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Dossier des compteurs d'eau industriels, commerciaux et Institutionnels
BPR passe à l'attaque


Par Mathieu Turbide
Pour Le Journal de Montréal
Publié le 30 novembre 2009 

 

La firme qui a rédigé les devis pour le controversé contrat des compteurs d'eau de la Ville de Montréal donne 30 jours au vérificateur général pour rectifier ses «erreurs» et modifier son rapport, sans quoi elle intentera une poursuite judiciaire pour laver sa réputation.

BPR, qui a conseillé la Ville de Montréal et supervisé l'aspect technique de l'attribution du contrat des compteurs d'eau, soutient que le vérificateur n'avait pas la compétence technique pour se prononcer sur l'ingénierie du contrat.

En entrevue au Journal, hier, le président de BPR, Pierre Lavallée, a soutenu que les conclusions du vérificateur général étaient à bien des égards «incompréhensibles».

«Ils ont donné un délai de six semaines à un chercheur universitaire et à quatre étudiants de maîtrise qui ne sont pas spécialisés en distribution de l'eau et qui n'ont jamais réalisé de projet de cette nature-là. On leur a demandé de critiquer le travail qui a été fait par 25 ingénieurs dans le bureau de projet pendant deux ans», a-t-il souligné.

Dans une lettre expédiée vendredi au vérificateur général Jacques Bergeron, BPR soutient que les économies potentielles de plus de 1 milliard $ générées sur 25 ans par l'optimisation du réseau d'eau potable ont été «omises».

«Nous, on considère que ce projet-là générerait 1,15 milliard $ d'économies contre 600 M$ de coûts sur 25 ans, les deux étant indexés. Donc, on trouve encore que c'est un bon coup», soutient M. Lavallée.

Selon lui, le vérificateur a aussi «erré» en soutenant que BPR avait outrepassé son mandat en suggérant à la Ville d'aller de l'avant avec l'optimisation du réseau d'eau potable, notamment en contrôlant la pression dans les conduites d'eau par l'installation de chambres de vannes. Le vérificateur avait jugé que ce deuxième volet (le premier étant l'installation de compteurs d'eau dans les commerces et les bâtiments industriels et institutionnels) n'était pas une priorité et que BPR n'avait pas le mandat de le suggérer.

Des faussetés

«Ce sont des faussetés, soutient M. Lavallée. Je me demande bien où il a pu penser qu'on a imaginé ça. [...] La Ville a précisé cette demande dans son devis, sur lequel nous avons soumissionné. Nous aurions fait une mauvaise job si nous n'avions pas proposé cette optimisation

Le PDG de BPR soutient que la réduction de la pression d'eau est primordiale, puisqu'elle permettrait de réduire le nombre de bris et de fuites tout en limitant les pertes d'eau.

M. Lavallée prétend qu'il n'a rien contre le fait que la Ville veuille confier le mandat de réaliser ce projet à l'interne, mais il faudra pour cela embaucher du personnel.

«Nous, on est d'accord pour que ce soit la Ville de Montréal qui fasse le projet à l'interne. Ce n'est pas nous qui décidons ça. Ce qu'on dit, par contre, c'est que c'est ce projet-là qui doit être fait. Et arrêtons de tergiverser. Si c'est fait à l'interne à la Ville, donnez-leur les moyens, les res-sources pour le faire, mais tout de suite, pas dans 15 ans.»

Réputation

BPR dit ne pas craindre de perdre le contrat avec Montréal, qui ne représente qu'une dizaine d'employés sur un total de 2400. «Par contre, un dommage réputationnel comme on est en train d'en faire un au Québec actuellement, si ça me fait perdre un projet à Toronto, à Paris ou à New York, là je deviens enragé. C'est pour ça que quand Mme Harel a fait ses commentaires, le gasket a pété», dit-il.

  • BPR a intenté une poursuite contre la chef de l'opposition, Louise Harel, la semaine dernière, parce qu'elle a soutenu que les élus avaient été «trompés par BPR».
     

  • Montréal a annulé le contrat des compteurs d'eau accordé à GÉNIeau, mais celui de BPR, qui est un contrat de consultation est toujours en vigueur.