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Marcel Faucher: un sens de l'étique et de l'intégrité étriqué

L'Ordre des ingénieurs du Québec a confirmé le 5 janvier 2016 l'existence d'un système de partage des contrats à Québec entre 2005 et 2010 en radiant deux ex-dirigeants de la firme de génie-conseil BPR pour une période de 18 mois.  Il s'agit de Marcel Faucher et Jostran Lamontagne un vice-président.   BPR a eu à son emploi Jean D’Amour avant qu’il soit député libéral, pour faire du développement des affaires. À cette époque, il présidait le PLQ. Par la suite, il a été reconnu coupable de lobbyisme illégal.

 
 
 

«J'ai pas fait ça tout seul»

Patrice Mathieu devant la Commission Charbonneau

 
 

Patrice Mathieu a été vice-président génie urbain et transport pour l'Est-du-Québec pour l'américaine AECOM (anciennement la québécoise Tecsult) entre 1996 et 2012.    Il a raconté le 3 septembre 2013 devant la Commission Charbonneau comment ses concurrents et lui en sont venus à fixer les prix de leurs services pendant les années de «manne», donc durant la dernière décennie.

Il a été invité à donner les noms des entreprises et des ingénieurs qui auraient participé au réseau de collusion, qui s'est confirmé en 2006 après la répartition fructueuse, l'année précédente, des contrats des bassins de rétention de la rivière Saint-Charles.

Le témoin a ainsi identifié:
Michel Labbé et Michel Émond pour SNC-Lavalin. M. Labbé a signé la première étude sur les coûts du futur amphithéâtre de Québec, celle qui a établi par une règle de trois la cible de 400 millions $.

Éric Tremblay aurait agi pour Genivar. Vice-président senior, celui-ci a démissionné, causant la surprise au sein de son équipe.

Chez Roche, M. Mathieu a pointé André Côté et Denis Saint-Cyr. Toujours vice-président infrastructures urbaines et actif au bureau de Lévis, ce dernier est aussi l'un des promoteurs derrière le Carrefour Saint-Romuald, mégadéveloppement commercial à la tête sud des ponts.
 

Jean-François Lapointe, maire de Lac-Delage entre 1995 et 2005, est associé à Dessau

Pour CIMA+, Pierre Moffet et Michel Auger auraient servi d'interlocuteurs tandis qu'Émile Langlois officiait pour Teknika-HBA.

Marcel Faucher et Jostran Lamontagne à BPR

 
 

Industrie de la construction : la collusion à Québec confirmée

 
 

L'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a confirmé le 5 janvier 2016 l'existence d'un système de partage des contrats à Québec entre 2005 et 2010 en radiant deux ex-dirigeants de la firme de génie-conseil BPR pour une période de 18 mois.

Dans les décisions du Conseil de discipline, on peut lire que les ingénieurs Jostran Lamontagne et Marcel Faucher sont condamnés pour «avoir mis en place» et «participé à un système de partage de contrats» leur permettant «de contourner le processus d'appel d'offres de la Ville de Québec». Ils ont tous deux été reconnus coupables d'avoir contrevenu à trois articles du Code de déontologie des ingénieurs relatifs «à l'intégrité, à l'usage de procédés malhonnêtes ou douteux et aux situations de conflits d'intérêts».

Alors qu'il était directeur du développement des affaires, puis vice-président opérations pour la firme BPR à Québec, M. Lamontagne a notamment fait «défaut de s'acquitter de ses obligations professionnelles en se prêtant à des procédés malhonnêtes et douteux», stipule l'Ordre.

Pour M. Faucher, alors qu'il était vice-président Infrastructures de la firme BPR à Québec, il a notamment «omis à plusieurs reprises de sauvegarder son indépendance professionnelle et éviter toute situation où il serait en conflit d'intérêts notamment en participant à un système collusionnaire».

À plusieurs reprises, M. Lamontagne et M. Faucher ont participé à des rencontres sous le couvert de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ).

Répartition «équitable»

L'objectif de ces réunions était d'assurer une répartition «équitable» des contrats entre les firmes d'ingénierie dans la capitale.   Avec l'aide d'un tableau, le comité s'assurait que chaque entrepreneur ait à tour de rôle sa part du gâteau, c'est-à-dire les contrats offerts par la Ville.

Selon la preuve, le comité s'est réuni près de 43 fois entre 2005 et 2010 (40 fois entre 2007 et 2010).   Et pour chaque nouvel appel d'offres, il décidait, en fonction de ses compétences, quelle entreprise allait obtenir le contrat, limitant du coup la concurrence.

L'entreprise choisie devait alors déposer une soumission «au prix estimé selon les barèmes de l'AICQ ou plus bas», peut-on lire dans la décision.   Les autres firmes devaient «déposer une soumission à un prix 2 % plus élevé que celui suggéré par l'AICQ. Cette façon de fonctionner permettait de soumissionner à des prix sensiblement plus élevés pour les travaux exécutés et assurait une bien meilleure marge de profit pour les entrepreneurs exécutants.»

M. Lamontagne et M. Faucher ont reconnu avoir participé à ces réunions.

À titre de preuve, l'Ordre a aussi présenté une série de courriels entre plusieurs dirigeants de firmes dans le domaine du génie municipal.   Le Conseil de discipline souligne que le comité, qu'il qualifie de «clandestin», faisait «cavalier seul», qu'il n'a jamais obtenu «l'approbation ou le soutien» de l'AICQ.

Aucun antécédent

M. Lamontagne, qui est ingénieur depuis 17 novembre 1994, ne possédait aucun antécédent disciplinaire. Même chose pour M. Faucher, qui pratiquait depuis le 20 mai 1976.   Il a pris sa retraite le 21 janvier 2015.

D'autres ingénieurs pourraient subir le même sort au cours de l'année 2016.   Lors de la commission Charbonneau, le nom de huit firmes de génie-conseil a été soulevé pour de la collusion à Québec, soit SNC-Lavalin, Genivar, Dessau, BPR, Cima+, Teknika-HBA, Roche, AECOM-Tecsult.

 
 

Sources:  Journal de Québec pour Québecor Inc.  La Presse/Le Soleil/Gesca pour Power Corporation of Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 5 septembre 2013

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