Retour : Plan site -   MétéoPolitique - Finance - Fiche: corruption & éthique - Politiciens.nes - Vaillancourt

Maire de Laval: 25 000$ en pot-de-vin selon l'ex-entrepreneur Infrabec

En témoignage à huis clos devant la Commission Charbonneau, l'homme d'affaires Lino Zambito, affirme ne jamais avoir fait partie du club d'entrepreneurs en construction qui, selon lui, se partagent les contrats à Laval depuis des années. 

En 2003, son entreprise, Infrabec, obtient un contrat de près de 2 millions de dollars pour le prolongement du boulevard Cléroux à Laval.  Il raconte comment il a obtenu ce contrat grâce à l'intervention personnelle du maire Vaillancourt.  Lors d'une conversation enregistrée avant le début des travaux de la commission Charbonneau, Zambito explique comment les appels d'offres étaient truqués.

« Les gars qui faisaient partie du club sélect de Laval, eux, étaient au courant. Quand je les appelais, tout était beau. J'avais pas de trouble. Ils se tassaient. La commande avait été donnée.
Q: Donc vous aviez le champ libre.
R: C'est ça!
Q: Donc, c'était comme si on avait préparé le terrain pour vous?
R: Le terrain était préparé. 
»

Le terrain aurait été préparé par le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, qui serait intervenu en sa faveur.

L'entrepreneur dit avoir rencontré le maire lors de l'ouverture d'un magasin de meubles appartenant à la famille Vaillancourt. Selon ce qu'il rapporte, le maire lui aurait dit: « Ta job s'en vient. Les gars vont t'appeler ».

Lino Zambito a réclamé 400 000 $ d'extras pour ce contrat.  Pour se faire payer ces extras, Zambito aurait versé un pot-de-vin à un employé de la firme de génie-conseil Gendron-Lefebvre, proche de l'administration Vaillancourt.

« Il m'a fait part que si je voulais que mes extras soient réglés, ça me coûterait 25 000 $ pour le maire Vaillancourt.
Q: Et ce 25 000 $ vous l'avez versé?
R: Oui... une fois que j'ai été payé par la Ville. »

Lino Zambito affirme que l'argent était destiné à Gilles Vaillancourt.

« Oui, oui, oui, oui, c'était clair que ça allait à M. Vaillancourt. Il n'y avait pas de sous-entendu ni de malentendu c'était clair que l'argent allait à lui. »

Le maire Gilles Vaillancourt nie toutes les allégations de Lino Zambito.  Mais pourra-t-il le faire pour cet autre cas...  

Un ex-huissier de Laval, Jean-Yves Lortie, affirme en 2012 qu'il a déjà remis deux pots-de-vin de 15 000 $ en argent comptant au maire de Laval, Gilles Vaillancourt, afin d'obtenir davantage de contrats de la part de la Ville.

Ces allégations ont été démenties par le maire, qui a réagi à la publication de ces informations par voie de communiqué.

« M. Vaillancourt réaffirme qu'en aucun temps, il ne s'est impliqué dans l'octroi ou la réalisation d'un contrat et par conséquent, de n'avoir jamais reçu d'argent de la part d'un entrepreneur », affirme son attachée de presse, Johanne Bournival.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada en août 2012, Jean-Yves Lortie affirme que le versement de pots-de-vin est une condition pour obtenir des contrats à Laval.

Le maire Vaillancourt, dit-il, touchait personnellement de 3 % à 5 % de la valeur de tous les contrats accordés par la Ville.

M. Lortie est un collecteur de fonds professionnel. L'homme a récolté des millions de dollars au fil du temps au profit du maire Vaillancourt et de ses deux prédécesseurs, Claude Ulysse Lefebvre et Lucien Paiement.

Radio-Canada a également appris que la commission Charbonneau n'a pas l'intention de faire témoigner l'ex-collecteur de fonds.

Les faits qu'il rapporte se sont produits avant 1996, une période à l'extérieur du mandat de la commission.

L'ex-maire Claude Ulysse Lefebvre a nié ces allégations.

Sur la scène fédérale, Jean-Yves Lortie a amassé des fonds pour Brian Mulroney pour sa campagne à la direction du Parti progressiste-conservateur en 1983, et il a été l'un des organisateurs de Kim Campbell dans la course à l'investiture du parti en 1993.

Le regretté journaliste politique Michel Vastel avait déjà évoqué que lors du congrès au leadership de 1993, Jean-Yves Lortie avait inscrit plusieurs délégués en « balançant sur la table des inscriptions [...] un paquet de chèques certifiés pour 40 000 $ et 15 000 $ comptant ».

« Certains auraient pu trouver plus discret et plus simple de laisser chacun des délégués s'inscrire seul, avec son argent, mais tel n'était pas alors le style de Jean-Yves Lortie », poursuivait M. Vastel.

Jean-Yves Lortie est disposé à parler de son expérience lavalloise par volonté de soulager sa conscience. Il est épaulé dans sa démarche par un ex-juge.

 

Sources: Journal de Montréal/Québec, TVA Nouvelles et Agence de presse QMI pour Quebecor Inc.; L'Hebdo Journal pour Transcontinental Inc.; La Presse pour Power Corporation of Canada, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc.; Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada; Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction . Journal en ligne "Rue Frontenac" le Journal des lockoutés de Quebecor Inc.

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour 8 novembre 2012

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Retour : Plan site -  MétéoPolitique - Finance - Corruption - Politiciens.nes - Vaillancourt - Haut de page