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Eau Secours! a aussi sonné l'alarme des compteurs d'eau

Aux « cris d’alarme » des fonctionnaires qui ne se sont pas rendus au maire dans le dossier des compteurs d’eau, il faut ajouter les cris et craintes répétées de la Coalition Eau Secours! qui n’ont pas réussis à alerté les élus, malgré plusieurs rencontres entre l’organisme et la Ville.

Écrit par Jean-Michel Nahas
Pour le journal des lockouté du Journal de Montréal
Sur internet Rue Frontenac
Nouvelles générales - Politique municipale
Jeudi, 24 septembre 2009
 

En entrevue à RueFrontenac.com, l’ex-président de la Coalition, André Bouthillier, soutient qu’il est impossible que Gérald Tremblay n’ait pas été informé des nombreuses réserves soulevées par le projet.

« J’ai été manger au restaurant avec Sammy Forcillo et Réjean Lévesque (directeur responsable de l’eau). Je leur ai dit que c’était risqué de financer le projet au privé. Je leur ai aussi dit que c’était louche que le privé ait en charge tout le processus », explique l’ex-président et cofondateur de l’organisme.

Selon André Bouthillier, Réjean Lévesque s’était montré très attentif aux critiques qu’il exposait. De fait, alors que le dossier progressait, M. Lévesque a jugé bon de faire part de ses interrogations à ses supérieurs concernant notamment l’explosion des coûts et l’absence du Service financier de la Ville, écarté du projet.

« J’ai senti qu’il y avait un malaise chez les fonctionnaires », affirme l’ex-président d’Eau Secours!. Quant à Sammy Forcillo, M. Bouthillier affirme que le responsable de l’eau au comité exécutif disait déjà à l’époque « ne pas être au courant » des craintes suscitées par le contrat des compteurs d’eau.

« Dangers de la corruption »

Dans une autre rencontre avec la Ville à ce sujet, la Coalition Eau Secours! a notamment discuté en mars 2008 avec Yves Provost (ex-directeur adjoint de la Ville), Claude Léger (ex-directeur général de la Ville) et Réjean Lévesque. « À la fin de la réunion, je leur ai fait un discours sur les dangers de la corruption dans ce genre de dossier », explique André Bouthillier.

Deux ans plus tôt, en juin 2006, l’ex-président du comité exécutif Frank Zampino adressait une lettre à la Coalition pour apaiser ses craintes quant à l’ingérence du privé et les risques de conflits d’intérêts liés à l’imposant contrat.

« Je vous remercie de nous avoir fait part de vos préoccupations et je vous invite à considérer que ce qui se passe en 2006 est conforme à tout ce qui s’est passé depuis 2002 », lit-on dans la réponse de M. Zampino.

Les signaux d’alarme de la Coalition seraient donc restés lettre morte, comme ceux qui émanaient de cadres de la Ville. « Les élus avaient été informés, ils savaient », croit André Bouthillier.

Rappelons que l’un des constats les plus accablants du rapport du vérificateur général de la Ville sur le contrat des compteurs d’eau fait état d’un manque de communication flagrant entre les fonctionnaires et les politiciens.