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Luc Benoît, l'ingénieur «pitbull» du génie-conseil en conflit d'intérêts

Ci-haut Luc Benoit, ingénieur et PDG de Tecsult/Aecom ( 01 ). L'ingénieur a la réputation d'un développeur agressif au point d'être qualifié de "pitbull" de l'industrie. Un aspect moins connu de sa démarche professionnelle se nomme, collusion, corruption, blanchiment d'argent pour contribution politique, incitation à l'usage des prête-noms auprès des employés.es, autant de nouveaux qualificatifs qui seront utilisés par l'Unité permanent anticollusion pour freiner ses ardeurs de développeur menteur.

 

Le 22 mai 2013, devant la Commission Charbonneau, Roger Desbois ( 02 ), ingénieur à la retraite de la firme d'ingénierie Tecsult fusionnée à AECOM en 2008, a vidé son sac.

C'est sous la gouverne et l'assentiment de Luc Benoît, le PDG de Tecsult que Desbois à participé à un système de collusion, corruption et de blanchiment d'argent devant servir de contribution pour des partis politiques.

Roger Desbois, ingénieur Tecsult

En témoignage: Contributions remboursées au provincial par l'entreprise, via des «bonis». Luc Benoît lui demandait de faire des contributions. De 1997 à 2008, Desbois a donné 16 900$ au Parti Libéral du Québec PLQ, 8 995$ au Parti Québécois PQ et 1 000$ à l'Action Démocratique du Québec ADQ. Tous des dons demandés par Benoît, sauf 400$ en 2008. Sa conjointe a. quant à elle, donné 7 000$ au PLQ et 1 000$ au PQ de 2004 à 2007. Les trois enfants ont aussi contribué mais moins généreusement. Les contributions de la conjointe et des enfants ont aussi été aussi remboursées.

Deuxième versement avant que Tecsult devienne AECOM. Ne se souvient pas de qui il reçoit la demande. Luc Benoît donne cette fois 50 000$ CAN et 5 000$ US. «Dis-leur que c'est le dernier versement que nous faisons», dit Benoît. Comme Gauthier lui avait dit la première fois qu'il ne comptait pas l'argent, il comprend que ce n'est pas à lui qu'il faut transmettre le message. Donne 50 000$ à Gauthier, mais pas le 5 000$ US qu'il a mis dans sa voûte de sécurité.

La firme de génie-conseil Tecsult (aujourd'hui AECOM) a fait du financement politique illégal autant au niveau provincial que municipal. Comme plusieurs autres firmes, Tecsult avait mis sur pied un système de prête-noms pour gonfler les caisses des partis politiques.

Sur la scène municipale, le témoin a versé 9 800 dollars en dons au parti politique le PRO des Lavallois de 1998 à 2009. De cette somme, 7 800 dollars lui ont été remboursés par des «bonis».

D'autres municipalités impliquées

Roger Desbois a par ailleurs confirmé la rumeur qui courait de plus belle en affirmant que Tecsult avait aussi fait du financement illégal dans plusieurs municipalités de la couronne nord, parfois même avec sa «caisse personnelle».

Le témoin a nommé les villes de Saint-Jérôme, Blainville, Lorraine, Sainte-Thérèse et Mascouche.

Pour ce qui est de Blainville, l'ingénieur à la retraite a reconnu avoir été impliqué dans les élections municipales de 2005 et de 2009. Il a ainsi raconté avoir donné quelques dizaines de milliers de dollars pour aider le candidat Daniel Ratthé en 2005.

«Je suis allé porter à Pierre Gingras, qui s'occupait de Daniel Ratthé, un montant de 30 000 dollars», a affirmé Desbois. M. Ratthé, aujourd'hui député caquiste de Blainville, a été écarté du caucus de son parti, ( 03 ) à la lumière de ces informations.

Roger Desbois a ensuite expliqué avoir remis 12 000 dollars à Dominic Cayer pour la campagne de François Cantin, en 2009.

À Saint-Jérôme, l'ingénieur a été approché dès 2006 en vue des élections de 2009. C'est Christian Côté qui l'aurait approché pour l'équipe du maire Marc Gascon ( 04 ). De 2006 à 2008, Roger Desbois a remis 5 000 dollars annuellement à Côté. Cette somme a toutefois atteint 50 000 dollars en 2009, mais l'ingénieur aurait joué un simple rôle d'intermédiaire.

C'est que Christian Côté aurait réclamé un montant de 25 000 dollars pour deux importants contrats impliquant Tecsult. ABC Rive-Nord ( 05 ) a ainsi accepté de payer 25 000 dollars relativement au contrat d'une usine de filtration et Équipements d'excavation quatre-saisons a payé la même somme relativement au contrat d'un nouveau développement.

À Sainte-Thérèse, Roger Desbois a admis avoir remis un total de 10 000 dollars pour les campagnes de Sylvie Surprenant, en 2005 et 2009 alors que 22 000 dollars ont été versés pour Boniface Dalle-Vedove, à Lorraine, pour les mêmes années.

Finalement, à Mascouche, le témoin a raconté que Serge Hamelin s'était montré particulièrement gourmand en réclamant 30 000 dollars pour l'élection de 2005. Pour y arriver, Tecsult et CIMA+ se sont associés pour faire du financement.

Hamelin a formulé la même demande à Desbois en 2009, mais ce dernier a refusé, préférant remettre 5 000 dollars pour la campagne de Richard Marcotte. ( 06 )

Confirmation de l'implication de Luc Benoît: l'ex-vice-président de la firme Aecom-Tescult, Patrice Mathieu a reconnu, le 3 septembre 2013, devant la commission Charbonneau avoir comploté avec les autres grandes firmes de Québec, entre 2006 et 2011, afin de garder les prix élevés des contrats octroyés par les villes de Québec et de Lévis. ( 10)

Portrait de Luc Benoît

Déjà il était un des ténors pour que les municipalités québécoises privatisent leur réseau d'aqueduc, qu'il entendait bien récolter. ( 07 )

En 2008 la québécoise Tecsult a rejoint Aecom, le plus grand groupe de génie-conseil au monde. Aujourd'hui, un peu mégalomane Luc Benoît surfe sur les investissements en infrastructures qui déferlent partout sur la planète.

« Vous considérez-vous toujours comme un gestionnaire agressif? » lui demande un journaliste.

Luc Benoît fronce les sourcils. Mais contrairement à nos appréhensions, ce n'est pas le terme «agressif» qui fait tiquer le président-directeur général de la firme de génie-conseil Tecsult.

«Je me considère comme un développeur, pas comme un gestionnaire, précise-t-il. Mais pour répondre à votre question, c'est oui.»

Luc Benoît a souvent été décrit par ses collaborateurs comme un «pitbull». «Quand je me mets une idée en tête, je ne lâche pas facilement», explique-t-il.

Une chose est sûre: passer une heure avec lui par les temps qui courent, c'est s'administrer une solide dose d'optimisme dans un monde où le pessimisme semble avoir gagné tout le monde.

Aéroport au Mali, autoroute en Algérie, centres hydroélectriques en Bolivie et au Groenland: Tecsult a même signé un contrat de 17 millions de dollars avec l'Arabie Saoudite pour réaliser les études entourant le quartier financier lancé par le roi Abdallah, à Riyad.

Pendant que les médias ne parlent que de mises à pied et de projets arrêtés, Tecsult, elle, roule la pédale au plancher.

Maintenant la question qui tue ?

Est-ce que vous développez les marchés internationaux de la même manière que vous avez fait au Québec avec la collusion et la corruption ?

Personne n'a malheureusement posé la question puisque les journalistes de la presse économique sont reconnus comme étant complaisants.

Avoir consacré quelques minutes à s'informer avant l'entrevue ils auraient pu questionner ceci:

Le cabinet canadien reconnu civilement responsable des détournements imputés à un de ses experts mis à la disposition de la poste camerounaise. Que l’on s’en souvienne : au moment de boucler sa mission d’assistance technique sur la gestion de la Campost (Cameroon Postal services) en 2008, le cabinet canadien Tecsult International Limited, dont la prestation étendue sur une période de 2 ans (2006-2008) a coûté 2 milliards de Fcfa à l’État du Cameroun, avait laissé un trou d’un peu plus de 2 milliards de Fcfa dans les caisses de l’entreprise postale publique. ( 08 )

Ou encore:

Un jugement de la Cour d'appel révèle que la société Tecsult a financé le PQ et le PLQ en remboursant les dons de ses employés aux deux partis politiques. Selon le DGE, cette pratique est loin d'être isolée. La Loi sur le financement des partis politiques interdit aux entreprises de verser de l'argent aux partis, mais certaines arrivent à contourner les règles en utilisant leurs employés. Cette pratique serait d'ailleurs très répandue. ( 09 )
 

Sources: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. LCN Nouvelles pour Quebecor, La Presse/Affaires/Gesca pour Power Corporation of Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 25 mai 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Gens d'affaires
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Politiciens.nes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Employés.es de l'État
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Éthique et corruption

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

Portrait de AECOM - Sur Journal Les Affaires, au 30 septembre 2012
En 1985, Ashland, Inc., une société pétrolière située dans le Kentucky, a créé une filiale de gestion de l'architecture, de l'ingénierie et de la construction sous le nom de Ashland Technology Corporation (ATC). Cinq ans plus tard, cette entité est devenue AECOM, une entreprise indépendante formée de la fusion de six entreprises. Tandis que la fondation officielle d'AECOM date de 1990

 

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02
 

À propos du témoignage de Roger Desbois devant la commission Charbonneau - Sur MétéoPolitique

 

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03
 

Le député Ratthé été écarté du caucus de son parti - Sur TVA Nouvelles, mai 2013

 

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04

À propos de Marc Gascon - Sur MétéoPolitique

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05
 

À propos de l'entreprise ABC Rive-Nord de l'ex-propriétaire David Whissel, lui-même ex-ministre dans le gouvernement du Parti Libéral du Québec de Jean Charest - Sur MétéoPolitique

 

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06

À propos de Richard Marcotte de Mascouche - Sur MétéoPolitique

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07
 

28 février 1997: M. Luc Benoît, président de Tecsult, une firme de génie québécoise très intéressée par l’aqueduc montréalais. M. Benoît affirmait que la décision de Pierre Bourque donnait en fait au gouvernement du Québec le temps de mettre en place les conditions pour privatiser l’eau à Montréal et ailleurs. Et en effet, le dossier fut rapatrié à Québec. Monsieur Luc Benoît, président de Tecsult évante la mêche

 

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08
 

Entreprises : Tecsult condamné à payer 2 milliards de Fcfa à Campost - Sur Camaroun News 24, le 13 janvier 2012

 

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09
 

Des règles souvent contournées.  - Sur Radio-Canada Nouvelles, le 6 novembre 2007

 

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10

 

À propos de l'ex-vice-président de la firme Aecom-Tescult, Patrice Mathieu - Sur MétéoPolitique

 

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