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René Lafrance: courtier immobilier
Ex-candidat à la mairie de Châteauguay arrêté par l'UPAC pour tentative de corruption et condamné par la cour à 30 mois de prison

Au moment de son arrestation René Lafrance était agent immobilier affilié à Re/max. Il a été conseiller municipal à Châteauguay de 1987 à 1991 et de 1995 à 2003. Il s’était présenté comme candidat à la mairie à deux reprises. Son domicile a été perquisitionné et il a été arrêté. «L'enquête a démontré que quatre suspects dont René Lafrance ont tenté de corrompre l'administration municipale et la mairesse par un système d'échange de bénéfices comme de l'argent. Les avantages désirés par les accusés étaient l'obtention d'emplois municipaux et le dézonage de terrains pour des projets immobiliers», a précisé le capitaine André Boulanger, responsable des enquêtes sur la corruption à la Sûreté du Québec.

 

La commission Charbonneau a beau humilier bon nombre d'entrepreneurs chaque jour depuis plusieurs mois, certains semblent encore se croire intouchables. La tentative de corruption déjouée à Châteauguay remonte à septembre 2013, et c'est la mairesse de la Ville elle-même qui s'est faite la dénonciatrice. C'est ce qu'a révélé le commissaire de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, en conférence de presse.

«Ce dossier revêt un caractère particulier et exceptionnel. Nous avons bénéficié d'une collaboration rarissime, mais exemplaire d'une élue municipale. Elle n'a rien à se reprocher. Elle a honorablement dénoncé une situation intolérable et nous l'en félicitons», a raconté M. Lafrenière. Il a ajouté que des mesures avaient été prises pour protéger la mairesse.

Des entrepreneurs et des agents immobiliers auraient entre autres voulu s'approprier un poste influent dans l'administration municipale, en retour de sommes d'argent «de plusieurs dizaines de milliers de dollars». Certains auraient aussi tenté de faire dézoner des terrains en retour d'avantages, pour la construction de projets immobiliers.

Une opération a alors été mise en branle par l'UPAC. En collaboration avec les enquêteurs, Nathalie Simon a feint d'accepter l'offre de Lafrance, afin de découvrir quelles étaient ses visées. Mais lorsqu'elle le rencontrait, elle l'enregistrait à son insu pour le compte de la police. L'UPAC avait aussi obtenu une requête d'un juge pour appliquer l'écoute électronique.

Lafrance lui explique rapidement qu'il veut qu'elle le nomme à un poste stratégique au sein de la municipalité. Il fait preuve d'une grande franchise, ne se cache pas, malgré toute la publicité médiatique qui entoure les activités de l'UPAC et les travaux de la commission Charbonneau à ce moment-là.

«René Lafrance voulait depuis fort longtemps être directeur du développement économique à la Ville de Châteauguay, et ce, pour diverses raisons obliques dont l'obtention d'avantages personnels et de cotes sur l'octroi de contrats», précise l'exposé des faits déposé en cour.

Nathalie Simon, mairesse probe et honnête à la ville de Châteauguay, Région de la Montérégie

«Il faut lever notre chapeau devant Mme Simon aujourd'hui. Le geste qu'elle a posé est très courageux», a mentionné le capitaine André Boulanger, chef du service des enquêtes sur la corruption de l'UPAC, en conférence de presse.

Il a précisé que les emplois sollicités en étaient de haut placés, et les sommes offertes, importantes.

D'ailleurs, lors des perquisitions de ce matin dans quatre résidences de Châteauguay, 31 000 $ ont été saisis. Une camionnette considérée comme un produit de la criminalité a aussi été saisie chez un des suspects, René Lafrance.

Celui-ci est un ancien conseiller municipal et deux fois candidat défait à la mairie de Châteauguay.

Mais ce n'est pas à titre de politicien qu'il a été arrêté. À la suite de son long passage en politique municipale et scolaire, René Lafrance est devenu courtier immobilier pour une agence basée dans le quartier LaSalle à Montréal. Une pancarte où il pose fièrement trône d'ailleurs à quelques mètres de sa maison de la rue de Liège, plantée devant celle de son voisin qu'il a été chargé de vendre.

René Lafrance
en campagne électorale

La proposition de René Lafrance

  • Il propose à Nathalie Simon 30 000$ pour lui rembourser sa marge de crédit et 200 000$ pour financer sa prochaine campagne électorale.

  • Il sera son homme de confiance, elle aura de l'argent amassé «sans que ça passe par elle», promet-il.

  • Elle devra en échange le nommer directeur du développement économique. Elle n'aura pas à savoir à qui il donnera les contrats municipaux.

  • Il veut que sa fille Anick soit candidate aux prochaines élections municipales dans le district 1.

LES ACCUSÉS

Jacques Roy, 71 ans, Longueuil : Militant libéral de longue date tant au fédéral qu’au provincial. Il a été directeur du développement économique de la ville de Châteauguay pendant 4 ans jusqu’en 2009, avant d’être remercié par la mairesse Simon.

Par la suite, il a occupé sensiblement les mêmes fonctions pour la ville de Saint-Constant, pendant deux ans. ( 01 )

Michel Bergevin,
45 ans, Mercier : Dirigeant de l’entreprise Excavation Bergevin et Laberge. ( 02 )

Éric Lafrance, 38 ans, Châteauguay : c’est le fils de René Lafrance. En plus d’être pompier, il est copropriétaire de deux entreprises, soit le commerce Armoires Option, à Châteauguay, et Les constructions Khéops inc. Les policiers ont d’ailleurs perquisitionné au local d’Armoires Option.
( 03 )

Ils sont tous entrepreneurs ou courtiers immobiliers. Ils ont été amenés au quartier général de la Sûreté du Québec, à Montréal, pour être interrogés. Les 4 accusés font face à 5 chefs d'accusation pour fraude envers le gouvernement, abus de confiance, acte de corruption dans les affaires municipales et complot.

Robert Lafrenière s'est dit étonné par ce dossier qui survient en pleine commission Charbonneau et alors que le gouvernement resserre ses lois pour prévenir la corruption.

«Ça démontre que la corruption existe toujours, et que la collaboration des élus est cruciale. Il y a des gens qui pensent que la culture n'a pas encore changé. C'est une culture bien incrustée dans beaucoup de milieux. Mais on observe des améliorations. Mais il reste des gens qui n'ont pas compris. La preuve, c'est que ce dossier ne portait pas sur des gestes commis en 2007 ou 2008, mais en 2013», a martelé M. Lafrenière.

"Quand on voit un dossier contemporain comme ça, qui date de trois mois, (…) ça nous dit qu'il faut garder la vigie et être alerte", a estimé le commissaire.

 

Sources: La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada, Le Journal de Montréal pour Québecor

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 4 juillet 2014

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Politiciens et politiciennes en conflits d'intérêts

  Gens d'affaires en conflits d'intérêts

  Coupables

  Éthique et corruption

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

À propos de Jacques Roy, 71 ans, Longueuil : Militant libéral de longue date tant au fédéral qu’au provincial.

 

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02

 

À propos de Michel Bergevin, Dirigeant de l’entreprise Excavation Bergevin et Laberge

 

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03

 

À propos d'Éric Lafrance, propriétaire de Construction Keops et co-propriétaire d'Armoires Option

 

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