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Un congédiement qui rapporte 5 millions $ a celui qui est relevé de ses fonctions
L'ex-PDG de SNC/Lavalin, Pierre Duhaime est officiellement inculpé pour fraude

Fraude au Mega Hôpital anglophone de Montréal construit en mode Partenariat public-privé PPP

27 février 2013

Des mandats d'arrestations ont été déposés contre les acteurs présumés du scandale du CUSM vient d'annoncer l'Unité Permanente Anti-Corruption du Québec UPAC.

Les personnes visées sont Arthur Porter, exilé aux Bahamas, son ex-bras droit Yanaï Elbaz, Jeremy Morris de la firme Sierra Asset Management, l'ex-dirigeant de SNC-Lavalin en Afrique du Nord actuellement détenu en Suisse Riadh Ben Aïsa et l'ancien PDG de SNC-Lavalin Pierre Duhaime.

Ils sont visés par 24 chefs d'accusation, en particulier de fraude, fraude envers le gouvernement, abus de confiance, commissions secrètes et recyclage des produits de la criminalité.

L'UPAC précise que dans «les cas de Pierre Duhaime et Riadh Ben Aïssa, il s'agit de nouvelles accusations criminelles qui ont été autorisées par le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation».

En photo: Pierre Duhaime président de SNC-Lavalin ( 01 )

Les chefs d'accusation

Yanaï Elbaz (Ex-directeur au CUSM): Fraude, complot pour fraude, fraude envers le gouvernement, abus de confiance, commissions secrètes et recyclage des produits de la criminalité.
( 16 )

 

Jeremy Morris (Associé de Sierra Asset Management): Fraude, complot pour fraude, fraude envers le gouvernement et recyclage de produits de la criminalité.
( 17 )

 

Arthur Porter (Ex-directeur général du CUSM): Fraude, complot pour fraude, fraude envers le gouvernement, abus de confiance, commissions secrètes et recyclage des produits de la criminalité.
( 18 )

 

Pierre Duhaime (Ex-PDG de SNC-Lavalin): Fraude, complot pour fraude, fabrication de faux, fraude envers le gouvernement, commissions secrètes et recyclage de la criminalité.

 

Riadh Ben Aïssa (Ex-vice-président de SNC-Lavalin): Fraude, complot pour fraude, fabrication de faux, fraude envers le gouvernement, commissions secrètes et recyclage des produits de la criminalité. ( 19 )

Sujets abordés

Le PDG, Pierre Duhaime congédié de SNC-Lavalin et mis sous arrêt par l'UPAC

L'éthique et la réputation de SNC-Lavalin

Les patrons de SNC-Lavalin encaissent pendant que les actions en arrachent à la bourse

Pierre Duhaime attaque la crédibilité du rapport Duchesneau

La GRC perquisitionne chez SNC-Lavalin

La passe d'argent par Michel Girard

Un départ dans le déshonneur.
Analyse de la situation par Sophie Cousineau, chroniqueuse économique

 
 

Le PDG, Pierre Duhaime congédié de SNC-Lavalin et mis sous arrêt par l'UPAC

 
 

L'Unité permanente anticorruption (UPAC 011)  a arrêté hier son premier suspect - et non le moindre - dans le cadre de son enquête sur le gigantesque contrat du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Pierre Duhaime, ancien PDG du fleuron québécois
SNC/Lavalin, fera face à des accusations de fraude, de complot et d'usage de faux.

Pierre Duhaime aurait passé le plus clair de son temps en Europe au cours des derniers mois, mais il possède toujours sa résidence à Dorval.

C'est là qu'il se trouvait depuis peu lorsque l'escouade Marteau, bras armé de l'UPAC, lui a mis la main au collet, vers 10h45.

Le mandat d'arrestation précise qu'il est soupçonné d'avoir fraudé le CUSM, qui a confié à SNC-Lavalin la construction de ses nouvelles installations de 1,3 milliard.

Les gestes qui lui sont reprochés se seraient échelonnés du 30 avril 2009 au 31 août 2011.

Un autre ex-dirigeant de SNC-Lavalin, Riadh Ben Aïssa, est visé par le mandat. Il était déjà détenu en Suisse relativement à d'autres soupçons de malversations. Depuis il est au Canada sous caution de se présenter à son procès  ( 12 )

Au sortir du palais de Justice. Duhaime vit la rançon de la gloire pour un fraudeur du monde des affaires

Autres cibles

M. Duhaime a été transporté au quartier général de la Sûreté du Québec après son arrestation. Il a été interrogé pendant plusieurs heures avant d'être libéré sur promesse de comparaître en cour.

L'enquête est toutefois loin d'être terminée. D'autres cibles demeurent dans le collimateur. Le rôle du Dr Arthur Porter, ancien directeur général de l'établissement, reste à préciser. ( 13 )

Les policiers s'intéresseraient aussi aux informations détenues par Yanai Elbaz, ancien bras droit de Porter au CUSM, qui est au coeur d'un litige avec le centre hospitalier. ( 14 )

Le nom de M. Elbaz a rebondi à la commission Charbonneau, parce qu'il se serait rendu à plusieurs reprises au très sélect club 357c en compagnie de l'entrepreneur Paolo Catania ( 15 ), arrêté par l'escouade Marteau.

OCTOBRE 2008

L'appel de propositions en mode PPP pour le nouveau grand hôpital sur le site Glen est lancé auprès de deux soumissionnaires: le duo SNC-Lavalin/Innisfree et le groupe Obrascon/Decarel.

AVRIL 2009

Le vérificateur Renaud Lachance dénonce la gouvernance du projet et la hausse des estimations de coûts.

MAI 2009

À la demande de Riadh Ben Aïssa, SNC-Lavalin International signe un contrat avec Sierra Asset Management pour l'obtention présumée du contrat du CUSM. Selon un mandat d'arrestation lancé hier, le contrat serait fictif.

16 SEPTEMBRE 2009

Le gouvernement modifie les conditions de financement du projet, ce qui permet d'accepter une proposition non conforme.

19 NOVEMBRE 2009

Les deux consortiums déposent leur proposition financière.

1er DÉCEMBRE 2009

Le gouvernement avise les deux soumissionnaires que leur proposition financière est non conforme, puisqu'elle excède le budget maximum de 1,13 milliard.

13 JANVIER 2010

Le gouvernement modifie les conditions et augmente le budget maximum à 1,34 milliard.

15 MARS 2010

Deux nouvelles soumissions sont déposées.

1er AVRIL 2010

Le comité de sélection choisit le consortium SNC-Lavalin/Innisfree.

DÉCEMBRE 2011

Arthur Porter démissionne de son poste au CUSM quatre mois avant la fin de son mandat.

MARS 2012

Une enquête interne de SNC- Lavalin dévoile que des sommes ont été dépensées pour obtenir deux projets : 33,5 millions $US et 22.5 millions $US.

SNC-Lavalin annonce que le vice-président Riadh Ben Aïssa a autorisé des paiements douteux de 56 millions de dollars US.

Pierre Duhaime, PDG de SNC-Lavalin, prend sa retraite de façon inattendue. SNC lui paie une indemnité de départ de 5 millions de dollars.

OCTOBRE 2012

La Presse révèle que 22,5 des 56 millions de paiements douteux de Riadh Ben Aïssa, de SNC, auraient servi à l'obtention du projet du CUSM.

28 NOVEMBRE 2012

Pierre Duhaime est arrêté par l'UPAC et un mandat d'arrestation est lancé contre Riadh Ben Aïssa, qui est détenu en Suisse dans le cadre d'une autre enquête sur des paiements douteux. 

11 février 2013

Pierre Duhaime est formellement inculpé sous des accusation de fraude, complot de fraude et usage de faux dans le dossier du Mega Hôpital anglophone de Montréal réalisé en PPP.

27 FÉVRIER 2013

De nouvelles accusations sont portées contre Duhaime : fabrication de faux, fraude envers le gouvernement, commissions secrètes, recyclage des produits de la criminalité. Les accusations sont autorisées par le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation

Selon une enquête de La Presse, Duhaime et surtout Ben Aïssa ont été mêlés à des paiements irréguliers de 22,5 millions$ pour obtenir le contrat du CUSM.   Les paiements ont été faits par l'entremise de SNC-Lavalin International (Tunisie), précise un rapport de SNC-Lavalin publié en mars 2012.

Ces paiements ont été accordés à une entreprise qui «semble fictive», selon le rapport, et autorisés par Ben Aïssa.

Les juricomptables de SNC/Lavalin se sont dits incapables de préciser les services rendus par cette entreprise, ni même son identité.   Le contrat qui est peut-être fictif a été signé en 2009, selon le rapport de SNC.   Les accusations de l'UPAC parlent de leur côté d'un contrat signé en mai 2009 avec Sierra Asset Management propriété du Dr Arthur T Porter.

Les 22,5 millions $ n'ont pas été versés au Canada. Ils ont plutôt transité en 2010 et en 2011 dans des coquilles situées «dans plusieurs territoires», selon le rapport de SNC.

Toujours selon le rapport, Pierre Duhaime a été mis au courant de ces paiements douteux de 22,5 millions$ dès 2010.   À la fin de 2011, il a également été informé de paiements douteux de 33,5 millions $ pour deux autres projets non précisés.

SNC-Lavalin a poussé M. Duhaime vers la sortie en mars 2012, en invoquant le fait qu'il avait outrepassé ses pouvoirs en autorisant les paiements douteux.

En septembre 2011, alors qu'il était encore à la tête de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime a déclaré qu'il n'était pas nécessaire de tenir une commission d'enquête sur la corruption.

«Il y a plein d'initiatives que le gouvernement a mises en place, et ça commence à donner des résultats. Je ne vois pas ce qu'une commission d'enquête pourrait faire de mieux», a-t-il déclaré devant les journalistes.

L'une des mesures déjà en place à cette époque était l'escouade Marteau, celle-là même qui vient de l'arrêter. SNC-Lavalin a réitéré qu'elle collabore avec les autorités.

«Aucun comportement non éthique ou acte illégal ne doit être toléré. Quiconque est réputé avoir commis un délit lié à une enquête doit être traduit en justice», a fermement déclaré Leslie Quinton, porte-parole de l'entreprise.

Du côté du Centre hospitalier de l'Université McGill (CUSM), le porte-parole Richard Fahey a été peu loquace.  «Nous trouvons particulièrement troublantes les affirmations selon lesquelles le CUSM a été victime d'une fraude. Nous continuons de collaborer avec les autorités», a-t-il déclaré.

Pierre Duhaime arrêté pour corruption et collusion. Président de SNC/Lavalin sous arrêt, Pierre Duhaime accusé de fraude
 

Congédiement de Pierre Duhaime
l'homme de SNC-Lavalin qui voit à tout et qui ne voit rien

 
Pierre Duhaime arrêté pour corruption et collusion. Président de SNC/Lavalin sous arrêt, Pierre Duhaime accusé de fraude

Le 25 mars 2012, la firme montréalaise d'ingénierie SNC-Lavalin annonce le départ de son chef de la direction, Pierre Duhaime, après 23 années de service. En attendant que son successeur soit trouvé, il sera remplacé par intérim par Ian Bourne.

Un congédiement payant!

La firme d'ingénierie SNC-Lavalin versera à son ancien chef de la direction Pierre Duhaime près de cinq millions $ en arrangement de départ, après l'avoir relevé de ses fonctions.

L'homme de 57 ans restera employé de SNC jusqu'au 27 juin 2012, mais il ne se verra assigner aucune responsabilité et ne prendra aucune décision liée aux politiques de l'entreprise, a précisé la société montréalaise dans un document réglementaire en prévision de son assemblée annuelle prévue au mois de mai 2012.

SNC-Lavalin (TSX:SNC) a indiqué que M. Duhaime prenait sa retraite après qu'une enquête interne eut conclu qu'il avait contrevenu au code de déontologie de l'entreprise en autorisant des commission irrégulières totalisant 56 millions $ des agents commerciaux non identifiés.

Son arrangement de départ comprend un paiement de 1,9 million $ en maintien de salaire pour deux ans à partir de juin. Il recevra aussi 115 500 $ en avantages sociaux et une aide au perfectionnement professionnel et à la transition de 550 000 $.

Même si le conseil d'administration a décidé de ne pas donner de prime à M. Duhaime pour l'exercice 2011, il a reçu 77 100 options d'achat d'actions évaluées à 1,7 million $ en mai 2011. La valeur des deux années de prestations de retraite auxquelles il aura droit en 2014 est de 921 000 $.

La rémunération totale de Pierre Duhaime s'est élevée à 2,7 millions $ l'an dernier, a précisé SNC. Cela comprend un salaire de base de 950 000 $, lequel a crû de 62 pour cent depuis son accession au poste de chef de la direction, en 2009.

À la lumière de la diminution de 17,9 millions $ des profits en 2010, la société a décidé de récupérer certaines primes payées à deux haut dirigeants impliqués dans l'affaire des paiements controversés.

M. Duhaime devra rembourser 184 000 $ en paiements, tandis que l'ancien vice-président exécutif Riadh Ben Aissa se verra demander de rendre 42 800 $.

SNC-Lavalin a par ailleurs dévoilé les conclusions d'une enquête au sujet de de paiements irréguliers. L'entreprise s'engage à mettre en place toutes les recommandations du rapport qui « portent principalement sur le renforcement des normes de conduite, l'amélioration des contrôles et procédures internes et l'examen des mécanismes de conformité ».

Fin février 2012, le géant de l'ingénierie annonçait un examen à la suite de versements de quelque 35 millions de dollars, faits au quatrième trimestre de 2011, qui ont été incorrectement comptabilisés. Du même souffle, SNC-Lavalin reportait la divulgation de ses résultats financiers et confirmait que ses profits allaient être moins élevés que prévu.

Des contrats, mais quels services?

L'enquête de conseillers juridiques externes a porté sur des contrats d'embauche d'agents et de représentants commerciaux pour des projets de construction, qui ne se rapporterait pas à la Libye, précise SNC-Lavalin. Dans son communiqué, la firme explique qu'il a été impossible d'avoir une « preuve directe et concluante établissant la nature des services rendus ou des mesures prises ». De plus, les règles comptables n'auraient pas été respectées et les dépenses auraient été imputées à d'autres projets.

SNC-Lavalin avance que l'ancien vice-président directeur de sa division construction, Riadh Ben Aissa, a engagé les agents et représentants commerciaux et a demandé des paiements pour ces contrats, dont les approbations ont dans un premier temps été refusées par le président du conseil de SNC-Lavalin International et le chef des affaires financières. C'est l'ancien chef de la direction, Pierre Duhaime, qui aurait finalement permis à Riadh Ben Aissa, d'effectuer les paiements. M. Ben Aissa a démissionné en février 2012 ( 10 ).

Impossible de savoir qui a profité des 33,5 millions de dollars, d'après SNC-Lavalin. « L'examen indépendant n'a pas révélé de preuve directe et concluante établissant l'utilisation, le but ou les bénéficiaires exacts des paiements effectués », écrit la firme dans un communiqué.

 

L'éthique et la réputation de SNC-Lavalin

 
Pierre Duhaime arrêté pour corruption et collusion. Président de SNC/Lavalin sous arrêt, Pierre Duhaime accusé de fraude

Ce n'est pas la première fois que SNC-Lavalin se trouve sous les feux de la rampe pour ses activités à l'étranger. En 2004, elle a été la première firme occidentale d'importance à être sanctionnée pour fraude par une grande agence internationale finançant le développement dans les pays pauvres.

L'Asian Development Bank ( 02 ), soutenue en partie par le gouvernement canadien, avait banni deux filiales de SNC-Lavalin de ses projets de développement, parce qu'elles avaient remis des documents mensongers visant à obtenir un contrat routier au Laos.

En 2009, les autorités anticorruption de l'Inde ont accusé SNC-Lavalin et l'un de ses anciens dirigeants, à la suite d'une enquête de corruption pour des projets hydroélectriques. Selon l'India Central Bureau of Investigation ( 03 ), organisme indien chargé de lutter contre la corruption, l'ancien ministre de l'Énergie de l'État du Kerala a fomenté avec ses fonctionnaires «une conspiration criminelle avec un vice-président directeur de SNC-Lavalin» pour forcer l'attribution d'un contrat à la firme.

 

Pierre Duhaime attaque la crédibilité du rapport Duchesneau

 
 

Tout va bien!

Selon Pierre Duhaime, grand patron de SNC-Lavalin, il n'y a AUCUNE raison de mettre sur pied une commission d'enquête sur la construction! Ben coudonc... Richard Martineau (Franc-parler) (20 septembre 2011)

Le président de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime, s'interroge sur la crédibilité du rapport Duchesneau ( 04 ), qui fait état du gonflement institutionnalisé du coût des travaux routiers au Québec et de l'infiltration du crime organisé.

«Ce qui est étonnant, c'est que le rapport en touche aussi grand avec aussi peu de faits. Ça m'a étonné de voir un rapport aussi peu étoffé, mais qui fait beaucoup d'allusions. C'a été mon premier étonnement. Pour le reste, j'ai lu surtout la partie du rapport qui concerne le génie-conseil et ça, ça m'a troublé. Le fait que ce soit devenu un système impossible m'a troublé [...].

En marge d'un dîner-conférence organisé par le Cercle canadien de Montréal, Pierre Duhaime déclare aux journalistes

«Chez SNC-Lavalin, ça n'existe pas»,

Pierre Duhaime juge qu'il n'y a pas plus de problèmes au Québec qu'ailleurs dans le monde. Il ne croit pas qu'une enquête publique sur la construction améliorera les choses. Il fait plutôt confiance aux mesures mises en place par le gouvernement de Jean Charest depuis deux ans. L'homme d'affaires dit par ailleurs ne pas avoir constaté une baisse de prix de 10 à 20% des soumissions depuis la mise en place de l'escouade Marteau, contrairement aux informations véhiculées dans certains médias.

Concernant le rapport Duchesneau, l'homme d'affaires affirme ne pas comprendre le passage qui concerne les «extras». Selon le document, des entreprises soumissionnent à un bas prix au ministère des Transports (MTQ) en sachant à l'avance qu'elles obtiendront plus grâce aux «extras» facturés en surplus. Certaines firmes emploieraient même des spécialistes qui empochent 10% de commission sur ces «extras».

Un ingénieur ayant travaillé dans différentes firmes de génie-conseil a aussi dévoilé aux enquêteurs un stratagème pour constituer des caisses occultes. 

«Mettons que l'ingénieur de la firme chargée de la surveillance doit autoriser un extra de 100 000$ pour des travaux supplémentaires. Il trouve le moyen d'aller chercher le double auprès du MTQ.

Il y a donc un 100 000$ blanchi à se partager: la firme pourra l'utiliser pour contribuer à des caisses électorales et l'entrepreneur pour payer ses travailleurs au noir»
, a-t-il révélé aux enquêteurs. ( 05 )

Selon Pierre Duhaime, les «extras» dans un contrat existent. Il a toutefois donné des exemples chez SNC-Lavalin où il n'y a pas eu de dépassement de coûts, notamment la Maison symphonique et le train Canada Line, à Vancouver. Il croit que le chantier du Centre universitaire de santé McGill respectera aussi son budget.

«Je ne dis pas que le rapport n'est pas crédible. Simplement, il vise très large [...]. La crédibilité vient des auteurs, vient du travail fait. Mais la plupart de l'information qu'il y a dans ce rapport vient de sources anonymes. Alors on peut en déduire ce qu'on veut», a dit M. Duhaime.

 

Les patrons de SNC-Lavalin encaissent
pendant que les actions en arrachent à la bourse

 

Groupe SNC-Lavalin s'est retrouvé depuis février 2011 dans plusieurs situations controversées à travers le monde. Cela s'est répercuté négativement sur le cours de l'action. Pendant ce temps-là, neuf des 11 hauts dirigeants du Bureau du président ont liquidé en cours d'année des blocs d'actions obtenues à la suite de levée d'options.

La dégringolade a commencé en février alors que le projet de construction d'une prison pour le compte du régime Kadhafi était vertement dénoncé. À compter de ce moment-là, le titre allait amorcer une longue descente, le faisant passer d'un haut de 62$ (début février 2011) à un creux de 38,50$ (début octobre). Depuis, le cours de l'action s'est redressé et il se négocie aujourd'hui autour des 48$. On parle quand même d'un recul de 23%.

Pourquoi les hauts dirigeants de SNC-Lavalin ont-ils vendu? Par manque de confiance dans le titre? Pour en profiter avant que le titre ne s'écroule davantage?

Réponse de Leslie Quinton, vice-présidente Communications mondiales d'entreprise de SNC-Lavalin: «Ces décisions sont prises sur une base individuelle et justifiées par des motifs propres à chacun; nous ne sommes donc pas en mesure de nous prononcer en leur nom.»

Les neuf dirigeants de SNC-Lavalin ont vendu des actions pour une valeur globale de l'ordre de 10 millions $. Ces transactions d'initiés leur ont rapporté collectivement un gain en capital de 4,1 millions $.

Pierre Duhaime arrêté pour corruption et collusion. Président de SNC/Lavalin sous arrêt, Pierre Duhaime accusé de fraude

Pour chacun des dirigeants, voici le montant brut des transactions de vente, suivi par le mois où elles ont été effectuées:

 

Pierre Duhaime, président et chef de la direction: 1,16 million $ (décembre 2011),

 

Feroz Ashraf, vice-président Mines et métallurgie: 672 000 $ (mars),

 

Jean Beaudoin, vice-président, Produits chimiques et pétrole: 896 000 $ (mars et décembre),

 

Riadh Ben Aissa, vice-président Infrastructures: 726 000 $ (mars, novembre),

 

James Burke, vice-président Aéroport, Transports en commun: 522 000 $ (novembre),

 

Patrick Lamarre, vice-président Énergie: 1,15 million $ (mars, novembre),

 

Gilles Laramée, vice-président et chef des affaires financières: 1,2 million $ (décembre),

 

Michael C. Novak, vice-président, gestion des risques: 2,25 millions $ (mars),

 

Jean-Claude Pingat, vice-président Agroalimentaire: 1,2 million $ (novembre)

En 2010 la rémunération de Pierre Duhaime
a bondi de 23 %

La rémunération de Pierre Duhaime, président et chef de la direction de SNC-Lavalin, a bondi de 23% au cours de l’exercice 2010. M. Duhaime a donc reçu une rémunération totale de 4,97 millions, selon la circulaire de l’entreprise.

Selon le conseil d’administration de la société, M. Duhaime a dépassé plusieurs de ses objectifs, notamment «la réalisation des objectifs financiers, la priorité accordée à la santé et à la sécurité de tous les employés et l’accent mis sur le perfectionnement du leadership aux fins de la bonne exécution du plan de relève», écrit-on.

En 2010, le bénéfice net de SNC-Lavalin a progressé de 22%. Le carnet de commandes, quant à lui, s’est accru de 20% à 13 milliards.

En 2010, l’action de SNC-Lavalin a progressé de 10,3%. Depuis le début de l’année, le titre recule toutefois de 6,76%.

L’action de l’entreprise se trouve dans les bonnes grâces des analystes. Les 13 analystes recensés par Bloomberg recommandent l’achat de l’action et émettent une cible de 65,75$.

Des profits de 54 millions de dollars. Voilà le gain en capital que les hauts dirigeants et autres employés clés de SNC-Lavalin se sont partagé depuis 2009 en liquidant des blocs d'actions acquises par l'entremise du régime d'options.

  La passe d'argent
par Michel Girard

 

L’ami libyen de SNC-Lavalin
Pierre Duhaime, le PDG de SNC-Lavalin, a donné une entrevue révélatrice
à Martin Patriquin, du Magazine Maclean’s.

 

Quoi ? Kadhafi ne respectait pas les droits de l'homme ? Avez-vous des preuves ?

Entrevue révélatrice ( 06 ) de sa proximité politique avec le régime Khadafi, qui a accordé d’importants contrats à SNC depuis 25 ans. Traduction par Jean-François Lisée

Sur les rebelles:

Duhaime: Il y a beaucoup de jeux politiques derrière tout ça. Qui a lancé [la rébellion]? Qui arme les rebelles ? Pourquoi cela arrive-t-il maintenant ?

Patriquin: Je pensais que c’était parce que les gens en avaient assez de 40 ans de dictature.

Duhaime: Vous êtes un peu naïf. Il y a toujours des forces externes derrière la scène pour aider la rébellion. Ce n’est pas arrivé par hasard. Je ne dis pas que tout le monde était heureux, mais il y a beaucoup de gens qui appuient toujours Khadafi. (Attention ici, les information après coup lui donne raison (07))

        Parmi de très nombreux projets, SNC a aussi accepté de construire une prison. Le journaliste
        veut savoir si SNC s’est interrogé sur l’utilisation politique possible de cette prison.

Patriquin: Dans quelle mesure vous êtes vous interrogés sur le respect des droits de l’homme par la Libye avant d’accepter le projet ?

Duhaime: La Libye était membre de la commission des droits de l’homme des Nations Unies. Mr. Khadafi était l’invité de plusieurs Premiers ministres et Présidents partout dans le monde. [Le fils de Khadafi] Saif a été très clair au sujet des droits de l’homme en Libye. Et, évidemment, vous avez besoin de prisons. Ce n’est pas pour des prisonniers politiques, c’est pour des prisonniers.

Patriquin: Mais vous n’avez aucune façon de savoir s’il s’agissait de prisonniers politiques ou non.

Duhaime: La façon dont ça nous a été présenté est que ça n’avait rien à voir avec des prisonniers politiques.

Patriquin: [...] J’ai de la difficulté à croire que construire une prison ou un aéroport est la même chose.

Duhaime:  Pour moi, c’est la même chose. Ici au Québec on fait des soumissions pour des prisons, pour des hôpitaux.

Patriquin:
Mais notre traitement des droits humains est bon. En Libye, il n’est pas bon.

Duhaime:
Pourquoi dites-vous cela? Avez-vous des preuves?

Patriquin: Bien sûr. Vous avez parlé de Saif. Il a qualifié les membres de la rébellion de “rats” et a distribué des armes aux forces pro-Khadafi.

Duhaime: Oui, il a dit ça après le début de la rébellion. Mais regardez ce que Saif disait au cours des cinq dernières années. Ce qu’il a dit au London School of Economics.

Duhaime se déclare ensuite complètement en désaccord avec la réaction de Khadafi face aux rebelles et il se solidarise avec l’action internationale contre le régime. Cependant il donne le bénéfice du doute à Khadafi, surtout à son fils Saif.

On ne s’attend pas à ce qu’une entreprise comme SNC-Lavalin soit caritative ou qu’elle fasse le travail d’Amnistie Internationale.

L’important est qu’elle respecte les traités internationaux des droits du travail dans ses chantiers dans des pays totalitaires, qu’elle s’assure que ces droits sont respectés par ses sous-traitants et qu’elle se soumette aux décisions internationales quant au boycott de tel ou tel régime.

Cependant on s’attend à ce qu’un CEO Comme Pierre Duhaime (photo à droite) sache de quoi il parle lorsqu’il s’adresse à un journaliste qui va lui parler de droits humains.

Un bref passage sur la page de Human’s Right Watch, à la section Libye,
( 08 ) lui aurait permis d’avoir l’air moins bonasse.

Ce que Saif Khadafi a dit à la London School of Economics est effectivement fort intéressant. Il y a rédigé une thèse de doctorat sur le rôle de la société civile : “The Role of Civil Society in the Democratisation of Global Governance Institutions: From Soft Power to Collective Decision Making?”  Il s’agit d’une critique de gauche de l’action du FMI. Le problème ? La direction du LSE affirme maintenant ( 09 ) que la thèse était probablement écrite par quelqu’un d’autre, ce quelqu’un ayant eu un fort penchant pour le plagiat.

SCN-Lavalin se ridiculise

Mais c'est en décembre que le fleuron québécois a eu l'air vraiment fou dans les médias. CBC a révélé que SNC-Lavalin avait financé, en pleine guerre libyenne, une mission d'observation sur le terrain qui a produit un rapport très favorable au régime Kadhafi.

Très critique à l'égard des frappes de l'OTAN et des exactions commises par les rebelles en Libye, le rapport en question avait été envoyé au ministère des Affaires étrangères du Canada au début du mois d'août, époque où Kadhafi se débattait encore pour rester au pouvoir à Tripoli.

Dans une lettre diffusée sur le site web de la CBC, un haut dirigeant de SNC-Lavalin, Stéphane Roy, vice-président aux relations aux investisseurs, s'est montré un peu trop enchanté du rapport!

 

La GRC perquisitionne chez SNC-Lavalin

 
 

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a mené des perquisitions dans les bureaux torontois de la firme d'ingénierie SNC-Lavalin.

Les perquisitions s'inscriraient dans le cadre d'une enquête sur des allégations de corruption concernant le projet de construction d'un pont au Bangladesh, le pont de la rivière Padma, dans lequel la Banque mondiale s'est engagée à hauteur de 1,2 milliard de dollars.

L'unité anticorruption de la Banque Mondiale aurait transmis le cas à la GRC après une enquête interne sur le processus d'appel d'offres. L'agente de la GRC Julie Morel précise qu'aucune accusation n'a été portée pour le moment et que l'enquête suit son cours.

SNC-Lavalin a confirmé à Radio-Canada que l'entreprise « collabore pleinement » avec la police mais dit ignorer ce qui a pu motiver l'enquête. La firme d'ingénierie ajoute n'avoir aucune tolérance pour tout manque d'éthique.

Selon un porte-parole de la Banque Mondiale au Wall Street Journal, la GRC lui aurait confirmé que plusieurs employés de SNC-Lavalin sont sous enquête pour violation de la loi canadienne.

La Banque mondiale a signé en avril 2011 un prêt de 1,2 milliard de dollars au gouvernement du Bangladesh afin de construire un pont de 6,5 km au-dessus de la rivière Padma, ce qui en ferait le plus grand du pays. Il doit relier la capitale à la région sud, où se trouve notamment le plus important port du pays, à Chittagong.

Le projet est également financé par le gouvernement japonais, la Banque asiatique de développement et la Banque islamique de développement pour un total de 2,9 milliards de dollars.

La Banque mondiale suspend le financement d'un pont au Bangladesh

Dans son numéro du 8 octobre 2011, le Daily Star de Dacca donne un aperçu de l'enquête réalisée par la BM. Des représentants d'une firme appartenant à un influent ministre bangladais auraient eu des tractations avec des entreprises souhaitant construire le pont.

Ces représentants auraient promis de leur accorder le contrat en échange de commissions. «Plus tôt cette année, le gouvernement [du Bangladesh] a envoyé une liste de cinq soumissionnaires préqualifiés à la BM, pour avoir son autorisation», indique le journal.

«Parmi eux, le plus bas soumissionnaire était la société canadienne SNC-Lavalin. Néanmoins, la BM n'a pas encore approuvé la liste. Les autorités canadiennes mènent une enquête de corruption sur SNC-Lavalin, à la suite d'une plainte déposée par la BM.»

«Nous n'irons pas de l'avant [avec le financement] tant que nous ne serons pas pleinement satisfaits quant aux allégations de fraude et de corruption», a écrit la directrice de la BM pour le Bangladesh, Ellen Goldstein, dans un courriel envoyé à l'Agence France-Presse.

Pierre Duhaime arrêté pour corruption et collusion. Président de SNC/Lavalin sous arrêt, Pierre Duhaime accusé de fraude

Sources:
La Presse canadienne/Canadian Press Enterprises propriété de CTVglobemedia, Torstar et Power Corporation of Canada; Cyberpresse, La Presse, La Presse Affaires/Gesca pour Power Corporation of Canada, Huffington Post Québec pour AOL Canada, Journal de Québec, Agence QMI pour Québecor; Magazine Macleans et Magazine l'Actualité pour Rogers communications, Le journal des Affaires pour Transcontinental Inc., Radio-Canada pour CBC/Radio-Canada et Wall Street Journal pour la famille Rupert Murdoch

Choix de photos, fusion des textes, mise en page, références et titrage : JosPublic
Mise à jour le 11 février 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Des gens d'affaires
mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique

  Politiciens et politiciennes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Employés.es de l'État
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

Notes & Références encyclopédiques:

01

Qui sont Pierre Duhaime et SNC-Lavalin - Sur Wikipédia

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02

Qu'est-ce que l'Asian Development Bank ? - Sur Wikipedia en anglais

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03

 

Qu'est-ce que l'India Central Bureau of Investigation ? - Sur Wikipédia en anglais

 

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04
 

  Le rapport Duchesneau pour les nuls - Sur MétéoPolitique

par André NOËL
Journaliste au journal La Presse

 

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05
 

Le génie civil québécois, pourtant réputé dans le monde entier, perd de son lustre Journaliste Alain Gravel SRC

 

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06

Une entrevue révélatrice sur Macleans le 11 avril 2011

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07
 

Comprendre la guerre en Libye. En vidéo le journaliste indépendant Michel Collon argumente et présente le résultat de ses enquêtes terrains - Sur MétéoPolitique

 
 

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08

Human’s Right Watch, à la section Libye

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09

La direction du London Scool of Economics affirme maintenant - Sur BBC

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10

M. Ben Aissa a démissionné en février 2012 - Sur MétéoPolitique

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11

Qu'est-ce que l'Unité permanente anticorruption UPAC ? Sur MétéoPolitique

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12

 
 

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13

L'exil doré du Dr Porter - Sur MétéoPolitique

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14

Ex-MUHC official files breach-of-contract lawsuit - Sur The Gazette, le 11 octobre 2012

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15

Qui est Paolo Catania ? Sur MétéoPolitique

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16

À propos de Yanaï Elbaz, Ex-directeur au CUSM - Sur MétéoPolitique

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17

À propos de Jeremy Morris (Associé de Sierra Asset Management) - Sur MétéoPolitique

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18

À propos du Dr. Arthur Porter - Sur MétéoPolitique

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19

À propos de Riadh Ben Aïssa, ex-vp de SNC/Lavalin - Sur MétéoPolitique

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La firme Lavalin a été aussi blâmée dans le dossier du remplacement du toit du Stade olympique de Montréal. Firme d'ingénierie SNC-Lavalin favorisée ? - Sur MétéoPolitique