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Michel Leclerc, un éthique étriqué

Devant la Commission Charbonneau, l'entrepreneur Michel Leclerc, propriétaire de Terramex, a avoué que plus des deux tiers des contrats publics sur lesquels il a soumissionné entre 1997 et 2009 étaient truqués. Menacé par le monde interlope il a fini par entrer dans le jeux de la corruption et de la fixation de prix.  A-t-il été protégé par les commissaires de la Commission Charbonneau ? Malgré ses aveux, à ce jour l'Unité permanente anti-corruption du Québec n'a jamais parlé de lui.

 

 

Michel Leclerc, bio-judiciaire au fil du temps

 

2015

24 novembre 2015
Rapport Charbonneau

La Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction publie son rapport (format PDF )

 

Extraits du Rapport concernant Michel Leclerc à partir de son témoignage et la transcription du 19 et 20 novembre 2012

 
 
 
 
 
 

4 avril 2015
Leclerc se défend avant publication du
Rapport de la Commission Charbonneau

Michel Leclerc écrit à la Commission Charbonneau dans le cadre de l'article 82 des Règles de procédure de la C.E.I.C.

 Il écrit: Je comprends bien les 3 conclusions que les commissaires vont 'peut-être' retenir dans leur rapport final me concernant.  Par ailleurs, et tel qu'en fait foi mon témoignage, je souhaiterais que les nuances et les précisions importantes contextuelles suivantes se reflètent dans les conclusions et le rapport des commissaires.

Copie de la lettre à la Commission

2012

20 novembre 2012
La collusion à Montréal connue
des entrepreneurs de Québec

L'existence d'un système de collusion à Montréal était tellement connue que même un entrepreneur de Québec a tenté d'en profiter. L'entrepreneur Michel Leclerc a affirmé le 20 novembre 2012 devant la commission Charbonneau que la firme Bé-Con, de Québec, lui avait demandé 25 000$ pour présenter une soumission de complaisance

Lors d'un appel d'offres, Bé-Con s'est présentée à Montréal pour prendre les documents afin d'y prendre part.

Le représentant de la compagnie aurait dit à M. Leclerc qu'il aimait la façon dont ça fonctionnait à Montréal et qu'il voulait en bénéficier.  Comme il ne souhaitait pas réellement faire les travaux, il aurait simplement demandé 25 000$ pour se «tasser». Michel Leclerc affirme qu'il n'a jamais donné suite à sa demande - il n'a tout simplement pas rappelé cet entrepreneur, qui n'est pas revenu à la charge.

Ce n'était pas la première fois qu'un entrepreneur tentait de tirer profit du système de collusion.  En juillet 2007, la Ville s'apprêtait à adjuger un contrat pour la rue de la Commune, dans le Vieux-Montréal.  Un petit entrepreneur de Montréal, Cirillo F. Mormina, a pris les documents nécessaires pour faire une offre.

Lorsque Michel Leclerc a fait sa «tournée des entrepreneurs» pour les informer du prix qu'ils devaient demander dans leur soumission, Mormina a exigé 50 000$ pour sa collaboration.  Leclerc a accepté et payé la petite entreprise, qui lui a fourni une fausse facture pour des travaux jamais exécutés.

L'incursion de Mormina dans le système n'a pas plu aux membres du cartel, a dit Leclerc.  Joe Borsellino, de Garnier, a dit qu'il allait «s'en occuper». L'entrepreneur n'a plus fait de soumissions, a indiqué Leclerc

Source - La Presse

 
 

20 novembre 2012
250 000$ pour avoir accès aux contrats
de la Ville de Montréal

L'entrepreneur en construction Michel Leclerc, de la société Terramex, a affirmé devant la Commission Charbonneau qu'il avait versé environ 250 000$ comptant en 10 ans à des entrepreneurs mafieux pour obtenir des contrats de la Ville de Montréal dans les domaines des égouts, des trottoirs et des parcs.

M. Leclerc a commencé à recevoir en 1997 des appels d'entrepreneurs concurrents qui lui conseillaient de ne pas soumissionner certains contrats.  La première fois, a-t-il raconté, c'est le dirigeant de la firme Garnier, Joe Borsellino, qui lui aurait suggéré de ne pas tenter d'obtenir un contrat d'égout. M. Leclerc a refusé de plier.  Le dirigeant de Garnier lui aurait offert 50 000$ pour ne pas soumissionner.  Il a de nouveau refusé. Dans la semaine suivante, il y a eu un appel à la bombe aux bureaux de son entreprise.  Des équipements ont été volés ou endommagés dans ses chantiers.

Quelques mois plus tard, M. Borsellino a récidivé en lui disant de ne pas soumissionner un contrat important pour le réaménagement de la place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal. M. Leclerc a encore une fois refusé de plier.  Son interlocuteur l'a avisé qu'il le rappellerait.

Deux jours plus tard, M. Leclerc lui a redonné la même réponse.  «O.K., d'abord, on descend à ton bureau», a répondu M. Borsellino.  M. Leclerc a alors avisé son associé et son évaluateur qu'il aurait «une petite visite».  Ils ont quitté le bureau et se sont donné rendez-vous le lendemain chez M. Leclerc pour préparer leur soumission.

«Ils nous ont cherchés toute la fin de semaine», a-t-il affirmé.  M. Borsellino s'est même présenté à une fête d'enfants à la maison privée de son associé, à Rawdon.  Le lundi matin, ils ne sont pas allés au bureau.  «Je savais qu'il y aurait des gens qui nous attendaient», a expliqué M. Leclerc.  Une camionnette de l'entreprise Garnier était garée devant la porte de Terramex dès 7h.  M. Leclerc a quand même obtenu le contrat de la place Jacques-Cartier.

En 1998, ce fut au tour de Nicolo Milioto d'aller rencontrer M. Leclerc, après que ce dernier eut décidé de miser sur un contrat de trottoirs avec agrégats exposés et bordure en granit.  «Il m'a dit qu'à Montréal, tous les agrégats exposés, c'est lui qui s'en occupait.»  Il lui a ensuite proposé de lui céder en sous-traitance les bordures de trottoir en granit, contre une commission équivalant à 3% de la valeur de ses contrats.

Pour plus de détail - Sur La Presse

 
 
 
 
 

20 novembre 2012
La collusion a fleuri au temps
du maire Pierre Bourque

 

Pierre Bourque ex-maire de Montréal

Le fléau de la collusion existait dans la périphérie de l’administration montréalaise bien avant l’arrivée au pouvoir de Gérald Tremblay. Le versement d’une cote de 3% au monde politique remonterait également à l’époque de l’ex-maire Pierre Bourque.

Michel Leclerc, de Terramex, a confirmé l’existence d’un cartel des égouts, mais également dans les travaux d’asphaltage et de trottoirs. Comme M. Zambito, mais avec plus de précision, il a également mentionné que des entreprises avaient la mainmise sur des territoires déterminés.

C’est en 1998 que M. Leclerc dit avoir plongé dans le système de collusion. Dès lors, il a versé une ristourne de 3 % de la valeur des contrats qu’il obtenait.  Cet argent (toujours comptant) était destiné à « la politique » sans toutefois qu’il puisse préciser si le bénéficiaire était un élu ou un parti politique. M. Leclerc est le quatrième témoin à faire un lien entre les contrats de la Ville de Montréal et un pourcentage de ceux-ci versé à la politique.

Michel Leclerc a été initié à la collusion par l’entremise de l’entrepreneur Nicolo Milioto de Mivela Construction. M. Milioto a été décrit devant la commission Charbonneau comme le « middle man-le passeur » avec la mafia.

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19 novembre 2012
L'entrepreneur Michel Leclerc, témoin privilégié de la collusion

L'entrepreneur Michel Leclerc de Terramex Inc. a admis devant la commission Charbonneau qu'il a longtemps collaboré avec des entrepreneurs qui avaient implanté un système de collusion à Montréal dans le domaine des égouts, des trottoirs et aussi des parcs.

Michel Leclerc a raconté qu'il a versé des ristournes de 3 % de la valeur des ententes à Nicolo Milioto de Mivela Construction quand il faisait de la sous-traitance pour des contrats de trottoirs qui avaient été truqués.  Il l'a aussi fait pour un contrat d'égout.

Michel Leclerc a aussi affirmé que Franco Cappello d'Excavations Super avait mis sur pied un système de collusion pour les contrats d'aménagements de parcs avec l'aide de Nicolo Milioto.  Terramex, a-t-il dit, versait une ristourne de 1,5 % à M. Cappello pour les contrats truqués dans ce domaine.

Michel Leclerc a expliqué qu'il avait commencé à collaborer avec des collusionnaires en 1998, après que Nicolo Milioto soit intervenu auprès de lui. Il avait auparavant résisté à des pressions exercées par Joe Borsellino de Construction Garnier.

M. Leclerc a aussi montré du doigt deux employés de la Ville, soit un ingénieur chargé de la surveillance des projets, Guy Girard, et le grand patron des travaux publics à la Ville Robert Marcil. Le premier a accepté un pot-de-vin, a-t-il dit, tandis que le second lui a offert de le compenser pour une baisse de prix avec des extras sur un autre contrat.

Lire la suite - Sur la Société CBC/Radio-Canada

2010

2010
Coupable de fraude fiscale

 

En 2010, Terramex a été reconnue coupable de fraude fiscale. Depuis, l’entreprise de M. Leclerc vivote puisqu’elle n’a plus qu’une licence restreinte, c’est-à-dire qu’elle n’a plus accès aux contrats publics pendant cinq ans.

Source - Le Devoir

 

 
 

 

Sources:  Journal Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc et la Société de la couronne canadienne CBC/Radio-Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 5 avril 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Michel Leclerc vide son sac en se donnant le beau rôle

  Extraits du Rapport à partir du témoignage de Michel Leclerc

  Des gens d'affaires
mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique  

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Corruption et Éthique