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Le cartel des travaux publics échappe aux accusations fédérales. Le Bureau de la concurrence ne déposera pas d'accusations contre des entrepreneurs. Ceci ne touche pas aux autres allégations, arrestation avérée ou à venir - 10 mai 2017

Joseph Piazza entrepreneur en construction
Un dossiers embarrassants pour la notion d'éthique

Le 22 octobre 2012, devant la commission Charbonneau, le témoin Gilles Surprenant, ingénieur cadre à la ville de Montréal ( 01 ) a relaté que vers 1995, il avait lui-même déclaré à Paolo Catania de Constructions Frank Catania
( 02 ) que les entrepreneurs présentaient des soumissions trop basses pour des contrats. Dans un cas, lui avait-il dit, Frank Catania et associés avait proposé de réaliser un projet estimé à 900 000 $ par la Ville pour 650 000 $.

Peu de temps après cette conversation, a dit Gilles Surprenant, Joe Borsellino de Garnier Construction
( 03 ) l'a appelé à son bureau pour l'inviter à un dîner. Lorsque l'ingénieur s'est présenté, Paolo Catania était sur place, tout comme Johnny Piazza, de Piazza Constructions. Cette compagnie a été rebaptisée ATG ( ou TGA) par la suite.

Le témoin a décrit ses trois interlocuteurs comme « trois jeunes entrepreneurs qui voulaient changer les choses » et désiraient « des prix plus compétitifs ». L'un d'eux lui aurait dit à cette occasion : « Si on peut manger un peu plus, d'autres vont pouvoir manger ». Gilles Surprenant dit avoir compris qu'il faisait partie de ces « autres ».

Piazza construction: entrepreneur général en génie civil de 1995 à 2001. La firme était administrée notamment par Johnny (Giuseppe) et Joseph Piazza. Lorsque la société a fermé, Joseph a fondé TGA Montréal inc. qui fait des affaires à Montréal, à Laval et dans la couronne nord.

En octobre 2012, Lino Zambito ( 04 ) a déclaré à la commission Charbonneau que Joseph Piazza aurait truqué un contrat de réfection de conduite d'eau en organisant les soumissions.

TGA Montréal site internet

Président
Joseph Piazza


Vice Président
Franco Piazza

sur site internet 5 juillet 2013

 
 

18 entreprises et 3 individus échappent à la Justice
10 mai 2017

 
 

Une vingtaine d’entrepreneurs soupçonnés d’avoir formé un cartel des travaux publics à Montréal, dont certains allaient livrer de l’argent comptant à la mafia, ne seront finalement pas accusés par le Bureau de la concurrence.

Après des années d’enquête, l’organisme fédéral abandonne l’«opération Rubicon» qui visait les hommes d’affaires et les entreprises soupçonnés d’avoir participé pendant 15 ans à un système de collusion dans les contrats d’aqueduc et d’égout, d’asphaltage, de trottoirs et d’aménagement de parcs.

Parmi les entrepreneurs blanchis figurent plusieurs hommes d’affaires que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a filmés dans l’ancien repaire de la mafia, le café Consenza, en 2004 et 2005.

Il est question notamment de «M. Trottoir», Nicolo Milioto, qui jouait le rôle d’intermédiaire entre le crime organisé et le cartel, selon les témoignages entendus à la commission Charbonneau.

Témoin vedette

Témoin vedette de la commission Charbonneau, l’entrepreneur déchu Lino Zambito est aussi passé par le repaire.   Contacté par Le Journal, il explique que le Bureau de la concurrence lui avait proposé de collaborer à l’enquête.

«Mais c’est trop compliqué, dit-il. Ils n’offraient pas l’immunité complète.»

En 2015, Le Devoir écrivait d’ailleurs que le Bureau «peinait à recruter des témoins» pour son opération contre les cartels de travaux publics à Montréal.

Zambito croit aussi qu’Ottawa «n’a pas d’enquêteur chevronné là-dessus».

«Ils se sont fiés à ce qu’ils ont entendu à la commission Charbonneau», dit-il.

«L’enquête du Bureau de la concurrence à propos d’activités anticoncurrentielles alléguées à Montréal (...) a été discontinuée», écrit l’organisme fédéral dans un courriel, sans autre explication.

L’organisme réfère cependant à des documents qui montrent que la Sûreté du Québec, qui accompagnait le Bureau lors de ses perquisitions, pourrait avoir recueilli du matériel qui n’était pas visé par les mandats. L’organisme fédéral a même dû réaliser une enquête interne à ce sujet.

Caviardé

Les documents sont cependant lourdement caviardés et ne révèlent pas si ces anomalies ont eu des répercussions sur l’issue de l’opération Rubicon.

C’est la deuxième fois en quatre mois que le Bureau de la concurrence abandonne une enquête au sujet d’un présumé cartel dans le secteur de la construction.   En janvier 2017, l'Agence de presse QMI révélait que huit individus et entreprises de la région de Saint-Jean-sur-Richelieu avaient vu les accusations contre eux être retirées. 

18 entreprises et 3 individus échappent à la Justice 

Au total, le Bureau de la concurrence soupçonnait 18 entreprises et trois individus d’avoir conclu des accords de partage de contrats de travaux civils et déposé des soumissions après s’être entendus.

Les entrepreneurs ont réalisé les travaux en question pour la Ville de Montréal et l’ancien Hôpital fédéral pour anciens combattants de Saint-Anne-de-Bellevue, de 1997 à 2009.

Dans le cadre de son enquête sur ces infractions alléguées aux lois fédérales sur la concurrence, le Bureau a mené des perquisitions dans les locaux de 18 entreprises de travaux publics agissant à Montréal.

Charbonneau

Les dénonciations qu’a déposées le Bureau de la concurrence pour obtenir les mandats reposent toutefois largement sur les révélations de la commission Charbonneau, qui ne peuvent servir de preuve en cour.

L’organisme fédéral ne déposera donc aucune accusation contre les entreprises et individus nommés ci-dessous:

 

BP

 

Canbec

Catcan - Paolo Catania (cousin d'un autre Paolo Catania inculpé dans le scandale de Faubourg Contrecoeur à Montréal)

Garnier et son président Joe Giuseppe Borsellino

Mivela et son président Nicolo Milioto

 

Super et son président Francesco Cappello

TGA - Joseph Piazza

ATG - Accursio-Alex SCIASCIA

Mirabeau - Dominico Arcuri

Pavages C.S.F. - Domenico Camalerri

 

Conex - Tony Conte

Terramex - Michel Leclerc

 

Bentech

DJL - Marcel Roireau

Groupe Dubé

LA Hébert

Doncar - Joseph Giguère

Soter - Marc Lussier

Sources: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 15 mai 2017

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Gens d'affaires
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Politiciens.nes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Employés.es de l'État
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Éthique et corruption

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos de Gilles Surprenant, ingénieur à la ville de Montréal - Sur MétéoPolitique

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02

À propos de Paolo Catania, entrepreneur en construction - Sur MétéoPolitique

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03

À propos de Jos Borsellino de Garnier construction - Sur MétéoPolitique

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04

À propos de Lino Zambito d'Infrabec construction - Sur MétéoPolitique

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