Jean Charest fait fausse route
Sondage QMI-Léger-Marketing
Les Québécois se rangent derrière Marc Bellemare

Les Québécois se rangent derrière Marc Bellemare

Par Rémi Nadeau
Pour le Le Journal de Québec
Publié le 15 avril 2010

Le Québec est dirigé par un «gouvernement clandestin», dit le Parti Québécois

Par Martin Ouellet de l'agence La Presse canadienne
Publié le 14 avril 2010

 
L'Opinion de l'ex-ministre de la justice
Paul Bégin
Par l'agence de presse QMI de Quebecor
Publié le 13 avril 2010

Marc Bellemare, Jean Charest, Bastarache, juges, collecte de fonds politique, PLQ

Les Québécois se rangent derrière
Marc Bellemare

Près de 7 Québécois sur 10 croient que l’ex-ministre Marc Bellemare a bel et bien informé le premier ministre Jean Charest des pressions qui auraient été exercées sur lui pour la nomination des juges en 2003 et 2004.

Un sondage Agence QMI-Léger Marketing démontre à nouveau que le premier ministre Charest a perdu la confiance du public.

Le coup de sonde éclair mené hier dans la foulée de «l’affaire Bellemare» révèle que 69 pour cent des Québécois croient davantage l’ex-ministre de la Justice que Jean Charest, lorsqu’il dit l’avoir avisé que des collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec ont dicté la nomination de certains juges.

Seulement 16 pour cent des répondants croient davantage M. Charest, qui a nié en bloc les allégations explosives.

Près de deux Québécois sur trois (64 pour cent) croient aussi davantage Marc Bellemare à l’effet qu’il ait été forcé de nommer des juges sous la pression des contributeurs du PLQ.

«Il y a un problème de crédibilité et de légitimité qui se pose pour le premier ministre», a commenté le vice-président à la recherche de Léger Marketing, Christian Bourque.

Selon lui, l’écart observé quant à la confiance accordée aux deux hommes est très élevé, puisqu’il favorise un ex-ministre ayant occupé peu de place sur la scène publique depuis six ans, au détriment de l’actuel premier ministre du Québec.

Crédibilité de Bellemare

D’ailleurs, 66 pour cent des Québécois jugent que Marc Bellemare a attendu trop longtemps avant de déballer son sac ce qui démontre, selon M. Bourque, qu’il n’est pas considéré à l’abri de tout soupçon.

«C’est un peu comme les témoins délateurs. Ils ne sont pas 100 pour cent propres, mais les citoyens croient que leur témoignage apporte un éclairage très utile», a illustré le sondeur.

Quant à la pertinence de tenir une commission d’enquête publique sur le processus de nomination des juges, les Québécois sont partagés.

Bien que 62 pour cent d’entre eux appuient la décision de Jean Charest, seulement 32 pour cent disent faire pleinement confiance à cette commission pour faire la lumière sur les allégations de M. Bellemare.

Une vaste majorité des Québécois (81 pour cent) réclament une enquête plus large sur la corruption liée à l’industrie de la construction.

La pression à cet effet est loin de s’estomper, puisque ce taux a augmenté depuis le sondage effectué en février dernier (74 pour cent)

Québec est dirigé par un «gouvernement clandestin»

Jean Charest va miner la confiance du public dans le système judiciaire en déclenchant une enquête publique sur le processus de nomination des juges, prévient l’ex-ministre de la Justice, Paul Bégin.

Même s’il se dit «déboussolé» par les révélations de Marc Bellemare, qui soutient avoir nommé trois juges sous la pression du collecteur de fonds du Parti libéral du Québec, Franco Fava, M. Bégin croit néanmoins qu’elles ne nécessitent pas une remise en question du processus.

«Est-ce que c’est tout le système qui est en cause ou s’il y a quelque chose, quelque part, qui est pourri, c’est ça la question. Si on enquête sur le processus, ça veut dire qu’on va se demander si tous les juges nommés depuis 15 ou 20 ans l’ont été sur une base de trafic d’influence, ça n’a pas de maudit bon sens», a martelé l’ex-ministre péquiste, en entrevue au Journal hier.

«Si on se met à douter que tous les juges ont fait l’objet de nomination partisane, on vient de foutre le système judiciaire par terre», a-t-il encore mis en garde, ajoutant que «si les gens perdent confiance en la justice, il n’y a plus de règles qui tiennent».

M. Bégin, qui a été ministre de la Justice entre 1994 et 1997, puis entre mars 2001 et octobre 2002, estime que le premier ministre Charest devrait se contenter de mener une enquête sur les allégations précises de Marc Bellemare.

Il a évité de se prononcer lui-même sur la crédibilité des révélations de l’ex-ministre libéral.

«Normalement, ce n’est pas comme ça que ça se passe», s’est limité à dire celui qui a nommé lui-même 62 juges au cours de ses passages au ministère.

Il croit que le public devrait garder confiance dans l’autorité judiciaire du Québec, malgré la commotion créée par les propos de M. Bellemare.

«Des cons, j’en ai vu, des mauvais juges, j’en ai vu, mais jamais j’ai pensé que c’était parce qu’ils étaient bleus ou rouges», a-t-il ajouté.

Son expérience

Paul Bégin soutient avoir été imperméable à toute tentative d’influence de la part de ses collègues députés et des membres du Parti québécois lorsqu’il a occupé les fonctions de ministre de la Justice.

«Dès que je sentais qu’on m’approchait avec l’intention de mousser une candidature, je disais tout de suite que je ne voulais rien entendre parce qu’on ne marchande pas une candidature de juge», a-t-il affirmé, admettant qu’il devenait très sollicité lorsque des postes de juge étaient affichés par le gouvernement.

Il a toutefois refusé de porter un jugement sur le comportement de M. Bellemare, qui, selon ses propres dires, aurait abdiqué devant la pression exercée sur lui. 
Marc Bellemare, Jean Charest, Bastarache, juges, collecte de fonds politique, PLQ