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Pierre Anctil de vp-SNC/Lavalin
accessoire au financement illégal du Parti Libéral du Québec

Le financement politique illégal faisait partie de la description de tâche de deux vice-présidents qui se sont succédé au sein de SNC-Lavalin.  La firme de génie-conseil a ainsi versé jusqu'à 150 000$ par année au Parti libéral du Québec ( PLQ) par l'entremise de Marc-André Bibeau, collecteur de fonds libéral et ami personnel de Jean Charest.

 
 
 

Financement illégal de SNC-Lavalin au PLQ: jusqu'à 150 000$ par année
10 novembre 2014

 
 

Dans des documents judiciaires en appui à une demande de perquisition à la permanence du PLQ exécutée le 3 juin 2014, obtenus par les médias, la police relate le témoignage de deux anciens vice-présidents de SNC-Lavalin.

Il s'agit de Normand Morin (1996-2004) et Pierre Anctil (2005-2008).

«Tous deux se sont fait indiquer par Jacques Lamarre, PDG de SNC-Lavalin, que leur poste de vice-président venait avec cette responsabilité», peut-on lire dans la déclaration sous serment signée par l'enquêteur Yanick Côté de l'escouade Marteau de la Sûreté du Québec (SQ).

Selon MM. Morin et Anctil, «SNC-Lavalin faisait du financement pour ne pas être la seule firme d'ingénierie au Québec à ne pas participer». Les contributions annuelles prenaient la forme de chèques personnels provenant des employés de la firme (surtout des cadres), qui étaient remboursés par la suite «pour le double du montant par des bonis, afin de compenser» les déductions d'impôt.

Ce dernier élément recoupe le témoignage d'un autre vice-président de SNC-Lavalin, Yves Cadotte, devant la commission Charbonneau. M. Cadotte avait reconnu len 2013 que la firme de génie avait érigé un système de prête-noms pour financer tant les partis provinciaux que municipaux.

Selon les données compilées par la Commission, les contributions politiques de SNC-Lavalin au PLQ s'élèvent ainsi à 569 925$, de 1998 à 2010.  Par comparaison, le Parti Québécois (PQ) a reçu 476 945$ des mains de la firme au cours de la même période.

Des sommes plus importantes

Les documents judiciaires, dont une nouvelle partie a été libérée de l'ordonnance de non-publication, mentionnent toutefois des sommes plus importantes en ce qui concerne les libéraux.  Sous la vice-présidence de Normand Morin, SNC-Lavalin, qui «faisait du financement pour ne pas avoir de bâtons dans les roues ou se mettre à dos le parti», donnait environ 90 000$ par année. Les dons augmentaient chaque année.

À compter de 2005, lorsque Pierre Anctil était en poste (il a présidé la Commission jeunesse, puis la Commission politique du PLQ avant d'en devenir le directeur général), SNC-Lavalin versait 150 000$ par année à la caisse libérale.

L'argent remis à Marc-A. Bibeau

Durant toutes ces années, c'est Marc-A Bibeau qui percevait ces dons illégaux pour le PLQ lors de rencontres dans un hôtel de Laval ou à la permanence libérale.  Le directeur général du PLQ de l'époque, Joël Gauthier (nommé par la suite PDG de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), était présent lors de ces transactions.

Dans son témoignage, Pierre Anctil mentionne avoir donné des chèques à M. Bibeau et lui avoir indiqué, à une reprise, que «le restant du montant serait remis en argent comptant à Benoît Savard».  M. Savard a été organisateur en chef du PLQ jusqu'en 2007, avant d'être embauché par la firme d'ingénierie Dessau à titre de vice-président au développement des affaires.

De son côté, Normand Morin remettait des dons à Violette Trépanier, Marc-A. Bibeau et Benoît Savard.

Devant la commission Charbonneau, Violette Trépanier a nié avoir recueilli quelque financement occulte que ce soit de la part des firmes de génie.

La Presse a sollicité en vain SNC-Lavalin pour recueillir les commentaires de la direction.

 
 

Déposition assermenté devant les enquêteurs de l'UPAC
Ex-vice-président SNC-Lavalin, rencontré par les policiers le 21 avril 2014

 
 

- Qu'il a débuté sa carrière avec une formation en génie mécanique chez PELLEMON en 1984, acheté par SNC-Lavalin en 1997.

De 1988 à 1996, il a occupé le poste de directeur général du PLQ et celui de chef de cabinet de Daniel JOHNSON

Il est ensuite retourné chez SNC comme vp au bureau du président et a été en charge de l'ingénierie au Québec et Maritimes, en environnement et en pharmaceutique jusqu'à sa retraite en 2008;

- Que le financement des partis politiques provinciaux se faisait par bonus de la compagnie.  Que c'est Normand MORIN qui lui a fourni une liste de 80 à 100 employés, surtout des cadres, qui fournissaient des dons d'environ 3 000$.

- Que le bonus étaient environ le double du don pour contrer l'imposition. Que Normand MORIN lui a fait signer la liste de donateurs afin qu'ils puissent recevoir les bonus.  Que cette façon de faire était en place bien avant son arrivée.  Que selon son souvenir, ils donnaient 150 000$ par année au PLQ;

- Que vers 2005-2006, alors qu'il allait se rendre à un déjeuner avec Marc-A BIBEAU, Normand MORIN lui a remis une enveloppe contenant des chèques de dons pour le PLQ.  Que Normand MORIN lui a demandé de dire à Marc-A. BIBEAU que les chèques combleraient une partie du financement et que le reste serait remis à Benoit Savard en argent comptant.  Qu'il croit que l'enveloppe contenait environ pour 150 000$ de dons, car habituellement c'est ce que la firme donnait au PLQ. 

- Que lorsqu'il a remis l'enveloppe à Marc BIBEAU et qu'il l'a informé qu'il y avait de l'argent comptant, ce dernier a sauté dans les airs, disant que ça ne se faisait pas.  Qu'il a fait mention à Normand MORIN de la réaction de Marc BIBEAU par rapport à l'argent comptant.  Qu'il l'a traité d'hypocrite parce qu'il le savait;

- Pierre Anctil, qui soutient que le PDG de SNC-Lavalin, Jacques Lamarre, lui a expliqué en 2005 que son poste de vice-président venait avec le financement des partis politiques.

 
 

Affidavit de monsieur Pierre Anctil

 en réponse à la déclaration assermentée souscrite le 15 mai 2015 par monsieur Normand Morin - Commission d’enquête sur l’octroi et gestion des contrats publics dans l’industrie de la Construction (Commission Charbonneau)  ICI pour l'affidavit

 
 

Source: La Presse/Gesca pour Power Corporation du Canada; Journal de Montréal de QMI/Québecor Médias de Québecor Inc. pour Pierre Karl Péladeau

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 20 janvier 2020

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