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Conseillers pour les compteurs d'eau de Montréal
BPR conteste le rapport du vérificateur

Par Mathieu Turbide
Pour Le Journal de Montréal
 le 19 novembre 2009

 

La firme BPR, qui a préparé les appels d'offres pour le controversé contrat des compteurs d'eau de la Ville de Montréal, conteste le rapport du vérificateur général et laisse planer la possibilité de poursuivre le vérificateur de même que la chef de l'opposition, Louise Harel.

Dans une lettre envoyée hier au maire de Montréal, Gérald Tremblay, et dont Le Journal de Montréal a obtenu copie, BPR réplique pour la première fois au rapport du vérificateur Jacques Bergeron, qui avait été très sévère à l'endroit de la firme montréalaise spécialisée en gestion de l'eau.

Dans cette missive, le président de la division Infrastructures de BPR, Yvon Tourigny, soutient que le vérificateur général a utilisé des données «dépassées et erronées» dans son analyse, ce qui a occasionné des erreurs majeures d'analyse. L'ingénieur poursuit en accusant le vérificateur d'avoir entraîné «dans l'erreur» la population montréalaise et ses élus municipaux.

Rencontre refusée

L'ingénieur soutient que le vérificateur Bergeron n'a jamais lui-même rencontré les employés ou la direction de BPR, lors de son enquête. Il aurait même refusé une demande en ce sens de la part des dirigeants de la firme.

«Nous croyons que le vérificateur s'est ainsi privé d'un éclairage d'experts qui lui aurait per mis de bien comprendre certains des aspects techniques de cet important projet. Surtout, le vérificateur aurait évité, en utilisant des données dépassées et erronées, des erreurs majeures pour l'analyse de la partie du contrat qui nous concerne», écrit Yvon Tourigny.

BPR reconnaît toutefois que certains de ses employés ont participé à des rencontres avec des membres de l'équipe du vérificateur général.

Louise Harel poursuivie ?

La firme d'ingénierie laisse entendre qu'elle pourrait entreprendre des actions judiciaires contre le vérificateur et contre la chef de l'opposition, Louise Harel.

M. Tourigny reproche à Mme Harel d'avoir déclaré, vendredi dernier, que «les élus avaient été trompés par le représentant de BPR» lors d'une séance spéciale du conseil municipal, tenue en avril 2009, en pleine controverse sur les coûts du contrat.

«À l'examen des diapositives que nous avons préparées et présentées à la rencontre du 21 avril 2009, les informations et les données qui y apparaissent n'ont pas été contredites ou niées dans le rapport du vérificateur. [...] Cela [...] n'implique pas que nous ayons «trompé les élus», tel que l'affirme Mme Harel», peut-on lire dans la lettre de BPR.

La chef de Vision Montréal a aussi demandé au maire Tremblay, vendredi dernier, d'annuler le contrat de BPR qui vise à superviser et encadrer l'implantation des compteurs d'eau.

«Nous interviendrons auprès des personnes concernées, soit Mme Louise Harel et le vérificateur général, par les moyens que nous jugerons nécessaires», ajoute M. Tourigny.

* Dans son rapport déposé le 21 septembre dernier, le vérificateur général reprochait à BPR d'être sortie de son mandat initial.