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Une déclaration presque vrai de Philippe Couillard, le chef du Parti Libéral du Québec
Il promet la création
de 250 000 emplois au cours des cinq prochaines années.

Les spécialistes de l'emploi et de l'économie analysent la promesse du chef libéral pour en venir à la conclusion que c'est une fausse promesse, puisque de toute façon avec le cours normal de la croissance économique, le chiffre sur cinq ans ne permet pas de dire que le gouvernement créera de l'emploi supplémentaire à celui qui s'avérera de toute façon. Voyons ci-dessous comment ils s'expliquent...

Équipe économique du Parti Libéral du Québec qui a pondu la promesse des 250 000 emplois en 5 ans.
Jacques Daoust, Martin Coiteux, Philippe Couillard et Carlos Leitão

   

Les faits: l'annonce de M. Couillard signifie une moyenne de 50 000 emplois créés par année, pour les cinq prochaines années.

Cependant, plusieurs études économiques, réalisées avant le lancement de la campagne, vont déjà dans le même sens que M. Couillard, en prédisant qu'environ 48 000 emplois devraient être créés par année...

Comment créera-t-il de l'emploi nouveau: Dans les 100 premiers jours d'un mandat, il instaurerait un crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire - un autre engagement qu'avait pris Jean Charest. Et il remettrait sur les rails un plan de... Jean Charest encore. Il rétablirait en effet les budgets du plan sur les infrastructures que le gouvernement Charest avait adopté. Il présenterait un budget comportant des mesures pour stimuler l'investissement privé - il n'a pas donné de détails.

Plus tard au cours d'un mandat, il relancerait le plan Nord - de Jean Charest -, présenterait une stratégie maritime, adopterait une nouvelle stratégie d'exportation et des mesures pour relancer le secteur manufacturier. Ces engagements seront précisés plus tard, dit le PLQ.

Ça sent le réchauffé

Au cours des 10 dernières années, de 2003 à 2013, l'économie québécoise a généré en moyenne 41 230 emplois, selon des données de l'Institut de la statistique du Québec. La plus forte création a été observée en 2007 avec 91 600 emplois.

L'année la plus difficile a été 2009, alors que 32 000 emplois ont été perdus durant la récession.

La promesse de créer 250 000 emplois en cinq ans est la même que celle de Jean Charest lors de la campagne de 2012. L'ex-chef libéral et son ministre des Finances de l'époque, Raymond Bachand, avaient convenu que leur cible était «ambitieuse» mais «réaliste».

Jean Charest et son ministre

Le chef libéral s’est par ailleurs défendu de faire une promesse impossible à réaliser, qualifiant celle-ci de « réaliste ». Il en tient pour preuve le bilan économique du précédent gouvernement libéral, qui se targue d’avoir créé en moyenne 40 000 nouveaux emplois de 2003 à 2012.

M. Couillard ne voit rien de mal à reprendre les idées de son prédécesseur. «On s'inscrit dans une longue tradition de préoccupation de l'économie et de réalisations de grands projets. Ces principes économiques ne changent pas.» La majorité des emplois que le PLQ s'engage à créer seront des emplois à plein temps, a indiqué M. Couillard.

Selon les données du
Mouvement Desjardins, les emplois créés:

47 800 en 2013
30 800 en 2012
38 500 en 2011
66 700 en 2010
moins 32 000 en 2009
91 000 en 2007

 
 

Stéphane Pallage
doyen de l’École des sciences de la gestion de l’UQÀM

 
 

«C’est beaucoup, surtout si l’on parle d’une création nette d’emplois».
 

M. Pallage ne doute toutefois pas que «de jeunes Québécois trouvent 250 000 emplois dans les prochaines années.» Ces emplois vont essentiellement compenser le départ à la retraite des boomers. Le chômage va ainsi «atteindre des niveaux historiquement bas, de façon assez naturelle.»

Dans ce contexte, l’expert croit que c’est la qualité des emplois qui va primer et sortir le Québec de sa torpeur économique. «Pour que le Québec fasse des gains de productivité, il sera important de faire des gains au niveau de la qualité des emplois», affirme ce dernier. Qui est Stéphane Pallage?

 
 

Jean-Michel Cousineau
 économiste et président du comité des politiques publiques
à l’Association des économistes québécois

 
 

«Il serait exceptionnel que l’économie québécoise crée autant d’emplois, car on prévoit que la population en âge de travailler va diminuer dans les prochaines années».

Qui est Jean-Michel Cousineau?

 
 

Germain Belzile
 de l’Institut d’économie appliquée de HEC Montréal

 
 

De son côté, le spécialiste des politiques macroéconomiques remet en doute la technique employée par les libéraux, qui souhaitent augmenter les investissements publics dans les infrastructures pour stimuler l’économie. «Je n’y crois pas. Ça ne marchera pas. Le gouvernement peut créer des emplois, mais l’argent, il doit le taxer, ce qui va détruire des emplois dans le secteur privé. Les emplois, au net, sont créés dans le secteur privé», affirme M. Belzile. Qui est Germain Belzile?

 
 

Carlos Leitão
 directeur de l’équipe économique de la Banque Laurentienne

 
 

En janvier 2014, maintenant candidat libéral, il prévoyait la création de 47 000 emplois en 2014 et de 44 000 en 2015. Il reconnaît que la création d’emplois chutera à 20 ou 25 000 postes par an si le gouvernement ne donne pas un coup de barre. «Il est possible d’y parvenir [NDLR: de créer 250 000 emplois en cinq ans] en haussant l’immigration, en utilisant mieux les immigrants qui vivent déjà au Québec, les ingénieurs qui conduisent des taxis, par exemple, et en incitant les 55 ans et plus à demeurer au travail». Qui est Carlos Leitão?


Commentaire de JosPublic:

 Il est difficile de croire que les propos tenus ci-dessus proviennent d'un banquier, c'est n'importe quoi! Lorsqu'on parle de création d'emploi, il s'agit d'emplois qui n'existent pas présentement, qui s'ajoutent au nombre d'emplois déjà existants. Alors, demeurer au travail pour une personne de 55 ans, n'ajoute rien au bassin d'emplois au contraire en ne quittant pas, le poste demeure occupé. De même si le chauffeur de taxi devient ingénieur, à moins que le poste qu'il obtient soit un poste nouveau, et non le remplacement d'un ingénieur retraité. Quant à hausser l'immigration, on parle bien de ceux qui arrivent au Canada avec 100 000 $ et plus ou qui ont déjà un poste garanti. Alors là, il faudrait savoir si ce poste garanti était occupé auparavant par une personne retraitée ou si c'est un poste qui s'ajoute. À vouloir faire "peuple" il ridiculise le politique

 
 

Gilles Grenier
professeur au Département de science économique de l'Université d'Ottawa

 
 

«Il [M. Couillard] ne fera pas de miracle. Ce n'est pas un chiffre faramineux», souligne Gilles Grenier, «Les emplois doivent se créer à la même vitesse que la population augmente, et peut-être plus si l'on souhaite réduire le chômage. Il y a différentes sortes d'emplois. Le Québec a sûrement un potentiel [de développement] dans les produits d'exportation, ressources naturelles, gaz de schiste, pétrole, mines, forêts...

Je pense que ce que M. Couillard veut dire, c'est qu'il va travailler au développement économique, développer les ressources, et, si cela fonctionne, on va créer des emplois.» Qui est Gilles Grenier ?

 
 

Nicolas Marceau
économiste et ministre des finances du Québec
Septembre 2012 à mars 2014

 
 

Nicolas Marceau, a reproché aux libéraux de vouloir accélérer l'endettement du Québec.

«En voulant dépenser 15 milliards$ de plus dans les infrastructures, Philippe Couillard veut battre le record d'endettement de Jean Charest, a-t-il affirmé. Le gouvernement libéral précédent a endetté le Québec comme aucun gouvernement avant lui, en augmentant du tiers la dette totale du Québec.»

M. Marceau a rappelé que Carlos Litao avait fait l'éloge de son budget déposé le 20 février. «Il y a deux semaines [M. Leitao] vantait le budget que j'ai déposé en rappelant notre "appui ciblé pour l'investissement privé et la création d'emplois" ainsi que notre décision "d'obtenir 50 % des bénéfices liés au développement pétrolier".

Aujourd'hui, Philippe Couillard propose un programme économique qui repose à 100 % sur de l'argent emprunté. Le Parti libéral n'a aucune vision pour le développement de notre économie», a poursuivi M. Marceau. Qui est Nicolas Marceau ?

 
 

Pierre Fortin
Économiste émérite de l'UQÀM

 
 

En décembre 2013, Pierre Fortin l’économiste émérite de l’UQÀM, explique qu'en éliminant l’effet de la reprise américaine qui va alimenter vigoureusement la création d’emplois pour les deux prochaines années, il prévoit que la moyenne annuelle de création d’emplois sera de seulement 20 000 postes par année pour la période de 2014 à 2020.

M. Fortin explique que cette chute drastique sera provoquée par le recul de la population en âge de travailler, de 15 à 64 ans. Elle va chuter de 10 000 personnes par année, de 2014 à 2020, selon M. Fortin. 
Qui est Pierre Fortin ?

 
 

François Pouliot
Analyste boursier et chroniqueur au journal Les Affaires

 
 

À propos de l'engagement libéral de créer 250 000 emplois. On a souri quand on a vu les premières manchettes tomber. La dernière politique économique du gouvernement du Québec (celle du PQ) prévoit 1,3 G$ pour la création de 43 000 emplois sur trois ans. Toute proportion gardée, c'est autour de 7,5 G$ qu'il faudrait investir pour 250 000 jobs. De l'argent que nous n'avons évidemment pas. D'où le sourire.

Il s'avère cependant que monsieur Couillard englobe dans ce chiffre de 250 000, la création naturelle d'emplois qu'amène chaque année la simple croissance de l'économie.

C'est nettement plus réaliste. Il vise une moyenne de 50 000 emplois par année, et il s'en est en moyenne créé 46 000 dans les quatre dernières années.

Plus réaliste ne signifie pas pour autant facile. La prévision de création du gouvernement pour 2014 est à 44 800 emplois et celle 2015 à 42 000. Des chiffres qui comprennent en outre l'impact de la politique économique annoncée.

C'est donc dire que pour se rendre à l'objectif de monsieur Couillard, il faudra soit une politique économique nettement plus performante que celle du PQ, soit des injections de fonds supplémentaires. On n'a pas vraiment d'argent supplémentaire de disponible, et les exemples cités par monsieur Couillard comme améliorations à la politique économique laissent perplexe.

Rétablir la cadence d'investissement dans les infrastructures aura un impact sur la dette, les investissements avaient justement été réduits parce qu'ils causaient des difficultés budgétaires. La relance du Plan Nord est davantage tributaire de l'évolution des prix des matières premières que d'une décision politique. Un crédit d'impôt à la rénovation n'est généralement pas très structurant: il déclenche des devancements de travaux, mais il y a toujours un ressac. Il semble y avoir une idée du côté de l'abaissement de la fiscalité des entreprises, mais il faudra encore une fois voir quel impact la mesure aurait sur le cadre budgétaire.

Bref, l'engagement de 250 000 nouveaux emplois n'est peut-être pas irréaliste, mais il n'est assurément pas très appuyé. Qui est François Pouliot ?

 
 

JosPublic pour MétéoPolitique

 
 

Pour les deux prochaines années donc, la promesse de Philippe Couillard semble coller aux prévisions des institutions financières.

Donc cette promesse est du bidon.

Elle aurait pu être faite par tous les chefs des parti politiques qui se présentent à l'élection 2014. Il ne l'aurait pas faite que cela n'aurait rien changé.  Mais ne restons pas à ce niveau superficiel de débat. Mais d'où proviennent donc tous ces chiffres?

Il est intéressant de savoir que personne ne sait combien il y a vraiment d'emplois au Canada ou au Québec. Pour le savoir il faudrait tenir des statistiques beaucoup plus précises à partir des documents de mouvement de personnel signés par les employés.es. Aujourd'hui nous parlons de sondage téléphonique auprès de 100 000 personnes au Canada.

Le chômage n'est pas le nombre de personnes qui reçoivent un chèque d'assurance emploi mais un sondage téléphonique qui demande aux chômeurs s'ils sont en recherche d'emploi. Cela exclut bien sûr tous ceux qui reçoivent de l'aide sociale.

Lorsque l'on vous dit: "Nous créerons 250 000 emplois" on ne peut pas vous dire si c'est du temps partiel, du "sur appel", du 8 heures par semaine ou par jour..... par contre je peu affirmer que c'est de la désinformation pure. Et les journalistes font semblant de croire que les chiffres sont bons et qu'on parle des "vraies affaires" . Pfffff

Voici un extrait du texte qui explique la source des renseignement par Statistique Canada : 

Sources des données

Il s'agit d'une enquête à participation obligatoire.

Les données sont obtenues directement auprès des répondants.

La collecte des données aux fins de l'EPA a lieu tous les mois durant la semaine qui suit la semaine de référence de l'EPA. La semaine de référence correspond habituellement à la semaine où tombe le 15 du mois.

Les interviews de l'EPA sont réalisées par téléphone par des intervieweurs travaillant dans un centre ITAO (Interviews téléphoniques assistées par ordinateurs) d'un bureau régional ou par visite personnelle d'un intervieweur sur place. Depuis 2004, les logements nouvellement incorporés à l'échantillon dans les régions urbaines sont contactés par téléphone si le numéro de téléphone est disponible dans un dossier administratif. Autrement, le logement est contacté par un intervieweur sur place. Ils recueillent premièrement des renseignements socio-démographiques sur chaque membre du ménage, puis des renseignements relatifs à la population active concernant tous les membres du ménage qui sont âgés de 15 ans ou plus et ne sont pas membres des Forces armées. La majorité des interviews suivantes sont réalisées par téléphone. Lors des interviews mensuelles subséquentes, l'intervieweur fait confirmer les renseignements socio-démographiques obtenus le premier mois, puis il recueille les renseignements relatifs à la population active pour le mois courant. On ne pose pas les questions sur la population active aux répondants âgés de 70 ans et plus au cours des interviews subséquentes; les renseignements sur l'activité fournis à la première interview sont reportés de mois en mois.

Pour un logement donné, l'intervieweur obtient habituellement les renseignements relatifs à tous les membres du ménage auprès d'un membre bien informé du ménage. Appelée réponse « par procuration », cette façon de procéder est appliquée parce qu'il serait trop coûteux et fastidieux de faire plusieurs visites ou appels pour obtenir l'information directement auprès de chaque personne du ménage. Environ 65 % des renseignements recueillis le sont de cette manière.

Voir le(s) Questionnaire(s) et guide(s) de déclaration.

Philippe Couillard, chef du Parti Libéral du Québec - Première jour de campagne électorale, mars 2014
Il aura dit une vérité presque fausse

Sources: Journal de Montréal et Agence QMI pour Québecor, La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada, Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir, Les Affaires pour Transcontinental

Choix de photos, Fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 7 mars 2014

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