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Gimmick immobilière à Beaconsfield
Le sens de l'éthique et de la morale de
Johnny DI GIROLAMO

Johnny DI GIROLAMO et un groupe de personnes ont été arrêtés et feront face à une série d'accusations criminelles pour avoir tenté d'imposer un règne de terreur dans la paisible banlieue de Beaconsfield, dans l'ouest de l'Île de Montréal.  Les accusations portent sur l'intention commune d'extorsion, de vol de plus de 5 000$, de harcèlement, de complot de fraude et de recyclage des produits de la criminalité.  L'UPAC à procédé aux arrestations le 11 septembre 2015.  

Personnalités impliquées

Michael APPLEBAUM, ex-maire temporaire de Montréal arrêté par l'UPAC pour corruption dans le domaine immobilier

Roy BAIRD, ex-conseiller municipal de Beaconsfield

Rob BRUNET, superviseur chez Constructions Renaissance

Denis CHABOT, fonctionnaire municipal de Beaconsfield

Peter DE CASTRIS, officier de la Sûreté du Québec et nouveau propriétaire de l'édifice

Dominic DE CASTRIS, frère de Peter de Castris et ami et partenaire d'affaires de Michael Applebaum

Pierre DEMERS, Conseiller municipal de Beaconsfield, district 4

Johnny DI GIROLAMO, prêteur sur gage et lié aux activités de Constructions Renaissance

Adrien DUBOIS, financier de l'achat de la maison

Karin ESSEN, ex-conseillère municipale de Beaconsfield

Rhonda MASSAD, ex-conseiller municipal de Beaconsfield

Mike MONTAGANO, ex-directeur du Comité consultatif d'urbanisme de Beaconsfield

Riccardo OTTONI, propriétaire de Construction Renaissance

David POLLOCK, ex-maire de Beaconsfield

Wade STADDON, Conseiller municipal de Beaconsfield, district 3

 
 
   
 

LE PROPRIÉTAIRE POLICIER

Peter de Castris a commencé sa carrière de policier dans un corps municipal à l'ouest de Montréal, avant de passer à la Sûreté du Québec, où il avait une très bonne réputation, selon nos sources.  Affecté à la division autoroutière de la région métropolitaine, il était très actif sur la route, volontaire et disponible dès qu'on avait besoin de lui.  Il a aussi agi comme conférencier sur la cruauté envers les animaux.

LE FRÈRE

Dominic de Castris est très proche de son frère Peter, qu'il a suivi toute sa vie.  Dans sa jeunesse, il a travaillé avec lui au magasin de chaussures du père de Michael Applebaum ( 01 ).  C'est là qu'il a rencontré le futur maire.  M. Applebaum a expliqué que les frères de Castris sont de grands amateurs de voitures, et c'est pourquoi ils se sont joints à lui dans l'ouverture d'un centre de karting.  La police croit qu'il a participé à l'entreprise d'intimidation pour aider son frère.

LE PRÊTEUR

Le prêteur sur gages Johnny Di Girolamo est mêlé aux activités des Constructions Renaissance, dont le propriétaire et président est Riccardo Ottoni de la rue Dubé à Montréal, ainsi qu'aux manoeuvres d'intimidation, selon la police.  Il a déjà été condamné à des amendes pour des contrats non conformes dans son commerce de prêts.  En 2007, il s'est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, lorsque le fisc est venu lui réclamer 1,3 million$ en impôts impayés.  Copropriétaire d'un petit avion, il est actuellement accusé dans un autre dossier de complot et fraude de 5 000$ à l'endroit d'un vendeur de carburant pour aéronefs.

LE BÂTISSEUR

Rob Brunet est le plus jeune des suspects mêlés au dossier d'intimidation.  Il est identifié comme le
« superviseur » des Constructions Renaissance, sur le site web de l'entreprise.  Selon plusieurs sources, il s'est présenté à des réunions du comité consultatif d'urbanisme, où il ne cachait pas son mécontentement envers la Ville et ses représentants.  Il a déjà habité à proximité de la maison litigieuse de Peter de Castris.

LE FINANCIER

Une compagnie dirigée par Adrien Dubois, décédé en décembre 2014, qui a toujours été identifié en tant que tête dirigeante et trésorier du Clan des frères Dubois, groupe lié au crime organisé de l'ouest de Montréal ( 02 ), a été le bailleur de fonds pour la maison achetée par Peter De Castris en août 2011 pour 500 000$.  En août 2015 il la vendait pour 1.3 million$.

LA VICTIME

Le directeur de la planification urbaine de Beaconsfield, Denis Chabot, a été agressé et battu par deux inconnus dans le stationnement du club de golf Summerlea Golf Club à Vaudreuil-Dorion, le 5 octobre 2012.

 
 

Construction: terreur à Beaconsfield

 
 

Une bande d'entrepreneurs en construction qui se sont acoquinés avec un policier (officier) de la Sûreté du Québec (SQ) ont semé la terreur dans la paisible banlieue de Beaconsfield, après que la Ville ait mis des bâtons dans les roues d'un de leurs luxueux projets résidentiels, selon la première enquête de la nouvelle Escouade de protection de l'intégrité municipale (EPIM) - l'unité anticorruption de la police de Montréal.

Depuis plusieurs mois, différentes sources ont confié à La Presse que des fonctionnaires et élus de la petite banlieue défusionnée de 20 000 habitants, dans l'ouest de l'île de Montréal, craignaient certains membres du groupe, qui en menaient large.  Surtout depuis qu'un fonctionnaire qui s'occupait de leur dossier avait été battu à coups de bâton de baseball.

Quatre personnes ont finalement été arrêtées le 11 septembre 2015 pour avoir intimidé des titulaires de charge publique.  Il s'agit du policier Peter de Castris, de son frère Dominic de Castris, de l'entrepreneur Johnny Di Girolamo et du constructeur Rob Brunet.  Tous ont été relâchés sous promesse de comparaître. Les détails des gestes faits n'ont pas été dévoilés.  Personne n'est accusé d'agression armée pour l'instant.

 
 

Des liens mafieux

 
 

C'est un conflit au sujet de la construction de la maison du policier de Castris qui est à l'origine de l'affaire.

Ce dernier avait acheté une vieille résidence, qu'il a fait retaper pour la transformer en luxueux palace.  Il a fait appel à l'entreprise Constructions Renaissance, dirigée par Rob Brunet et Riccardo Ottoni.  Ce dernier, qui n'a pas été arrêté et n'est accusé de rien, est connu pour avoir été impliqué jusqu'à récemment dans la vente de condos avec un ancien proche de l'organisation Rizzuto arrêté dans la foulée d'un complot d'importation de 32 tonnes de haschich.

Constructions Renaissance est très active à Beaconsfield, où il existe un marché intéressant pour la transformation et la reconstruction de maisons, puisque pratiquement aucun terrain n'est disponible pour de nouvelles constructions.  Les contrôles municipaux y sont toutefois sévères en matière d'harmonisation avec le voisinage.  La maison du policier a posé problème, et le dossier a été bloqué plusieurs fois au Comité consultatif d'urbanisme ainsi qu'au conseil municipal de Beaconsfield - même après le début des travaux.

Malgré l'opposition de certains élus, le conseil municipal a voté en juin 2012 pour entreprendre des recours judiciaires contre ce projet, jugé non conforme.  Le conseiller Mike Montagano, directeur du Comité consultatif d'urbanisme, était opposé aux recours judiciaires.  En entrevue à The Gazette, il avait déploré que l'affaire soit devenue "personnelle", sans en dire davantage.

C'est le 5 octobre 2012, alors qu'il était allé jouer au golf au Summerlea Golf Club à Vaudreuil-Dorion, que le directeur de la planification urbaine de Beaconsfield, Denis Chabot, a été agressé.  Deux suspects non identifiés l'ont battu à coups de bâton de baseball dans le stationnement du club de golf.  Chabot a été hospitalisé.  Peu après, il a reçu au moins un appel de menaces qui semblaient liées à son travail.  Il a quitté son poste pour un long congé de maladie.

Douze jours plus tard, le conseiller Mike Montagano démissionnait.  Le 22 octobre, le projet de construction de la maison a de nouveau été soumis au vote du conseil municipal.  Il a obtenu le feu vert, malgré une recommandation de refus émise par le comité consultatif.

Le maire David Pollock et le conseiller Pierre Demers ont voté contre, mais les conseillers Karin Essen, Wade Staddon, Roy Baird et Rhonda Massad ont voté pour.

La maison a été terminée, et Peter de Castris a pu la revendre à fort prix.  Alors qu'il avait acheté l'ancienne maison pour 500 000$, il a revendu le nouveau palace 1,34 million en 2015.  Le policier est suspendu avec solde pour l'instant.

Rappelons que c'est le maire de l'époque, Michael Applebaum, qui a créé l'EPIM.  Ironiquement, deux anciens associés de M. Applebaum se sont vu passer les menottes dans le cadre de la première opération de l'escouade.

Entre 1996 et 1999, M. Applebaum possédait, avec Peter de Castris et son frère, un centre de karting intérieur. M. Applebaum a expliqué à La Presse hier qu'il a perdu de vue les deux frères depuis la fermeture de l'entreprise.

 
 

Un propriétaire qui demandait des modifications au règlement de la ville

 
 

Selon les procès verbaux des réunions du conseil de ville de Beaconsfield, les sujets à l'ordre du jour ayant trait à la rénovation du 601 Lakeshore Road (Bord-du-Lac) furent soumis aux votes du conseil de ville à 7 reprises entre octobre 2011 et octobre 2012.

L'ex-maire de Beaconsfield David Pollock était ravi du travail des policiers dans ce dossier. « Le but de la Ville est d'appuyer ses employés. Si les allégations sont prouvées, il était répréhensible et totalement innacceptable qu'un employé de la ville soit intimidé de cette façon. »

03 octobre 2011: le Comité de planification s'était réuni pour analyser les plans déposés par le propriétaire et rejetait les demandes de modifications à l'édifice du 601 rue Bord-du-Lac, spécifiant qu'autant les grandes lignes que les détails du plan ne respectaient pas le règlement d'urbanisme de la ville.

18 octobre 2011: le conseil de ville décida d'approuver des plans modifiés pour l'édifice. Le maire et le conseiller Pierre Demers votèrent pour refuser la demande.

24 octobre 2011: le conseil devait se prononcer sur une demande d'approbation pour la construction d'une maison unifamiliale au 601 Bord-du-Lac. Unanimement le conseil refusa et appuya son Comité conseil de planification. Il fut noté qu'un permis de construction fut émis pour cette propriété en 2009.

20 février 2012: le conseil approuva unanimement un permis de construction d'un édifice principal à la condition que le propriétaire dépose des plans finaux de construction et paie le permis de construction durant les 6 prochains mois.

30 avril 2012: le conseil se pencha sur une demande de modification architecturale de l'édifice au 601 Bord-du-Lac. Le comité conseil de planification recommandait de refuser la demande, ce que le conseil a fait suite à un vote de 4-1, avec un conseiller absent de la rencontre et le maire n'enregistrant pas de vote.

Le 18 juin 2012: le conseil rejeta unanimement un nouveau jeu de plans préparés par un architecte et déposées le 13 juin, puisque le Comité conseil de planification ne les avait pas étudiés. Alors le maire David Pollock a dû trancher sur un vote de 3 à 3 des conseillers, à l'effet que la ville mandate une firme d'avocats «pour entreprendre des recours légaux et faire démolir les travaux illégaux du 601 Bord-du-Lac.»

À l'époque, le maire avait fait savoir que les travaux avaient dépassé les plans soumis qui avaient été approuvés en février. Des amendes avait été envoyées aux propriétaires, mais les travaux se poursuivirent quand même.

Le conseiller municipal Michael Montagano vota contre les démarches légales entreprises en soulignant qu'il coûterait très cher de le faire et que les résultats ne seraient pas probants et que de toute façon les plans respectaient l'ensemble de la réglementation de la ville.

20 août 2012: le conseil approuva unanimement les modifications architecturales de l'édifice suivant les recommandations du Comité conseil de planification qui s'était réuni le 1er août 2012 pour revoir les demandes.

22 octobre 2012: Le comité conseil de planification recommanda de rejeter une nouvelle demande de modification de l'architecture de l'édifice notant que cette demande ne respectait pas les lignes directrices du guide de planification de la ville. Cependant un vote des conseillers approuva majoritairement les modifications. Seul le maire Pollock et Pierre Demers ont voté contre cette demande.

En octobre 2012, Michael Montagano qui était à la tête du comité conseil de planification a soudainement démissionné sans offrir d'explications.

Sources: La Presse pour Power Corporation du Canada; The Montreal Gazette pour Paul Victor Godfrey ; CBC News pour la Société CBC/Radio-Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références, titrage et traduction de l'anglais par : JosPublic
Publication : 11 septembre 2015

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 
 
 
 

À propos de Michael Applebaum, ex-maire temporaire de Montréal - Sur MétéoPolitique

 
 
 
 

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02

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Adrien Dubois est décédé en décembre 2014: Crime organisé: Adrien Dubois est mort d'un cancer -Sur La Presse, le 17 décembre 2014. Family says farewell to a scion of Montreal’s brotherhood of crime - Globe & Mail, le 5 janvier 2015

Claude et Adrien Dubois à droite de la photo. Deux des neufs membres du clan des Dubois vedettes d'une enquête publique, la CECO, qui les décrivait comme les caïds de l'Ouest de Montréal, il y a quarante ans. Ce gang se spécialisait dans la revente de drogue, les prêts usuraires, proxénétisme, extorsion et les meurtres d'opposants criminels.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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