Retour à :  Plan du site - Politique - Finance - Fiche Corruption & Éthique - Lutte anticorruption

La corruption: est-ce évitable ?

Notre monde est de plus en plus en proie aux intérêts particuliers, à la bonne fortune de certains groupes ou personnes influentes. Le poids du capital aidant, notre monde ne s'est-il pas transformé en une duperie générale où chacun joue son rôle ? Voici un court exposé de ce qui compose ou produit de la corruption.

L'auteur nous renvoie à nos propre gestes individuels, mais pour ceux qui ont déjà réglé leur vie sur des principes d'honnêteté et qui se sentent floués par les corrompus, il reste des possibilités d'agir collectivement. Présentement au Québec, la commission Charbonneau (
Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction ( 01 )) permet aux citoyens et citoyennes qui savent des choses de pouvoir témoigner en toute sécurité. À nous de jouer le jeu

Extraits d'un texte par: Jonacre
Coordinateur Administration des Systèmes d'Information du Mouvement Zeitgeist Francophone ( 02 )

 

Choix de photos, ajouts au texte de base, mise en page et références : JosPublic
Publication : 1er avril 2012

 

La corruption est l'utilisation abusive d'un pouvoir reçu par délégation à des fins privées comme l'enrichissement personnel. Il s'agit pour un agent public, un élu, un médecin, un arbitre sportif, ou encore un salarié d'entreprise privée de s'abstenir de faire ou de faciliter quelque chose grâce à sa fonction, en échange d'une récompense ou d'un service, le plus souvent une somme d'argent. La corruption conduit en général à l'enrichissement personnel du corrompu et/ou du corrupteur. Cette pratique peut être considérée comme illégale selon le domaine concerné et elle est malheureusement omniprésente.

 
 

Mais pourquoi, dans notre société, faisons-nous face à un tel degré de corruption ?

 

La corruption peut être décrite comme une activité illégitime, souvent illégale, dédiée à la promotion d'intérêts particuliers. L'absence de toute forme de considération envers l'intérêt général, la moralité, le respect des règles du jeu et des droits d'autrui y est prédominante.

Il convient de remarquer qu'il s'agit là d'une pratique qui traverse l'Histoire : de Jules César au scandale de Panama ( 03 ) en passant par l'usage de l'excommunication lors du Bas Moyen-Âge ( 04 ) ...Les méthodes changent mais le procédé demeure le même : faire usage de son influence sur un détenteur de pouvoir afin d'en tirer un bénéfice individuel ou collectif au détriment d'autrui.

 
 

C'est une arme qui permet d'accroître la fortune et le pouvoir
de ceux qui savent l'employer avec succès.

 

La corruption est le plus souvent perçue sous la forme d'un pot de vin. Il s'agit alors d'"acheter" le détenteur du pouvoir afin de lui ôter son indépendance. Mais d'autres formes sont à considérer : entente sur les prix, échange de services, alternance d'exercice du pouvoir, promesse de vente ou d'achat.

C'est une définition étendue du concept de corruption, mais elle a le mérite d'évoquer des activités aujourd'hui institutionnalisées, officialisées, qui ne sont guère considérées comme relevant de la corruption et qui pourtant s'apparentent largement à ce procédé, comme le lobbying et le financement de campagnes politiques.

Nous pouvons donc distinguer au moins deux sortes de corruption. 1. La corruption sauvage 2. La corruption institutionnalisée

 
 

1. La corruption sauvage

 

La corruption sauvage, la plus franche, est celle qui baigne dans l'illégalité de façon évidente. Elle gangrène tous les pays, notamment les pays en voie de développement et est souvent employée par des groupes au comportement "mafieux".

Elle permet de se mettre dans la poche les fonctionnaires, la justice, la police, des marchés publics ou des responsabilités politiques. Elle participe au démantèlement des États défaillants, déstructurés ou en échec, c'est-à-dire des États qui ne sont plus ou pas à même d'assurer leurs missions essentielles et notamment le respect de l'état de Droit (Afghanistan, Somalie, Soudan, Haïti).

Le plus souvent, il s'agit de s'assurer des passe-droit en invitant l'intéressé à fermer les yeux. Parfois, la corruption se traduit par le contrôle direct et personnel d'une fonction ou d'un pouvoir. Ainsi, il est fréquent que des populations ne puissent pas faire confiance à leur police car elle est aux ordres des "mafias" ou dans le cas où elle est sous-payée, ses services sont monnayables par n'importe qui. 

Et plus la corruption est présente dans une société, plus les détenteurs de pouvoir sont tentés d'y participer. Au Mexique, par exemple, certains policiers arrêtent sciemment des conducteurs irréprochables afin de leur réclamer de l'argent pour éviter une amende qu'ils ne méritent pas : il s'agit certes de racket mais c'est une conséquence directe de la corruption généralisée présente dans ce pays. Certains conducteurs fautifs vont pour leur part proposer de corrompre les policiers afin d'éviter l'amende. 

Il va sans dire que la pauvreté, les faibles salaires, les insuffisances des services publics et la compétition pour le pouvoir au sein d'un système monétaire jouent un rôle considérable, favorisent grandement la corruption.

 
 

2. La corruption institutionnalisée

 

La corruption est dite institutionnalisée lorsqu'elle est légale ou considérée comme relevant d'une activité légitime aux yeux de la société. L'exemple le plus connu et le plus aisément accepté est le financement des partis politiques. Après les scandales qui ont éclaboussé les responsables politiques en France dans les années 90 concernant ces financements de partis et campagnes, les pratiques ont été encadrées plus strictement et plus largement financées par l'État. De même du côté québécois, on se souviendra de la Commission Bastarache ( 05 ) à propos de l'éthique entourant la nomination des juges et le rapport Jacques Duchesneau pour Transport Québec ( 06 )

Malheureusement, pour se prémunir complètement de la corruption, il faudrait également que les entités en charge de contrôler ces financements ne soient pas elles-mêmes corruptibles. Mais sommes-nous sûrs qu'elles ne sont pas corrompues ? 

À l'exception du Canada, en Amériques, surtout aux États-Unis-d'Amérique, la participation privée au financement des campagnes politiques est totalement ouverte et connue de tous. Les sommes faramineuses nécessaires à l'élection présidentielle sapent profondément les idéaux démocratiques, et placent les candidats à la merci des organismes qui les financent, comme en témoigne la plus que timide réforme du secteur financier américain par l'administration Obama. Les juges, les procureurs généraux, les shérifs, les gouverneurs, les membres du congrès fédéral et ceux des États fédérés sont élus. Ceci laisse, vous en conviendrez, un large espace d'expression aux bourses les plus fournies...

En effet, si une société vous donne de l'argent pour réaliser votre campagne et vous faire élire, il est évident qu'elle demandera une contrepartie. Par exemple, si une société qui exploite le pétrole ou le gaz de schiste vous aide à devenir président, elle vous demandera des permis d'exploitation en échange.

 

La question des lobbies, ou groupes d'influence est peut-être encore plus dramatique étant donné qu'il s'agit d'activités à la fois légales et officieuses. Un groupe d'influence peut réclamer une législation très favorable au commerce et au libéralisme, ou des promesses d'implantation économique, d'emplois, de prix attractifs sur les matières premières, etc. Il peut également être à l'origine d'intimidations à propos des mêmes sujets, en brandissant par exemple la menace de délocalisations. Dès lors le législateur n'agit plus tellement, ou en tout cas, plus seulement au nom et dans l'intérêt du peuple. Dès lors, le législateur n'agit plus tellement, ou en tout cas, plus seulement au nom et dans l'intérêt du peuple.

Dans le cadre de cette corruption institutionnalisée, il ne s'agit plus d'éviter le contrôle de l'État, mais de s'assurer de sa bienveillance et de son soutien. Il est vrai que les acteurs de cette corruption agissent le plus souvent dans le cadre d'États puissants et solides, et proviennent de secteurs économiques et sociaux d'élite. Cependant, ils partagent avec les acteurs de la corruption sauvage le même objectif : maximiser leurs profits, obtenir des avantages économiques, bref, faire toujours plus d'argent. 

Il faut cesser de considérer les États comme des institutions objectives, neutres, veillant aux intérêts des nations. Les intérêts des organes qui participent au fonctionnement d'un État peuvent diverger, tout comme les intérêts du personnel qui y travaille. Les fonctionnaires d'État et les élus peuvent aussi bien avoir à cœur l'intérêt supérieur de la nation, que l'intérêt supérieur de leur portefeuille, de leur carrière, de leurs amis, ou de leur ascension dans l'échelle sociale.

 

Cliquer ici pour agrandir la carte

 

L'ONG Tranparency International ( 07 ) a publié son rapport annuel sur le niveau de corruption par pays.

La Russie occupe la 143e place du classement, avec un indice de corruption de 2,4.

 
 

3. La corruption à toutes les échelles

 

Nous remarquons que la corruption se trouve à tous les niveaux de notre société.

Il y a des questions que nous pouvons tous nous poser :

  • Dans quelle mesure est-ce que je participe à cette corruption généralisée ? 

  • Ne sommes-nous pas tous corrompus, à différentes échelles ? Pensons ici au travail au noir.

  • Les plus démunis sont souvent les plus révoltés. Mais dès qu'ils ont accès à plus d'argent est-ce que d'une certaine manière, nos salaires et nos frigos bien remplis ne nous éloignent-ils pas de la révolte, du questionnement individuel, de la remise en question du système ? 

  • N'est ce pas un accord tacite que nous passons avec notre corrupteur ?

"Paye-moi pour que mon confort soit sauf, en contrepartie, je m'engage à suivre mon train-train et à ne pas sortir du rang."

Ces questions sont d'une importance capitale, car, par l'exemplarité, nous pourrons faire changer les choses. Dans "l'existentialisme est un humanisme", Sartre nous expliquait que "l'existence précède l'essence", c'est-à-dire que ce sont nos actes qui définissent notre nature profonde. 

Dénoncer est une chose, agir en est une autre !

Regardons donc dans nos assiettes, sur nos tickets de caisses, regardons-nous dans la glace, droit dans nos propres yeux et ne donnons pas la moindre chance à ce système de nous corrompre !

 

Pour accéder à d'autres textes à propos de la Corruption, cliquez ici

Notes & Références encyclopédiques:

01

 
 

Qu'est-ce que la Commission Charbonneau - Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction au Québec. ?

 
 

Retour au texte

02

 
 
 
 

Qu'est-ce que le Mouvement Zeitgeist Francophone. Note de JosPublic: ce mouvement est un mouvement utopiste, non une secte et a le mérite, pour ceux et celles qui s'intéressent aux mode d'organisation de la société, de découvrir des alternatives intéressantes. JosPublic ne cautionne aucun site, il les références pour fin d'éducation collective et populaire.

 
 
 
 

Retour au texte

03

Qui est Jules César et qu'est-ce que le scandale de Panama

Retour au texte

04

Qu'est-ce que le Bas Moyen-Âge ?

Retour au texte

05

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L'animateur de l'émission "24 heures en 60 minutes" Sébastien Bovet discute avec Michel Bastarache, Alain Gravel, animateur de l'émission Enquête, Kathleen Weil, ministre de la Justice, Stéphane Bédard, leader parlementaire du Parti québécois, Sylvie Roy, leader parlementaire de l'Action démocratique du Québec, Jean-Claude Hébert, avocat criminaliste, Michel C. Auger, premier analyste politique, et Gilbert Lavoie, chroniqueur politique au Soleil.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Retour au texte

06

Rapport Duchesneau de l'Unité anti-collusion du Ministère des transports du Québec - couverture par MétéoPolitique

Retour au texte

07

Transparency International of Canada - Site internet unilingue anglais au Canada

Retour au texte