Montréal n'a plus la maîtrise de ses projets et s'en remet trop au privé
De janvier 2005 au 10 juin 2009, l'administration Tremblay a attribué des contrats de services professionnels d'une valeur de 175 millions de dollars.

Par André Noël
pour le journal La Presse
et texte de Radio-Canada Information
Publié le 28 octobre 2009

 

Grands projets

Les trois candidats en lice pour le poste de maire de Montréal tirent des conclusions différentes du rapport de la nouvelle directrice générale de la Ville, Rachel Laperrière.

Extrait du rapport de 16 pages

Il y a eu déperdition de compétences, ce qui n'a pas permis aux ressources internes (les professionnels de la ville) d'assurer un encadrement adéquat, d'assumer le rôle de gardien des actifs et de donneurs d'ordre, imputables et responsables, et finalement d'assurer le contrôle de la ville sur ses projets.

Mme Laperrière recommande que les services juridiques de la Ville exercent un meilleur contrôle sur les relations avec les firmes privées et préconise aussi un resserrement des règles d'éthique.

Rappelons que Rachel Laperrière a remplacé Claude Léger, qui a dû démissionner le mois dernier après le dépôt du rapport du vérificateur général de la Ville sur le contrat des compteurs d'eau.

Un rapport « très positif » selon le maire

Gérald Tremblay affirme qu'il a lui-même commandé ce rapport et il est satisfait des conclusions de la vérificatrice générale. Mais le maire sortant refuse de porter le blâme, affirmant plutôt que c'est l'administration précédente, et non la sienne, qui avait éliminé du personnel à l'Hôtel de Ville. « Depuis qu'on est là, nous renforçons les équipes, tranquillement et la vérificatrice générale nous dit de continuer. »

Louise Harel qualifie d'intéressant le rapport de Rachel Laperrière, dans lequel elle reconnaît les critiques qu'elle formule à l'encontre du maire Tremblay. « La Ville a été donnée sous contrat par le maire qui a laissé les clés de la Ville au privé », martèle la chef de Vision Montréal.

Richard Bergeron affirme pour sa part qu'il a dénoncé les contrats octroyés au privé maintes fois ces trois dernières années. Des contrats qui totalisent 284 millions de dollars, affirme le chef de Projet Montréal, qui dénonce « l'attrition d'un millier de postes, des postes que le maire Tremblay a fait sauter », dit-il.