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Louis-Pierre Lafortune et sa vision de l'éthique
confronté à la loi, déclaré coupable et accusé de nouveau

M. Lafortune était accusé de complot pour recyclage des produits de la criminalité, dans l'opération policière "Diligence" et a été trouvé coupable par jury en juillet 2016.   Il aurait tenté de prendre le contrôle d'une maçonnerie à Montréal avec son présumé complice, Normand Marvin Ouimet.   L’entrepreneur a été mis sur le grill pendant six jours à la commission Charbonneau.   M. Lafortune a donné du fil à retordre à la Commission, en multipliant les explications invraisemblables ou carrément mensongères.   Aucune porte n’était fermée à Louis-Pierre Lafortune, un entrepreneur polymorphe qui était au centre de toutes les intrigues, syndicales, économiques ou politiques.  Reconnu coupable par jury, la juge Johanne St-Gelais l'a condamné à une peine de 12 mois d'emprisonnement à purger dans la collectivité.  À l'automne 2017 il affronte la GRC et Revenu Canada qui l'accuse de fraude fiscale.

12 octobre 2017: l'homme d'affaires Louis-Pierre Lafortune accusé d'avoir fraudé l'impôt

 
 
 

L'homme d'affaires Louis-Pierre Lafortune accusé d'avoir fraudé l'impôt
12 octobre 2017

 
 

Treize ans après les faits, une enquête conjointe de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de Revenu Canada a permis de déposer des accusations criminelles contre un personnage central de la commission Charbonneau, l'homme d'affaires Louis-Pierre Lafortune, qui aurait fraudé l'impôt de plusieurs millions de dollars lorsqu'il est devenu vice-président de Grues Guay, la plus importante entreprise de grues au Canada.

 

Des accusations de fraude à l'endroit du gouvernement et d'infractions criminelles en vertu de la Loi sur l'impôt sur le revenu ont été déposées au palais de justice de Laval contre Lafortune et son ancien partenaire d'affaires, Yannick Payette.

Les enquêteurs de la police et de l'Agence du revenu du Canada (ARC) ont mis des années à suivre la trace de la fortune des deux hommes.

Tous deux sont accusés d'avoir caché des revenus personnels de 3,3 millions$ et des revenus d'entreprises de 14 millions$ générés lors de la vente de cinq entreprises québécoises de location de grues sous leur contrôle.  Les entreprises avaient été avalées en 2004 par le géant Grues Guay, qui n'est pas visé par l'enquête.  Lafortune était ensuite devenu vice-président de Grues Guay jusqu'à son arrestation en 2009 dans le cadre de l'opération policière Diligence, qui visait à contrer l'infiltration du crime organisé dans l'industrie de la construction.

Louis-Pierre Lafortune a été reconnu coupable de complot en vue de recycler les produits de la criminalité à la suite de l'enquête Diligence.  La juge Johanne St-Gelais l'a condamné récemment à une peine de 12 mois à purger dans la collectivité.  Dans sa décision, elle note que M. Lafortune dit avoir eu la vie difficile depuis sa première arrestation.  «À la suite des accusations, son rythme de vie a considérablement diminué. Les voyages, les activités mondaines, l'accès à un hélicoptère font partie du passé», note-t-elle.

Le principal intéressé fait appel du verdict de culpabilité dans ce dossier.  Pour le moment, aucune date n'a été fixée pour le procès.

À gauche: Louis-Pierre Lafortune accompagné d'un enquêteur policier

 
 

Déclaré coupable par jury
1er juillet 2016

 
 

Le 1er juillet 2016, après 14 mois de procès et 9 jours de délibérations, un jury a reconnu M. Lafortune coupable de complot pour recyclage des produits de la criminalité.   Lui et ses quatre coaccusés, Daniel Lafond, Guy Drouin, Roberto Amato et Jerry Purdy, ont immédiatement été incarcérés.   Ce verdict au procès de l'opération Diligence qui devait faire la lumière sur l'infiltration d'un membre important du crime organisé dans l'industrie de la maçonnerie au Québec.

Guy Drouin: Reconnu coupable de gangstérisme, recyclage des produits de la criminalité et complot pour recyclage.   La poursuite demandait 42 mois de pénitencier.   La défense demandait le temps fait ou une peine à purger dans la collectivité.   Peine : six mois à purger dans la collectivité.

Daniel Lafond : Reconnu coupable de gangstérisme, recyclage des produits de la criminalité et complot pour recyclage.   La poursuite demandait deux ans moins un jour de prison.   La défense demandait le temps fait.   Peine : le temps fait, qui comprend une dizaine de mois de détention préventive.

Roberto Amato:  Reconnu coupable de gangstérisme, recyclage des produits de la criminalité et complot pour recyclage.   La poursuite demandait six ans de pénitencier.   La défense demandait une peine à purger dans la collectivité.   Peine : 16 mois de prison.   Mais en soustrayant la détention préventive, il lui reste six mois à purger.

Jerry Purdy : Reconnu coupable de recyclage des produits de la criminalité et complot pour recyclage.   La poursuite demandait deux ans moins un jour.   La défense demandait le temps fait. Peine: Deux ans de probation car il n'avait tiré aucun bénéfice de son crime.

Louis-Pierre Lafortune a été déclaré coupable sur le chef 1 (complot en vue de recycler des produits de la criminalité). Peine:  douze mois d'emprisonnement dans la communauté. Lafortune de qui on attendait les plaidoiries sur la peine, a plutôt annoncé son intention de renouveler sa requête en arrêt et abus de procédures, et d'y ajouter des éléments de la décision de la Cour suprême, appelée arrêt « R. c. Jordan ».

M. Lafond, Drouin, Amato et Purdy ont reçu leur peine ces derniers jours.   Dans la fixation de leur peine, la juge St-Gelais a tenu compte de plusieurs facteurs, y compris l'arrêt sur les délais rendu le 8 juillet 2016 par la Cour suprême.   Seul M. Amato est encore détenu.   M. Lafortune a été libéré après la décision de la Cour d'appel d'accepter d'entendre sa demande de renversement du verdict de culpabilité.

MM. Lafond, Amato et Drouin ont aussi annoncé leur intention d'en appeler de leur verdict de culpabilité.   De son côté, la poursuite pourrait également faire appel de verdicts d'acquittement et de peines dans les 30 jours.

 

 

Lafortune à la Commission Charbonneau

 
 

Louis-Pierre Lafortune, ex-patron des Grues Guay appartient, à une rare catégorie des témoins qui ont des entrées partout.   M. Lafortune a pu compter sur deux lobbyistes associés aux conservateurs (un homme qui ne peut être nommé pour le moment à cause d'un procès) et aux libéraux, feu Serge Marcil ( 01 ), pour faire avancer ses intérêts.

AAER la vision du Parti Libéral du Québec de se lancer dans l'environnement?

M. Lafortune a notamment retenu les services d’un lobbyiste non identifié pour faire avancer le projet d’un développeur d’éoliennes, AAER. Celui-ci s’est assuré de faire une contribution de 3000 $ à l'ex-premier ministre Jean Charest, en utilisant un prête-nom (un cadre de la compagnie). Les démarches n’ont pas donné de résultats concrets, a dit M. Lafortune. AAER a cependant obtenu 2,5 millions d’Investissement Québec un an plus tard.

AAER de Bromont, qui a fait faillite en 2010, a dilapidé pas moins de 2,5 millions de dollars de nos deniers publics.

La jeune entreprise, la première firme québécoise à produire des éoliennes, faisait des dépenses extravagantes et s’était permis des ouvertures de bureaux en Californie et en Europe.

Elle n’a réussi à produire que cinq éoliennes avant de mettre la clef dans la porte. L’un des actionnaires de l’entreprise est Louis-Pierre Lafortune, qui a témoigné à la commission Charbonneau.   Il est intervenu à plusieurs reprises dans le dossier alors qu’il y avait investi 200 000$.   Tout cela s’est déroulé quelques mois avant son arrestation dans le cadre de l’Opération Diligence sur l’infiltration du crime organisé dans le milieu de la maçonnerie.

M. Lafortune a pu mettre à profit ses contacts, en 2008, lorsqu’il a eu des démêlés avec Revenu Québec.   L’ex-ministre libéral Serge Marcil l’a aidé à rencontrer les bonnes personnes pour régler son dossier.   M. Lafortune a assisté à un cocktail de financement pour le ministre du Revenu de l’époque, Jean-Marc Fournier, et son collègue Claude Béchard, au 1000 de la Commune.   L’immeuble était habité par des membres du crime organisé et des Hells Angels à l’époque.

Une semaine après le cocktail, M. Lafortune recevait un appel du cabinet du ministre libéral Jean-Marc Fournier.   Un attaché politique voulait connaître l’étendue de ses problèmes afin de mieux préparer une rencontre à venir avec le ministre.   La rencontre n’a jamais eu lieu, a indiqué Louis-Pierre Lafortune.   Quoi qu’il en soit, son litige avec Revenu Québec a été réglé à sa satisfaction.

Louis-Pierre Lafortune avait aussi ses entrées au Parti québécois (PQ).   En 2005, il a participé à un cocktail de financement pour André Boisclair.   Lafortune et son présumé complice, Norman Marvin "Casper" Ouimet ( 02 ), cherchaient à aider l'entrepreneur Paul Sauvé ( 03 ) à obtenir une subvention de Québec pour la réfection de l'église St. James.   De 50 à 75 personnes étaient présentes lors de ce cocktail de financement. Le prix d’entrée était fixé à 1 000 $.

Un témoin sur le grill

M. Lafortune est accusé de complot pour recyclage des produits de la criminalité, dans l'opération policière "Diligence".

Il aurait tenté de prendre le contrôle d'une maçonnerie à Montréal avec son présumé complice, Normand Marvin Ouimet.

L’entrepreneur a été mis sur le grill pendant six jours à la commission Charbonneau. M. Lafortune a donné du fil à retordre à la Commission, en multipliant les explications invraisemblables ou carrément mensongères.

Sur les conseils de leurs avocats, plusieurs futurs témoins de la commission Charbonneau se présentent sur les lieux en tant que citoyens. Il est question ici de se familiariser avec le lieu, l'atmosphère, les sons et le comportement des témoins. Ainsi ils sont mieux préparés pour affronter le moment où ils devront témoigner à leur tour. Ici à l'arrière de la salle Louis-Pierre Lafortune observe le déroulement de la Commission.

Le procureur, Paul Crépeau, l’a systématiquement confronté à l’écoute électronique de l’opération Diligence.

M. Lafortune dorlotait les officiers de la FTQ-Construction.   Il a notamment payé des constats d’infraction de Jocelyn Dupuis ( 04 ), en faisant passer les dépenses dans la catégorie « permis à la Ville de Montréal » dans les livres de Grues Guay. 
 

M. Lafortune ramassait la note quand Jocelyn Dupuis prenait ses vacances…   Même s’il ne l’accompagnait pas.   Il a notamment financé le voyage à Las Vegas de Jocelyn Dupuis et de sa famille pour qu’il puisse célébrer les 21 ans de sa fille.   Mais il ne se contentait pas des moyens poissons, il s'occupait aussi des gros comme Henri Massé.

HENRI MASSÉ: président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec. (1998-2007) Président du conseil d'administration du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (1998-2007). ( 10 )

Son fils Nicolas Massé est directeur chez Marton Construction, une compagnie appartenant à Tony Accurso, un entrepreneur de construction dont les entreprises ont été financées à près de 250 M $ par le Fonds de solidarité de la FTQ.

Henri Massé, Louis Bolduc (FSFTQ), Richard Marion, PDG de la SOLIM et J. Lavallée au mariage de la fille de Tony Accurso

Richard Massé, le frère de Henri, est responsable de l'inspection à la Commission de l'industrie de la construction du Québec responsable de la surveillance du respect des règles, décrets et conventions collectives par les entrepreneurs.

En 2004, la compagnie Grues Guay avait acheté son concurrent Fortier Transfert dans lequel le Fonds avait investi 1,3 M $ en 2001.

En 2005, Henri Massé, son fils Nicolas, et Jean Lavallée, président de la FTQ-Construction, ont participé à un voyage de pêche sur la rivière George financé par la compagnie Grues Guay au prix de 8 800 $ par tête.

Ici ils s'en défendent bien... Sauf que l'éthique syndicale traditionnelle veut que tu n'acceptes pas de gratuité et tu ne frayes pas avec les boss.   Garder une saine distance permet de meilleures négociations pour les travailleurs et travailleuses - JosPublic

Soulagé

L’élection de Richard Goyette ( 05 ) l’a quelque peu soulagé. Le successeur de Jocelyn Dupuis avait un train de vie plus modeste. « Il coûte pas mal moins cher, lui », dit-il dans une conversation d’écoute électronique.   Les bons contacts de Louis-Pierre Lafortune ne s’arrêtaient pas à la FTQ-Construction.   Il lui est arrivé à quelques reprises de conseiller des entrepreneurs qui désiraient obtenir du financement du Fonds de solidarité sur la marche à suivre.   Il a toujours agi à titre bénévole, sans toucher de contrepartie, assure-t-il.

Le Fonds de solidarité était un partenaire important lorsque Fortier Transfert a racheté Grues Guay.   Denis Vincent, le courtier de l’ombre lié à Jean Lavallée ( 06 ), a joué un rôle d’intermédiaire dans cette transaction de 12 millions de dollars qui a permis à M. Lafortune de prendre du gallon dans l’industrie de la construction.

M. Vincent a touché une commission de 500 000 $ pour son rôle « d’entremetteur ».   M. Lafortune a pris ses distances du pilote d’hélicoptère, avec lequel il avait peu d’affinités.   « Je n’aimais pas sa façon de négocier », a-t-il dit.

 

La proximité Lafortune-Dupuis confirmée par la SQ

 
 

Les écoutes électroniques effectuées par la Sûreté du Québec dans le cadre de l'opération Diligence ont aussi permis d'établir la proximité qui existait entre Jocelyn Dupuis et Louis-Pierre Lafortune.   Elles font notamment ressortir l'intérêt que ce dernier avait pour la lutte d'influence entre les clans Lavallée et Dupuis en 2008-2009, sur fond de querelle électorale.

M. Dupuis va notamment parler à M. Lafortune le 12 novembre 2008, soit le jour même du scrutin à la FTQ-Construction, pour l'informer de la victoire de ses candidats.

Il y est alors aussi question d'une chose que les deux hommes doivent faire « rapidement ».   Un rapport de filature policière du 13 novembre indique que M. Dupuis s'est rendu chez Grues Guay dès le lendemain.

Ce même jour, la SQ a capté une conversation téléphonique entre M. Lafortune et Normand Dubois, dans laquelle le vice-président de Grues Guay se félicite de la victoire électorale du clan Dupuis sur Jean Lavallée.

«

Johnny Lavallée y'a pu sa job, y'est pu vice-président de la FTQ, y'est pu vice-président du Fonds de solidarité
                                                              — Louis-Pierre Lafortune

»

« Tous les postes importants dans l'industrie de la construction pour faire du lobbying, c'est toute la gang à Jocelyn », ajoute M. Lafortune.   Les deux hommes conviennent que Tony « Accurso a manqué son coup ».

 

Une commission d'1 M$ pour un proche des Hells

 
 

Lors de la vente de sa compagnie, Louis-Pierre Lafortune affirme avoir versé une commission d’un million de dollars au pilote d’hélicoptère proche des Hells Angels, Denis Vincent, afin que la transaction se déroule sans encombre.  

Vincent était un proche du crime organisé et très ami avec Jean Lavallée, l’ex-président de la FTQ-Construction.

«C’était beaucoup d’argent, oui, mais si c’était pour que ça continue d’aller bien, […] ça valait le coup […. Cette entente s’est faite pour garder de bonnes relations jusqu’à la vente», a expliqué le témoin à la juge Charbonneau et au commissaire Renaud Lachance, tous deux surpris.

En 2004, la compagnie de location de grues, Grues Guay, avait acheté l’un de ses concurrents, Fortier Transfert.   Il se servait de l'entreprise pour faire majorer de 10% les factures de Grues Moderne, un de ses supposés fournisseurs.   On peut cependant douter que cette entreprise n'ait jamais disposé des grues et autres équipements roulants soi-disant vendus ou loués.   Elle fermera ses portes après un an ou deux et pourra reprendre ses activités d'accommodation sous une nouvelle raison sociale.   Afin d’éviter toute vérification de la part du gouvernement, une entreprise coquille a généralement une durée de vie très courte
 
- extrait du rapport final de la Commission Charbonneau - Novembre 2015

Vincent, le middleman

Il a ajouté que Denis Vincent avait insisté lui-même pour avoir cette commission: «Il était au cœur de la négociation. En gros c’était le middleman qui était au milieu de tout ça depuis le début.»

Le Fonds de solidarité de la FTQ, qui était actionnaire de Fortier Transfert, s’est retiré de l’entreprise juste avant son acquisition par Grues Guay.   Il n'était pas au courant du million versé au pilote, selon le témoignage de Louis-Pierre Lafortune.

Dans une écoute électronique captée en 2008, entre le président sortant de la FTQ, Michel Arsenault, et son conseiller, Gilles Audette, les deux hommes s'inquiètent d'ailleurs du versement de cette commission.   «Le prix de vente aurait été ajusté pour que Denis Vincent touche une commission, explique Audette à Arsenault […].   C'est encore toute le schème à Johnny [Jean Lavallée]», ajoute-t-il.

 

Un ex-dirigeant de Grues Guay arrêté

 
 

Un ex-dirigeant d'entreprise soupçonné d'avoir trempé dans une affaire de blanchiment d'argent et d'avoir contribué à l'infiltration du milieu de la construction par le crime organisé a été arrêté le 4 novembre 2009.   Louis-Pierre Lafortune, un ex-vice-président de la plus importante compagnie de grues au pays, est arrivé des États-Unis sous escorte policière, à l'aéroport Montréal-Trudeau.

M. Lafortune intéressait les policiers depuis plusieurs mois ( 07 ) déjà.   Le 31 mars 2009, l'une des 12 succursales de l'entreprise Grues Guay, celle d'Anjou, avait fait l'objet d'une perquisition ( 08 ) de la Sûreté du Québec.

Une entreprise montréalaise d'achat et de location de machineries que dirigeait Louis-Pierre Lafortune avait aussi été visitée par la même occasion, de même que sa résidence, à Terrebonne, où deux véhicules avaient été saisis.

Avec un parc de 450 grues, Grues Guay est la compagnie de grues la plus importante au pays, la 3e en Amérique du Nord et la 15e au monde.

10 autres personnes arrêtées

La Sûreté du Québec a procédé à l'arrestation de 10 personnes liées au secteur de la maçonnerie, dans le domaine de la construction.

En tout, la police provinciale avait en main 14 mandats d'arrestation, dans le cadre d'une opération baptisée Diligence, menée dans la grande région de Montréal. Six autres personnes avaient déjà été appréhendées.   Les personnes arrêtées auraient tenu le rôle de facilitateur ou encore auraient été complices ou à la solde du Hells Angels Norman Marvin Ouimet.   Celui qui est considéré comme la tête dirigeante du réseau est déjà recherché dans le cadre de l'opération SharQc ( 09 ) contre le crime organisé.

La SQ a commencé son enquête au printemps 2007 après la plainte d'un entrepreneur en maçonnerie, qui affirmait que les Hells Angels tentaient d'infiltrer son entreprise.

La police a ainsi dénoué la toile tissée par les Hells dans le milieu de la construction dans le but, entre autres, de blanchir de l'argent.

Les Hells avaient développé trois méthodes d'infiltration de l'économie légale:

  • repérer une entreprise en difficulté et proposer une aide financière, pour y injecter de l'argent sale. À titre d'exemple, la police a expliqué que Normand Marvin Ouimet facturait de faux services de consultations.   Le travail au noir et l'embauche d'effectifs des Hells faisaient aussi partie du plan;

  • acheter des terrains avec de l'argent comptant pour ensuite y construire des complexes immobiliers;

  • des facilitateurs, comme le groupe Ste-Marie, permettaient que de l'argent comptant transite par l'entreprise pour ensuite se retrouver dans des paradis fiscaux.

Parmi les facilitateurs, la police compte des représentants syndicaux, des comptables, des gestionnaires de portefeuille et des agents immobiliers.

Un représentant syndical de la FTQ-Construction, Guy Dufour, aurait notamment servi a obtenir frauduleusement des cartes de compétences de la CCQ pour des employés.

Un agent d'immeubles, Roberto Amato, aurait permis à Ouimet d'acquérir des terrains avec l'argent du crime.   Des comptables ont aussi été arrêtés, dont Jean Siminaro, qui a été radié temporairement (?) en août de l'Ordre des comptables en management.

La SQ a précisé que les arrestations n'étaient pas liées à l'opération Marteau, qui s'intéresse aux liens possibles entre les milieux de la construction et de la politique municipale.

Sources: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir inc., Agence de presse QMI pour Québecor Inc.; Ici Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada: Journal La Presse pour Power Corporation du Canada.

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 11 février 2014
Mise à jour 22 octobre 2017

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Des gens d'affaires
mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique

  Politiciens et politiciennes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

Employés.es de l'État
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos de Serge Marcil - Sur Wikipédia

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02

 

Normand «Casper» Ouimet accusé de 22 meurtres - Sur La Presse 2 novembre 2010

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03

Sauvé dans les griffes de Rizzuto fils - Sur Radio-Canada, 25 octobre 2013

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04

 

À propos de Jocelyn Dupuis, ex-directeur de la FTQ-Construction - Sur MétéoPolitique.com

 

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05

 

À propos de Richard Goyette, directeur de la FTQ-Construction ne reviendra pas - Sur Radio-Canada, le 31 mai 2010

 

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06

 

Qui est Denis Vincent? - Sur Le Nouvelliste, le 28 novembre 2013 et Jean Lavallée - Sur MétéoPolitique

 

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07

 

M. Lafortune intéressait les policiers depuis plusieurs mois - Sur Radio-Canada, le 1er avril 2009

 

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08

 

L'une des 12 succursales de l'entreprise Grues Guay, celle d'Anjou, avait fait l'objet d'une perquisition - Sur Radio-Canada, 31 mars 2009

 

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09

À propos de l'opération SharQc - Sur Radio-Canada, 15 avril 2009

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10

 

À propos d'Henri Massé, ex-président de la Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec FTQ - Sur La Mémoire du Québec, site opéré par Jean Cournoyer

 

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jusqu'à son arrestation en 2009 dans le cadre de...

Opération Diligence de la Sûreté du Québec (SQ) - Sur Mémoire du Québec

 

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