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L'ex-directeur général de SINTRA, Mario Desrochers plaide coupable

A été directeur général de l’entreprise de construction Sintra pour la région de Laval.  Le 9 mai 2013, il est arrêté et accusé de corruption à ville Laval. Le 11 juillet 2017 il plaide coupable à des accusations de corruption dans les affaires municipales, fraude, complot et abus de confiance.  Il est condamné à 12 mois d'emprisonnement dans collectivité.

Il a été dénoncé à la Commission Charbonneau par Michel Lalonde, de l’entreprise Génius, parmi les responsables de 16 entreprises de construction qui auraient accepté de verser le quart de leurs extras en argent liquide pour financer des partis politiques.

 

 

 

Mario Desrochers, bio-judiciaire au fil du temps

Début procès

Plaidoyer

Décision du tribunal

Sentence

Au terme de l’enquête préliminaire, au palais de justice de Laval le 4 septembre 2015, la juge a rendu sa décision : la preuve s’avère suffisante pour citer à procès l'accusé. Procès remis à moult reprises entre 2013 et 2017.

Le procès est programmé pour le 8 octobre 2017

Il y aurait admission officieuse d'un plaidoyer de culpabilité (7 avril 2017)

 

Il a plaidé coupable le 11 juillet 2017 à des accusations de complot, de fraude dépassant 5 000 $ et de corruption dans les affaires municipales. 

 

Le11 juillet 2017, l'entrepreneur Mario Desrochers écope de 12 mois d'emprisonnement dans collectivité.

Dépliant explicatif

 
 

2018

 
 
 
 

24 mai 2018
Un entrepreneur angoissé convoqué dans le bureau de Tony Accurso

L'homme d'affaires Tony Accurso est accusé de fraude, corruption, abus de confiance et complot entre 1996 et 2010.

Mario Desrochers a fait une crise d'angoisse puisqu'il n'en pouvait plus de gérer la collusion à Laval pour l'entreprise en construction Sintra, au début des années 2000.  Des entrepreneurs l'auraient convoqué dans le bureau de Tony Accurso pour le convaincre de ne pas mettre le stratagème en péril.  C'est ce dont il a témoigné jeudi au procès de Tony Accurso.

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23 mai 2018
Procès Accurso: un témoin impliqué dans la collusion après l'explosion de la voiture de son supérieur

C'est à la suite de l'explosion de la voiture de son supérieur en pleine nuit, en 2000, que Mario Desrochers s'est retrouvé au coeur du système de collusion dans l'attribution des contrats publics à la Ville de Laval. « [Gilles Théberge] m'a appelé la nuit : "Mario, fais attention, ma voiture a explosé" », a-t-il raconté au procès pour fraude et corruption de l'entrepreneur en construction Tony Accurso.

Promu du jour au lendemain directeur régional de l'entreprise d'asphaltage Sintra, Mario Desrochers s'est rapidement initié aux rouages du système de collusion et au paiement obligatoire à l'administration du maire Vaillancourt d'une ristourne de 2 % sur la valeur de tous les contrats truqués.

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25 mai 2018
Procès Accurso: un témoin admet avoir menti à la commission Charbonneau

Un témoin de la poursuite au procès pour fraude et corruption de Tony Accurso a admis le 25 mai 2018 avoir menti à un procureur de la commission Charbonneau sous les conseils de ses avocats en 2012.  «Peut-être que j’ai eu une omission, j’ai peut-être été influencé par les procureurs», a concédé Mario Desrochers en contre-interrogatoire

L’ex-directeur de l’entreprise d’asphaltage Sintra de 2000 à 2005 a reçu en octobre 2012 une demande de production de documents de la part de Me Claude Chartrand, procureur en chef par intérim de la commission Charbonneau.  Il n’a finalement jamais été appelé à témoigner.  Notons que le jury ignore sur quoi portait la commission présidée par la juge France Charbonneau.

Dans ce document, Mario Desrochers a déclaré au procureur ne pas connaître le nom des collecteurs de fonds de l’ancien maire de Laval Gilles Vaillancourt.  Or, a-t-il fini par admettre dans un contre-interrogatoire serré, il a en fait omis d’écrire les noms de Marc Gendron et Roger Desbois, d’après les conseils des avocats de Sintra.

«Ils m’ont dit d’attendre avant de nommer des noms. Si [la Commission] m’était revenu pour avoir d’autres informations, ça serait sorti. […] Si [le procureur] avait voulu aller plus loin, j’aurais été convoqué à la commission Charbonneau», s’est expliqué Mario Desrochers. Il se défend toutefois d’avoir menti en indiquant à la commission qu’il ignorait les montants remis aux collecteurs et les dates de ces paiements.

«Vous ne vouliez pas y aller [à la commission Charbonneau], alors vous avez dit un paquet de mensonges? Est-ce que c’est ça la réalité?», a lancé au témoin Me Marc Labelle, l’avocat de Tony Accurso«Du tout! Ah! Il y en a en masse qui y sont passés. Il s’est dit toute sorte de choses, j’aurais été capable de faire pareil», a rétorqué Mario Desrochers.

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2013

   

16 août 2013
Cartel de l'asphalte : Une firme présumée complice sur la « liste verte » de l'AMF

 

Même si l’un de ses ex-dirigeants a admis avoir fait partie d’un cartel et que deux autres ont été accusés de corruption municipale en mai dernier, la firme Sintra inc. vient d’être autorisée à faire affaire avec le gouvernement provincial et les municipalités.

Sintra qui fabrique de l’asphalte et construit des routes, a été inscrite sur la « liste verte » de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à la toute fin de juillet 2013.

Même le nom de la filiale lavalloise de Sintra, qui aurait été directement impliquée dans le « système Vaillancourt », figure également au Registre des entreprises autorisées à exercer.  L’AMF, comme à son habitude, n’a pas voulu expliquer les motifs de sa décision.

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Procès de Tony Accurso le 24 mai 2018
Témoignage à charge : Mario Desrochers

 
 

Mario Desrochers remplace son patron Gilles Théberge dans le cartel des entrepreneurs de Laval après que la voiture de ce dernier eut explosé, en 2000.  Desrochers témoigne au procès pour corruption de l'homme d'affaires Tony Accurso, accusé d'avoir pris part à un stratagème de partage des contrats sous le règne de l'ancien maire Gilles Vaillancourt à Ville Laval.

La carrière de Mario Desrochers au sein de l’entreprise de construction Sintra a pris un tournant lorsque son patron Gilles Théberge a été la cible d’un « incident » en pleine nuit : sa voiture a explosé devant sa résidence, en juin 2000.

« Il m’a appelé la nuit même et m’a dit ''Fais attention à toi.'' [...] J’ai regardé dehors. J’habitais en campagne et je n'ai rien vu. Je suis retourné me coucher », a relaté Mario Desrochers, mercredi à la barre des témoins.

Dès le lendemain, celui qui était alors « directeur des opérations » s’est fait offrir de prendre du galon et de devenir « directeur régional » pour Laval et les Laurentides.

L’avocat de Tony Accurso, Marc Labelle, a demandé au tribunal de préciser aux membres du jury que cela ne voulait pas dire que son client avait quoi que ce soit à voir avec l’explosion.

Les rouages de la collusion

Quelques semaines après l’entrée en poste de Mario Desrochers, l’un des collecteurs du maire Gilles Vaillancourt, Marc Gendron, l’a appelé pour l’inviter dans son bureau de la firme Tecsult.  « Il était discret dans ses paroles, surtout au téléphone... » se souvient Mario Desrochers.

L’ingénieur l’a alors initié au stratagème frauduleux d’octroi de contrats de construction avec la Ville de Laval.  L’entreprise gagnante était sélectionnée avant même l’ouverture de l’appel d’offres.

Puis, les autres compagnies s’organisaient entre elles pour déposer des soumissions de complaisance et l’entrepreneur sélectionné remettait 2 % de la valeur du contrat à Gilles Vaillancourt.

« Si tout le monde pouvait avoir son petit « nanane », ça évitait de la chicane », selon M. Desrochers.

Le collecteur l’a informé que Sintra lui devait des ristournes pour des contrats obtenus dans le passé.

Mario Desrochers aurait questionné son président, Daniel Ducroix, qui aurait été au courant du stratagème en place et lui aurait remis de l’argent comptant.

« Je n'étais pas familier avec ces choses-là, raconte Mario Desrochers, en se remémorant avoir payé la ristourne à l’ingénieur. Tu ne mets pas l’argent dans ta poche arrière... » .

Il affirme avoir placé les billets dans une enveloppe brune, mais n’a pas de souvenir de la somme remise à Marc Gendron.  « Il ne donnait pas de reçu », a répliqué le témoin en réponse aux questions du procureur aux poursuites criminelles et pénales, Richard Rougeau.

Selon Mario Desrochers, Sintra ne conservait aucune trace de ces paiements, par crainte « que la police débarque ».

Le témoin a servi de « petit facteur » (selon son expression) jusqu’à son départ de l’entreprise en 2005.

Pourquoi quitter une si belle position

« C’était trop pour moi personnellement », a affirmé Mario Desrochers, qui a géré le trucage des soumissions pour les contrats en construction de la firme Sintra entre 2000 et 2005.  Pour certains projets, il devait communiquer avec une trentaine de compétiteurs pour s’assurer qu’ils présentent des soumissions plus élevées que celles de Sintra.

« Il fallait aller les voir et s’assurer qu’il n’y ait pas d’intrus qui entrent. [...] Ce n’était pas toujours facile, des fois il y a des gens que tu ne connais pas », a-t-il expliqué.

Mario Desrochers a décrit un système de partage de contrats où l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, désignait l’entreprise gagnante avant même l’ouverture de l’appel d’offres.  Puis, les autres entreprises s’organisaient entre elles pour déposer des soumissions de complaisance et l’entrepreneur sélectionné remettait 2 % de la valeur du contrat à M. Vaillancourt.

Après une crise d’angoisse en 2002, il a avisé son président Daniel Ducroix qu’il ne voulait plus servir d’intermédiaire.  Il en a aussi informé l’entrepreneur montréalais Nicolo Milioto et Ronnie Mergl, à Laval.

Dans le bureau d’Accurso

Quelques jours plus tard, une réunion de « trois quarts d’heure ou une heure » aurait été organisée dans le bureau de Tony Accurso à Saint-Eustache.

Outre l’accusé, Nicolo Milioto et René Mergl auraient été présents, en plus de Frank et Tony Catania.

Les entrepreneurs auraient promis à Mario Desrochers de l’aider « pour que la collusion puisse continuer. Pour que tout le monde vive en harmonie avec l’argent des projets », se souvient-il.

Le témoin a affirmé que Tony Accurso a « sûrement » parlé pendant la rencontre, mais ne se rappelle pas ses paroles.

Dans les semaines suivantes, le travail de Mario Desrochers se serait allégé, puisque les listes de soumissionnaires potentiels pour les projets se seraient réduites.  « Est-ce que des paroles ont été dites?  I don’t know.  Mais c’est sûr que ça a baissé », a-t-il déclaré, en réponse aux questions du procureur aux poursuites criminelles et pénales Richard Rougeau.

 Mario Desrochers aurait remis des ristournes en argent comptant aux collecteurs de l’ancien maire de Laval, Marc Gendron et Roger Desbois.

Mario Desrochers soutient avoir fait de la collusion avec les entreprises Louisbourg et Simard-Beaudry, qui appartenaient à Tony Accurso. Ses interlocuteurs étaient les bras droits de l’homme d’affaires, Joe Molluso et Frank Minicucci, notamment.

Il a ensuite joué le même rôle d’intermédiaire pour l’entreprise Desjardins Asphalte jusqu’à ce qu’il quitte ses fonctions après s’être « ramassé à l’hôpital » à la suite d’une seconde crise d’angoisse en 2007.

Un autre système à Montréal?

En contre-interrogatoire, l’avocat de Tony Accurso, Marc Labelle, a longuement insisté sur le fait que Mario Desrochers n’a jamais parlé de sa supposée rencontre dans le bureau de l’accusé lors du premier procès, en octobre 2017.  Ce n’est qu’il y a « 19 jours » qu’il l’a mentionnée pour la première fois aux enquêteurs et au procureur de la Couronne.

Mario Desrochers a rétorqué avoir mis du temps à se souvenir que Tony Accurso était impliqué dans le système de partage de contrats de Laval.

« Je le reliais seulement dans ma tête à Montréal. Mais ce n’est pas la vérité, c’est Laval aussi. »

Peu après cette réponse sibylline, le juge James Brunton a mis le jury en garde.  « Vous pourriez inférer que Mario Desrochers était impliqué dans une criminalité semblable à Montréal. [...] Mais vous ne pouvez pas inférer que M. Accurso était impliqué dans la criminalité de Montréal. »

Protection de sa conjointe?

Mario Desrochers a nié s’être mis à table avec les policiers afin de protéger sa conjointe, comme le suggérait Me Labelle.

La comptable Julie Bazinet était contrôleuse chez Sintra.  Le témoin reconnaît lui avoir confié l’argent comptant des ristournes, entre 2000 et 20 000 $, pour qu’elle le mette temporairement dans un coffret de sûreté, à l’occasion.  Par contre, il nie lui avoir parlé du stratagème des redevances.

Mario Desrochers purge une peine d’emprisonnement d’un an dans la collectivité après avoir plaidé coupable pour son rôle dans le stratagème frauduleux lavallois, le 11 juillet 2017.

Tony Accurso, 66 ans, est accusé de fraude, corruption, abus de confiance et complot entre 1996 et 2010.

 

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 21 juin 2018

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