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L'éthique de Jean-Pierre SAURIOL, ingénieur et  ex-président de Dessau

La firme de génie Dessau a participé au financement occulte du Parti libéral du Québec, qui la sollicitait pour obtenir environ 100 000$ par année, soit le double de la somme divulguée devant la commission Charbonneau.

 

7 août 2018 - Les frères Saurion devront finalement payer l'amende. - 19 avril 2018 - Les ex-patrons de Dessau refusent de payer leurs amendes de plus de 200 000$ malgré une attente à cette fin avec l'Ordre des ingénieurs du Québec. -  septembre 2017 - Collusion à Laval: Rosaire Sauriol évite la prison et paie une amende de 200 000 $. Et les millions en fausses factures c'était légal?

 
 

Conteste le Comité de discipline de l'Ordre des ingénieurs du Québec

 
 

Les ex-dirigeants de la firme Dessau, Rosaire et Jean-Pierre Sauriol, font appel de la décision du Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) qui leur imposait des amendes de 100 000 $ et 50 000 $ respectivement.

Les deux frères avaient plaidé coupables en novembre 2017 pour leur implication dans la collusion qui avait cours dans plusieurs villes de la région de Montréal dans les années 2000.

Les amendes demandées, les plus importantes données par l’OIQ, étaient le fruit de recommandations communes des avocats.  Ceux-ci avaient convenu de ne pas imposer de radiation à vie aux frères, en échange de leur engagement à ne plus jamais demander à redevenir membres de l’Ordre.

Ici pour la décision sur le cas Jean-Pierre Sauriol

Mais les frères Sauriol ont finalement déposé le 4 avril 2018 un appel de la décision au Tribunal des professions, s’opposant notamment aux montants des sanctions.

Les frères Rosaire et Jean-Pierre Sauriol devront finalement payer des amendes record de 100 000$ et 50 000$ respectivement à leur ordre professionnel pour leur rôle dans la collusion à Montréal, Laval et Longueuil.

Dans deux jugements publiés en catimini le 23 juillet 2018 sur le site web de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), le Conseil de discipline déclare qu’autant Rosaire que Jean-Pierre «a manqué à ses obligations d’intégrité et a toléré que la firme dont il est l’un des plus hauts dirigeants participe à un système malhonnête d’octroi de contrats».

Indigne

«Il s’agit d’un comportement indigne», ajoutent les trois membres du conseil. 2018

Source: Journal de Montréal, le 7 août 2018

 

 
 

Dessau: l'entreprise a fêté ses 50 ans de réussite commerciale en 2007 en présence de Jean Charest, premier ministre du Québec.  Quelques semaines plus tôt, le rapport d’enquête sur l’effondrement du viaduc de la Concorde était déposé sans blâme pour les concepteurs de l’époque, Desjardins-Sauriol, soit l’ancêtre de Dessau.

L’entreprise est dirigée par Jean-Pierre Sauriol, qui avait embauché l’ex-président du comité exécutif de Montréal Frank Zampino, un des accusés de fraude dans le dossier du Faubourg Contrecoeur.  Son frère Rosaire est particulièrement actif dans le démarchage.  Il a notamment séjourné sur le désormais célèbre bateau de Tony Accurso, le Touch.

La filière politique est importante dans le développement des affaires de l’entreprise.  On y retrouve Benoît Savard, qui a été organisateur en chef du PLQ jusqu’en 2007, et Denis Guindon.  Ce dernier est un péquiste de longue date.  Il a présidé la campagne de financement de Bernard Landry lors de la course au leadership de 2001.

Rosaire Sauriol a confirmé devant la Commission Charbonneau l’existence d’un système de collusion des firmes de génie-conseil pour les contrats publics de la Ville de Montréal, géré par Bernard Trépanier, mais dirigé, soutient-il, par Frank Zampino.  L’ingénieur confirme aussi que les partis politiques à tous les niveaux et régions sollicitaient Dessau pour obtenir du financement, une pratique illégale.  Il explique que l’entreprise a eu recours à de la fausse facturation pour répondre aux demandes qu’on lui présentait.  Pour le moment il a été arrêté par l'Unité permanente anti-corruption ( UPAC) pour corruption et collusion avec l'ex-maire de la ville de Laval, Gilles Vaillancourt.  Discrètement il a démissionné de la vice-présidence de Dessau ingénierie et demeure en attente de son procès.

Mars 2013 : Appelé à témoigné devant la Commission Charbonneau Rosaire Sauriol, vice-président Amérique latine de la compagnie, avoue que Dessau a participé à la fin des années 90 et dans les années 2000 à des systèmes de partage des contrats à Montréal, Longueuil, Laval et Saint-Jérôme notamment. Rosaire Sauriol reconnaît également que l’entreprise a fait de la fausse facturation à hauteur de 2 millions $ pour verser des sommes en argent comptant à plusieurs partis, dont le Parti libéral du Québec et le Parti québécois.

25 mars 2013 : Rosaire Sauriol démissionne de la firme Dessau;

9 mai 2013 : Arrestation de 37 personnes, dont Rosaire Sauriol, par l’UPAC dans le cadre de l’opération Honorer contre la corruption à Laval;

11 juin 2013: il démissionne de la présidence de Dessau

12 décembre 2014: WSP Global (ex Genivar) achète Dessau-Colombie (415 employés) pour environ 30 millions $;

12 décembre 2014: La compagnie albertaine Stantec annonce qu'elle a acquis les activités canadiennes de Dessau au prix d'environ 100 millions $ ; Stantec devient alors la deuxième plus importante firme d'ingénierie au Canada;

20 septembre 2017 : Rosaire Sauriol écope d’une amende de 200 000 $ dans le cadre de l’enquête liée au système de collusion et de corruption à Laval. Il est le seul des 24 accusés ayant plaidé coupables à échapper à la prison.

14 novembre 2017 : l’Ordre des ingénieurs du Québec impose une amende de 1 000 $ minimum à 29 ingénieurs de Dessau pour avoir servi de prête-noms afin de financer illégalement des partis politiques.

2 mars 2018: l'Ordre des ingénieurs du Québec déclare coupable Rosaire Sauriol et le condamne à payer une amende de 100 000$ et à renoncer de façon définitive à son titre d'ingénieur; Ici pour la décision

2 mars 2018: l'Ordre des ingénieurs du Québec déclare coupable Jean-Pierre Sauriol et le condamne à payer une amende de 50 000$ et à renoncer de façon définitive à son titre d'ingénieur; Ici pour la décision

19 avril 2018:
Les ex-patrons de Dessau refusent de payer leurs amendes de plus de 200 000$ malgré une entente à cette fin avec l'Ordre des ingénieurs du Québec. Donc, un appel de cette décision du 2 mars 2018 a été déposé devant le Tribunal des professions le 4 avril 2018 (500-07-000994-180).

 

 
 

Corruption et collusion comme mode de développement de l'entreprise

 
 

Jean-Pierre Sauriol

Rosaire Sauriol

C'est l'ex-vice-président de Dessau, le frère de Jean-Pierre Sauriol, Rosaire Sauriol ( 01 ), qui a révélé aux enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) l'ampleur des contributions que sa firme versait à la caisse libérale.  Dans le cadre de l'enquête policière sur le financement du PLQ basé sur un système de prête-noms (projet Lierre), M. Sauriol et une soixantaine de personnes ont livré un témoignage à l'UPAC.

Le 16 septembre 2015, le voile sur un passage d'une déclaration sous serment de la police dans le but d'obtenir un mandat de perquisition à la permanence du Parti Libéral du Québec PLQ - perquisition menée en juin 2014 - a été levé par un tribunal.  Le nouvel élément de ce document judiciaire, dont une large part avait été rendue publique en 2014, concerne les sommes sollicitées par le PLQ auprès de Dessau.

En mars 2013, Rosaire Sauriol avait été appelé à la barre des témoins de la commission Charbonneau.  Son témoignage sous serment avait permis de confirmer que Dessau avait fait des dons au PLQ ainsi qu'au Parti québécois (PQ) pour un total d'un million$, de 1998 à 2010.  De ce montant, les libéraux ont empoché 600 000$ sur une période de 12 ans, soit 50 000$ par année.

Mais aux policiers, M. Sauriol a précisé que sa firme devait remettre environ 100 000$ annuellement au PLQ. «Il donnait pour Dessau dans l'objectif d'être vu et de faire du réseautage», peut-on lire dans le document judiciaire. «Il dit qu'il s'agit d'une culture qui existait dans les firmes d'ingénierie. Selon lui, le Parti peut seulement avoir un pouvoir de nuisance ou de ne pas donner.»

Lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, en mars 2014, Rosaire Sauriol avait admis que sa firme avait fait de la collusion à Montréal.  M. Sauriol avait également indiqué que Dessau avait fait de la fausse facturation pour deux millions$ afin de financer les partis politiques. 

 Dessau a ainsi participé au financement occulte du Parti libéral du Québec ainsi que du Parti québécois, à hauteur d'un million$, entre 1998 et 2010.

Rosaire Sauriol avait reconnu son rôle actif mais il avait également indiqué que son frère Jean-Pierre était au courant de toute l'affaire.  Immédiatement après son passage à la commission Charbonneau, Rosaire Sauriol avait démissionné de son poste de vice-président et vendu ses actions.

Allocations de dépenses

Le système utilisé par Dessau pour soutenir financièrement les partis politiques consistait à utiliser les employés dont les dons politiques étaient remboursés par la firme «via de faux comptes de dépenses».  À la commission Charbonneau, M. Sauriol avait affirmé que le remboursement aux employés en argent comptant provenait d'un système de fausses factures grâce à un «réseau d'entreprises».

On précise également que Rosaire Sauriol remettait les chèques recueillis à la responsable du financement au PLQ, Violette Trépanier ( 02 ) ou lors des cocktails libéraux.  M. Sauriol a aussi précisé que le collecteur de fonds «Marc Bibeau ( 03 ) était au courant et suivait les donations que les entreprises faisaient».

M. Sauriol a quitté la vice-présidence de Dessau depuis 2013.  Dessau a été vendue à la firme albertaine Stantec en 2014.

(12 décembre 2014) WSP Global (ex Genivar ( 04 )) achète Dessau-Colombie (415 employés) pour environ 30 millions $.

(12 décembre 2014) La compagnie albertaine Stantec annonce qu'elle a acquis les activités canadiennes de Dessau au prix d'environ 100 millions $ ; Stantec devient alors la deuxième plus importante firme d'ingénierie au Canada ( 05 )

Démission de Jean-Pierre Sauriol

Le règne de la famille Sauriol vient de prendre fin au sein de la firme de génie-conseil Dessau.  Après le départ de Rosaire Sauriol en mars 2012, le président de l'entreprise, Jean-Pierre Sauriol, a remis sa démission le 11 juin 2013.   ( 06 )

Le 6 octobre 2012 sur Les Affaires: Le président et chef de la direction de Dessau, Jean-Pierre Sauriol, souligne que la commission aura une valeur éducative. « Il y a une méconnaissance de notre travail. La population va mieux comprendre le fonctionnement des firmes d'ingénierie et le système d'attribution des contrats. La formation d'un consortium n'est pas synonyme de conflit d'intérêts », précise-t-il.

 

Sources: La Presse pour Power Corporation du Canada; La mémoire du Québec pour Jean Cournoyer

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 8 août 2018

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Gens d'affaires
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Politiciens.nes
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  Employés.es de l'État
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  Éthique et corruption

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

À propos de Rosaire Sauriol - Sur MétéoPolitique

 

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02

 

À propos de Violette Trépanier - Sur MétéoPolitique

 

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03

 

À propos de Marc Bibeau - Sur MétéoPolitique

 

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04

 

À propos de la firme d'ingénierie Genivar, maintenant WSP Global - Sur MétéoPolitique

 

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05

 

Qui est Stantec ?
Fondée en 1954 à Edmonton, Stantec est la deuxième firme de génie canadienne, derrière SNC-Lavalin et devant WSP (ex-Genivar).  Depuis 2000, elle a réalisé plus de 75 acquisitions, dont 7 cette année.  En 2013, Stantec a enregistré des revenus de 1,8 milliard$ et des profits nets de 146 millions$.  L'entreprise, qui emploie 14 000 personnes, a des bureaux aux États-Unis, au Royaume-Uni, dans les Antilles, au Moyen-Orient et en Inde.

 

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06

 

Le président de Dessau démissionne - Sur Radio-Canada, le 12 juin 2013

 

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