Moteur de recherche en page d'accueil et des milliers de titres en archive

 

Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Finance - Fiche: Corruption & éthique - Gens d'affaires

Réal Thériault, ingénieur au déficit d'intégrité et d'éthique
condamné par l'Ordre des ingénieurs du Québec

L'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) impose une première sanction dans le dossier de la collusion à la ville de Longueuil : l'ex-président de Progemes, Réal Thériault, écope d'une amende de 10 000 $ pour avoir tenté de corrompre un collaborateur de l'ancien maire Jacques Olivier afin de participer à un système de partage de contrats au début des années 2000.  

 

Gens d'affaires

 
 
 

L'Ordre des ingénieurs du Québec s'invite à Longueuil

 
 

Selon la décision que le Conseil de discipline de l'(OIQ) a rendue publique le 1er décembre 2017, Réal Thériault a été déclaré coupable de s'être « engagé à verser directement ou indirectement à un parti politique ou à ses représentants, un avantage, une ristourne ou une commission en vue de s'assurer que sa firme obtiendrait des contrats municipaux de la Ville de Longueuil » et d'avoir « manqué d'intégrité [et] porté ombrage à la profession en participant à un système [...] dans le but d'obtenir des contrats municipaux ».

Le Conseil a accepté une recommandation commune des deux parties d'imposer une amende de 5 000 $ pour chacun des deux chefs retenus.

 

 

L'ingénieur a admis les faits au syndic du Conseil de discipline de l'Ordre à l'été 2016.  En échange, deux autres chefs déposés contre lui ont été abandonnés « au motif d'insuffisance de preuve ».  Il n'a pas été possible de savoir lesquels.

Réal Thériault, qui s'était associé avec les entreprises Groupe Séguin et Groupe-Conseil Génipur pour former le consortium Génipur, a reconnu avoir offert, avec ses partenaires, 70 000 $ en argent comptant à « l'organisateur politique du parti faisant campagne à ce moment-là à la Ville de Longueuil ».  Cet argent, toutefois, « n'a pas été remis tel que prévu », mais il aurait été utilisé par la suite par l'un des partenaires de M. Thériault « pour faire du démarchage auprès de la Ville, en investissant l'argent dans des activités politiques, telles qu'un tournoi de golf ».

Ces stratégies, pourtant, « n'ont eu aucun succès » et « le consortium Génipur a été dissout vers la fin de l'année 2004 », écrit le Conseil, qui qualifie les infractions commises de « sérieuses », tout en précisant qu'il s'agissait d'un « geste isolé ».

Décisions de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Dossier 22-17-0534

31 octobre 2017 - Décision sur culpabilité et sanction10 novembre 2017 - Décision sur culpabilité et sanction rectifiée

Réal Thériault, contre qui aucune accusation criminelle n'a été déposée, a vendu Progemes à Genivar en 2009, mais il est toujours actif professionnellement et préside la compagnie Les consultats MESC inc., qu'il a fondée il y a un peu plus de trois ans.  Il a d'ailleurs été enregistré pour le compte de cette entreprise au Registre des lobbyistes du Québec pour faire des représentations auprès de plusieurs municipalités et organisations de la région métropolitaine en 2014-2015.

Âgé de 56 ans en 2017, Réal Thériault « a exprimé ses remords et ses regrets face aux infractions commises » et « dit s'être engagé envers deux ingénieurs travaillant pour lui à leur vendre son entreprise à la fin de l'année 2017, et à agir comme mentor jusqu'en décembre 2018 pour assurer la continuité et la pérennité de l'entreprise ».  « Au terme de ces engagements, il prévoit prendre sa retraite », poursuit le Conseil.

 
 
 

Un système autrement plus large

 
 

Dans sa décision, le Conseil de discipline écrit que « les faits reprochés [ont été] commis entre les années 2000 et 2004 ». Or, « c'est plus spécifiquement l’administration en place en 2003-2004 qui est concernée par la décision publiée aujourd’hui ». Cette période correspond au règne de l'ancien maire Jacques Olivier, qui a succédé à Claude Gladu en 2001 et qui a dirigé la Municipalité jusqu'en 2005, date à laquelle M. Gladu a repris le contrôle de l'Hôtel de Ville.

Les noms des deux maires ont toutefois été entendus lors de la commission Charbonneau, plusieurs témoins ayant admis avoir financé illégalement leurs campagnes électorales.

C'est d'ailleurs à la suite des déclarations faites au cours de la commission Charbonneau, en 2013, que le Bureau du syndic de l'OIQ a commencé à enquêter sur plusieurs villes, dont Longueuil.

Depuis, une dizaine de plaintes ont été déposées par le syndic dans ce dossier.  Six d'entre elles seront entendues en décembre, en janvier et en février, soit celles de Pierre Pouliot, Christian Fallu, Guido Benedetti, Pierre Turmel, Normand Fallu et Robert Proulx. 

 
 

Les causes des frères Rosaire et Jean-Pierre Sauriol ont aussi été entendues en décembre 2017.   Les ex-patrons de la firme d'ingénierie-construction Dessau ont admis avoir participé à la collusion dans plusieurs villes de la région de Montréal, dont Longueuil.   Une décision sera prise dans leurs dossiers d'ici 90 jours. Ils risquent des amendes records, respectivement de 100 000 $ et de 50 000 $.

Un autre ancien vice-président de la firme, Serge Duplessis, a été radié à vie de l'OIQ en juin 2017.

Dessau a aussi conclu un règlement avec l'OIQ en novembre 2017, dans lequel elle reconnaît avoir remboursé des contributions politiques à 29 ingénieurs et ex-ingénieurs de la firme entre 1998 et 2010.  Des ententes similaires ont été signées avec SNC-Lavalin, Roche, Axor, Groupe SM et Teknika HBA.

 
 

Dicton: qui s'assemble se ressemble

 
 

Le 8 septembre 2009 - Genivar annonce l'acquisition «Progemes Consultants» dans le but de renforcer ses compétences en développement durable des bâtiments.  

«Progemes a conçu plusieurs ouvrages dont l'exploitation requiert moins d'énergie et de ressources naturelles tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre» a dit François Perreault, vice-président, Ouest du Québec, chez Genivar portant en 2017 le nom de WSP.   Pour Progemes Consultants, qui a été fondée en 1998 et compte 20 employés à Longueuil, cette transaction offre un nouvel élan.

François Perreault
Le 11 juillet 2017 il plaide coupable à des accusations de complot, de fraude dépassant 5 000$ et de corruption dans les affaires municipales. Le tribunal le condamne à purger 2 ans d'emprisonnement dans la collectivité

«Ce regroupement nous donne un nouvel élan dans notre expansion alors que nous joignons une firme multidisciplinaire qui nous permettra d'offrir des services additionnels à notre clientèle», a souligné Réal Thériault, président de Progemes.

 

Sources: Journal Les Affaires pour Transcontinental; SRC nouvelles pour la Société CBC/Radio-Canada

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 4 décembre 2017

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Gens d'affaires
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Politiciens.nes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Employés.es de l'État
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Éthique et corruption

Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Finance - Fiche: Corruption & éthique -Gens d'affaires - Haut de page