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Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction

De son passage à la Commission Charbonneau
Jacques Duchesneau déclare: On m'a posé des questions insignifiantes

Je vous présente ici un scandale qui dura 67 heures exactement et qui fut enterré sans mots dire.

Interviewé par un journaliste du Journal de Québec, Jacques Duchesneau a réitéré qu'à son passage à la Commission Charbonneau, les avocats l'avaient questionné sur des peccadilles. Une déclaration qui mit le feu aux poudres dont se servent les médias pour vendre de la copie.

Tous les médias se sont emparés de l'affaire, qui s'est avérée un pétard mouillé. Ce qui me questionne c'est la raison pour laquelle le procureur en chef de la Commission Charbonneau, Me Sylvain Lussier, a donné une entrevue pour entacher la crédibilité de Jacques Duchesneau et pourquoi s'est-il permis des commentaires sur un document déposé par un témoin. Que cachent les dessous de cette affaire ?

 

«

À première vue, ce texte vous semblera peut-être un peu long, mais ne vous en offusquez pas, il le fallait. Les médias débordent de faiseurs d'opinions qui ne prennent pas le temps de se renseigner vraiment, ni de fournir à leur lectorat les outils pour comprendre et les preuves pour rendre crédible ce qu'ils avancent. Tout le contraire de la mission que s'est donnée JosPublic. Cet éditorial expose des hypothèses basées sur des faits réels. Voici donc "le nécessaire à conclure". Espérant que vous prendrez le temps de vous y abreuver.

»

Éditorial par
JosPublic
 

Sujets abordés

Les faits - ci-dessous

Pourquoi Me Sylvain Lussier dénigre Jacques Duchesneau une deuxième fois sur la place publique?

Ce qu'a vraiment dit Jacques Duchesneau et pourquoi

Conclusion

Le 5 août 2012, Jacques Duchesneau l'ancien directeur de l'Unité anti-collusion du Ministère des transports du Québec ( 00 ) est en entrevue avec un journaliste du Journal de Québec. Il est tout à fait normal que le nouveau candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ) se fasse questionner sur ses cinq jours de témoignage en juin 2012 à la Commission Charbonneau.

En entrevue il dit donc que les avocats l'ont interrogé sur des insignifiances au lieu de le questionner sur le fond du rapport qu'il venait de déposer.

Est-ce un adon, le texte du Journal de Québec a disparu, cliquez ici pour le suivre ( 01 ). Dès le lendemain de la publication, soit le 7 août 2012, le journaliste Denis Lessard du journal La Presse interviewe Me Sylvain Lussier, le procureur en chef de la Commission Charbonneau. qui s'emploie avec acharnement à discréditer Jacques Duchesneau. ( 02 )

Denis Lessard

 

 

Pourquoi Me Sylvain Lussier dénigre-t-il Jacques Duchesneau
une deuxième fois sur la place publique?

 

Première question. Qui a téléphoné à qui ? Est-ce Me Sylvain Lussier pour défendre la Commission ou est-ce Denis Lessard pour avoir une manchette titillante dans son journal ? Nous ne le saurons jamais, mais déjà ça sent le coup monté.

Si la Commission était vraiment attaquée, j'imagine que le procureur, avec éthique professionnelle pour éviter tout impair, aurait téléphoné à M. Duchesneau pour éclaircir ses dires et savoir sur le travail de quels avocats la critique était dirigée, celui de la Commission ou ceux du gouvernement, du Parti Québécois ou des associations de l'industrie de la construction. L'article du Journal de Québec était nébuleux sur cette question. Suite à l'entretien et selon la réponse, j'imagine qu'il aurait consulté les Commissaires pour savoir s'il serait pertinent de faire une sortie publique et rétablir les faits.

Dans l'éventualité d'un accord concerté, la tâche n'aurait-elle pas été confiée, comme il est d'usage, à un relationniste que la commission se paie à grands frais?

Nous savons que Maître Lussier n'a pas téléphoné à Jacques Duchesneau avant de se répandre sur la place publique. Cependant il semble qu'il aurait consulté la Commission, puisqu'en entrevue au journal La Presse il dit:

«

"Nous on n'est pas d'accord. C'est certain qu'il s'est plaint de certains interrogatoires, pour la commission nous avons la satisfaction du travail accompli»,
                                                                               
 - Sylvain Lussier

»

Le nous employé ici, représente-t-il vraiment la vision des trois commissaires de la Commission ? Ou a-t-il osé prendre la place des commissaires dans leur rôle de défense de la réputation de la Commission ?"

Ce n'est pas la première fois que Maître Lussier se manifeste sur la place publique à propos de monsieur Duchesneau. Déjà en janvier 2012 il disait "Je ne peux réagir que comme citoyen" ...  Étrange sens de l'éthique! Comment peut-il prétendre réagir comme citoyen alors qu'il est Procureur en chef de la Commission depuis novembre 2011 ?  Même si le citoyen Me Lussier désapprouvait les déclarations de l'ex-Chef de l'Unité anti-collusion au ministère des Transports, avec quelle intention, un Procureur en chef d'une Commission peut-il s'en prendre publiquement à un témoin de cette même commission, voire le dénigrer? ( 03 )
 

Le citoyen Lussier qui s'exprime en tant que tel, qui est-il ?

Me Sylvain Lussier

Avocat chez Osler, il est conseiller pour les entreprises qui veulent obtenir des contrats dans le cadre du "Plan Nord" de Jean Charest.

Jusqu'à mercredi soir le 8 août 2012, son nom figurait toujours comme membre de «l'équipe Plan Nord»
sur le site d'Osler. Le nom a été retiré dès que les médias s'y sont intéressés.

L'équipe d'Osler propose à ses clients de «rester à l'avant-plan du développement du Plan Nord» en mettant notamment la main sur «les contrats d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction».

Or, dans une entrevue récente au Devoir, Jacques Duchesneau a affirmé que la commission Charbonneau a «tout en main» au sujet d'un «réseau libéral» du «Québec Inc.» qui se bousculerait aux portes du Plan Nord. ( 04 ) Il estime à environ 8 milliards de dollars les sommes qui pourraient être consacrées en services professionnels.

Par média interposé l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare a reproché son manque de jugement à Me Lussier pour s'être attaqué à la crédibilité du témoin Jacques Duchesneau. Faudrait-il rappeler à Me Lussier qu'un témoin à une commission n'est pas un accusé au tribunal ?

C'est un écart de conduite inadmissible « Sa job, c’est de poser des questions et de produire des documents, a-t-il affirmé. C’est comme s’il prenait sur lui le pouvoir de la commissaire et ça, c’est, à mon avis, non seulement illégal, mais très dangereux au plan légal, il aurait vraiment dû se la fermer, c’est un manque de jugement. »

M. Bellemare a ajouté que le procureur en chef de la commission doit être capable d’accepter la critique, sans pour autant y répliquer. ( 05 )

Dans une entrevue à la radio, il a déclaré que Me Lussier «appartient à la filière libérale», tout comme sa collègue chez Osler, Me Suzanne Côté. La super plaideuse, rappelons-le, était l'avocate du gouvernement lors de la commission Bastarache.

D'ailleurs ce cabinet d'avocat a embauché Mme Monique Jérôme-Forget, fervente libérale et ex-présidente du Conseil du trésor sous le régime de Jean Charest.

Évidemment que Maître Sylvain Lussier fait partie du réseau du Parti Libéral du Québec et en témoigne sa contribution au financement du Parti en 2002 où son coeur penchait. Notons qu'il a aussi contribué au PLQ et au PQ en 2003, année d'élection où il est prudent de nourrir deux partis pour ne pas perdre de contrats. ( 06 )

Le réseau libéral

Maître Marc Bellemare

Maître Suzanne Côté

Mme Monique Jérôme-Forget

Ce citoyen ordinaire, qui a droit de parole comme nous tous, défend en tant qu'avocat un des géants de la construction au Québec, la firme Asphalte Desjardins, et l'une de ses sociétés soeurs, Campeau. Elles sont parmi les 25 firmes de construction ayant réclamé au gouvernement les plus importantes sommes supplémentaires (extras) par rapport aux contrats initiaux, entre 2005 et 2011

Comme par hasard cette information était colligée dans le rapport déposé par Jacques Duchesneau à cette même commission. ( 07 )

Cet homme probe, dévoué à faire toute la lumière sur les affres de la corruption au Québec a aussi représenté en 2008 quelques-uns des administrateurs d'Asphalte Desjardins suite à une cession de parts à Tony Accurso. Le litige s'est rendu en Cour supérieure.  Ce n'est donc pas un innocent tombé du ciel, il n'est pas sans connaître qui est qui, tel que nommé dans le rapport Duchesneau.

Il faut cependant faire attention et ne pas accuser l'avocat d'avoir fait ou dit des choses illégales, mais bien comprendre que ses propos sont teintés de malhonnêteté lorsqu'il dit que Duchesneau n'a rien prouvé. Me Lussier n'était pas sans savoir qu'à titre de Chef de l'Unité anti-collusion, M. Duchesneau n'avait pas le mandat de policier enquêteur à la recherche de preuves. Il devait en tant que spécialiste des systèmes mafieux, occultes et systémiques de corruption, en démontrer l'existence, ce qu'il a fait avec beaucoup de brio. Grâce à lui et son équipe, nous avons aujourd'hui la Commission Charbonneau dotée des pouvoirs nécessaires pour faire toute la lumière sur la partie puante de Québec Inc.

Ce n'est pas la première fois que Me Lussier défend publiquement la cause du Parti Libéral du Québec, il fallait l'entendre au réseau de télévision RDI de la Société CBC/Radio-Canada durant la Commission Bastarache sur la nomination des juges au Québec. Payé en tant que spécialiste-chroniqueur, il s'acharnait sur la crédibilité de Maître Marc Bellemare pour lui faire la peau comme il le fait actuellement à Jacques Duchesneau. On se souviendra que Me Bellemare accusait Jean Charest de nommer des juges en fonction de leur allégeance politique et affirmait avoir vu de l'argent sale se promener sous ses yeux lorsqu'il était ministre de la justice.

En fait maître Lussier a soutenu lors de ces deux interventions publiques, en janvier et maintenant en août 2012, le même argumentaire que le premier ministre du Québec, lequel, on s'en souviendra, a tout fait pendant 18 mois pour que n'existe pas la Commission Charbonneau.

À l'analyse, si Me Sylvain Lussier a le droit de s'exprimer, il semble quand même en conflit d'intérêts quant au poste qu'il occupe à la Commission. Enfin, on y reviendra. Avant de conclure quoi que ce soit, il faut comprendre ce que Jacques Duchesneau a dit et pourquoi. Il nous faut aussi répondre à la question de la véracité de ses dires.

 
 

Ce qu'a vraiment dit Jacques Duchesneau et pourquoi

 
 

Commençons par le commencement. Cela se passait en juin 2012 et l'ancien chef de police de Montréal témoignait devant la Commission Charbonneau. Pour saisir les fondements du dossier, il est conseillé de lire ou de voir les vidéos et les transcriptions du mot à mot encore disponibles, cliquez ici ( 08 ).

Si vous manquez de temps, JosPublic vous propose quelques raccourcis. Débutons, si vous le voulez bien, par le visionnement d'une courte entrevue mais éclairante sur l'évaluation que fait Jacques Duchesneau de sa semaine de témoignage devant la Commission. Il y soutient que les questions n'ont pas servi à faire la lumière sur le rapport.

Voici le reportage de Radio-Canada mené par Isabelle Richer le 22 juin 2012: cliquez ici


Ensuite, je vous invite à regarder une vidéo où il est questionné par l'avocat représentant le Gouvernement du Québec, pour le Ministère du transport et le sous-ministre Boivin. C'est ce genre de contre-interrogatoire futile et méprisant que M. Duchesneau dénonçait dans l'entrevue du Journal de Québec le 6 août 2012.

Après avoir vu l'entretien, il devient évident que l'ex-directeur de l'UAC ne critique pas la Commission mais bien la façon dont certains avocats s'appliquent à gratter des broutilles et des futilités. L'art de tourner autour du pot pour éviter les vrais sujets ne pourrait être mieux présenté par ces hommes de loi embauchés pour protéger leurs clients, qu'ils soient de partis politiques et d'associations d'affaires.

Ne manquez pas cette opportunité de voir un de ces apôtres à l'oeuvre, émotions assurées. Ne vous braquez pas dès le début, vous devez vous familiariser avec les rituels du langage, surtout qu'une personne qui m'est inconnue, a plaqué des commentaire sur la vidéo. C'est le seul exemplaire que j'ai trouvé qui isolait l'acrimonieux interrogatoire. les commentaires sont quand même drôles et l'interrogatoire, ma foi, à la limite du supportable pour le témoin.

D'ailleurs, la vidéo fait la preuve que ce n'est pas parce qu'on est reçu au Barreau que cela donne du jugement ...amusez-vous bien, on se rejoint après.

 

 
 

Conclusion

 

Si vous vous êtes rendu ici c'est que les coups bas, le mensonge, la tromperie vous mettent en rogne et que vous êtes probablement prêt à écrire une plainte à la Commission Charbonneau.

1.- Je conclus en évoquant le fait qu'un journaliste a participé à une action pour salir la réputation de Jacques Duchesneau et qu'il était de mèche avec Me Sylvain Lussier.

2.- Me Sylvain Lussier a trouvé difficile de se départir des lucratifs contrats qu'il avait avec la ville de Montréal lorsqu'il accepta le poste de Procureur à la Commission. Certains l'auraient mis en conflit d'intérêts certain. ( 09 )

3.- Que le procureur en chef de la Commission ait, sur la place publique, dénigré un témoin et commenté un rapport que la commission avait décidé de ne pas publier est, à mon avis mal avisé, non-éthique: il est à craindre que d'autres témoins refusent de se présenter à la commission.

4.- L'odeur de la magouille empeste toujours la scène politique, surtout depuis que
Me Lussier a déclaré le 8 août 2012, à la télévision RDI de Radio-Canada que finalement il était satisfait des réponses que lui avait fournies Jacques Duchesneau lors de son interrogatoire. Un revirement de discours digne de la politique de banalisation du Parti Libéral du Québec. La tentative de dommage à la réputation, et à demi-mot une mesure d'intimidation pour tous témoins, elle, reste intacte. Ceux qui n'ont vu que des reportages sur la première intervention de Me Lussier gardent l'impression que Jacques Duchesneau est un fabulateur. Me Lussier aurait ainsi gagné son pari de démonition du témoin Duchesneau. Sur le plan médiatique ce fut un scandale qui dura 67 heures exactement et qui fut enterré sans mots dire.

La suite des choses:


JosPublic
attend d'une personne qui est payée au tarif de 350$ l'heure, une intégrité sans faille et un sens du respect des institutions démocratiques.

Je m'attends de la part des commissaires (qui ont obtenu du gouvernement du Québec, donc à même nos taxes, une somme de 2,6 millions de dollars exclusivement destinée aux
honoraires maximaux du procureur en chef Sylvain Lussier et au salaire de sa secrétaire, pour la durée de la commission), une capacité à éviter toute apparence de conflit d'intérêts.

Ainsi, je demanderai par lettre que les commissaires se délestent du poids partisan et du manque de neutralité que représente l'actuel Procureur en chef, Me Sylvain Lussier.

 

Cliquez sur les sigles pour savoir ce que les partis politiques en pensent:

 

Sources:

Agences: Agence QMI pour Quebecor Inc. La Presse canadienne pour CTVglobemedia, Torstar et Power Corporation of Canada
Journaux:
La Presse pour Power Corporation of Canada, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir, Le Journal de Québec pour Quebecor Inc.
Internet:
 Les sites de Québec Solidaire et d'Option nationale

Choix de photos, fusion des textes, mise en page, références et titrage par :
JosPublic
Publication : 11 août 2012

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Le procureur en chef descend dans l'arène politique et se discrédite

Vers les éditoriaux de
 JosPublic
 à propos de l'éthique et de la Corruption

Vers la Fiche:
Éthique et Corruption

Notes & Références encyclopédiques:

00

À propos de l'Unité anti-collusion du Ministère des transports du Québec

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01
 

Vérifier si le texte est revenu en ligne. L'adresse existe mais plus le texte. Bizarrrrrre! Jacques Duchesneau: Des questions insignifiantes. Journal de Québec ( pour Quebecor Inc) 06 août 2012

 

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02
 
 

Le procureur en chef descend dans l'arène politique et se discrédite. MétéoPolitique.com le 9 août 2012. Un résumé de tout ce que Me Sylvain Lussier a dit dans les médias depuis le 6 août 2012

 
 

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03
 

Jacques Duchesneau fait sursauter le procureur Sylvain Lussier Journal La Presse (pour Power Corporation of Canada) Publié le 10 janvier 2012

 

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04

Les textes de MétéoPolitique.com à propos du Plan Nord

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05

 

Marc Bellemare s'en est pris à Me Lussier, à qui il a reproché son manque de jugement

 

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06
 

Me Sylvain Lussier: ses contributions monétaires aux partis politiques selon le Directeur général des élections du Québec

 

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07
 

Commission Charbonneau: Sylvain Lussier a représenté un géant de l'asphalte. Journal La Presse (pour Power Corporation of Canada) Publié le 10 août 2012

 

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08
 

Témoignages de Jacques Duchesneau devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction Du 13 au 21 juin 2012

 

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09
 

L'éthique en arrache ces jours-ci par Paul Bégin - Ancien ministre de la Justice dans le gouvernement du Parti québécois  25 février 2012 

 

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