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Des effets à long terme de la Commission Charbonneau

La Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction du Québec (Commission Charbonneau) a contribué à « l’effritement » de l’industrie québécoise du génie et de la construction, qui aurait souffert de ses «effets secondaires», estime l’ancien ministre libéral David Whissell.   JosPublic rétorque que le problème n'est pas la Commission Charbonneau avec toutes ses faiblesses, mais la propre turpitude des entrepreneurs et ingénieurs qui se sont vautrés dans les profits illégitimes.

 
 
 

David Whissell blâme la commission Charbonneau
pour l'«effritement» du génie québécois

 
 

«Loin de moi de dire que ça a été une commission complètement inutile, mais, parmi les effets secondaires ou les dommages collatéraux, ça a été un effritement de beaucoup de sociétés, autant au niveau du génie que de la construction elle-même, qui sont passés dans des mains étrangères ou qui ont complètement disparues du portrait», a soutenu l’ex-député d’Argenteuil.

Lors d’une entrevue radiophonique pour discuter de l’héritage de la commission d’enquête, il a affirmé notamment que le branle-bas médiatique occasionné par les travaux avait provoqué «un environnement de suspicion énorme dans l’industrie de la construction».

«C’est venu apporter vraiment un environnement de travail qui n’a pas été sain. Ce qui a fait en sorte que beaucoup d’entrepreneurs, d’entreprises ou de firmes de génie ont plié bagage», a-t-il souligné.

David Whissell ex-ministre du Parti Libéral du Québec sous le gouvernement de Jean Charest

M. Whissell dit regretter de voir qu’entre temps, beaucoup de gros joueurs de l’industrie ont été acquis par des entreprises étrangères.

«Avant ça, on était des conquérants. C’étaient des firmes québécoises qui allaient dans d’autres territoires conquérir, faire des acquisitions, faire des travaux», a commenté à ce sujet l’ancien ministre de Jean Charest.

À ses yeux, pour prévenir certaines de ces retombées, il aurait fallu que la commission d’enquête dure moins longtemps. Il estime que «beaucoup de noms ont été cités sans raison, sans allégations».

«On a voulu être plus blanc que blanc au Québec et ça a pour effet qu’il y a eu un effritement», a résumé M. Whissell.

 

Les élucubrations de David Whissell prouvent
qu'il n'a toujours rien compris à l'honnêteté en affaires

 
 

En voilà un qui n'est pas incommodé par une petite gêne lorsqu'il analyse le comportement des gens d'affaires dans le milieu de la construction. Lui qui a été nommé 37 fois dans le rapport final de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (Commission Charbonneau), et qui avec plus de 140 entrepreneurs n'a pas été accusé, même si les allégations auraient mérité tout au moins un procès, n'eût été l'incompétence crasse de l'Unité permanente anticorruption du Québec.

Il faut dire que le monde de l'ingénierie n'a rien perdu de ses privilèges, bien que certains canards boiteux aient fermé leurs portes.  Des entreprises incapables de survivre sans la manne gouvernementale n'ont pas à se plaindre puisqu'elles sont des assistées sociales corporatives.  Au Québec, les travaux d'infrastructure se font toujours par des compagnies ayant majoritairement leur siège social dans la province.

Suite à la Commission, plusieurs entreprises ont tout simplement changé de nom et opèrent toujours en 2020.  La mafia n'a pas reculé d'un pas quitte à passer les guides de l'entreprise aux membres de leur famille. L'Autorité des marchés financiers AMF a vraiment failli à la tâche comme le prouve le rapport de la Vérificatrice du Québec.

Le problème n'est pas la Commission Charbonneau avec toutes ses faiblesses, mais la propre turpitude des entrepreneurs et ingénieurs qui se sont vautrés dans le plat de bonbons que représentait le 30% de plus cher qu'ils chargeaient aux instances gouvernementales pour couvrir leur collusion/corruption.

Il faut voir la liste des gens qui n'ont pas été importunés par des accusations et qui en méritaient.  Malgré le fait que certains ont plaidé coupables devant le comité de discipline de l'Ordre des ingénieurs du Québec OIT, l'Unité permanente anticorruption du Québec (UPAC) n'a pas bronché. 

Plus de 140 entrepreneurs (voir Ici), plus de 45 politiciens (voir Ici) et plus de 40 fonctionnaires (voir Ici) n'ont pas été embêtés, parmi ceux qui l'ont été la majorité s'en est sortie grâce à l'arrêt Jordan qui mit fin aux procès avant d'entendre la preuve.

Pour avoir documenté en détail les travaux de la Commission, JosPublic ajoute que les avocats et comptables du Québec n'ont pas été importunés, malgré leur très grande présence dans les systèmes de corruption orchestrés par les gens d'affaires.

Les politiciens et politiciennes ont tout fait pour éviter d'implanter une version sévère des recommandations de la Commission Charbonneau.  En 2020, c'est toujours un fouillis de règles administratives inappropriées. Il sévit encore un manque de personnel et les budgets à l'avenant, que ce soit pour la prévention ou les poursuites judiciaires, ce qui est désastreux lorsqu'on compare le diagnostic aux solutions

Contrairement à ce qu'avancent plusieurs politiciens en conflits d'intérêts comme l'était David Whissell, la Commission n'a pas déterré assez profondément, la Sûreté du Québec a manqué de solidarité envers la juge Charbonneau, alors que la classe politique se réjouissait de voir ses bailleurs de fonds s'en sortir de si belle manière. 

Il existe au moins quelques retombées positives. Quelques truands ont goûté à la prison ou du moins à la détention dans la communauté, d'autres ne sont plus montrables et instillent à l'ensemble une petite crainte de se faire prendre.

Notes & Références encyclopédiques:

auraient mérité au moins un procès, n'eût été l'incompétence crasse de l'UPAC...
 

 

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plusieurs entreprises ont tout simplement...
 

Genivar devient WSP Global, embarrassé et embarrassant,
l'éthique discret de Pierre Shoiry le dirigeant et son équipe de collusionneurs - Sur MétéoPolitique, le 1er janvier 2014

Ce changement d'identité survient alors que le géant fondé à Québec tente toujours d'obtenir son certificat de probité auprès du gouvernement du Québec.

Avec 2014 vient la fin de la «restructuration» de Genivar, qui avait déjà annoncé qu'elle adopterait le nom de WSP Global.  «Nous pourrons ainsi tirer le meilleur parti possible de cette marque dont la réputation n'est plus à faire», a affirmé dans un communiqué le pdg de Genivar devenu WSP, Pierre Shoiry.

Genivar a fait l'acquisition, en 2012, de l'entreprise britannique WSP pour la somme de 442 millions $.  Un geste qui a permis d'élargir ses activités à l'extérieur du Canada et de tripler ses revenus totaux.  Quelques mois plus tard, Genivar a été éclaboussée à la commission Charbonneau.  Un dirigeant fraîchement démissionnaire, François Perreault, a confirmé la collusion des bureaux d'ingénieurs dans la région de Montréal et le recours à la fausse facturation pour donner illégalement aux partis politiques.  M. Perreault a été arrêté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en mai, en même temps que l'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.

Peu de temps après, le grand patron de Genivar à Québec, l'ingénieur Éric Tremblay, a annoncé qu'il quittait l'entreprise après 24 ans de service.  Genivar avait indiqué au journal Le Soleil que la décision de M. Tremblay n'avait aucun lien avec le processus d'accréditation de la firme auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF), une démarche maintenant essentielle pour décrocher des contrats publics au Québec.

Pour décerner un certificat de probité, les policiers doivent faire enquête sur les dirigeants et la structure de l'entreprise. Source: Le Soleil de Médias Capitales pour Martin Cauchon

 

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L'AMF a vraiment failli à la tâche comme le prouve...
 

Guylaine LECLERC
Vérificatrice générale du Québec en 2018

La Vérificatrice générale du Québec tance l'AMF et l'UPAC.  L'incompétence règnerait en maître

Le rapport de la Vérificatrice du Québec

 

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Plus de 140 entrepreneurs...
 

Gens d'affaires
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

 

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plus de 45 politiciens et politiciennes...
 

Politiciens.nes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

 

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plus de 40 fonctionnaires...
 

Fonctionnaires
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

 

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Pour avoir documenté en détail les travaux de la Commission...
 

France Charbonneau
Président de la Commission

 

La juge Charbonneau frappe là, où ça fait mal! Si les travaux de la commission d'enquête (261 jours d'audience) ont agi comme un coup de semonce que plusieurs n'ont pas encore compris, le rapport met le Québec face à une vague de blâmes forçant à aller un cran plus loin sur la voie de la vigilance. 

 

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ce qui est désastreux lorsqu'on mesure le diagnostic aux solutions...
 

 

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Sources: Journal de Montréal de QMI/Québecor Médias de Québecor Inc. pour Pierre Karl Péladeau; archives de MétéoPolitique

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Mise à jour le 11 janvier 2020

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