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Corruption et collusion politiques au Québec
La version des faits par Lino Zambito
"Le témoin"

L'homme d'affaires et entrepreneur Lino Zambito a payé un énorme prix personnel, professionnel et financier pour sa franchise.  Dans un livre choc, il va au fond des choses comme jamais auparavant.   Racontant son parcours dans l'industrie de la construction, il dresse un portrait sans complaisance d'un système de collusion et de corruption dont les acteurs n'étaient pas seulement des entrepreneurs avides, mais aussi des fonctionnaires pourris et des politiciens et politiciennes assoiffés de pouvoir, agissant au mépris des lois sur le financement des partis politiques.  

Sans détour, Lino Zambito dit toute sa vérité.   Et ce ne sera pas agréable pour tout le monde.   Malgré 8 jours de témoignage à la commission Charbonneau et 35 rencontres avec des policiers pour collaborer à des enquêtes sur la corruption, la collusion et le financement illégal, Lino Zambito estime n'avoir pas tout dit.   L'ex-entrepreneur, qui est à mi-chemin de la peine à laquelle il a été condamné dans le cas de la fraude à Boisbriand, présente sa version des faits dans son livre Le témoin.

 

En date du 11 novembre 2016, il y a plus de 300 personnes (politiciens, politiciennes, gens d'affaires et fonctionnaires) qui n'ont pas été accusées par l'UPAC ou une instance policière du Québec.  Pourtant ces gens ont été dénoncés devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction pour avoir posé des gestes illégaux...ou pire leurs actions décrites dans le rapport de la Commission Charbonneau.  Quelques-uns ont été condamnés.

Pour chaque compagnie de gens d'affaires il doit y avoir au moins un comptable par entreprise. Niet, rien... Quant aux bureaux d'avocats qui soutenaient le système d'élections clefs en main...le cabinet le plus connu s'est dissolu dans la nature du monde des affaires.  Nenni pas une accusation!


Note de JosPublic

Un des cas les plus loufoque... un ingénieur donne 25 000$ en pot de vin, il est condamné à 18 mois de suspension par l'ordre des ingénieurs et .... c'est tout, rien du ministère de la Justice.  Par contre il n'y a pas grand monde qui se fait prendre à voler dans un magasin qui ne soit pas poursuivi.  Sauf les gens connus, bien sûr, il y a même un registre de ces gens.

Quant à savoir si la police agit comme une police de "tontons macoutes", rappelons-nous leur attitude envers les étudiants en 2012 et ceci:  Les élus ne sont peut-être pas au-dessus des lois, mais les exigences à l'endroit des policiers, lorsqu'ils font enquête sur eux, sont plus grandes.

Par exemple, pour obtenir un mandat d'écoute électronique qui vise un parlementaire du Québec, il faut plus que l'autorisation d'un juge. Il faut aussi celle du directeur des procédures criminelles ou pénales ou du sous-ministre de la Justice, tous deux nommés par le gouvernement : source: Des lois vétustes contre la corruption

Tous ceux et celles qui croient qu'il y a une police politique au Québec ont raison.  Les faits parlent d'eux-mêmes.

  Lino Zambito

Lino Zambito Le Témoin
UPAC une police politique
Commission Charbonneau sous contrôle du politique
Lino Zambito éclabousse Marc Bibeau
Le grand argentier Marc Bibeau
Centres d'achats Beauward de Marc Bibeau
Police politique du Québec
La mairesse Cordato en conflit d'intérêts
Livre Le Témoin de Lino Zambito
Lino Zambito le délateur repenti
Lino Zambito l'alerteur
Lino Zambito condamné pour collusion et corruption dans l'industrie de la construction
Financement illégal des partis politiques
Financement illégal du Parti Libéral du Québec
 
 
 

Zambito crève l'abcès 

 
 

«Je crève l'abcès», lance Zambito.   En voulant exposer «sa propre vérité», celui qui était à la tête de l'entreprise de construction Infrabec et qui a décortiqué le système de collusion à Montréal devant la commission Charbonneau expose des réseaux d'intérêts, s'interroge au sujet de la lenteur des enquêtes policières et écorche certaines personnes liées au monde politique.

« Il y a quelque chose qui bloque » — Lino Zambito

Bien qu'il se défende de nourrir quelque sentiment de vengeance que ce soit, il n'en montre pas moins du doigt certains événements méconnus du grand public.  «Je lance des points d'interrogation pour des dossiers qui sont entre les mains des autorités.   J'ai rencontré 35 fois les policiers ; tout est assermenté », affirme-t-il en entrevue avant d'ajouter : «Avec ce que j'ai vécu, je peux vous dire qu'il y a bien des politiciens au-dessus des lois.»   Voici deux de ses «points d'interrogation».

Dan Gagnier a fait la manchette à quelques reprises au cours des dernières années.   Il a notamment dû démissionner de ses fonctions de coprésident de la campagne électorale 2015 de Justin Trudeau parce qu’au même moment il avait rédigé des conseils pour TransCanada. ( 01 )

Dans votre livre, vous êtes très critique envers le travail de l’UPAC. Pourquoi? 

Je peux vous garantir que les enquêteurs sur le terrain font un travail colossal.   Mais une fois que les éléments d’enquête sont ramassés, l’étape suivante, c’est la haute direction de l’UPAC.   Il y a quelque chose qui bloque.   Combien d’arrestations y a-t-il eu dans la dernière année et demie, à part la gang à Normandeau?   Pas beaucoup. ( 02 )

Portrait de Dan Gagnier

 

La haute direction de l'UPAC « joue une "game" politique », accuse Lino Zambito

 
 

La haute direction de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) « joue une game politique » qui a une incidence directe sur la conclusion d'enquêtes policières.  

L'ex-entrepreneur en construction déplore les « relations malsaines » que l'UPAC entretient avec le bureau du premier ministre du Québec.

Après quatre ans de collaboration avec l'UPAC, et 35 rencontres avec ses enquêteurs, M. Zambito dit avoir longtemps espéré que la haute direction de l'UPAC « ferait [sa] job correctement », avant de déchanter.

 
«

[Mon livre] est une façon polie de dire aux dirigeants de l'UPAC qu'ils ont le mandat clair de faire le ménage dans l'industrie de la construction et dans le financement politique des partis provinciaux. Je trouve qu'ils ne le font pas.   C'est une façon polie de leur dire de se réveiller et d'assumer leurs responsabilités.   -   Lino Zambito

»
 

« Je me suis aperçu que les enquêtes étaient mises sur des bureaux et qu'elles ne débouchaient pas », explique-t-il.   « La seule façon de donner ma version et de poser des questions [...], c'est d'écrire les faits dans un livre. »
 

Les enquêteurs de l'UPAC font un « excellent travail », précise M. Zambito, mais « la haute direction de l'UPAC [...] décide de finaliser certains dossiers et de ne pas amener des accusations dans d'autres dossiers. »

 
«

La haute direction de l'UPAC [...] joue une game politique.   Il y a des relations malsaines avec le bureau du premier ministre.   On décide de temps en temps d'accuser une personne [...]   On tente de faire baisser la pression médiatique. [...]   Ils ont la preuve pour arrêter beaucoup plus de monde qu'ils ne l'ont fait -   Lino Zambito

»
 

M. Zambito soutient par exemple qu'un enquêteur de l'UPAC dans un dossier lié à la Ville de Boisbriand lui a confirmé lors de son passage à la commission Charbonneau que ses supérieurs avaient fait pression pour qu'il soit arrêté.   « Lui a tout le temps voulu me rencontrer, et on lui a dit : "non, tu vas l'arrêter" », relate-t-il.

« Quand il y a nécessité, ils sont prêts à frapper », poursuit-il, en disant tenir pour preuve l'arrestation de l'ex-ministre libérale Nathalie Normandeau, (03)survenue en mars 2016, alors que le patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, sollicitait un nouveau mandat. ( 04 )

L'enquête s'est faite en deux mois, ça pressait. Il y avait urgence.   J'ai été rencontré le 23 décembre, le 5 janvier 2016.   Ils sont venus chez nous, [déclaration assermentée] KGB, notaire. [...]  J'ai dit aux enquêteurs sur le terrain : "votre boss a besoin de renouveler sa job?". Ils se sont mis à sourire.

L'UPAC affirme pour sa part que cette arrestation résulte de la fusion des opérations Joug et Lierre, ( 05 )ouvertes en 2014, avant d'être fusionnées.

 

Quand la commission Charbonneau fait l'impasse sur le financement politique

 
 

M. Zambito soutient également que la commission Charbonneau a effectué du bon travail pour débusquer des rouages des systèmes de collusion et de corruption mis en place au niveau municipal, mais pas en ce qui concerne le financement politique.

Il dit cependant avoir été surpris de constater que l'ancien grand argentier libéral Marc Bibeau et l'ex-premier ministre Jean Charest n'aient pas été appelés à témoigner.

« Pourquoi on ne l'a pas fait?  Pour des raisons politiques? », lui a demandé l'animateur Alain Gravel, à son émission de radio.   « Je ne vois pas d'autre raison. [...] La question se pose sur pourquoi on ne l'a pas fait », répond M. Zambito.

Il déplore du coup qu'un ancien conseiller de M. Charest, Alain Lauzier, ait agi comme conseiller de la commission.  ( 06 )  « J'ai un problème avec ça », dit-il, en rappelant qu'il y avait un « problème flagrant » avec le financement du PLQ.   « Comment voulez-vous qu'on aille au fond de ce sujet-là? »

On veut faire des exemples avec des personnes ciblées, mais les responsables, le système de financement politique au Parti libéral, c'est Bibeau qui le pilotait.   Et il avait un chef qui était Jean Charest.   Et ces gens-là semblent être protégés par l'UPAC.

 

Lino Zambito éclabousse l’ex-argentier du PLQ
L'influence de Marc Bibeau

 
 

Dans la mire de l'UPAC, Marc-A. Bibeau est décrit par les dénonciations liées aux mandats de perquisition comme étant « le grand argentier du PLQ »

L'ex-entrepreneur soutient avoir été frappé de constater l'influence qu'avait Marc Bibeau dans un évènement politique tenu à Laval en 2009. 

Retour d’ascenseur

Zambito venait de lui donner un coup de main pour la reconduction du bail de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles ( 07 ), sur la Rive-Nord (Montréal) qui loge dans un des édifices de M. Bibeau. 

La commission hésitait alors entre renouveler le bail de son siège social dans cet immeuble de Saint-Eustache ou encore acquérir son propre édifice.

En parallèle, indique-t-il, Dan Gagnier, le chef de cabinet de Jean Charest, aurait communiqué avec le directeur de la commission scolaire, Jean-François Lachance, pour le convaincre.

La tentative de Gagnier aurait échoué, mais pas les démarches de Zambito.  Ce dernier dit avoir mandaté Claude Brière, conseiller de la mairesse de Boisbriand de l’époque, afin que cette dernière fasse jouer son influence auprès des commissaires scolaires. 

«Au bout du compte la décision fut prise par résolution de renouveler le bail avec Bibeau.   Brière avait fait du bon travail», raconte Zambito dans son livre.

De son côté M. Zambito lui avait alors demandé de l'aider à faire débloquer un projet d'infrastructures à Boisbriand et pour lequel le règlement d'emprunt municipal tardait à être autorisé par le gouvernement du Québec.

L'argentier libéral aurait accepté sans détour, M. Bibeau aurait alors appelé le chef de cabinet de Jean Charest, Dan Gagnier, au grand étonnement de M. Zambito.

«Faut que ce dossier-là débloque», aurait-il commandé au chef de cabinet de Jean Charest.   «Ça a pris une couple de semaines, mais en dedans d’un mois, un mois et demi, le projet a été débloqué».  

«Honnêtement, j’étais un peu mal à l’aise», a-t-il ajouté.  Le contrat qu'il souhaitait faire débloquer était d'une valeur de 4 millions de dollars, ce qui ne justifiait pas d'appeler au bureau du premier ministre, selon lui.

Marc Bibeau lui aurait alors lancé : « Quand on forme un Conseil des ministres, on est cinq dans le "war room". Je suis un des cinq et les ministres le savent.   J'ai du poids.   Quand on a besoin qu'un dossier se règle, ils sont mieux de bouger ».

En plus d’être actif dans l’immobilieret notamment dans les centres commerciaux, Bibeau est actionnaire de Schokbeton, ( 08 ) spécialisée dans la fabrication de poutres de béton, et siège au conseil d’administration de la Corporation Financière Power. ( 09 )

Même si son nom revient souvent dans divers documents d’enquête de l’UPAC, il n’a fait l’objet d’aucune accusation criminelle à ce jour.

L'homme d'affaires Marc-A. Bibeau a souvent été dépeint, y compris devant la commission Charbonneau, comme l'architecte de la réussite financière du Parti libéral du Québec sous le règne de son ami Jean Charest.   Pour Lino Zambito, Marc Bibeau incarne la puissance de la machine libérale, n'ayant ni «grands principes» ni «états d'âme».

M. Zambito n'est guère surpris que Marc Bibeau ait d'ores et déjà nié avoir tenu ces propos.   « Écoutez, ça fait six ans qu'il nie tout ce qu'il fait, tout ce qu'on révèle sur lui », laisse-t-il tomber.

 

La police politique du Québec

 
 

(...) De source sûre, je sais qu’il y a un lien entre (Robert) Lafrenière et le chef de cabinet de (Philippe) Couillard.   Ces gars-là se parlent régulièrement, chose qui est totalement inacceptable.

Insinuez-vous qu’il y a des interventions politiques dans le travail de la police?

Je suis convaincu que les enquêtes se font indépendamment, mais quand vient le temps d’accuser, je suis sûr à 100 % qu’il y a des «calls» politiques qui se font: où aller et où ne pas aller.

Votre livre contient des allégations reliées à l’ex-argentier du PLQ Marc Bibeau, qui aurait selon vous utilisé son statut privilégié auprès du cabinet Charest afin de renouveler un bail dans un de ses immeubles. N’avez-vous pas peur que Bibeau vous poursuive?

S’il me poursuit, un jour, on aura la chance de le mettre dans la boîte (des témoins) et de l’interroger.   Ça va être sa parole contre ma parole.   Quelqu’un qui a collaboré à la commission Charbonneau, et dont 93 % des dires ont été corroborés, contre quelqu’un qui se cache et qui ne veut jamais parler aux médias ou à personne, et qui répond par des mises en demeure.

 
«

Je suis convaincu que les enquêtes (de l’UPAC) se font indépendamment, mais quand vient le temps d’accuser, je suis sûr à 100 % qu’il y a des «calls» politiques qui se font.
 
                                                         -   Lino Zambito

»
 

Une fuite en provenance de l’UPAC ?

Dans sa biographie, Lino Zambito laisse entendre que l’ex-procureur en chef adjoint de l’UPAC, Sylvain Lépine ( 10 ), aurait souhaité que soient coulées aux médias des informations compromettantes pour l’ex-ministre Sam Hamad et le Parti libéral du Québec.   Sa théorie est que Lépine, un militant péquiste qui songeait alors à se présenter pour la Coalition Avenir Québec CAQ, aurait eu tout intérêt à ce que le Parti libéral soit éclaboussé.   Selon Zambito, c’est Sylvain Lépine lui-même qui fait part de ses souhaits lors d’un déjeuner avec un avocat que connaissait aussi l’ex-entrepreneur.

Radio-Canada a éventuellement obtenu les informations compromettantes, mais l’origine de la fuite n’est pas précisée.  Zambito dit même avoir été interrogé à ce sujet par deux hauts gradés de la Sûreté du Québec (SQ), Michel Pelletier et Michel Forget.

Par la suite, Sylvain Lépine a été nommé juge en octobre 2012 par le ministre péquiste de la Justice Bertrand Saint-Arnaud.

 

Encore en poste malgré la collusion
La mairesse de Boisbriand dans la ligne de mire

 
 

Lino Zambito a lui-même plaidé coupable à six chefs d'accusation de fraude, de complot et de corruption, après avoir admis avoir illégalement financé le parti de l'ex-mairesse de Boisbriand Sylvie St-Jean en échange de contrats pour sa firme, Infrabec.

Il a écopé d'une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité.

En entrevue à l'émission de Radio Gravel le matin de Montréal, il a expliqué qu'il venait tout juste de purger sa première année, au cours de laquelle il ne pouvait sortir de chez lui sans prévenir un agent de probation. Depuis minuit, et pour la prochaine année, il peut maintenant sortir librement pendant le jour, mais demeure soumis à un couvre-feu entre 22 h et 6 h.

L'ancien entrepreneur en construction se prépare aujourd'hui à donner des conférences pour inciter la population à s'engager dans la lutte contre la corruption et « à talonner le gouvernement Couillard pour qu'on fasse le ménage correctement ».

Il dénonce notamment que la mairesse de Boisbriand, Marlène Cordato, soit toujours en poste, bien que son rôle dans les histoires de corruption touchant sa municipalité soit consigné dans une déclaration conjointe des faits acceptés dans le cadre du procès de l'ex-mairesse, Sylvie St-Jean. 

« Dans cette déclaration-là, la Couronne accepte que Cordato en 2006 a [pris] part à un système de corruption à Boisbriand.  Elle a favorisé la firme d'ingénieurs Genivar et le bureau d'avocats Dunton Rainville.  C'est écrit blanc sur noir.   Et il y a un juge qui a accepté ça. »

« C'est inacceptable que cette dame-là soit encore à la tête d'une ville », dénonce M. Zambito « Faut que la population se prenne en main, que la population réagisse. Faut faire changer ces mœurs au Québec. »

Cette déclaration n'implique cependant pas une reconnaissance des faits de la part de la mairesse, qui nie avoir participé à un système de collusion.   En entrevue à La Presse, elle accuse M. Zambito d'agir par vengeance parce qu'elle l'a dénoncé à la police. 

«On n’a pas porté d’accusations contre elle, en échange de son témoignage.   Jusque-là, ça va.  Mais qu’une personne qui s’est livrée à la collusion et qui a donné des mandats à ses amis ait eu le droit de se présenter à un poste électif, et demeure encore aujourd’hui mairesse d’une ville, me dégoûte profondément», écrit-il.

 

Les autres secrets de Zambito

 
 

Détenez-vous encore des secrets, ou avez vous tout dit publiquement?

Je pourrais faire un autre ou deux autres livres (sourire en coin).   Mais il y a des enquêtes qui sont en cours, et j’ai espoir que ces enquêtes-là débouchent.  

Ceux-là (les cas dans le livre), j’en parle, parce que j’ai l’impression que ces enquêtes-là ont été tablettées, et qu’il n’y a pas la volonté de les faire déboucher.

Sur quoi portent ces informations que vous gardez encore secrètes?

Du politique.   Beaucoup de politiciens.   À l’interne, à la SQ.  La façon d’agir de certains policiers à l’interne.  

Un jour, si ça aboutit, ou si ça n’aboutit pas, on donnera l’information aussi.

 

Pourquoi devrait-on vous croire?   Après tout, vous avez vous-même reconnu avoir commis des crimes.

Tout ce que j’affirme est déposé à l’UPAC.   C’est des déclarations assermentées devant notaire.   Quel intérêt j’aurais à mentir?   Si je mens, je suis dans la merde.   Pis, je sors de cinq années de problèmes et de poursuites.   Je n’ai aucun intérêt (à mentir).

Vous êtes un des sonneurs d’alarme les plus connus au Québec.   Que pensez-vous des récentes histoires d’espionnage des journalistes par la police?

Je pense que c’est totalement inacceptable. (...)   Si on a eu une commission d’enquête, c’est grâce au travail acharné des journalistes d’enquête.   Et ces gens-là, sans sources, ils n’auraient pas la moitié de l’information qu’ils ont eue.   C’est inconcevable que la police s’immisce, suive les journalistes ou les mette sous écoute.   Je pense qu’on a crevé l’abcès, mais je suis convaincu que c’est une pratique qui se fait depuis longtemps.

Vous purgez depuis un an une peine de prison à domicile. Comment vivez-vous ça?

Ce n’est pas évident.   Tu es habitué d’avoir une liberté, et à un moment donné, tu es restreint, il faut que tu donnes tous tes déplacements (à la police).   Mais en bout de ligne, c’est correct.   J’aurais pu être en dedans, derrière les barreaux.   Je n’ai pas à me lamenter, j’assume totalement.

Avez-vous des projets maintenant que votre sentence de prison à domicile est terminée?

On est en train de monter des conférences avec une équipe.   Moi, je veux que la population soit sensibilisée.   Au Québec, on chiale beaucoup, mais à un moment donné, on reste passif. (...) En 2009, les bandits c’était les entrepreneurs.   Aujourd’hui, on approche du politique, du provincial.   Mais il faut dénoncer.   Quand on viendra à bout des responsables, on passera à autre chose.

 

Extraits du livre Le témoin

 
 

À propos du système de collusion

« Est-ce que ça valait la peine pour moi de me prêter à cette pratique, compte tenu du prix très élevé - autant humain que financier - que j'ai dû payer à la fin ?

Sûrement pas.

Est-ce que je suis fier de m'être trouvé ainsi dans l'illégalité pendant autant d'années ?

Bien sûr que non.

Mais [...] je n'avais pas le choix. Ou j'acceptais de jouer le jeu, ou je ne travaillais pas. »

« Il y a présentement à Montréal plus de 400 chantiers en activité. La demande est forte. Or, quand on décide d'entreprendre autant de travaux en même temps, on est beaucoup plus vulnérable. »

À propos de la perquisition chez Infrabec

Le 1er décembre 2009, l'escouade Marteau de la Sûreté du Québec perquisitionne dans les bureaux d'Infrabec, à Boisbriand.   Mais les enquêteurs connaissaient déjà les lieux, raconte Lino Zambito.  

Quelques semaines auparavant, « des policiers s'étaient introduits en soirée - sans mandat - dans mon bureau après avoir désactivé le système d'alarme. Ce soir-là, la femme de ménage était entrée chez Infrabec plus tard que prévu pour faire son travail et les avait surpris, vers 22 h, en train de fouiller dans les poubelles. Les individus lui avaient montré leur insigne de policier en lui disant que si jamais elle parlait de ce qu'elle avait vu, elle aurait de sérieux problèmes ».   Dès le lendemain, elle a prévenu M. Zambito qui a aussitôt fait installer des caméras et des micros.   Les caméras ont été repérées et débranchées lors de la perquisition, mais pas les micros.

« Cette perquisition était dans une large mesure un spectacle de relations publiques commandé par le gouvernement pour faire croire que la police faisait bien son travail et qu'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction n'était pas nécessaire. »

Lors de la perquisition, qui a duré toute une journée, les policiers souhaitaient se faire livrer un repas.   « J'ai alors eu le culot de leur donner le dépliant de mon restaurant, Pizza Etcetera, qui était à Blainville. [...] Il y en avait pour pas loin de 250 $. C'était un peu ma manière de dire : « Tant qu'à me faire chier, vous allez au moins encourager mon commerce. [...] Mes employés étaient tordus de rire, malgré la gravité de la situation. »

Source: Journal La Presse pour Power Corporation du Canada; Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada; L'agence de presse La Presse canadienne

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 11 novembre 2016

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Lino Zambito d'Infrabec, coupable et sentencé par la cour

  Des gens d'affaires
mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique

  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

Lino Zambito Le Témoin
UPAC une police politique
Commission Charbonneau sous contrôle du politique
Lino Zambito éclabousse Marc Bibeau
Le grand argentier Marc Bibeau
Centres d'achats Beauward de Marc Bibeau
Police politique du Québec
La mairesse Cordato en conflit d'intérêts
Livre Le Témoin de Lino Zambito
Lino Zambito le délateur repenti
Lino Zambito l'alerteur
Lino Zambito condamné pour collusion et corruption dans l'industrie de la construction
Financement illégal des partis politiques
Financement illégal du Parti Libéral du Québec

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Élection fédérale : l’«affaire» Dan Gagnier décodée - Analyse par la politologue Josée Legault : Daniel Gagnier - un exemple parmi d'autres du phénomène de plus en plus répandu des «portes tournantes» entre le monde politique, le milieu des affaires et plus spécifiquement ici, l'industrie pétrolière. - Sur Journal de Montréal/Québec, le 16 octobre 2015

 

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02

 

Le Parti Libéral du Québec protège son monde des affaires et ses donateurs illégaux en coupant dans le budget de la Justice - Sur MétéoPolitique

 

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03

 

Arrestation de l'ex-vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau - Sur MétéoPolitique

 

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04

 

Robert Lafrenière reconduit à la tête de l'UPAC - Sur Radio-Canada, le 6 avril 2016

 

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05

 

Projets Joug et Lierre: sept personnes sont arrêtées par l'UPAC

Le commissaire à la lutte contre la corruption, M. Robert Lafrenière, a confirmé en conférence de presse, les arrestations de sept personnes en lien avec leur implication présumée dans des stratagèmes criminels incluant notamment des activités frauduleuses de financement politique, soit : Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, Mario W. Martel, France Michaud, Ernest Murray, Nathalie Normandeau et François Roussy.

 

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06

 

 

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07

 

Commission scolaire de la Seigneurie des Mille-Îles. L’UPAC s’intéresse à un contrat de location - Sur Le Devoir, le 11 novembre 2016

 

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08

 

Portrait de Schokbeton - Sur MétéoPolitique

 

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09

 

Portrait de Power corporation du Canada - Sur MétéoPolitique

 

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10

 

Sylvain Lépine: un parcours étonnant pour le nouveau procureur chef du Québec.  - Sur la Presse, le 21 mai 2011

 

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