Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Finance - Fiche: Corruption & éthique - Gens d'affaires

Le cartel des travaux publics échappe aux accusations fédérales. Le Bureau de la concurrence ne déposera pas d'accusations contre des entrepreneurs. Ceci ne touche pas aux autres allégations, arrestation avérée ou à venir - 10 mai 2017

Une vingtaine d’entrepreneurs soupçonnés d’avoir formé un cartel des travaux publics à Montréal, dont certains allaient livrer de l’argent comptant à la mafia, ne seront finalement pas accusés par le Bureau de la concurrence.  Après des années d’enquête, l’organisme fédéral abandonne l’«opération Rubicon» qui visait les hommes d’affaires et les entreprises soupçonnés d’avoir participé pendant 15 ans à un système de collusion dans les contrats d’aqueduc et d’égout, d’asphaltage, de trottoirs et d’aménagement de parcs.

Parmi les entrepreneurs qui échappent à la Justice figurent plusieurs hommes d’affaires que la Gendarmerie royale du Canada a filmés dans l’ancien repaire de la mafia, le café Consenza, en 2004 et 2005.   Il est question notamment de «M. Trottoir», Nicolo Milioto, qui jouait le rôle d’intermédiaire entre le crime organisé et le cartel, selon les témoignages entendus à la commission Charbonneau.

Nicolo Milioto a été filmé plusieurs fois à son insu au café Consenza, qui fut le repaire de la mafia montréalaise pendant des années. Il remet ici de l’argent à Rocco Sollecito, l’un des fidèles soldats de la famille Rizzuto. Il cachait même des liasses dans ses chaussettes.

 

 

 

 

 
 

18 entreprises et 3 individus échappent à la Justice
10 mai 2017

 
 

Une vingtaine d’entrepreneurs soupçonnés d’avoir formé un cartel des travaux publics à Montréal, dont certains allaient livrer de l’argent comptant à la mafia, ne seront finalement pas accusés par le Bureau de la concurrence.

Après des années d’enquête, l’organisme fédéral abandonne l’«opération Rubicon» qui visait les hommes d’affaires et les entreprises soupçonnés d’avoir participé pendant 15 ans à un système de collusion dans les contrats d’aqueduc et d’égout, d’asphaltage, de trottoirs et d’aménagement de parcs.

Parmi les entrepreneurs blanchis figurent plusieurs hommes d’affaires que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a filmés dans l’ancien repaire de la mafia, le café Consenza, en 2004 et 2005.

Il est question notamment de «M. Trottoir», Nicolo Milioto, qui jouait le rôle d’intermédiaire entre le crime organisé et le cartel, selon les témoignages entendus à la commission Charbonneau.

Témoin vedette

Témoin vedette de la commission Charbonneau, l’entrepreneur déchu Lino Zambito est aussi passé par le repaire.   Contacté par Le Journal, il explique que le Bureau de la concurrence lui avait proposé de collaborer à l’enquête.

«Mais c’est trop compliqué, dit-il. Ils n’offraient pas l’immunité complète.»

En 2015, Le Devoir écrivait d’ailleurs que le Bureau «peinait à recruter des témoins» pour son opération contre les cartels de travaux publics à Montréal.

Zambito croit aussi qu’Ottawa «n’a pas d’enquêteur chevronné là-dessus».

«Ils se sont fiés à ce qu’ils ont entendu à la commission Charbonneau», dit-il.

«L’enquête du Bureau de la concurrence à propos d’activités anticoncurrentielles alléguées à Montréal (...) a été discontinuée», écrit l’organisme fédéral dans un courriel, sans autre explication.

L’organisme réfère cependant à des documents qui montrent que la Sûreté du Québec, qui accompagnait le Bureau lors de ses perquisitions, pourrait avoir recueilli du matériel qui n’était pas visé par les mandats. L’organisme fédéral a même dû réaliser une enquête interne à ce sujet.

Caviardé

Les documents sont cependant lourdement caviardés et ne révèlent pas si ces anomalies ont eu des répercussions sur l’issue de l’opération Rubicon.

C’est la deuxième fois en quatre mois que le Bureau de la concurrence abandonne une enquête au sujet d’un présumé cartel dans le secteur de la construction.   En janvier 2017, l'Agence de presse QMI révélait que huit individus et entreprises de la région de Saint-Jean-sur-Richelieu avaient vu les accusations contre eux être retirées. 

18 entreprises et 3 individus échappent à la Justice 

Au total, le Bureau de la concurrence soupçonnait 18 entreprises et trois individus d’avoir conclu des accords de partage de contrats de travaux civils et déposé des soumissions après s’être entendus.

Les entrepreneurs ont réalisé les travaux en question pour la Ville de Montréal et l’ancien Hôpital fédéral pour anciens combattants de Saint-Anne-de-Bellevue, de 1997 à 2009.

Dans le cadre de son enquête sur ces infractions alléguées aux lois fédérales sur la concurrence, le Bureau a mené des perquisitions dans les locaux de 18 entreprises de travaux publics agissant à Montréal.

Charbonneau

Les dénonciations qu’a déposées le Bureau de la concurrence pour obtenir les mandats reposent toutefois largement sur les révélations de la commission Charbonneau, qui ne peuvent servir de preuve en cour.

L’organisme fédéral ne déposera donc aucune accusation contre les entreprises et individus nommés ci-dessous:  - Ici pour le détail de l'enquête avortée

BP

Canbec

Catcan - Paolo Catania (cousin d'un autre Paolo Catania inculpé dans le scandale de Faubourg Contrecoeur à Montréal)

Garnier et son président Joe Giuseppe Borsellino

Mivela et son président Nicolo Milioto

Super et son président Francesco Cappello

TGA - Joseph Piazza

ATG - Accursio-Alex SCIASCIA

Mirabeau - Dominico Arcuri

Pavages C.S.F. - Domenico Camalerri

Conex - Tony Conte

Terramex - Michel Leclerc

 

Bentech

DJL - Marcel Roireau

Groupe Dubé

LA Hébert

Doncar - Joseph Giguère

Soter - Marc Lussier

Montréal réclame 190 000 $ à Consctruction Irebec, nouveau nom de Mivela Construction de Nicolo Milioto

 

Nicolo Milioto, Monsieur Trottoir, ne coulait pas seulement du ciment
Il cachait de l'argent dans ses chaussettes

 

Le nom d'entreprise Mivela Construction, longtemps dirigée par Nicolo Milioto, surnommé «Monsieur Trottoirs», n'existe plus. L'entreprise se nomme désormais Construction Irebec inc.

Il n'y a pas eu de bouleversement en son conseil d'administration à part le fait que Milioto n'y occupe plus de poste officiel.
L'entreprise elle, occupe toutefois les mêmes bureaux du boulevard Métropolitain Est, à Montréal.

Le président de la compagnie, Alfonzo Polizzi, a avoué que l'image de l'entreprise a été affectée par le passage à la commission Charbonneau de Nicolo Milioto.

Des vidéos présentées dans le cadre de son témoignage ont montré M. Milioto échangeant de l'argent avec les têtes dirigeantes du clan mafieux Rizzuto. Il en avait dissimulé une partie dans ses chaussettes.

L'affiche extérieur de Mivela a récemment été retirée de l'immeuble.

Les dirigeants de Construction Irebec veulent faire une croix sur le passé et repartir à zéro. M. Polizzi jure que Nicolo Milioto, celui qui avait menacé un employé d'Union Montréal de le couler dans un trottoir, ne tirera pas les ficelles de cette nouvelle entreprise.

En janvier 2012, Nicolo Milioto a transféré ses actions a Annette Milioto et réparti la propriété de ses entreprises à Alfonso Polizzi et Girolamo Vella qui sont toujours au conseil d'administration de l'entreprise, mais sous un nouveau nom.

Construction Irebec a présenté une soumission pour des contrats publics montréalais, mais elle devra recevoir l'autorisation de l'Autorité des marchés financiers.
«

 Comment je fais pour confirmer quelque chose
que je ne suis pas au courant que je ne le sais pas?
                            Nicolo Milioto,
                                                 
à propos de ses liens avec la mafia

»
Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau
 

Nicolo Milioto, président de Construction Mivela Inc. Un témoin récalcitrant
Témoigne devant la Commission Charbonneau

 
 

Nicolo Milioto est un acteur important de l'industrie de la construction à Montréal. Son entreprise est spécialisée dans les travaux de trottoirs.

Selon les spécialistes de la commission Charbonneau ( 01 ), il serait aussi l'entremetteur entre certains des entrepreneurs propriétaires de firmes dans l'industrie de la construction et certains membres de la mafia montréalaise. Mis à jour 20 février 2013

Nicolo Milioto

 

Fréquentations mafieuses

 
Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau

Vito Rizzuto, Giuseppe Borsellino, Joe Borsellino, le père de Lino Zambito, Joe Piazza, Domenico Cammalleri, Antonio Bentivegna et Nicolo Milioto proviennent tous du village Cattolica Eraclea en Italie

Depuis son arrivée à la barre des témoins, celui qui a dirigé Mivela Construction jusqu'en janvier 2012 nie fermement les allégations formulées à son endroit. Il dit ne pas savoir ce qu'est la mafia, ni la taxe d'extorsion qu'on appelle le « pizzo ». Il assure ne pas avoir sciemment joué le rôle d'intermédiaire dont il est soupçonné.

Nicolo Milioto fréquentait certes le Consenza, où il côtoyait les têtes dirigeantes du clan Rizzuto, comme l'ont montré de multiples vidéos filmées lors de l'opération Colisée, mais il assure qu'il y allait essentiellement pour boire du café, jouer aux cartes, et collaborer aux activités de l'Association Cattolica Eraclea.

De nombreuses vidéos présentées par la procureure en chef Sonia Lebel le montrent comptant de l'argent en présence de nombreux mafieux, dont le défunt patriarche du clan, Nicolo Rizzuto père, et celui que l'on soupçonne d'avoir été responsable des contrats de construction en son nom, Rocco Sollecito.

Le témoin ne s'est toutefois pas démonté pour autant. Sa défense au sujet des vidéos est toujours la même:

  • S'il donnait de l'argent à l'un des deux hommes, a-t-il dit, c'était soit pour rendre service à Lino Zambito, soit pour remettre de l'argent de la vente des billets au nom de l'Association;
     

  • S'il donnait l'argent à Rocco Sollecito, c'était parce qu'il était Italien et qu'il lui faisait confiance. S'il le faisait même en présence de Nicolo Rizzuto père, ce n'était pas pour une question de hiérarchie, mais pour d'autres raisons : il était plus proche, M. Rizzuto n'était pas disponible, etc.;
     

  • Si l'argent qu'il remettait à Sollecito était ensuite distribué à d'autres personnes que Rizzuto père, il ne sait pas pourquoi. Peut-être Lino Zambito avait-il une dette envers d'autres personnes, avance-t-il. Mais il n'en sait rien puisqu'il n'a jamais posé de questions;
     

  • Si Nicolo Rizzuto lui a remis de l'argent, ce pouvait être pour un prêt « sans intérêt » qu'il était plus facile d'obtenir auprès de lui qu'auprès de la banque. Il dit se souvenir d'un seul de ces prêts, toutefois. Parfois, dit-il, le patriarche du clan pouvait aussi lui donner de l'argent pour faire des commissions comme acheter de l'eau.

La procureure en chef, Me Sonia Lebel, a également interrogé le témoin sur d'autres entrepreneurs spécialisés dans les trottoirs à Montréal, soit Joe Borsellino de BP Asphalte, Alex Sciascia, d'ATG, Domenico Cammalleri de Pavages CSF, Joey Piazza de TGA, Franco Cappelo d'Excavations Super, et Michel Leclerc de Terramex.

Les entrepreneurs dans ce secteur sont fortement soupçonnés de s'être adonnés à la collusion pour se répartir des contrats publics de la Ville de Montréal. Michel Leclerc a lui-même admis sa participation dans le stratagème. Le témoin n'a cependant rien dit de significatif à ce sujet.

Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau

La procureure Lebel a mis en évidence que les personnes que M. Milioto côtoyait au Consenza avaient été condamnées au criminel, et ce, alors qu'il fréquentait l'endroit. Le commissaire Lachance s'est ensuite demandé si ses enfants et sa femme étaient inquiets de ses fréquentations.

Le témoin a admis qu'il ne « se vantait pas » de fréquenter le Consenza et les gens qui s'y tenaient régulièrement. « Je n'ai jamais parlé avec mes enfants de qui je fréquentais. Ils ne savaient pas que j'allais au Consenza », a-t-il dit. Il assure qu'il leur aurait dit s'ils l'avaient demandé.

Sa femme n'y allait pas davantage, d'ailleurs, parce que « le bar sicilien, c'est fait pour les hommes [...] c'est comme les tavernes pour les Québécois ». « Les femmes, ne sont pas bien vues », a-t-il dit. Qui plus est, « ma femme, en bonne Italienne, ne pose pas de questions ».

 

Intimidation de témoin à la Commission Charbonneau

 
Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau

Une des tactiques d'intimidation des entrepreneurs fut bien démontrée devant la Commission. Lorsque Joe Borsellino faisait placer un camion avec un chauffeur devant la cour d'entrée d'un compétiteur c'était selon lui pour lui rappeler ses obligations. Il se peut que la mafia ait décidé de jouer du même stratagème lors de son témoignage devant la Commission. Nicolo Milioto a été présent dans la salle d'audience tout au long du témoignage de Joe Borsellino. Y était-il pour lui rappeler qu'il y a plus gros que lui et des enjeux plus grands que les siens qui se jouent devant la Commission?

Cette présence soulève plusieurs questions à la commission Charbonneau. Celui qui serait le coordonnateur de la collusion entre entrepreneurs en construction, selon plusieurs témoins entendus, est présent depuis le début du témoignage de Borsellino dans la salle d'audience même si son témoignage n'est pas prévu avant plusieurs jours. La commission Charbonneau a d'abord nié que le président de Mivela Construction, Nicolo Milioto soit le prochain témoin prévu. Vrai qu'il a reçu un subpoena pour comparaître, mais son passage devant les commissaires n'est pas encore à l'ordre du jour.

Plusieurs journalistes avaient déduit qu'il serait le prochain témoin. L'arrivée aussi rapide de l'entrepreneur aurait surpris jusqu'aux avocats de la Commission. Devant son arrivée hâtive, des discussions auraient commencé entre avocats pour tenter de le faire témoigner plus rapidement que prévu, nous a-t-on indiqué.

Rien n'empêche Milioto d'être présent. Après tout, les audiences de la Commission sont publiques.

Nicolo Milioto et Joe Borsellino, selon plusieurs témoins entendus, auraient participé à un système de partage des contrats à la Ville de Montréal depuis 1995. Le président de Construction Garnier a admis y avoir pris part. Il n'a toutefois jamais mentionné M. Milioto depuis le début de son témoignage.

Milioto semble même apprécier se faire filmer par les médias. On a pu le voir à de nombreuses reprises sourire de toutes ses dents dans le corridor où les médias sont autorisés à filmer les témoins. La majorité des témoins arrivent à la salle d'audience par un autre accès justement pour éviter de parader devant les caméras.

La raison exacte de la présence de Milioto reste toutefois inconnue. S'il défile avec joie devant les médias, Milioto refuse toutefois de parler aux médias présents. L'entrepreneur, surnommé «monsieur Trottoir» a témoigné à partir du 18 février 2013.

Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau
 

Courte biographie de l'homme d'affaires

 

L'homme d'affaires, spécialisé dans la construction de trottoirs est natif de Cattolica Eraclea, petite ville de Sicile, tout comme Vito Rizzuto. Les deux hommes ont immigré au Canada la même année, en 1954. M. Borsellino avait aussi assisté aux obsèques du demi-frère de Rizzuto, Liborio Milioto, à Montréal. Contrairement à son demi-frère, M. Milioto n'était pas fiché par la police comme un membre de la mafia montréalaise.

Le 18 février 2013, Milioto a raconté être arrivé au Canada à 18 ans et avoir oeuvré dans diverses manufactures avant de se lancer dans le milieu de la construction. Après avoir travaillé pour un entrepreneur en construction, qui a fait faillite, Nicolo Milioto a fondé Mivela avec deux associés en 1989 avec deux partenaires, Girolamo Vella et Alfonse Polizzi. L'entreprise s'est rapidement taillé une place dans le marché montréalais. Son chiffre d'affaires, qui a atteint 3 millions de dollars, a grossi jusqu'à environ 10 millions de dollars en 2009. Il est ensuite redescendu jusqu'à 7 ou 8 millions au cours des dernières années.

Nicolo Milioto a quitté la compagnie en janvier 2012 par souci pour sa santé. Il soutient ne plus se mêler des affaires de Mivela depuis, même si son ex-associé, sa fille et ses gendres la dirigent.

La procureure Sonia Lebel a démontré que la structure de Mivela Construction avait été passablement allégée dès le départ de Nicolo Milioto. Une fiducie qui avait été créée a notamment disparu de la structure. Le témoin n'a pu expliquer ces changements.

Question de se retrouver avec des compatriotes, il dit avoir fréquenté le club Consenza, où le clan Rizzuto a longtemps brassé des affaires, selon diverses enquêtes policières

Un village et des noms intimidants

Lors de son témoignage à la Commission, Lino Zambito ( 01 ) concède que le sujet peut paraître «délicat»: «Ce sont des gens que je connais. Mon père est né dans le même village (Cattolica Eraclea), ils sont venus sur le même bateau. Ils ne m'ont jamais fait de mal ou menacé. Il n'était pas question de faire un show avec des mensonges que certains auraient bien aimé m'entendre dire. Voilà pourquoi le lendemain on a raconté que j'avais un deal avec eux

Cattolica Eraclea

En janvier 2012, Nicolo Milioto a cédé sa société à son gendre, Alfonzo Polizzi. L'entreprise continue à décrocher son lot de contrats depuis. En 2012, Mivela a ainsi remporté des mandats pour 4,4 millions, principalement pour refaire des trottoirs dans l'arrondissement Ville-Marie de Montréal. L'administration Tremblay lui a confié le 12 septembre, le mandat du prolongement de la piste cyclable sur le boulevard De Maisonneuve. Ces contrats s'ajoutent aux 6,6 millions obtenus depuis 2010.

Selon les témoignages entendus à la commission Charbonneau, Milioto a été vu 236 fois par la GRC au club Consenza, lieu de rendez-vous du clan Rizzuto. Des séquences filmées par des caméras cachées en 2005 l'ont montré recevant des liasses d'argent d'entrepreneurs qu'il cachait dans ses chaussettes. Les billets de banque étaient ensuite remis, pour l'essentiel, aux chefs mafieux Rocco Sollecito et Nick Rizzuto.

Âgé de 63 ans, Nicolo Milioto est connu des policiers. En mai 2003, il s'en est pris à des cols bleus de la Ville, à Montréal-Nord. Il a frappé deux grévistes et causé des dommages à un camion de la Ville à coups de barre de fer. Coupable de cinq chefs d'accusation au criminel, il a obtenu une absolution inconditionnelle, mais a dû faire un don de 500$ à un organisme de charité. Il s'agissait d'une deuxième condamnation pour voies de fait: en 1993, il avait proféré des menaces de mort à l'endroit d'un citoyen.


Des vidéos permettent notamment d'identifier Nicolo Milioto, alors dirigeant de Mivela Construction, Domenico Arcuri, alors actionnaire de Construction Mirabeau, d'Accursio Sciascia, président de Pavages A.T.G. Inc, et Lino Zambito, propriétaire d'Infrabec

 

Passeur pour la mafia ou "Middle man"?

 
Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau

Ci-dessous, des photos à droite de l'écran extraits des vidéos ainsi que des enregistrements audio compromettants ont été déposés par le lieutenant-détective Éric Vecchio, de la police de Montréal, et maintenant enquêteur à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction. Selon le policier Vecchio, tout laisse croire que M. Milioto serait le « middle man » entre l’organisation criminelle et l’industrie de la construction.

« On en est venu à tirer la conclusion que M. Milioto est l’agent de liaison entre les compagnies de construction de la région de Montréal et le clan Rizzuto », a-t-il déclaré.

Six entrepreneurs ont défilé au Consenza, haut lieu de la mafia montréalaise, entre 2001 et 2006 :
dont Nicolo Milioto, de Construction Mivela (236 visites).

Ces vidéos ont été tournées en 2004 et 2005 dans le cadre de l’enquête antimafia Colisée. On y voit notamment Monsieur Milioto recevoir et distribuer de l’argent dans un bureau fermé du club social Consenza, le repaire mafieux du clan Rizzuto décimé depuis 2006.

Sur certaines vidéos, on voit M. Milioto sortir des liasses d’argent qu’il remet à Rocco Sollecito. Ce dernier fait des piles qu’il partage par la suite avec notamment Nicolo Rizzuto (père).

Ce scénario se répète de nombreuses fois selon une hiérarchie bien précise, a témoigné M. Vecchio. Ainsi, M. Milioto ne donne pas d’argent directement à M. Rizzuto, même lorsque les trois hommes sont attablés ensemble.

Le Devoir a tenté de joindre M. Milioto pour recueillir sa réaction alors qu’il est ainsi pointé.

À sa résidence, la femme qui a répondu a indiqué, la voix un peu tremblotante : « On n’est pas intéressés. » « Il n’est pas là », a-t-elle ajouté.

L’entreprise de M. Milioto obtient de nombreux contrats avec la Ville de Montréal. Depuis 2006, la Ville a effectué des paiements de près de 62 millions $ à Mivela Construction.

Notons toutefois que depuis janvier 2012, M. Milioto ne dirige plus Mivela ( 02). C’est son gendre, Alfonso Polizzi, qui a pris la relève.

La fille de M. Milioto, Caterina, est ingénieure depuis 2010 pour le Groupe SM, de l’homme d’affaires Bernard Poulin
( 03 ).

Auparavant, Caterina Milioto était fonctionnaire au service des infrastructures de la Ville de Montréal. Elle y était sous la responsabilité de Robert Marcil ( 04 ), qui a été congédié à la suite d’un voyage en Italie, toutes dépenses payées, avec l’entrepreneur Joe Borsellino (Construction Garnier) et l’ex-directeur de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis. ( 05 )

Défilé d’entrepreneurs

Outre M. Milioto, d’autres entrepreneurs en construction ont défilé au Consenza. La plupart d’entre eux ont été filmés en train de verser de l’argent.

Il s’agit notamment de Lino Zambito ( 06 ) la dernière photo à droite de l'écran, dont l’entreprise Infrabec est visée par un scandale à Boisbriand.

M. Zambito a notamment été vu lors d’un party de Noël (24 décembre 2005) qui s’est tenu au Consenza. À cette occasion, il a remis de l’argent à M. Sollecito.

Le témoignage de M. Vecchio a également permis de voir les entrepreneurs Francesco Catania (Construction F. Catania, aujourd’hui dirigée par son fils Paolo) , Accursio Sciascia (Pavage ATG), Paolo Catania (Catcan) ( 07 ), qui est le neveu de Francesco, Domenico Arcuri, qui dirigeait jusqu’en août 2012 Mirabeau construction - certaines de ses entreprises ont récemment été la cible de cocktails Molotov -, ainsi que Frank Enrico « Rick » Andreoli. Ce dernier dirige plusieurs entreprises de construction, dont Canbec. « Il est très impliqué dans le déneigement à la Ville de Montréal », a précisé M. Vecchio.

 
 
 
 
 
 
 
 

Système de redevances toujours en fonction

Le policier a expliqué que tout cet argent versé aux têtes dirigeantes du clan Rizzuto était ni plus ni moins qu’une «taxe déguisée». «Il y a des gens qui s’enrichissent avec ça», a-t-il lancé.

Cette redevance à la mafia varierait entre 2 et 5 % des montants des contrats, a affirmé M. Vecchio.

« Quand on cotise, on devient intouchable », a-t-il expliqué. Le témoin a ajouté que ce système existerait toujours à la Ville de Montréal, mais dans une moindre mesure : « On a ramené les montants à des chiffres qu’on laisse croire plus raisonnables. » Si, jusqu’à maintenant, on estimait que le coût des travaux de construction était gonflé de 30 %, ce serait aujourd’hui de 15 %, selon ses sources.

Quant à savoir qui est à la tête de la mafia aujourd’hui, Éric Vecchio s’est borné à dire qu’il fallait attendre notamment la sortie de prison de Vito Rizzuto, prévue le 16 octobre 2012.

De bonnes affaires à Montréal

L'administration Tremblay vient d'ailleurs tout juste de confier à Mivela Construction Inc., le 12 septembre 2012, le mandat du prolongement de la piste cyclable sur le boulevard De Maisonneuve. Ces contrats s'ajoutent aux 6,6 millions $ obtenus depuis 2010.

Au cabinet du maire Tremblay, on répète ne pas pouvoir écarter Mivela, malgré les révélations faites devant la commission Charbonneau.

On souligne que l'entreprise ne figure pas sur la liste noire de la Régie du bâtiment, ce qui lui permet de continuer à participer aux appels d'offres.

Les relations de Mivela avec Montréal sont toutefois tendues depuis un peu plus d'un an. L'entreprise poursuit la Ville pour obtenir le paiement d'extras à certains de ses chantiers. L'administration municipale refuse de payer, car elle estime ne jamais avoir demandé ces travaux supplémentaires.

 

Vedette des médias malgré lui

 
Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau

Mivela Construction Inc propriété de Nicolo Milioto

Nicolo Milioto est bien connu des journalistes d'enquête.

En 2009, le journal La Presse a publié un reportage qui mettait en cause l'entrepreneur mafieux sans pouvoir publier son nom. Maintenant, nous reprenons le reportage à la lumière des révélations de la commission Charbonneau.

Voici donc le témoignage d'une personne qui a été victime d'un système orchestré par Milioto.

Entre 2006 et 2009, Roger reçoit une cinquantaine d'appels téléphoniques désagréables. Chaque fois, c'est le même refrain: «Laisse tomber le prochain appel d'offres, c'est pas pour toi.»

Les appels surviennent généralement trois ou quatre jours avant le dépôt des soumissions. Habituellement, c'est le concurrent qui a été choisi par le «chef d'orchestre» pour le contrat qui l'appelle. La conversation est brève: pas question que Roger soumissionne à meilleur prix puisque c'est son interlocuteur qui doit gagner l'appel d'offres.

Par ce système de communication bien huilé, les prix offerts à la Ville de Montréal pour les gros contrats étaient alors déterminés d'avance, nous a raconté cet entrepreneur. La Ville devait payer environ 20% de plus qu'elle n'aurait dû.

Roger, qui craint pour sa sécurité, a demandé à La Presse de taire son vrai nom. Ses propos rejoignent ceux de François Beaudry, ex-fonctionnaire du ministère des Transports, selon qui la mafia montréalaise a la haute main sur les appels d'offres et fait gonfler les prix à Montréal et à Laval.

Pour acheter le silence, le gagnant désigné par le «chef d'orchestre» offrait parfois aux perdants des contrats en sous-traitance ou carrément de l'argent, par exemple un chèque de 15 000$ pour «services rendus». Certains, par dépit, acceptent de jouer le jeu et de prendre les contrats ou l'argent.

 

Milioto donne des permissions

 
Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau

Mike Mergl

Devant la Commission Charbonneau, Mike Mergl a expliqué que les entrepreneurs en construction devaient demander la permission à Nicolo Milioto avant de participer aux appels d'offres sur le territoire de Montréal. L'homme de 72 ans a entrepris ce matin son témoignage à l'enquête publique. Celui-ci a expliqué que le territoire de la région métropolitaine a été divisé entre entrepreneurs à partir des années 1992 et 1993. «On ne pouvait plus aller à Montréal, sur la Rive-Nord. Même à Laval, on était bien limités», a-t-il exposé.

Mike Mergl, qui oeuvre dans le secteur de la construction depuis 1968, a indiqué que le partage des contrats s'est resserré dans les années 2000. Cherchant à décrocher davantage de contrats, l'entrepreneur dit avoir rencontré Nicolo Milioto vers 2006 pour lui demander la permission de participer aux appels d'offres de la Ville de Montréal. «Il nous a indiqué ''tu n'as pas d'affaire à Montréal''», a relaté M. Mergl.

Une consigne qu'il a suivie à la lettre. «Je n'écoutais pas tout le monde, mais lui, oui. Quand il disait quelque chose, tu ne pouvais pas faire le contraire. Je n'avais pas peur de lui, mais je ne l'aurais pas confronté

 

Rencontre avec le «chef d'orchestre»

 
Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau

Vers 2006, Roger a voulu devenir plus actif et obtenir sa part des gros contrats de la Ville. Il a donc décidé de répondre librement à un appel d'offres de plusieurs millions de dollars. «Je n'étais pas encore certain du danger, dit-il.

 Je me disais: j'ai bien le droit de travailler à Montréal. J'étais un peu naïf.»
Quand un entrepreneur l'a appelé pour lui demander de céder, Roger a résisté.

Le chef d'orchestre Nicolo Milioto

On l'a donc invité à une rencontre dans un restaurant de Montréal. Six ou sept concurrents étaient présents à la réunion.

Roger y tenait mordicus: il voulait soumissionner le contrat librement, comme l'un des entrepreneurs qui se trouvaient là, d'ailleurs. Au bout d'un certain temps, comme la mésentente persistait, l'un des entrepreneurs a appelé le «chef d'orchestre» de l'industrie, un entrepreneur d'origine italienne.

Selon Roger, ce «chef d'orchestre» est Nicolo Milioto. En 2009, quatre autres sources de La Presse l'ont désigné comme la personne qui «gère le trafic».

«Ça n'a pas été long. Il a été présent un bref instant à la réunion et j'ai compris que c'était fini. À la fin, certains ont pris de l'argent, d'autres, autre chose», raconte Roger.

L'entrepreneur dit connaître des gens qui ont été intimidés pour avoir voulu résister au système. «Ils ont eu des téléphones, de la visite chez eux. Leur femme et leurs enfants partaient pour la fin de semaine, oui, oui, oui... Les gars (du chef d'orchestre) ne lâchent pas le morceau. Ils vont être fins avec toi jusqu'à ce que ce soit à la limite, mais après, ils vont commencer à être moins fins», raconte-t-il.

De 2006 à 2009, la peur semble donc un élément central du système d'appels d'offres de la Ville de Montréal. Depuis, avec les reportages dans les médias et la commission Charbonneau, la pression aurait beaucoup diminué. Pour combien de temps?
 

Les filles de Milioto en position délicate

 
Collusion, corruption, conflits d'intérêts, éthique d'affaires, Nicolo Milioto, Construction Irebec, Mivela construction, Fraude, Mafia, Commission Charbonneau

La fille de Milioto, Caterina, a travaillé pour la Ville de 2006 à 2010 à la direction de la réalisation des travaux de construction. Elle avait été embauchée par Robert Marcil, ce gestionnaire qui a démissionné en 2009 après le déclenchement d'une enquête sur un voyage en Italie que lui a payé l'entrepreneur Joe Borsellino, de Construction Garnier.

Aujourd'hui, Mme Milioto et M. Marcil travaillent comme cadres au Groupe SM, firme de génie-conseil.

Une autre fille et associée de Nicolo Milioto, est devenue en 2011 gestionnaire à la très névralgique firme Equifax, l'une des deux agences de cotation de crédit au Canada et, à ce titre, gardienne d'une montagne d'informations sensibles sur les finances des Québécois. La présence d'Annetta Milioto chez ce partenaire privilégié des autorités et du monde des affaires inquiète grandement policiers et experts.

«Ah, mon Dieu! C'est un risque majeur!», s'est exclamé Michel Picard, ancien expert de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui dirige maintenant le programme de lutte contre la criminalité financière à l'Université de Sherbrooke, lorsque La Presse lui a appris la nouvelle.

«Il y a un risque majeur de fuite d'informations et d'obtention d'informations privilégiées auxquelles tout le monde n'aurait pas droit, ou à tout le moins, un risque d'obtention d'un avantage inéquitable pour certaines entreprises», illustre l'expert. Il se demande notamment si la gestionnaire d'Equifax peut savoir qui a demandé à son entreprise telle information sur tel citoyen.

En tant qu'agence de cotation de crédit, Equifax reçoit de la part des créanciers des renseignements sur les habitudes de paiement des consommateurs, de façon à savoir s'ils paient régulièrement leurs soldes de cartes de crédit, leurs prêts, marges, hypothèques, factures, etc. Elle attribue une cote aux consommateurs en fonction de leur historique.

Utilisé dans les enquêtes

La police a souvent recours aux données d'Equifax pour boucler le volet financier de ses enquêtes. Selon nos sources, plusieurs enquêteurs sont inquiets de l'embauche d'Annetta Milioto par la division montréalaise de la firme.

D'autres agences gouvernementales utilisent également les données d'Equifax dans le cadre de leurs enquêtes. En septembre 2012, La Presse Canadienne a révélé comment l'Agence du revenu du Canada (ARC) avait récupéré des millions de dollars en taxes impayées grâce aux renseignements obtenus auprès de l'agence de cotation de crédit.

Dans son curriculum vitae publié sur l'internet, Annetta Milioto se présente comme une gestionnaire de projet chez Equifax Montréal, venant de terminer un mandat d'analyste spécialiste senior au sein de la firme. Elle dit y être entrée en octobre 2011, après plusieurs autres emplois, dont un mandat de quatre mois au ministère fédéral des Travaux publics, en 1999.

Personne chez Equifax n'a voulu nous laisser parler à Mme Milioto ou préciser ses responsabilités au sein de l'entreprise. Tom Carroll, le porte-parole de l'entreprise, a répondu «pas de commentaire», à chacune des questions posées par La Presse. Mme Milioto n'a pas répondu à un message laissé à son domicile de Laval, situé à quelques pas du foyer de son père.

Annetta Milioto et Fernando Menichelli

Annetta Milioto n'est pas étrangère aux affaires de son paternel. Elle est associée avec lui dans une société de portefeuille. Son conjoint, Fernando Menichelli, est secrétaire de cette société. M. Menichelli est aussi devenu vice-président de l'entreprise de construction familiale, Mivela Construction, lorsque Nicolo Milioto en a quitté la présidence, le 2 janvier 2012.

Mivela a été mise en cause à plusieurs reprises lors des audiences de la commission Charbonneau.

Il a au moins une autre fille, Helena. Elle est apparue sur twitter, et a précisé que son papa était à la Commission à la demande des commissaires.

Sources:  Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction; La Presse pour Power Corporation of Canada; Journal de Montréal pour Quebecor Inc., Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc.

Choix de photos, fusion des textes, mise en page, références et titrage : JosPublic
Publication mise à jour le 18 mai 2017

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Des gens d'affaires mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique

  Commission Charbonneau:
On m'a posé des questions insignifiantes déclare Jacques Duchesneau

  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos de la commission Charbonneau sur MétéoPolitique

Retour au texte

02

 

Les liens de propriétés de

Mivela Construction

Organigramme au 1er janvier 2012

Construction Irebec inc.

 

Retour au texte

03

Le Groupe SM, de l’homme d’affaires Bernard Poulin sur MétéoPolitique

Retour au texte

04

Qui est Robert Marcil ? Sur MétéoPolitique

Retour au texte

05
 

Qui sont Joe Borsellino (Construction Garnier) et l’ex-directeur de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis? Sur MétéoPolitique

 

Retour au texte

06

Qui est Lino Zambito ? (Sur MétéoPolitique)

Retour au texte

07

Qui est Paolo Catania ? (Sur MétéoPolitique)

Retour au texte

Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Finance - Fiche: Corruption & éthique - Gens d'affaires - Haut de page