé au premier ministre, je m'en suis plaint au premier ministre et le lui ai dit que c'était irrégulier à mon avis et que c'était dangereux, et puis voilà.

— Extrait de l'entrevue

- [Alain Gravel] Est-ce que vous pouvez me dire ce que le premier ministre vous a répondu?
- [Marc Bellemare] Non, mais je peux vous dire qu'il était très bien informé.

Allégations de trafic d'influence

Marc Bellemare y va de révélations encore plus spectaculaires concernant l'influence de ce collecteur de fonds. Il dit avoir été au centre d'un trafic d'influence pour la nomination de juges.

Extrait de l'entrevue :

- [Marc Bellemare]Les gens qui était considérés comme étant des collecteurs influents et significatifs du parti avaient leur mot à dire sur plusieurs nominations et ils ne se gênaient pas pour solliciter des nominations de ma part à l'époque, en 2003 et en 2004, en tenant compte du fait qu'il y avait des retours d'ascenseurs qui étaient exigés, qu'il fallait placer notre monde, comme on disait à l'époque.
- [Alain Gravel] Alors vous avez été soumis à des pressions de collecteurs de fonds pour des nominations, vous-même, comme ministre de la Justice?
- Tout à fait, oui.
- Est-ce que vous avez été soumis à des pressions de l'individu que vous avez vu remettre l'argent?
- Oui.
- Donc, lui-même vous a fait des pressions?
- Oui.
- À de nombreuses reprises?
- Oui.
- Pour des nominations de...
- Diverses nominations, et des nominations de juges également.
- Votre souvenir... à combien de reprises?
- Trois.
- Trois reprises?
- Oui.
- Qu'il vous a demandé spécifiquement de nommer des juges?
- Oui.
- Avec des noms de juges?
- Oui.
- Est-ce que vous avez nommé ces juges?
- Oui.

- [Alain Gravel] Vous avez nommé ces juges parce que...
- [Marc Bellemare] Parce que c'était une commande des grands collecteurs du parti et le premier ministre était d'accord avec ça.

- [Alain Gravel] Vous en avez parlé au premier ministre?
- [Marc Bellemare] Oui, je m'en suis plaint au premier ministre, mais c'était, semble-t-il, la façon de faire.
[...]
- Donc, vous avez informé le premier ministre là-dessus?
- Oui, tout à fait, je m'en suis plaint à l'automne 2003 comme au printemps 2004.
- En disant quoi?
- En disant, je me demandait qui nommait les juges. Est-ce que c'était le ministre de la Justice ou c'était tel ou tel qui avait collecté significativement des fonds pour le parti qui avait à prendre la décision? Je m'en plaignais, mais ça ne changeait pas, parce qu'il fallait agir dans ce sens-là.

De l'obstruction de collecteurs de fonds

Il n'y avait pas que les nominations. Marc Bellemare souligne l'obstruction des collecteurs de fonds du parti sur des réformes pour rendre les juges des tribunaux administratifs plus indépendants.

C'est certain que ces importants collecteurs-là avaient une influence sur l'agenda législatif du gouvernement. En tout cas, en ce qui me concernait, moi qui avait plusieurs projets de loi qui étaient en attente. C'était... on sentait qu'il y avait un veto financier sur certains projets de loi. — Marc Bellemare en entrevue à Radio-Canada

Mauvais souvenir

La carrière de Marc Bellemare en politique provinciale a été très courte. Il en garde un très mauvais souvenir.

Extrait de l'entrevue :

- [Alain Gravel] Ça vous inspire quoi, c'est quand même grave, vous étiez le ministre de la Justice à ce moment-là?
- [Marc Bellemare] Ça m'inspire le dégoût, et c'est pour ça que je suis parti au printemps 2004.

Pour l'instant, Marc Bellemare refuse de donner publiquement les noms des collecteurs de fonds. Il ne veut pas non plus les révéler au directeur général des élections, en qui il n'a pas confiance. Il conteste d'ailleurs la citation à comparaître qu'il lui a envoyée pour le forcer à témoigner. M. Bellemare espère toujours témoigner devant une commission parlementaire, où il jouirait d'une immunité totale.

Extrait de l'entrevue :

- [Alain Gravel] Est-ce que vous avez l'intention de contester la convocation du directeur général des élections?
- [Marc Bellemare] C'est déjà fait.
- Parce que vous ne faites pas confiance à l'institution?
- Non, c'est parce que le directeur général des élections est une institution qui enquête privément et à mon avis, les informations de cette nature sont d'intérêt public, d'une part. D'autre part, le financement des partis politiques, ce n'est qu'un volet minime de ce que je viens de vous raconter.

Je pense que le DGE dans ce dossier-là joue le rôle du premier ministre qui, en Chambre, décide que je devrais aller m'adresser au DGE et 30 minutes plus tard, le téléphone sonne au bureau pour que j'aille rencontrer le DGE. J'ai trouvé que ça manquait d'indépendance et d'impartialité. Je trouvais que le DGE agissait comme un homme de main du premier ministre, et ça m'agace.

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Jean Charest à l’épicentre du séisme
par Jean-François Lisée
le 12 avril 2010 pour l'Actualité

Un ancien ministre de la Justice vient d’impliquer directement le Premier ministre sur deux plans: 1) réception de sommes irrégulières pour le financement électoral du Parti Libéral du Québec; 2) trafic d’influence dans la nomination de trois juges.

Il ne s’agit pas d’un nouvel épisode dans le scandale de la corruption dans la construction. Il s’agit d’un nouveau séisme, sans précédent dans l’histoire moderne du Québec.

L’ex-ministre, Marc Bellemare, ne dit pas qu’il en a entendu parler ou qu’il connaît un témoin qui affirme que… Non. Le témoin, c’est lui. Il affirme avoir vu. Il affirme s’être plaint au Premier ministre. Il affirme que le Premier ministre a autorisé la réception des sommes irrégulières. Il affirme en plus que lui, ministre de la Justice, a participé au trafic d’influence en nommant les trois juges désignés par un entrepreneur en construction. Il est non seulement témoin et participant, mais coupable.

Nathalie Normandeau, que ce blogue a désigné Pompière de l’année 2009, a été envoyée au front pour nier en bloc la totalité des affirmations de son ex-collègue. Le gouvernement demandera à l’impétrant de se rétracter, sinon il le poursuivra pour calomnies. Une stratégie à la Mirador concoctée pour survivre aux premières heures du séisme, mais qui ne tiendra pas plus longtemps.

Une soif irrésistible de savoir

La première question posée est de savoir dans quel cadre l’ex-ministre Bellemare pourrait venir vider complètement son sac, puis comment le Premier ministre pourra donner sa version des faits.

Question qui en entraîne une autre: maintenant que le Premier ministre est accusé par son ancien ministre, comment peut-il être celui qui désigne, en toute impartialité, le juge ou les commissaires qui pourront faire la lumière sur cette affaire le concernant ?

Une question de crédibilité

Pour l’instant, nous n’avons que la parole du premier et les dénégations du second. La crédibilité des deux joueurs est au centre du jeu — on sait que celle de Marc Bellemare n’est pas la plus reluisante au Québec, mais un sondage Léger Marketing d’hier notait que l’opposition populaire au gouvernement Charest atteint des niveaux historiques. La crédibilité du Premier ministre est donc extrêmement fragile.

La question est de savoir si, devant un juge ou des commissaires ou une commission parlementaire, l’ex-ministre pourra étoffer son témoignage avec des témoins supplémentaires, des notes prises au moment des faits, des conseillers auxquels il se serait ouvert de ces événements sur-le-champ.

Pour Jean Charest, la tâche sera plus difficile. Il devra faire la démonstration que ces événements n’ont pas eu lieu.

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Gouvernement sous influence :
M. Charest doit déclencher une enquête publique ou démissionner

Communiqué de presse
Québec Solidaire
12 avril 2010

La présidente de Québec solidaire, Françoise David, considère que « si les allégations de M. Bellemare au sujet de trafic d'influence au parti libéral s'avèrent fondées, particulièrement en ce qui a trait à la nominations de juges, M. Charest et son gouvernement n'auront d'autre choix que de démissionner et de se soumettre au jugement du peuple en déclenchant des élections. »

Amir Khadir, député de Mercier, rappelle que le gouvernement a refusé dans les derniers mois toutes les occasions qui s'étaient présentées pour faire la lumière sur les nombreuses allégations qui créent un climat de suspicion généralisé. Selon lui, " il est urgent de déclencher une commission d'enquête élargie. Tout semble démontrer que gouvernement est sous influence. Alors soit qu'il laisse M. Bellemare témoigner devant une commission parlementaire pour que la lumière soit faite, soit que M. Charest démissionne immédiatement, car dans l'état actuel des choses, avec un budget matraque qui favorise les riches amis du parti, la confiance du public est presque irrémédiablement brisée."
 

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Accusations de corruption
au Parti Libéral du Québec PLQ

Bellemare vide son sac

Au cours d’une entrevue accordée au journaliste Paul Larocque de TVA, Me Bellemare a indiqué qu’il a ainsi nommé des juges à deux reprises, «peut-être trois».

Marc Bellemare, qui n’est resté qu’un peu plus d’un an en politique provinciale dans le gouvernement Charest, soit entre avril 2003 et avril 2004, a affirmé qu’il s’est plaint de cette situation auprès de M. Charest à l’époque, mais qu’il s’est fait dire que c’était la façon de fonctionner.

Normalement, un comité de sélection soumet au ministre une liste de candidats à des postes de juge et le ministre décide quelles candidatures il retient pour recommandation au conseil des ministres.

«En principe, c’est ça, ça doit se passer de façon étanche, en tenant compte de critères de compétences, de probité et d’intégrité les plus élevés. Et là, tout à coup, voilà, on veut nommer untel parce qu’il y a des gens qui ont des préoccupations essentiellement financières, qui veulent pousser leur candidat. Ça n’a rien à voir avec le processus qu’on doit appliquer normalement.»

Selon Marc Bellemare, il était impossible dans les faits de résister à ces pressions, puisqu’il s’agissait de «gros joueurs qui avaient la confiance du premier ministre». «On est dans un conseil des ministres; on doit tout à notre premier ministre qui est le chef suprême du gouvernement. Notre nomination et notre fonction relèvent de lui à quelque part, parce que c’est lui qui décide à cinq minutes d’avis de nous nommer ou de nous retirer notre poste.»

M. Bellemare n’a pas voulu donner de noms, désirant rester prudent et souhaitant faire ces révélations dans le cadre d’une commission d’enquête ou d’une commission parlementaire seulement qui lui assureraient une immunité complète contre toute plainte ou poursuite.

Celui qui est retourné à la pratique privée du droit après avoir quitté la politique provinciale en 2004 a aussi révélé à TVA que, dans un des cas où il a subi de la pression pour nommer un juge, le collecteur de fonds du parti savait que son candidat figurait dans la liste des finalistes pour le poste. M. Bellemare a ajouté que lui-même ne savait pas que le candidat en question était dans la liste. Il a affirmé que les nominations qu’il a dû faire n’étaient pas nécessairement celles qu’il aurait faites s’il n’avait pas subi de pressions.

Il a dit qu’il avait attendu tout ce temps, soit environ six ans, avant de rendre ces informations publiques en raison d’un concours de circonstances, soit après avoir été approché par des journalistes dans la foulée des révélations des derniers mois sur le financement des partis politiques et la controverse qui secoue le secteur de la construction.

Marc Bellemare s’est par ailleurs dit surpris des réponses de Jean Charest relativement à cette affaire. M. Charest a déjà rejeté du revers de la main des allégations précédentes de M. Bellemare au sujet d’irrégularités au sein de son administration.

«Personnellement, je me serais attendu à ce qu’il l’admette, qu’on avait eu des échanges là-dessus et que je lui avais rapporté des irrégularités. Que M. Charest soit d’accord ou qu’il trouve une raison de dire que ce n’est pas vrai ou que ça n’est pas tout à fait ça, moi, c’est très clair dans ma tête :ça s’est passé comme ça, c’est tout.»

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Allégations de corruption
Charest veut poursuivre Bellemare

Par Taïeb Moalla
Pour l'Agence QMI Quebecor
Publié le 12 avril 2010

Niant en bloc les accusations portées, lundi soir, par Marc Bellemare, le premier ministre Jean Charest enverra une mise en demeure, dans les prochaines heures, à son ancien ministre de la Justice qui «dit à peu près n'importe quoi».

«Ce que M. Bellemare raconte, essentiellement, c'est des mensonges. J'ai l'intention de lui envoyer une mise en demeure pour exiger qu'il se rétracte et s'excuse. À défaut de quoi, je vais le poursuivre. Là, c'est assez. On a atteint la limite», a déclaré M. Charest, lundi soir, à partir de Biloxi, au Mississippi.

M. Charest nie catégoriquement les prétentions de Marc Bellemare selon lesquelles ce dernier s'était directement plaint auprès du premier ministre, à l'automne 2003 et au printemps 2004, à propos des nominations de juges qui auraient été commandées par des «grands collecteurs du parti (libéral)».

«Il ne m'en a pas parlé. Je ne sais pas de quoi il parle. Il ne m'a pas parlé de ces choses-là», a répété le premier ministre. Interrogé sur les motivations qui animent son ancien ministre, Jean Charest a demandé aux journalistes de poser directement la question à Marc Bellemare.

Assez, c'est assez

«Comme citoyen, il y a une limite à subir un traitement comme celui-là venant de quelqu'un qui, après tout, a servi dans le gouvernement. Alors là, moi j'ai atteint la limite», s'est insurgé Jean Charest.

Malgré ces allégations, il n'est aucunement question de mener une enquête interne au sein du Parti libéral. «Au Parti libéral du Québec, le financement est fait selon les règles. Quand il se présente des situations où ce n'est pas fait en vertu des règles, on corrige le tir», a affirmé M. Charest.

La mise en demeure à Marc Bellemare sera envoyée (vraisemblablement mardi) par Jean Charest par l'intermédiaire de son avocat. Il n'est pas exclu que le Parti libéral entreprenne également des démarches judiciaires de son côté, a affirmé le premier ministre.

D'autre part, M. Charest a de nouveau signalé que Me Bellemare se doit d'aller devant le Directeur général des élections (DGE). «C'est toujours un mystère. S'il a des preuves, pourquoi il ne va pas au DGE? Tous les autres citoyens du Québec, normalement, iraient au DGE, sauf Marc Bellemare!», s'est étonné le premier ministre. D'après lui, le DGE offrirait à Me Bellemare l'immunité qu'il réclame depuis des semaines.

Dans une des premières réactions à la sortie publique de Marc Bellemare, Québec solidaire a réclamé le déclenchement d'une enquête publique élargie ou carrément la démission de M. Charest et la convocation d'élections générales anticipées.

«Ben, franchement. Voyons. Il faut mettre les cartes sur la table. M. Bellemare en a assez dit. Moi, comme citoyen, j'ai l'intention de défendre mes droits. On est rendu là», a rapporté le premier ministre.

Au moment où les allégations ont été diffusées, en fin d'après-midi, sur les ondes de Radio-Canada, Jean Charest était en visite au Stennis Space Centre de la NASA, à Biloxi, endroit où il est interdit de faire entrer des téléphones cellulaires.

L'équipe du premier ministre n'a ainsi pu lui parler qu'à sa sortie de la NASA. Le programme du premier ministre en a été quelque peu chamboulé. Son avion devait décoller à 19h (20h, heure du Québec). Or, à cette heure-là, il répondait encore aux questions des journalistes au hall d'entrée de l'hôtel Beau Rivage où il a résidé dimanche et lundi.

L'avion de M. Charest devait atterrir à Québec vers minuit, dans la nuit de lundi à mardi. Il sera présent à la période des questions, mardi après-midi, à l'Assemblée nationale.

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Allégations de trafic d'influence
La vice-première ministre monte au créneau pour défendre son chef

Jean Charest, Marc Bellemare, collusion, conflits d'intérêts, juges, collecteurs de fonds, PLQ

Société Radio-Canada Télévision RDI
Émission 24 heures en 60 minutes
Diffusée le 12 avril 2010

Le Parti libéral du Québec (PLQ) dément catégoriquement les propos de Marc Bellemare qui, en entrevue à Radio-Canada, dit avoir été au centre d'un trafic d'influence de collecteurs de fonds importants du parti.

En entrevue au Téléjournal de Radio-Canada, la vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, a indiqué que le premier ministre Jean Charest enverra une mise en demeure à Marc Bellemare pour qu'il se rétracte, sinon il sera poursuivi.

La ministre Normandeau a affirmé que les allégations de l'ex-ministre libéral étaient « extrêmement graves, inacceptables [et] fausses ».

On ne peut pas dire n'importe quoi parce qu'on est dans une démocratie. On ne peut pas dire n'importe quoi lorsqu'on a été un ancien ministre de la Justice. Tout ce qu'a affirmé ce soir M. Bellemare est faux, complètement faux. — Nathalie Normandeau

Lors de son entrevue au Téléjournal, comme plus tôt à 24 heures en 60 minutes, la ministre a évité à deux reprises des questions sur la possibilité de permettre à Marc Bellemare de témoigner devant une commission d'enquête publique ou devant une commission parlementaire. Mme Normandeau s'est contentée de dire que M. Bellemare peut s'expliquer devant le directeur général des élections (DGE), qui l'a cité à comparaître.

Dans son entrevue, Marc Bellemare a indiqué qu'il ne faisait pas confiance au DGE, qu'il qualifie d'« homme de main » de Jean Charest.

La ministre Normandeau a aussi défendu le processus de nomination des juges, qu'elle dit « rigoureux, encadré, indépendant et impartial ».

Mme Normandeau a conclu en se questionnant sur « l'agenda » de M. Bellemare.

De son côté, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a lui aussi qualifié les paroles de M. Bellemare d'inacceptables. Il a ajouté que le PLQ, selon lui, respecte les règles de financement des partis politiques. « Des sacs de cash? Moi, je le crois pas. J'ai pas vu de cash dans aucun des financements depuis quatre ans que je suis là. J'en voyais pas quand j'étais au Parti québécois non plus », a-t-il déclaré à Radio-Canada.

Au chapitre de la nomination des juges, il a ajouté « si le ministre de la Justice a nommé des juges avec lesquels il était en désaccord, c'est son jugement qu'il faut questionner. »

Pour sa part, Québec solidaire a réagi en demandant au premier ministre Charest de choisir entre la démission ou le déclenchement d'une enquête publique.

« Il est urgent de déclencher une commission d'enquête élargie. Tout semble démontrer que gouvernement est sous influence. Alors, soit il laisse M. Bellemare témoigner devant une commission parlementaire pour que la lumière soit faite, soit M. Charest démissionne immédiatement, car dans l'état actuel des choses, avec un budget matraque qui favorise les riches amis du parti, la confiance du public est presque irrémédiablement brisée », a déclaré le porte-parole Amir Khadir.

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Marois suggère Gomery à la tête d'une large enquête publique

Jean Charest, Marc Bellemare, collusion, conflits d'intérêts, juges, collecteurs de fonds, PLQ

Par Tommy Chouinard
Pour le journal La Presse

Publié le 13 avril 2010

Jean Charest, Marc Bellemare, collusion, conflits d'intérêts, juges, collecteurs de fonds, PL

 

Par Denis Lessard
Pour le journal La Presse

Publié le 13 avril 2010

Jean Charest, Marc Bellemare, collusion, conflits d'intérêts, juges, collecteurs de fonds, PL