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Laval corruption: Serge Duplessis, ingénieur "bag man" pour Dessau
demande un arrêt des procédures

Ex-vice-président aux affaires corporatives chez Dessau, il a été arrêté en octobre 2012 par l'UPAC qui cherchait à démanteler un réseau de partage de contrats municipaux sur la Rive-Nord de Montréal. Duplessis faisait ainsi déjà face à des accusations de fraude, complot et abus de confiance avant même son arrestation. Finalement ce sera six chefs d'accusation, dont fraude, complot et abus de confiance.

Dessau L’entreprise a fêté ses 50 ans de réussite commerciale en 2007 en présence de Jean Charest. Quelques semaines plus tôt, le rapport d’enquête sur l’effondrement du viaduc de la Concorde était déposé sans blâme pour les concepteurs de l’époque, Desjardins-Sauriol, soit l’ancêtre de Dessau.

L’entreprise est dirigée par Jean-Pierre Sauriol, qui avait embauché l’ex-président du comité exécutif de Montréal Frank Zampino (accusé de fraude dans le dossier Contrecoeur). Son frère Rosaire est particulièrement actif dans le démarchage. Il a notamment séjourné sur le désormais célèbre bateau de Tony Accurso, le Touch.

La filière politique est importante dans le développement des affaires de l’entreprise. On y retrouve Benoît Savard, qui a été organisateur en chef du PLQ jusqu’en 2007, et Denis Guindon. Ce dernier est un péquiste de longue date. Il a présidé la campagne de financement de Bernard Landry lors de la course au leadership de 2001.

 
 

Incriminé devant la Commission Charbonneau

 
 

Serge Duplessis, un résidant de Sainte-Thérèse qui travaillait pour la Ville de Blainville aux services techniques avant d'être embauché par la firme de génie-conseil Dessau en 1985, compte parmi les 15 personnes arrêtées par l'UPAC le 17 avril 2012. Il fait face à six chefs d'accusation, notamment des accusations de fraude, de complot et d'abus de confiance.

M. Duplessis est avantageusement connu dans la région des basses Laurentides pour ses nombreuses implications, notamment à titre de président de la Chambre de commerce et d’industrie Sainte-Thérèse-De Blainville (1997-1998) et de la Fondation Hôpital Saint-Eustache (1999-2003). M. Duplessis a également assuré la présidence d’honneur de plusieurs évènements auprès, entre autres, du Parrainage civique des Basses-Laurentides et de l’organisme Le Petit peuple.

Serge Duplessis
responsable des opérations chez Dessau

Le 25 janvier 2013, devant la Commission Charbonneau, l'ingénieur Michel Lalonde de la firme d'ingénierie Genius ( 16 ) a nommé les firmes qui faisaient partie de ce vaste complot pour détrousser les contribuables de Montréal en plus de nommer des « responsables » de la collusion au sein de chacune d’elles. Pour Dessau il s'agit de Rosaire Sauriol ( 17 ) et Serge DuplessisLe 20 mars 2013, toujours devant la Commission Charbonneau c'est Rosaire Sauriol qui confirme que Frank Zampino ( 18 ) est devenu la tête dirigeante du système de collusion des firmes de génie pour les contrats d'infrastructures gérés par la division de la voirie de la Ville.

 L'ingénieur affirme qu'un responsable des opérations chez Dessau, Serge Duplessis, était celui qui discutait de la répartition des contrats avec Michel Lalonde, et qui versait le plus souvent l'argent à Bernard  Trépanier ( 19 ).

Le 22 mars 2013, en entrevue l'ancien maire de Blainville, François Cantin ( 20 ) déclara: De fait, si Dessau n’obtient plus de contrats à Blainville depuis 2005, c’est en raison du changement de maire (de Pierre Gingras à FrançoisCantin).   «Nous, on travaillait avec une équipe qui était... En fait, il y avait l’équipe de monsieur Pierre Gingras ( 21 ) qui avait été maire là, je crois, jusqu’à 2005», a-t-il mentionné.  En vertu de son témoignage, Dessau a toujours été impliquée avec M. Gingras dans le cadre de ses campagnes électorales et c’est ce dernier, précise-t-il, qui sollicitait l’entreprise via un employé alors responsable du développement des affaires chez Dessau, Serge Duplessis.

Toujours en 2013 Serge Duplessis a fait don à la ­fiducie Desnoyers/Duplessis de sa maison dont la valeur est évaluée à plus de 400 000 $. Les fiduciaires ne sont nul autre que lui et son frère, Marc Duplessis.

 
 

Le 17 avril 2012, l'Unité permanente anti-corruption UPAC frappe
Ci-dessous la liste des accusés

 
 

Globalement, 47 chefs d'accusation ont été portés contre les 15 personnes mises en arrestation dans l'affaire Marcotte-Accurso.

 
 

Laval : un des coaccusés de Gilles Vaillancourt demande un arrêt des procédures

 
 

25 novembre 2016: plus de trois ans après la rafle de l'Unité permanente anticorruption à Laval, le procès n'a pas encore commencé.

Selon Serge Duplessis, la faute incombe à la poursuite qui s'est entêtée à faire un mégaprocès et qui a mis sur pied un dossier complexe, beaucoup trop difficile à gérer.

« C'est la décision de l'intimée de réunir autant d'accusés dans le même dossier qui a créé un procès plus complexe et inutilement long », peut-on lire dans la requête déposée au palais de justice de Laval.  Le procès met en cause 34 accusés, 12 chefs d'accusation et une preuve titanesque contenant 30 000 conversations enregistrées.

Début prévu en septembre 2017

Le procès devant jury pourrait commencer en septembre 2017. La fin est prévue au mieux en février 2018, stipule la requête.  À cette date, les accusés auraient comparu près de cinq ans auparavant, ce qui dépasse la limite de 30 mois fixée par la Cour suprême l'été dernier dans l'arrêt Jordan.    Serge Duplessis demande donc un arrêt des procédures.

Le présent dossier est un autre exemple d'abus de pouvoir de la poursuite en créant une dénonciation ingérable dont les accusés et les tribunaux subissent les conséquences et sans véritable plan de match pour en diminuer les effets néfastes.

Extrait de la requête déposée par Serge Duplessis

M. Duplessis était employé par Dessau, une des firmes de génie-conseil qui recevaient des contrats de la Ville de Laval. La requête mentionne que « les décisions concernant de possibles ententes de collusion n'étaient pas fixées à son niveau et qu'il n'en a tiré aucun avantage ». M. Duplessis fait face à cinq chefs d'accusation, dont ceux de fraude et de corruption.

C'est le premier des 34 accusés à déposer une telle requête, mais plusieurs autres avocats y songent. Ils ont jusqu'au 30 novembre pour se manifester.

Deux groupes d'accusés

La Couronne est bien consciente de la complexité d'un procès devant jury avec 34 coaccusés.

Le procureur Richard Rougeau souhaite créer deux groupes de 17 accusés.

D'un côté, Gilles Vaillancourt, l'ex-directeur général de la Ville, Claude Asselin, et l'ancien directeur général du service d'ingénierie, Claude Deguise, avec les 14 autres fonctionnaires et les ingénieurs.

De l'autre, les 17 entrepreneurs, dont Tony Accurso.

Les parties ont rendez-vous en cour le 12 décembre 2016.   Les requêtes devraient être entendues à partir de janvier 2017.

Rappelons que l'avortement du mégaprocès SharQc, lié aux Hells Angels, a mené au dépôt d'un rapport la semaine dernière du comité d'examen mis sur pied par le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Il conclut que la réussite de futurs mégaprocès nécessite d'importantes modifications aux façons de faire préconisées par les enquêteurs, les procureurs de la Couronne et même les juges pour accélérer les procédures.

 

Sources: Droit Inc. pour René Lewandowski, La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada; Ici Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 28 novembre 2016

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Des gens d'affaires
mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique

  Politiciens et politiciennes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

Employés.es de l'État
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Jacques Audette a quitté le cabinet d'avocats dans la foulée de cette histoire. Il s’était alors créé une page personnelle dans laquelle on retrouvait sa bio, mais cette page est désormais en construction.

 

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02

À propos de Richard Marcotte, ex-maire de Mascouche - Sur MétéoPolitique

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03

 

Normand Trudel - 59 ans, président de Transport et Excavation Mascouche. Sept chefs d'accusation, dont fraude, versements de pots-de-vin, abus de confiance. 6 chefs d'accusation contre l'entreprise Transport et Excavation Mascouche. A remporté les deux tiers de la somme totale des contrats de construction et de déneigement de Mascouche entre 2007 et 2010. Six chefs d'accusation, dont fraude, complot et abus de confiance.

 

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04

 

Antonio Accurso - 61 ans, âme dirigeante des entreprises Simard Beaudry et Construction Louisbourg. Six chefs d'accusation, dont fraude, influence d'un fonctionnaire et versements de pots-de-vin.

 

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05

 

Luc Tremblay - 52 ans, ex-DG de la Ville de Mascouche. Six chefs d'accusation, dont fraude, versements de pots-de-vin et abus de confiance.

 

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06

 

André De Maisonneuve - 56 ans, associé de la firme d'ingénieurs BPR Triax. Sept chefs d'accusation, dont fraude, abus de confiance, versements de pots-de-vin et utilisation de documents contrefaits.

 

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07

 

Rosaire Fontaine - 61 ans, ingénieur de BPR Triax. Sept chefs d'accusation, dont fraude, complot, abus de confiance et emploi d'un document contrefait. Déjà accusé dans l'affaire de Boisbriand. Sept chefs d'accusation contre la firme BPR Triax, firme qui a remporté la moitié des contrats de génie-conseil de Mascouche entre 2007 et 2010. Fraude, complot et abus de confiance.

 

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08

 

Claude Duchesne - 58 ans, président de l'entreprise de construction résidentielle Goyette, Duchesne, Lemieux. Récent acquéreur du golf de Mascouche. Six chefs d'accusation, dont fraude, complot, abus de confiance.

 

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09

Sylvie Chassé, 50 ans, secrétaire de Transport et Excavation Mascouche.

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10

 

Gaétan Biancamano, 67 ans, ex-urbaniste chez Plania (ex-Gauthier, Biancamano, Bolduc), aujourd'hui filiale de Dessau. Sept chefs d'accusation, dont fraude, complot, abus de confiance.

 

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12

 

Pierre Lamarche, 54 ans, représentant technique. Six chefs d'accusation, dont fraude, complot et abus de confiance.

 

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13

 

Jean Leroux, 59 ans, président de la firme d'ingénieurs Leroux, Beaudoin, Hurens & associés (LBHA), qui a 50 municipalités parmi ses clients. Six chefs d'accusation, dont fraude, complot et abus de confiance.

 

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14

 

Pierre Raymond, 55 ans, ingénieur. Six chefs d'accusation, dont fraude, complot et abus de confiance.

 

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15

 

Louis-George Boudreault, 77 ans, ex-organisateur du PLQ dans l'est du Québec et collecteur de fonds. Abus de confiance et participation à une infraction.

 

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16

À propos de Michel Lalonde de la firme d'ingénierie Genius - Sur MétéoPolitique

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17

À propos de Rosaire Sauriol ex-vice-président de Dessau - Sur MétéoPolitique

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18

 

À propos de Frank Zampino - ex-président du comité exécutif de la ville de Montréal - Sur MétéoPolitique

 

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19

 

À propos de Bernard Trépanier, collecteur de fonds pour le parti Union Montréal - Sur MétéoPolitique

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20

À propos de François Cantin, ex-maire de Blainville - Sur MétéoPolitique

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21

À propos de Pierre Gingras, ex-maire de Blainville - Sur MétéoPolitique

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