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L'éthique de Jean-Pierre SAURIOL, ingénieur et  ex-président de Dessau

La firme de génie Dessau a participé au financement occulte du Parti libéral du Québec, qui la sollicitait pour obtenir environ 100 000$ par année, soit le double de la somme divulguée devant la commission Charbonneau.

 

C'est l'ex-vice-président de Dessau, le frère de Jean-Pierre Sauriol, Rosaire Sauriol ( 01 ), qui a révélé aux enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) l'ampleur des contributions que sa firme versait à la caisse libérale.  Dans le cadre de l'enquête policière sur le financement du PLQ basé sur un système de prête-noms (projet Lierre), M. Sauriol et une soixantaine de personnes ont livré un témoignage à l'UPAC.

Le 16 septembre 2015, le voile sur un passage d'une déclaration sous serment de la police dans le but d'obtenir un mandat de perquisition à la permanence du Parti Libéral du Québec PLQ - perquisition menée en juin 2014 - a été levé par un tribunal.  Le nouvel élément de ce document judiciaire, dont une large part avait été rendue publique en 2014, concerne les sommes sollicitées par le PLQ auprès de Dessau.

En mars 2013, Rosaire Sauriol avait été appelé à la barre des témoins de la commission Charbonneau.  Son témoignage sous serment avait permis de confirmer que Dessau avait fait des dons au PLQ ainsi qu'au Parti québécois pour un total d'un million$, de 1998 à 2010.  De ce montant, les libéraux ont empoché 600 000$ sur une période de 12 ans, soit 50 000$ par année.

Mais aux policiers, M. Sauriol a précisé que sa firme devait remettre environ 100 000$ annuellement au PLQ. «Il donnait pour Dessau dans l'objectif d'être vu et de faire du réseautage», peut-on lire dans le document judiciaire. «Il dit qu'il s'agit d'une culture qui existait dans les firmes d'ingénierie. Selon lui, le Parti peut seulement avoir un pouvoir de nuisance ou de ne pas donner.»

Lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, en mars 2014, Rosaire Sauriol avait admis que sa firme avait fait de la collusion à Montréal.  M. Sauriol avait également indiqué que Dessau avait fait de la fausse facturation pour deux millions$ afin de financer les partis politiques.  Dessau a ainsi participé au financement occulte du Parti libéral du Québec ainsi que du Parti québécois, à hauteur d'un million$, entre 1998 et 2010.

Rosaire Sauriol avait reconnu son rôle actif mais il avait également indiqué que son frère Jean-Pierre était au courant de toute l'affaire.  Immédiatement après son passage à la commission Charbonneau, Rosaire Sauriol avait démissionné de son poste de vice-président et vendu ses actions.

Allocations de dépenses

Le système utilisé par Dessau pour soutenir financièrement les partis politiques consistait à utiliser les employés dont les dons politiques étaient remboursés par la firme «via de faux comptes de dépenses».  À la commission Charbonneau, M. Sauriol avait affirmé que le remboursement aux employés en argent comptant provenait d'un système de fausses factures grâce à un «réseau d'entreprises».

On précise également que Rosaire Sauriol remettait les chèques recueillis à la responsable du financement au PLQ, Violette Trépanier ( 02 ) ou lors des cocktails libéraux.  M. Sauriol a aussi précisé que le collecteur de fonds «Marc Bibeau ( 03 ) était au courant et suivait les donations que les entreprises faisaient».

M. Sauriol a quitté la vice-présidence de Dessau depuis 2013.  Dessau a été vendue à la firme albertaine Stantec en 2014.

(12 décembre 2014) WSP Global (ex Genivar ( 04 )) achète Dessau-Colombie (415 employés) pour environ 30 millions $.

(12 décembre 2014) La compagnie albertaine Stantec annonce qu'elle a acquis les activités canadiennes de Dessau au prix d'environ 100 millions $ ; Stantec devient alors la deuxième plus importante firme d'ingénierie au Canada ( 05 )

Démission de Jean-Pierre Sauriol

Le règne de la famille Sauriol vient de prendre fin au sein de la firme de génie-conseil Dessau.  Après le départ de Rosaire Sauriol en mars 2012, le président de l'entreprise, Jean-Pierre Sauriol, a remis sa démission le 11 juin 2013.  ( 06 )

Le 6 octobre 2012 sur Les Affaires: Le président et chef de la direction de Dessau, Jean-Pierre Sauriol, souligne que la commission aura une valeur éducative. « Il y a une méconnaissance de notre travail. La population va mieux comprendre le fonctionnement des firmes d'ingénierie et le système d'attribution des contrats. La formation d'un consortium n'est pas synonyme de conflit d'intérêts », précise-t-il.

Sources: La Presse pour Power Corporation du Canada; La mémoire du Québec pour Jean Cournoyer

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 18 septembre 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Gens d'affaires
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Politiciens.nes
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  Employés.es de l'État
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Éthique et corruption

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos de Rosaire Sauriol - Sur MétéoPolitique

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02

À propos de Violette Trépanier - Sur MétéoPolitique

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03

À propos de Marc Bibeau - Sur MétéoPolitique

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04

 

À propos de la firme d'ingénierie Genivar, maintenant WSP Global - Sur MétéoPolitique

 

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05

 
 
 
 
 
 

Qui est Stantec ?
Fondée en 1954 à Edmonton, Stantec est la deuxième firme de génie canadienne, derrière SNC-Lavalin et devant WSP (ex-Genivar).  Depuis 2000, elle a réalisé plus de 75 acquisitions, dont 7 cette année.  En 2013, Stantec a enregistré des revenus de 1,8 milliard$ et des profits nets de 146 millions$.  L'entreprise, qui emploie 14 000 personnes, a des bureaux aux États-Unis, au Royaume-Uni, dans les Antilles, au Moyen-Orient et en Inde.

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06

Le président de Dessau démissionne - Sur Radio-Canada, le 12 juin 2013

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