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Éclaboussé par les révélations de la commission Charbonneau, le Parti municipal de Longueuil renonce à présenter des candidats aux prochaines élections, a annoncé son chef, Gilles Grégoire

L'ex-maire de la ville de Longueuil Claude Gladu et ses conflits d'intérêts

Claude Gladu oeuvre en politique municipale depuis 27 ans. Il a dirigé la Ville de Longueuil de 1994 à 2002, et de 2005 à 2009. Un habitué des pots-de-vin petits ou gros, l'ex-maire devra faire face à la Justice pour répondre de l'abus de biens publics. Selon les témoins de la Commission Charbonneau, la ville de Longueuil sur la Rive-Sud de Montréal était sous la coupe d'un cartel d'entrepreneurs avec la complicité des élus.es

 
 

Le Parti Municipal de Longueuil sera en veilleuse pour la prochaine élection

 
 

Le 12 avril 2013, le Parti Municipal de Longueuil annonce qu'il renonce aux élections de novembre 2013. Des témoins devant la Commission Charbonneau ont affirmé lors de l'enquête publique que le parti des anciens maires Claude Gladu et Jacques Olivier avait bénéficié de contributions illégales. Une enquête du journal La Presse avait également démontré en décembre 2012 que la formation recevait un nombre anormalement élevé de contribution de 1 000$, le maximum permis par la loi.

« En tant que chef du parti, je suis imputable. En tant qu'élu, je suis imputable aussi. Dans ce contexte, je ne permettrai pas en toute conscience qu'une campagne électorale se fasse avec des soupçons aussi graves qui pèsent sur ma formation politique. » Celui-ci ajoute que «des candidatures issues du Parti municipal de Longueuil (PML) seraient des distractions à un processus électoral sain. »

Gilles Grégoire, qui est chef de l'opposition depuis 2010, assure que son parti ne sera pas dissout pour autant.

«Il n'y a pas de plan pour dissoudre le PML. Sous ma gouverne, le parti ne présentera pas de candidat. Je ne signerai pas de bulletin de candidature. Le parti sera en veilleuse pour la prochaine élection.

Nous ne pouvons pas faire une campagne électorale sans avoir toutes les recommandations de la Commission Charbonneau et du Directeur général des élections.
»

Gilles Grégoire

Les actuels conseillers du PML souhaitant se représenter devront siéger comme indépendants, a précisé M. Grégoire, en poste depuis 1996.

Tout comme Union Montréal, le parti a vu ses dons s'effondrer ces dernières années avec la mise en place de l'escouade Marteau et de la commission Charbonneau. Le PML a reçu pour 10 200$ en contributions l'an dernier, essentiellement de ses conseillers en poste à l'hôtel de ville. Le parti est même ressorti de 2012 avec un déficit.

Contrairement à Union Montréal qui garde encore beaucoup d'argent dans ses coffres malgré ses difficultés financières, le PML ne dispose plus que de 11 463$ d'encaisse, précise son plus récent rapport financier.

Révélations

Lors de son témoignage en mars, un vice-président de SNC-Lavalin, Yves Cadotte, a affirmé que sa firme a fait des contributions illégales au PML. Ceci a été confirmé par Rosaire Sauriol de la firme Dessau. Selon lui, un stratagème de partage des contrats a sévi à Longueuil en échange de financement politique. Outre SNC-Lavalin, les firmes Dessau, Groupe SM, Génivar et Cima+ se sont ainsi partagé pendant quelques années les contrats de génie de la principale ville sur la Rive-Sud.

Yves Cadotte a affirmé avoir lui-même livré de l'argent comptant pour les élections de 2005 et 2009 à Longueuil. L'ingénieur n'a toutefois pas été en mesure de préciser les sommes offertes, se rappelant seulement qu'il s'agissait de quelques dizaines de milliers de dollars. Il affirme avoir ainsi offert de l'argent pour Jacques Olivier par l'intermédiaire d'André Létourneau. Quand Claude Gladu a pris la relève en 2009 à la barre du PML, il dit avoir continué à livrer de l'argent par l'intermédiaire de Serge Sévigny.

En décembre, La Presse révélait que jusqu'à 90 % du financement du PML provenait de dons de 1000 $, le maximum permis par la loi. Seulement deux donateurs avaient offert moins de 100 $ en 2001. Cette performance est inusitée puisqu'aucun parti municipal au Québec n'a jamais réussi une telle récolte.

 
 

Allégations de collusion à Longueuil

 
 

L’ancien maire de Longueuil, Jacques Olivier, l’actuel chef du Parti municipal de Longueuil, Gilles Grégoire et l’ancien maire de Longueuil, Claude Gladu, en 2005

Le chef du Parti municipal de Longueuil (PML), Gilles Grégoire, a parlé publiquement pour la première fois des allégations de collusion qui pèsent sur son parti, lors de la séance du conseil municipal du Vieux-Longueuil.

C’est la conseillère du parti Action Longueuil, Monique Bastien, qui a invité M. Grégoire à commenter les allégations faites à la Commission Charbonneau qui suggèrent notamment que le Parti Municipal de Longueuil aurait reçu du financement illégal lors des campagnes électorales des maires Claude Gladu et Jacques Olivier. «Au nom des citoyens, je pense qu’il serait préférable que le chef de l’opposition brise le silence qu’il entretient depuis que le directeur général des élections a demandé des comptes», a soutenu Mme Bastien, lors du tour de parole des conseillers municipaux.

Collaboration

D’entrée de jeu, le chef du PML a rappelé qu’il condamne tout geste de collusion ou de corruption qui aurait pu avoir lieu à Longueuil. Il a offert sa pleine collaboration et son entière disponibilité aux enquêteurs, tout en refusant de commenter directement les allégations. «En tant que représentant de mon parti, je ne peux pas parler pour certaines personnes, surtout pour les personnes qui sont visées par les allégations. S’il y a des choses qu'ils ont à sortir, des commentaires à faire, je crois que c’est à eux de s’expliquer et non à moi de parler», a précisé M. Grégoire.

Le 18 mars 2013, le témoignage du vice-président de SNC-Lavalin à la Commission Charbonneau, Yves Cadotte, a révélé qu’un système de partage des contrats entre les firmes de génie-conseil et de versement d’argent comptant à des partis politiques avait déjà existé à Longueuil. Le jour suivant, le vice-président principal Amérique latine de la firme Dessau, Rosaire Sauriol, qui a démissionné de son poste quelques jours après sa comparution, a révélé que la firme avait versé près de 75 000$ pour les campagnes de Claude Gladu et Jacques Olivier lors de trois élections. ( 01 )

 
 

Usurpation de bien public

 
 

Le 30 septembre 2011, les médias dévoilaient que le parti politique du maire Gladu piochait dans les fonds publics même après sa défaite.

Le chef du Parti municipal de Longueuil (PML) affirme avoir été tenu dans l'ombre par l'agent officiel de son parti, qui aurait jusqu'à tout récemment manoeuvré en coulisses pour faire rembourser des cocktails de financement bien arrosés, à même les budgets de recherche et de secrétariat de la Ville.

Radio-Canada a révélé que le parti de l'ex-maire Claude Gladu avait utilisé les fonds publics à des fins partisanes durant ses deux années au pouvoir, allant puiser plus de 350 000$ pour des soupers spaghettis, des assemblées générales, des séminaires, des cocktails et autres activités qui préparaient le terrain pour les élections. 

Or, selon des documents obtenus par La Presse, le manège s'est poursuivi après la défaite du PML et l'arrivée d'un nouveau chef, Gilles Grégoire. Même dans l'opposition, le parti arrivait à faire approuver par la Ville le remboursement de ses cocktails de financement partisans. 

Au début de l'année 2010, le PML s'est fait rembourser 1 500$ pour l'achat de 99 bières, 21 Bloody Caesars, 89 verres de vin, 35 boissons gazeuses, un buffet et des croustilles En août de la même année, le parti s'est fait rembourser 4 000$ pour un cocktail partisan qu'il organisait au Parcours du Cerf.

Les chèques du parti fournis comme pièces justificatives sont signés par le nouveau chef Gilles Grégoire.

En entrevue à La Presse, ce dernier a affirmé que son agent officiel, Robert Charland, ne lui avait jamais dit qu'il faisait passer ces dépenses comme des frais de recherche et de secrétariat. Il s'en est montré surpris.

«Je n'avais jamais été chef d'un parti politique avant, je ne sais pas comment ça fonctionne, et eux ils avaient une façon de faire qui était installée depuis huit ans. Je signais les chèques, je ne savais pas qu'il y avait une demande de remboursement à la Ville ensuite», dit-il. 

En vertu de la loi, les partis politiques de 19 villes québécoises de plus de 50 000 habitants reçoivent des fonds de recherche et de secrétariat du ministère des Affaires municipales.

«C'est fait pour de la recherche et du secrétariat, martèle Caroline Saint-Pierre, porte-parole du ministère.» Le Ministère mène présentement des vérifications à ce sujet auprès des différentes municipalités qui bénéficient de ces fonds. 

La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, a durement critiqué la façon de faire du parti de l'opposition.

«Sur le plan éthique, on a clairement dépassé les bornes.» a-t-elle déclaré dans un communiqué.

 
 

Petits cadeaux ou pots-de-vin ?

 
 

20 mars 2013, Rosaire Sauriol, l'homme de la firme d'ingénierie Dessau, déclarait devant la Commission Charbonneau qu'il avait entre autres convié à un concert des Rolling Stones Frank Zampino et l'ancien maire de Longueuil, Claude Gladu.

 

 

Source: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction
Journaux: La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada, Le Courrier du Sud pour Quebecor
Internet: Radio-Canada information pour la Société CBC/Radio-Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 8 avril 2013

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Des gens d'affaires
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Employés.es de l'État
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  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

À propos d'Yves Cadotte, vice-président de SNC/Lavalin, de Rosaire Sauriol, ex-vice-président de Dessau et de Jacques Olivier, ex-maire de Longueuil - Sur MétéoPolitique

 

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