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Marc-A Bibeau essuie un revers en Cour suprême
Des documents incriminants deviennent publics

Dons en argent comptant, enveloppes de chèques au Parti libéral du Québec (PLQ) remises dans son bureau et allégations de trafic d’influence.  Voilà quelques-unes des informations contenues dans des mandats de perquisition de l’UPAC que l’ex-argentier libéral Marc-André Bibeau tentait de garder secrètes depuis des années.  La Cour suprême a refusé d’entendre l’appel de l’homme d’affaires qui voulait empêcher la publication des motifs qui ont mené à la perquisition de ses bureaux en 2016.  

 

 
 

Des témoignages troublants sur l’ex-argentier de Jean Charest

 
 

La décision intervient à un mauvais moment pour son ancien très bon ami Jean Charest qui devait annoncer sa décision de se lancer dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PC).  La décision de l'ex-premier ministre du Québec a-t-elle été influencée par la publication des documents apparaissant ci-dessous?           

L’ancien chef du Parti libéral du Québec est toujours visé par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) tout comme Marc-André Bibeau.  Selon les mandats consultés par l'agence de presse QMI, plusieurs chefs d’entreprises de génie-conseil et de construction ont raconté aux policiers l’influence de Bibeau auprès du gouvernement et les tactiques pour financer le Parti libéral du Québec (PLQ).    

L’un des policiers affectés à l’enquête, le sergent-enquêteur David Ouellet, résume ainsi le dossier dans sa déclaration assermentée :

« Le projet Mâchurer fut entrepris sur le financement du PLQ afin de démontrer les liens privilégiés entre le PLQ et les grandes entreprises du Québec qui leur donnent un appui financier de grande envergure. L’enquête vise les années 1998 à 2012. »

Il fait aussi le bilan du matériel saisi lors d’une perquisition à la permanence du parti. « Plusieurs documents et courriels démontrent que les responsables du financement étaient au fait du financement effectué par des entreprises. Le financement politique fait par une entreprise est interdit par la loi. »

Selon lui, l’UPAC soupçonne que des suspects ont commis les crimes suivants :

•Corruption de fonctionnaire judiciaire;

•Fraude envers le gouvernement;

•Abus de confiance

•Entrepreneur qui souscrit à une caisse électorale`;

•Complot.

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Donner aux partis politiques pour que l'entreprise reste en vie

 
 

C’est ainsi que Giuseppe «Joe» Borsellino de Construction Garnier a raconté avoir financé le Parti Libéral du Québec (PLQ) en remboursant les cadres de sa compagnie par des bonis annuels.           

Selon les affidavits liés aux mandats, il contribuait au financement politique pour être dans l’équipe, pour que son entreprise puisse «rester en vie».          

«Qu’il considère que plus il donnait, plus il avait de gros contrats», peut-on lire dans le document de 35 pages.           

En tout, une dizaine de dirigeants d’entreprise ont livré des témoignages aux policiers.  Certaines informations sont déjà connues puisqu’elles ont fait l’objet de fuites dans les médias ou ont été divulguées durant la commission Charbonneau.           

Cela n’a pas empêché l’ex-argentier de porter jusqu’en Cour suprême chacune des décisions de tribunaux québécois de rendre publique une large partie du contenu des mandats. Il faut souligner que les faits allégués au soutien des mandats n’ont pas fait l’objet d’une preuve en cour.   

Perquisition secrète  

Ces mandats devaient permettre aux policiers de l’UPAC de mener une perquisition secrète aux locaux des entreprises de la famille Bibeau sur le boulevard Arthur-Sauvé à Saint-Eustache.

Les policiers voulaient profiter d’une autre perquisition menée par Revenu Québec pour procéder sans être inquiétés.      

On ignore exactement ce que les policiers ont pu faire ou quelle technique d’enquête a été utilisée puisque ces éléments sont caviardés dans les mandats. 

Des informations en lien avec une activité de financement de la communauté italienne à l'Hôtel Sheraton de Laval ont également été caviardées.  Selon une liste des participants à cette activité menée en 2004, on retrouve les hommes d’affaires Vincent Chiara, Lino Saputo Jr et Tony Accurso.  

C’est la troisième fois qu’une cause impliquant Marc-A Bibeau se rend à la porte de la Cour suprême qui a toujours refusé les demandes. Dans les deux autres cas, les avocats de Bibeau contestaient des éléments des mandats de perquisition portant sur le secret professionnel, concernant deux des employés de la famille Bibeau, une avocate et un notaire, ce qui peut limiter l’accès à certaines de leurs communications.    

En matinée, les avocats du cabinet Davies Ward Philipp & Vineberg qui représentent Marc-A Bibeau ont publié un communiqué pour réagir à la décision de la Cour suprême.  Ils y défendent l’ex-argentier qui avait fait appel pour préserver ses droits et sa réputation contre une médiatisation des allégations non vérifiées et basées sur du ouï-dire. 

«Son engagement politique s’est toujours fait librement, bénévolement, par conviction personnelle et en conformité avec les lois», est-il écrit. 

0003
 

Voici ce qu'en disent les collusionneurs identifiés à la Commission Charbonneau

 
 

Voici ce que des dirigeants d’entreprises de génie-conseil et de constructions ont dit aux policiers de l’UPAC selon les affidavits liés aux mandats de perquisition visant les entreprises de Marc-A Bibeau :  

Yves CADOTTE
Ex-vice-président et directeur général SNC-Lavalin, rencontré par les policiers le 8 avril 2014
Portrait

- Les employés de SNC recevaient une rémunération supplémentaire s’ils contribuaient aux partis politiques           

- Les dons au PLQ sont passés de 90 000 $ à 175 000 $ par année quand Riadh Ben Aïssa est devenu vice-président de SNC-Lavalin.

- Qu'en 2000, lors de son arrivée chez SNC, Normand MORIN était le patron de son patron, jusqu'à la retraite de M. Morin en 2004.  Que Normand Morin est demeuré actif au sein de la firme jusqu'en 2012.  Qu'il a été impliqué graduellement dans le financement politique chez SNC.  Qu'il a appris de Normand Morin, la façon de faire du financement.  Qu'il n'y avait pas de montant fixe, pour une division en particulier, mais qu'habituellement ils demandaient 3 000$ par employé, mais que ceux-ci n'étaient pas forcés de contribuer.  Que s'ils contribuaient, ils avaient une rémunération additionnelle qui était imposée sur leur salaire, comme exemple pour une contribution de 1000$, l'employé pouvait se faire donner 2 200$ en salaire.

 - Que jusqu'en 2004, il y avait une certaine centralisation faite par Normand MORIN.  De 2004 à 2008, c'est Pierre ANCTIL qui a joué ce rôle et que par la suite, c'est lui qui faisait le suivi sur les dons politiques.

- Que les dons au PLQ se chiffraient autour de 90 000$ par année.  En 2009, avec l'arrivée de M. Riadh BEN AISSA comme vice-président. les dons ont augmenté à 175 000$.  Qu'ils ont tous les deux fait des démarches afin de trouver des nouveaux donateurs.

 - Que vers l'automne 2009, il est allé porter des chèques à Violette TRÉPANIER à la permanence du parti.  Qu'elle ne semblait pas surprise de son passage et qu'elle savait qu'il était de chez SNC.  Il lui a remis des chèques de 3 000$, totalisant environ 15 000$.

 

Pierre ANCTIL
Ex-vice-président SNC-Lavalin, rencontré par les policiers le 21 avril 2014
Portrait 

- Qu'il a débuté sa carrière avec une formation en génie mécanique chez PELLEMON en 1984, acheté par SNC-Lavalin en 1997. De 1988 à 1996, il a occupé le poste de directeur général du PLQ et celui de chef de cabinet de Daniel JOHNSON.  Il est ensuite retourné chez SNC comme vp au bureau du président et a été en charge de l'ingénierie au Québec et Maritimes, en environnement et en pharmaceutique jusqu'à sa retraite en 2008;

- Que le financement des partis politiques provinciaux se faisait par bonus de la compagnie.  Que c'est Normand MORIN qui lui a fourni une liste de 80 à 100 employés, surtout des cadres, qui fournissaient des dons d'environ 3 000$.  Que le bonus étaient environ le double du don pour contrer l'imposition. Que Normand MORIN lui a fait signer la liste de donateurs afin qu'ils puissent recevoir les bonus.  Que cette façon de faire était en place bien avant son arrivée.  Que selon son souvenir, ils donnaient 150 000$ par année au PLQ;

- Que vers 2005-2006, alors qu'il allait se rendre à un déjeuner avec Marc-A BIBEAU, Normand MORIN lui a remis une enveloppe contenant des chèques de dons pour le PLQ.  Que Normand MORIN lui a demandé de dire à Marc-A. BIBEAU que les chèques combleraient une partie du financement et que le reste serait remis à Benoit Savard en argent comptant.  Qu'il croit que l'enveloppe contenait environ pour 150 000$ de dons, car habituellement c'est ce que la firme donnait au PLQ. 

- Que lorsqu'il a remis l'enveloppe à Marc-A Bibeau et qu'il l'a informé qu'il y avait de l'argent comptant, ce dernier a sauté dans les airs, disant que ça ne se faisait pas.  Qu'il a fait mention à Normand MORIN de la réaction de Marc-A Bibeau par rapport à l'argent comptant.  Qu'il l'a traité d'hypocrite parce qu'il le savait;

- Pierre Anctil, qui soutient que le PDG de SNC-Lavalin, Jacques Lamarre, lui a expliqué en 2005 que son poste de vice-président venait avec le financement des partis politiques;

Normand MORIN
Vice-président de SNC/Lavalin
Portrait

  - Un autre cadre Normand Morin, lui a affirmé que M. Bibeau «savait» que des dons en comptant étaient versés au PLQ par SNC/Lavalin.   

Rosaire SAURIOL
Ex-vice-président principal Dessau, rencontré par les policiers le 9 juillet 2014
Portrait

 - Qu'il s'occupait de remettre les chèques dans une enveloppe, en provenance de DESSAU, directement à Violette TRÉPANIER. 

 

- Que souvent, il allait à ses bureaux.  Qu'il en a aussi remis à Marc-A Bibeau dans ses bureaux de St-Eustaches;
- Qu'au milieu des années 2000, les demandes de financement du collecteur du PLQ étaient de l'ordre de 100 000$ et montaient un peu en année d'élections.  Ces attentes provenaient de Violette TRÉPANIER ou de Marc-A Bibeau;

- Que chez DESSAU, il y avait un système de prête-noms.  L'entreprise demandait aux actionnaires de contribuer.  Ceux qui contribuaient étaient remboursés par des comptes de dépenses;

- Qu'il a remis 25 000$ à Gilles CLOUTIER afin qu'il ramasse des chèques.  Qu'il avait réussi à avoir cet argent par un système de fausse facturation avec des entreprises coquilles;

- Que DESSAU participait au financement pour le réseautage, avoir accès aux décideurs et qu'au niveau sectoriel, que c'était pour qu'il soit considéré au même niveau que leurs compétiteurs.  Qu'il ne voulait pas se faire nuire et être bien perçu;

- Que les avantages du financement se reflétaient plus au niveau des développeurs avec les gens des cabinets de Ministres.  Ils pouvaient obtenir des informations pour faire avancer certains dossiers;

- Que DESSAU finançait plus le PLQ, car lorsqu'ils sont au pouvoir, les ministres attirent plus les gens d'affaires.  Ensuite, ils peuvent influencer les orientations politiques dans lesquelles ils ont une expertise.

Paul LAFLEUR
Ex-PDG de BPR, rencontré par les policiers le 18 septembre 2014
Portrait  

- Qu'il a été président de la firme et qu'il s'est occupé du développement des affaires;

- Qu'il a fait adopter la politique de financement du PLQ chez les associés de BPR, en fonction du pourcentage de leurs actions détenues dans la compagnie;

- Que Violette TRÉPANIER était une employée à la permanence du PLQ et qu'elle avait des discussions directes avec Marc-A BIBEAU;

- Qu'il s'est rendu rencontrer Marc-A. BIBEAU, grand argentier du PLQ, à ses bureaux de St-Eustache afin d'argumenter sur les demandes exagérées de financement qui augmentaient sans cesse.  Que les demandes en provenance du PLQ sont passées de 5 000$ à 50 000$.  Qu'il argumentait aussi sur le financement donné aux comtés, qui ne comptaient pas dans le cumulatif donné au central du PLQ.  Que Marc-A. BIBEAU verrait avec Violette TRÉPANIER pour qu'elle parle avec les comptés;

- Qu'il est déjà allé porter plusieurs chèques personnels provenant des actionnaires de BPR à Violette TRÉPANIER, au bureau sur la rue Waverly. Qu'elle avait la connaissance que ça provenait de BPR;

- Il voyait M. Bibeau comme une personne influente ;

- Qu'il avait le sentiment de devoir donner au PLQ, et ce sentiment fut confirmé avec une des rencontres avec Marc-A. BIBEAU;

- Que BPR finançait au PLQ pour le réseautage;

- Qu'il a déjà eu le réflexe de contacter Marc-A. BIBEAU suite à une problématique qu'il avait eu, mais qu'il s'est débrouillé autrement car il en voulait pas en être redevable.  QU'il a pensé a Marc-A. BIBEAU pour régler sa problématique, pour l'avoir vu dans une célébration à sa résidence ou il y avait invité des ministres, des députés, des présidents de compagnies.  Ça lui donnait de l'importance et il le voyait comme une personne influente;

- Qu'il n'aurait jamais voulu prendre le risque de ne plus financer le PLQ.

George DICK
Ex-PDG de RSW, rencontré les policiers le 1er octobre 2014
Portrait

- Que Marc-A. BIBEAU s'occupait du financement auprès des firmes et des entrepreneurs;

- Que les actionnaires et les dirigeants de la compagnie ont fait des dons au PLQ. 

 

- À la présentation d'un document "ingénieurs" du Lot 2013-1603 item 22, la ligne correspondant à RSW indique un montant de 27 450$ pour 2002.  

- Qu'il explique en disant que certains dons pouvaient être remboursés par la compagnie via des bonis spéciaux, des comptes de dépenses ou par des fonds pour ceux qui sont actionnaires.  Ce document avait aussi été saisi lors de la perquisition au bureau du PLQ le 9 juillet 2013, dans le cadre du dossier LIERRE;

- Qu'il prenait des notes comme aide-mémoire si jamais les dirigeants du PLQ  vérifiaient leur contribution au parti. Que le but de financer était de favoriser les rapprochements entre les actionnaires et le gouvernement, et d'influencer la politique énergétique du Québec. Qu'il croit que s'ils avaient cessé de contribuer, ils auraient été moins écoutés;

- Que Marc-A BIBEAU est venu chez RSW pour le rencontrer avec M. VISSA, actionnaire chez RSW.  Que M. BIBEAU a constaté que RSW avait beaucoup de contrats avec Hydro-Québec.  Que d'autres firmes avaient déjà contribué au PLQ et que celles-ci se montraient intéressées aux contrats donnés par Hydro-Québec.  Qu'il les informe, que lorsque le PLQ serait au pouvoir, qu'il serait en mesure d'influencer l'actroi de contrat par Hydro-Québec.  Qu'il a même précisé que les autres firmes, sans les nommer, contribuaient entre 60 000$ et 80 000$. Qu'il voulait que RSW lui remette les chèques à lui-même, au lieu de fournir dans les comptés.  M. DICK raconte qu'il n'a pas acquiescé à sa demande car il considérait cela comme du trafic d'influence et qu'il était choque de cette demande. De plus qu'il avait peur pour son chiffre d'affaires et aussi de perdre des contrats avec Hydro-Québec;

- Que lorsque le PLQ a pris le pouvoir, il s'est rendu rencontrer Marc-A. BIBEAU à son bureau de SCHOKBETON pour lui démontrer le genre d'activités qu'ils avaient au Québec, ainsi que le financement auquel RSW avait participé. Que M. BIBEAU n'a pas fait d'autres demandes.  Que l'année suivante, il a répété cette rencontre.  Qu'il a vérifié auprès de Thierry VANDAL (Hydro-Québec) à savoir si les demandes du PLQ pouvaient influencer l'octroi des contrats.  M VANDAL lui confirma que le bureau du PM n'intervenait pas là-dedans;

- Que Violette TRÉPANIER est responsable du financement du PLQ, qu'elle lui a fait une demande pour qu'il participe à un cocktail de financement.  Qu'il lui a remis des dons dans un cocktail;

- Qu'à l'automne 2004 ou 2005, il  assisté à une réception chez Marc-A. BIBEAU où il y avait environ 200 personnes, surtout des gens dans le monde des affaires.  QU'elle avait été organisée pour remercier les gens pour leur contribution au PLQ;

- Que Marc-A Bibeau a de l'influence auprès du Gouvernement du Québec et/ou du Premier Ministre CHAREST, car il les a vus souvent publiquement ensemble, qu'il le présentait comme son ami et que pour lui, il était clair qu'il en faisait pas juste de financement.  Que Marc-A. BIBEAU s'était déjà présenté à lui comme conseiller du Premier Ministre, il avait une carte d'affaires à l'appui affichant le logo du Gouvernement du Québec.

 - Il soutient que Marc-A Bibeau l'a informé en 2002 que les entreprises intéressées par des contrats avec Hydro-Québec payaient entre 60 000 $ et 80 000 $ au PLQ, et qu'il serait en mesure d'influencer l'attribution des contrats par Hydro-Québec . Il dit qu'il a refusé et a considéré que c'était de la corruption; 

- Les actionnaires et dirigeants de l’entreprise pouvaient être remboursés pour leurs dons au PLQ.     

Pierre POMERLEAU
PDG de Pomerleau, rencontré les policiers le 28 octobre 2014
Portrait à venir

- Qu'à la demande de Marc-A. BIBEAU, il a organisé un cocktail de financement pour le PLQ, en invitant surtout des contractants et des fournisseurs. 

 

 - Ils étaient environ quarante (40) personnes, à 1 000$ chacune.  Que la ministre Monique JÉRÔME-FORGET devait être présente, c'est elle qui était responsable du partenariat public-privé, communément appelé "PPP".   Que durant la journée du cocktail, il a rédigé une demande par écrit sur les sujets qu'il aimerait que la ministre aborde.  Que Marc-A. BIBEAU l'a prévenu qu'il ne pouvait pas diriger les sujets abordés dans ces occasions.  Finalement, c'est Line BEAUCHAMP qui est venu à la place de Monique JÉRÔME-FORGET.

- À la demande de Marc-A Bibeau il a organisé un cocktail de financement           

- L’événement a permis d’amasser 40 000 $

Claudio VISSA
Ex-vice-président chez RSW, rencontré par les policiers le 29 octobre 2014
Portrait à venir 

- Qu'à l'approche des élections provinciales de 2003, il voulait avoir des renseignements sur la vision du PLQ sur l'Énergie au Québec. 

- Que son ami JACQUES-P. Dupuis l'a mis en contact avec Marc-A. BIBEAU pour qu'il puisse y donner ses idées et aussi pour contribuer au financement.  Il mentionne qu'aux alentours des élections de 2003, Marc-A. BIBEAU est venu à son bureau.  Qu'il l'a perçu comme un homme de grande prestance et de pouvoir.  Son collègue, George DICK et RSW, était présent.  Marc-A. BIBEAU leur a mentionné qu'ils fournissaient moins que les autres firmes d'ingénierie et qu'il pouvait influencer les contrats chez Hydro-Québec, pour que RSW en ait moins.  Qu'à ce moment, il a interprété cela comme de l'intimidation, mais il ne croyait pas qu'Hydro-Québec pouvait être influencé. George DICK était perturbé de cette annonce;

- Que durant la campagne électorale de 2003, Marc-A Bibeau lui a dit que ce serait mieux qu'il contribue au central du PLQ, qu'il pourrait de cette façon redonner aux comtés les plus pauvres.  M. VISSA a continué de financer en donnant des chèques personnels pour le comté de St-Laurent via des cocktails de financement. Il en donnait aussi un peu au central.  Il mentionne que RSW a contribué au financement du PLQ, car le PLQ avait une vison de l'énergie bénéfique pour eux et le Québec.  Que leur financement n'a pas eu de lien avec l'octroi de contrat, car Hydro-Québec les répartissait de façon équitable;

- Qu'il considère que Marc-A. BIBEAU était le responsable du financement auprès des firmes/entrepreneurs, amis que Violette TRÉPANIER était en support à M. BIBEAU et au PLQ. Qu'il ne lui a jamais remis d'argent ou de chèques personnels pour le financement. Que M BIBEAU conseillait Jean CHAREST car il l'a entendu à deux reprises le conseiller sur les enjeux de la campagne électorale 2003.  Qu'il ne se souvient pas d'avoir vu une carte d'affaires le présentant comme un conseiller;

- Qu'en 2003, il a assisté à une réception faite à la résidence de Marc-A. BIBEAU.  Il y avait tous les libéraux; firmes d'ingénierie, constructeurs, les ministres et Jean CHAREST. Cette réception était pour remercier les gens qui avaient contribué.  Que c'est même Marc-A. BIBEAU qui a présenté le PM;

- Qu'il dit que Marc-A BIBEAU et Jean CHAREST sont très très près, qu'ils sont comme des frères;

- Qu'il considère que Marc-A. BIBEAU avait de l'influence auprès du Gouvernement et du premier Ministre Jean CHAREST, en se souvenant qu'il lui avait demandé son opinion sur l'arrivée du Gaz Naturel.  Les hauts dirigeants d'Hydro-Québec parlaient d'amener le gaz naturel pour le projet Suroît.  Qu'il lui a dit que ce serait bon, mais qu'il proviendrait de l'ouest alors que l'hydroélectricité était une ressource québécoise.  Que Marc-A. BIBEAU l'a mais en contact avec le chef de cabinet du PM, Stéphane BERTRAND et que peu de temps après, Thierry VANDAL faisait l'annonce publique que ce serait des éoliennes au lieu d'amener le gaz naturel;

- Il a assimilé les relations de M. Bibeau avec lui et de M. Dick à de «l'intimidation» 

Giuseppe BORSELLINO
Ex-PDG Construction Garnier, rencontré par les policiers le 30 octobre 2014 
Portrait

- Que Joël Gauthier, alors qu'il était DG au PLQ, lui a demandé des sommes d'argent pour le financement du PLQ;

 

- Qu'il a remboursé des cadres de sa compagnie qui avaient fait des dons par chèque, en leur attribuant des bonis annuels;

- Qu'il contribuait au financement politique pour "be in the team", pour rester en vie. Qu'il considère que plus il donnait, plus il avait de gros contrats;

- Il a remboursé des cadres de sa compagnie qui faisaient des dons au PLQ;           

- Plus il donnait, plus il avait de gros contrats publics.

Kazimir OLECHNOWICZ
Ex-PDG CIMA+, rencontré par les policiers le 18 novembre 2014
Portrait 

- Que peu avant les élections de 2003, c'est Pierre BIBEAU qui lui a présenté Marc-A. BIBEAU comme étant le responsable du financement au PLQ, ainsi que Joël GAUTHIER, alors DG du PLQ.

 

- À ce moment, Marc-A. BIBEAU lui a suggéré un objectif de dons de 100 000$ par année. Qu'il le sollicitait, car il était président de la compagnie et qu'il lui a même fait signer un contrat de solliciteur;

 - Que les chèques en provenance de CIMA+ étaient remis dans les cocktails ou directement à Marc-A. BIBEAU, et que par la suite, les chèques se rendaient à Violette TRÉPANIER, si elle était présente.  Que Marc-A. Bibeau et Violette TRÉPANIER savaient que les chèques provenaient des associées de CIMA+;

- Que le financement au PLQ c'était une police d'assurance.  Qu'ils ne pouvaient pas prendre la chance de ne pas donner, était donné qu'à une époque, il croyaient que le PLQ allait reprendre le pouvoir;

- Les associés de CIMA+ faisaient des dons au PLQ.  

Luc BENOIT
Ex-président Tecsult, rencontré par les policiers le 25 juin 2015
Portrait

 - Qu'il considérait Marc-A. BIBEAU comme le grand argentier du PLQ, qu'il était la porte d'entrée pour obtenir de l'information pour les projets du gouvernement;

 

- Que le 13 janvier 2005, il a rencontré Marc-A BIBEAu à l'hôtel Hilton de Dorval. Que Marc-A Bibeau lui a suggéré de faire trainer les négociations, le temps qu'il convainque le ministre de changer de position concernant le métro de Laval;

- Que le 20 avril 2005, il a rencontré Marc-A. Bibau et a pris des notes dans un cahier.  Il avait noté des chiffres à côté des noms de d'autres compagnies, qu'il croit être des pointages lors d'un appel d'offres, que ceci est le genre d'information que Marc-A. BIBEAU donnait et qui démontrait son importance au gouvernement.  Qu'il mentionne qu'il remettait les fonds amassés directement à Marc-A. BIBEAU et que c'est aussi M BIBEAU qui décidait du montant à donner, en se référant aux dons des firmes qui étaient similaires à la sienne.

Lino ZAMBITO
Ex-président Infrabec, rencontré par les policiers les 16 et 22 décembre 2015
Portrait

- En décembre 2007, Pierre Bibeau lui a demandé 50 000 $ comptant «pour le premier ministre Jean Charest», ce qu’il a été incapable de faire           

 

- Pierre Bibeau est intervenu pour Infrabec auprès de Bruno Lortie le chef de cabinet de Nathalie Normandeau;           

- Marc-A Bibeau a demandé son aide pour qu’une commission scolaire renouvelle son bail avec son entreprise Centres d’achat Beauward;           

- Lino Zambito, qui affirme que Marc-A Bibeau lui a dit en septembre 2009 qu'il "est l'une des cinq personnes à occuper le "War Room" qui occuperont les postes de ministres".  M. Zambito raconte également qu'un dossier de blocage de Boisbriand a été rendu public après que M. Bibeau a communiqué avec le chef de cabinet de M. Charest, Dan Gagnier.

 

Notes & Références encyclopédiques:

toujours visé par l'Unité permanente anticorruption du Québec...
 

Marc-A Bibeau et Jean Charest

Opération "Mâchurer"

L'opération, le projet ou l'enquête "Mâchurer" porte sur le financement politique et l'octroi de contrats publics au Québec. 

Des fuites publiées par les médias permettent de croire que Jean Charest l'ex-chef du Parti Libéral du Québec, ex-premier ministre du Québec et Marc-A Bibeau, ex-argentier du Parti Libéral du Québec, dirigeant de Schokbeton et des Centres d'achats Beauward sont visés par l'enquête de l'Unité permanente anti-corruption du Québec (UPAC).

 

Retour au texte

Source:  Journal de Montréal de QMI/Québecor Médias de Québecor Inc. pour Pierre Karl Péladeau; Fiducie de soutien à La Presse; Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction  (Commission Charbonneau)

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 22 janvier 2020

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

Bio-politico-judiciaire
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Des gens d'affaires
mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique

Politiciens et politiciennes
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Employés.es de l'État
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Corruption et Éthique

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