Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Finance - Fiche: Corruption & éthique - Politiciens.nes - Coupables

Arrestation et condamnation de deux hommes d'affaires et de deux conseillers de Montréal
José Sardano, Luis Vitorino, Irving Grundman et René Dussault pris la main dans le sac!

Les autorités policières ont accusés et fait condamné Irving Grundman et René Dussault, les deux conseillers municipaux de l'arrondissement Saint-Laurent de la Ville de Montréal arrêtés le 13 mai 2002, d'être impliqués dans d'autres "incidents" que la seule transaction où ils auraient accepté un pot-de-vin de la part de promoteurs immobiliers. Les deux homme d'affaires José Sardano et Luis Vitorino ont été aussi condamnés

René Dussault, conseiller municipal de
l'arrondissement Saint-Laurent de Montréal

Irving Grundman ex-directeur général du club de hockey Canadien et conseiller à Saint-Laurent

 
 

Collusion et corruption par des conseillers d'Union Montréal

 
 

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay ( 01 ), en marge d'une conférence de presse à déclaré : "J'ai été informé de plusieurs incidents", a-t-il indiqué avant de se réfugier derrière le mutisme recommandé dans pareilles circonstances. "Je ne peux pas dévoiler les discussions confidentielles que j'ai eues avec les représentants de la justice, a-t-il dit. Je dois être très prudent."

La Sûreté du Québec précisait que l'escouade des crimes économiques, à la suite d'une enquête sur des allégations d'actes de corruption et d'abus de confiance, avait arrêté quatre hommes, dont les deux conseillers, relativement à une transaction illicite qui visait le changement de zonage d'un terrain situé sur l'île. Le tout était conditionnel au versement secret d'une importante somme d'argent aux deux élus de l'arrondissement Saint-Laurent, selon la SQ. Il n'y avait dans le document aucune référence à d'autres incidents qui se seraient produits avant ou après la création de la nouvelle ville, le 1er janvier 2001.

Curieusement, le maire a indiqué qu'il n'avait parlé directement à aucun officier de la SQ depuis le dévoilement du scandale, mais plutôt au directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Michel Sarrazin ( 02 ), et à son adjoint. Personne, au SPVM, ne voulait faire de commentaire à ce sujet. Il a donc été impossible de savoir en quoi le SPVM est impliqué dans cette affaire.

Le maire s'est dit "déçu" de voir deux de ses conseillers municipaux possiblement impliqués dans un scandale d'une telle gravité, lequel mine évidemment la crédibilité de l'administration.

 "Je suis très déçu pour les Montréalais, qui doivent avoir une confiance inébranlable dans leurs élus, a-t-il dit. C'est toute l'intégrité du système qui est remise en cause. Je suis très déçu également pour les gens de Saint-Laurent qui ont fait confiance à ces personnes pendant 33 ans pour l'un et 16 ans pour l'autre. Ça remet en question beaucoup de choses, et nous allons agir en conséquence dans les plus brefs délais."

«

C'est toute l'intégrité du système qui est remise en cause
                                       -
Gérald Tremblay
                                                                                      13 mai 2002

»

En ce sens, le maire a répété que son administration avait l'intention de revoir le processus d'octroi de contrats ainsi que le financement des précampagnes et des campagnes électorales. Mais allez-vous faire plus, compte tenu de ces nouvelles révélations?, lui a-t-on demandé. "Oui, on l'a déjà fait." Mais encore? "Je ne peux pas en dire plus publiquement. Je vous demande d'être responsables, a-t-il répondu aux journalistes, vous faites votre travail, je l'apprécie beaucoup, mais nous, devant les allégations, nous allons assumer nos responsabilités."

Le maire a cependant indiqué qu'il ne pouvait pas demander aux deux conseillers de démissionner de leur poste, seulement du caucus de l'Union des citoyens de l'île de Montréal. Ce qu'il a fait. "Ce sont des gens élus de façon démocratique. Ils peuvent donc légalement siéger comme conseillers indépendants à l'hôtel de ville. Cependant, l'un siège à la Communauté métropolitaine de Montréal et l'autre à la Société de transport de Montréal. J'ai donc l'intention de demander au conseil municipal de remplacer ces personnes le plus rapidement possible."

100 000 $ ou 75 000 $

José Sardano

Luis Vitorino

Les quatre hommes arrêtés sont accusés de corruption de fonctionnaires, d'actes de corruption dans les affaires municipales, d'abus de confiance et de commissions secrètes. Autant pour les deux conseillers et que pour les deux hommes d'affaires José Sardano et Luis Vitorino.

Pour prendre sur le fait les conseillers municipaux Irving Grundman et René Dussault, de Saint-Laurent, un policier de la Sûreté du Québec, déguisé en «conseiller en construction», s’était infiltré dans un complot de plus de trois mois.
Le complot allégué, pour corruption, abus de confiance et fraude contre le gouvernement, impliquait deux entrepreneurs en construction de Laval, Luis Vitorino et José Sardano (tous deux âgés de 54 ans). Les deux conseillers municipaux plaidaient coupables la semaine dernière, tandis que le procès des deux autres commençait hier.

Communauté copte

Début 2002, la communauté copte de Montréal demandait à la municipalité de Saint-Laurent de changer le zonage d’un terrain du boulevard Henri-Bourassa afin d’y ériger un gros complexe communautaire. Les deux entrepreneurs rêvaient d’avoir leur part du contrat.

La Police de Montréal faisait alors enquête sur une affaire d’alambic industriel impliquant Sardano. Or dans les conversations piégées des acteurs, il était question de corruption ou de pot-de-vin et des Grundman et Dussault. L’affaire est refilée à la SQ, qui place tout le monde sous écoute. Aussi, les bureaux des deux conseillers sont munis de caméras de surveillance et de magnétophones.

Deux conditions

La police suit le déroulement du complot tout près de la bande. À un moment, il est clair que la modification du zonage est assortie de deux conditions: le paiement d’une récompense de 100 000 $ (que les conseillers accepteront de réduire à 75 000 $) et du changement de l’architecte au projet.

Vers la fin de mars, Sardano paraît absent des pourparlers. (C’est qu’il a été accusé à Longueuil d’une fraude et d’un complot dans une autre affaire ; il plaidera coupable le 21 janvier 2003.) La police demande à l’un de ses agents, Umberto Tucci, de s’infiltrer dans le complot, comme s’il était le porte-parole de Sardano.

Devant les caméras

Tucci rencontre Dussault à quelques reprises. Celui-ci lui dicte ses exigences: 75 000 $ en coupures de moins de 100 $, payables à son bureau. Le 29 avril 2002, Tucci s’exécute. Devant les caméras vidéo il dépose la valise bourrée d’argent sur le bureau de Dussault, puis disparaît avec sa mallette vide.

On voit Dussault, la mine réjouie, qui, après avoir mis les billets dans un sac de plastique, va les porter à Grundman dans le bureau de celui-ci. Grundman sort de son bureau et c’est l’argent dans les mains que la police l’y a cueilli. À l’ordre du jour du Comité plénier du conseil municipal le même jour apparaissait la demande de modification du Règlement d’urbanisme en faveur de l’église copte.

Hôtel de ville de l'arrondissement Saint-Laurent
de la ville de Montréal

Une «leçon de politique» de Grundman à René Dussault

Sur le film témoin des policiers on peut voir et entendre, comment toucher un pot-de-vin sans se faire prendre… C’est la grande leçon de politique que sert Irving Grundman, le vieux conseiller municipal de Saint-Laurent, à son compère René Dussault le matin du 3 avril 2002. «Je l’ai fait tant de fois ! Et, à ce jour, ç’a toujours marché !»

Ce matin-là, peu avant 9 heures, les conseillers Grundman (76 ans), une carrière politique de 35 ans à Saint-Laurent, et Dussault (68 ans) causent dans le bureau du premier. «Ferme la porte, une minute», dit le premier.

Il est question d’un pot-de-vin de 75 000 $ qu’ils viennent d’exiger des représentants d’une église copte qui demandent un changement de zonage pour construire un nouveau complexe communautaire. C’est à Dussault que la commission secrète sera payée trois semaines plus tard.

«Tu dois te montrer prudent, dit Grundman. Ne lui parle pas au téléphone: il pourrait enregistrer la conversation… Laisse-le venir à ton bureau et observe-le bien, sinon tu peux te faire fourrer.»

Rien ne doit être écrit

Grundman insiste sur le fait que rien ne doit être écrit. «Tu leur dis [à ceux auxquels tu demandes le pot-de-vin] que l’argent, c’est pour le parti [politique municipal] ; que le parti a besoin d’argent pour financer son action… L’argent doit être sur la table avant qu’on fasse quoi que ce soit [pour lui].»

Nouvelle leçon de politique 101 entre Grundman et Dussault le 23 avril suivant. À celui à qui on demande une récompense «tu ne mentionnes jamais de chiffres ; tu écris les montants sur un bout de papier et tu conserves le papier…»

Grundman: «J’aimerais mieux perdre la prochaine élection que d’être pris la main dans le jackpot !»

La main dans le sac

Six jours plus tard, Dussault et Grundman sont pris la main dans le sac de plastique qui contenait les 75 000 $ réclamés. Cette fois-là, ça n’avait pas marché.

  Grundman et Dussault la main dans le sac! - Reportage du réseau de télévision TVA

Les entrepreneurs, n'étaient pas des gens très connus de Saint-Laurent, a indiqué le président de l'arrondissement, Alan DeSousa. Ce dernier, également conseiller municipal de l'Union des citoyens de l'île, a d'ailleurs voulu prendre ses distances des deux hommes d'affaires.

"Les noms ne me disent rien, a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique. Je ne les ai jamais rencontrés. Je ne sais même pas quelles activités ils font. D'une façon claire et catégorique, je veux dire que je n'ai eu aucun, je répète, aucun lien avec ces deux personnes."

Pour sa part, le ministre des Affaires municipales et de la Métropole, André Boisclair, s'est dit inquiet face à la perception que les gens peuvent avoir des politiciens municipaux à la suite des événements. Il s'est tout de même voulu rassurant. "Il y a enquête lorsqu'il y a des doutes. [...] Notre système fonctionne, mais je ne vous garantis pas que tout sera toujours parfait."

Le ministre Boisclair n'a pas voulu se prononcer sur les enquêtes en cours. Il a répété sa volonté de revoir la façon d'attribuer les contrats municipaux et de profiter des fusions pour améliorer la démocratie municipale. "Il faut améliorer la transparence, on doit questionner l'éthique dans le monde municipal. Les règles de lobbying s'appliquant à l'Assemblée nationale doivent s'étendre au secteur municipal."

Note de
JosPublic: Boisclair, ni sont gouvernement n'ont fait quoique ce soit à ce chapitre

 
 

Sentences des quatre lascars

 
 

Le 10 janvier 2005, À Montréal, les anciens conseillers municipaux de l'arrondissement de Saint-Laurent, Irving Grundman et René Dussault, ont été condamnés à 23 mois de prison avec sursis auxquels s'ajoute une amende de 50 000 $ pour Grundman et de 25 000 $ pour Dussault.

Ils avaient quitté l'équipe du maire Tremblay après le dépôt des accusations, mais avaient continué de siéger comme indépendants. Ils ont démissionné comme conseillers après le procès.

La Couronne avait demandé une peine de 12 mois de prison ferme pour les deux hommes. Elle avait aussi réclamé une amende pour Irving Grundman, parce qu'il avait continué à siéger pendant deux ans malgré la preuve qui pesait contre lui.

La défense avait réclamé une peine avec sursis. René Dussault est âgé de 68 ans, tandis que Irving Grundman, ancien directeur général du Canadien de Montréal, a 76 ans.

Quant aux deux promoteurs impliqués, José Sardano et Luis Vitorino, ils obtiennent une absolution conditionnelle et à un don à faire de 25 000 $.
 

Sources:
Journal:
Le Devoir pour SPEQ le Devoir Inc.
Internet:
Radio-Canada pour CBC/Radio-Canada, Canoë pour Quebecor Inc.

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 1 novembre 2012

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Coupables

Les collaborateurs de
Gérald Tremblay

  Les politiciens
 en conflits d'intérêts

Les gens d'affaires
en conflits d'intérêts

Notes & Références encyclopédiques:

01

Qui est Gérald Tremblay ? Sur MétéoPolitique

Retour au texte

02

Qui est Michel Sarrazin ? Sur journal du SPVM 30 mars 2005

PDF 2 pages

Retour au texte

Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Finance - Corruption  - Politiciens.nes - Coupables - Haut de page