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Jean Lavallée et ses conflits d'intérêts
boss de la filière "Johnny" et un Dieu à la FTQ-Construction

Un homme qui avait comme mission de défendre les intérêts les travailleurs et travailleuses de la construction et qui semble s'être fourvoyé en cours de route entre ses propres intérêts et ceux des membres qu'il doit représenter. La Commission Charbonneau parle de lui, car il siégeait au conseil d'administration du Fonds de solidarité de la FTQ (FSFTQ).

Malgré le fait que Jean Lavallée ait oeuvré dans le domaine privé, c'est à cause du dégrèvement d'impôt permis par le gouvernement lorsqu'une personne achète un REER que le FSFTQ est sous la loupe de la Commission. Y avait-il une voie privilégiée pour obtenir du financement du Fonds ou de son fonds immobilier? Le cas échéant, qui tirait les ficelles et qui savait quoi? Des membres du crime organisé ont-ils profité de certaines largesses?

 
 
 

Le PDG du Fonds savait que Lavallée touchait des pots-de-vin

 
 

Le 24 janvier 2014, Jean Lavallée poursuit son témoignage et la Commission fait entendre des enregistrements électroniques de l'Opération Diligence. ( 11 )

Le Fonds de solidarité de la FTQ est encore éclaboussé par les écoutes électroniques de l’opération Diligence. Son p.-d.g., Yvon Bolduc, savait dès le printemps 2009 que Jean Lavallée touchait des pots-de-vin des promoteurs financés par la SOLIM. 

Yvon Bolduc est catégorique dans une conversation de mars 2009 avec le président de la centrale, Michel Arsenault. « Johnny ne s’est jamais trop, trop caché qu’il prenait des pots-de-vin », dit M. Bolduc. « Johnny, il n’est pas blanc comme neige », ajoute-t-il. 

Richard Marion, qui a été remplacé par Guy Gionet comme p.-d.g. de la SOLIM (le bras immobilier du Fonds), collectait aussi des ristournes, précise Yvon Bolduc. Selon lui, M. Marion voulait exercer une forme de chantage sur Jean Lavallée. « Marion était au fait que ça se passait avec Johnny. Quand Johnny a vu que l’autre pouvait utiliser ça comme levier, il l’a “câlicé” dehors », explique M. Bolduc. 

Michel Arsenault demande à Yvon Bolduc qui a bien pu corrompre Jean Lavallée. Le p.-d.g. suppose qu’il pourrait s’agir d’un certain « Tony », soit l’entrepreneur Tony Accurso, qui générait 20 % du chiffre d’affaires de la SOLIM.

Selon les enquêteurs de la commission Charbonneau, Tony Accurso, Jean Lavallée, Guy Gionet et Denis Vincent formaient une « filière » qui contrôlait le robinet de la SOLIM en échange de pots-de-vin.

À ce jour, ni le Fonds ni la FTQ n’ont reconnu publiquement l’existence d’un système de ristournes à la SOLIM. Les « dossiers toxiques » impliquant des relations des Hells Angels ou de la mafia ont été décrits comme des cas isolés, et le système de ristournes n’existait que dans l’esprit de journalistes fouineurs.

Dans le carnet de l’actionnaire du Fonds envoyé récemment, Yvon Bolduc cosigne un texte dans lequel il vante les efforts entrepris par le Fonds en matière de gouvernance.

Yvon Bolduc ( 12 )

Michel Arsenault ( 13 )

Richard Marion ( 10 )

Guy Gionet ( 04 )

Tony Accurso ( 07 )

« En 2009, bien avant la mise sur pied de la commission Charbonneau, le Fonds a pris la décision d’améliorer ses règles », écrit-il. Les écoutes le placent dans une position inconfortable.

Un homme honnête 

Pour conclure son interrogatoire, le procureur de la commission, Cainnech Lussiaà-Berdou, a pratiquement nargué Jean Lavallée en lui demandant comment il avait pu accumuler une fortune qui se compte en millions de dollars.

« J’ai été honnête toute ma vie. Je n’ai jamais pris un sou noir de personne. Jamais », a dit l’ex-président de la FTQ-Construction (FTQ-C) et du conseil de la SOLIM. M. Lavallée attribue son enrichissement à 38 ans de labeur à la FTQ et à des investissements judicieux dans l’immobilier. 

En contre-interrogatoire, l’avocat du PLQ a cherché à en savoir davantage sur le « deal » allégué entre Michel Arsenault et le mari de la première ministre, Claude Blanchet, pour convaincre le Parti québécois de ne pas réclamer la tenue d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction.  ( 14 )

M. Lavallée ne visait personne en particulier lorsqu’il a fait part à Michel Arsenault de son intention de faire pression sur ses amis du PQ. Il n’a jamais rencontré Claude Blanchet à ce sujet et il n’a pas la moindre idée de la nature de ce « deal » qui a ameuté les partis d’opposition à Québec. 

Claude Blanchet

Les affaires avant tout 

M. Lavallée a pris ombrage des questions posées sur son enrichissement personnel. « Vous avez le droit de faire n’importe quoi ici ? », s’est-il indigné. 

La commission n’a pas précisé l’étendue de sa fortune. Par contre, le montant de l’indemnité de départ qui lui a été accordée lorsqu’il a pris sa retraite de la FIPOE, en 2010, a été révélé. M. Lavallée a obtenu 447 000 $ pour 38 ans de service, a-t-il précisé. 

En affaires, le syndicaliste ne regardait pas à la couleur de l’argent. Il était prêt à vendre un condo au caïd Raynal Desjardins dans un immeuble construit avec des fonds de 3,7 millions$ de la FIPOE. Desjardins avait versé un acompte de 90 000 $, mais il a demandé un remboursement, avec intérêts, à la suite du départ de M. Lavallée. De nombreux membres ou associés allégués de la mafia ont acheté un condo de la FIPOE dans un immeuble de la rue Couture, dont Vittorio Mirachi, coaccusé de meurtre avec Raynald Desjardins.

La commission s’étonne de cette forte présence du crime organisé dans les affaires de la SOLIM. « Ça me trouble, mais je ne peux pas rien y faire », a dit le témoin. Le Fonds de solidarité et la FTQ ont toléré l’infiltration du crime organisé dans les projets de la SOLIM jusqu’à ce que les médias les remettent en question. Le Fonds a alors cherché à se débarrasser de ses « dossiers toxiques » dans une panique qui a profité à Denis Vincent.

Ce proche des Hells Angels a fait un joli pactole sans lever le petit doigt dans le dossier de Place Telus quand le Fonds de solidarité de la FTQ a voulu l’écarter, au printemps 2009. M. Vincent a reçu la rondelette somme de 1,1 million $ pour le rachat de ses parts, soit le double de son investissement initial.

M. Lavallée a affirmé qu’il n’était pas au courant des démarches qui ont été faites pour racheter les parts de son ami Vincent. « Il ne m’en a pas parlé. C’est lui qui a négocié ses affaires », a-t-il dit. M. Lavallée était pourtant le président du conseil d’administration de la SOLIM, qui pilotait le dossier de Place Telus. Le Fonds et la SOLIM avaient investi 5,5 millions $ dans ce projet, tandis que Denis Vincent y avait injecté 500 000 $.

 M. Lavallée est revenu à la charge pour blanchir la réputation de Denis Vincent. Selon lui, il n’était pas lié aux Hells Angels et ses projets étaient légitimes.

 
 

Jean Lavallée tire sa révérence

 
 

Après 41 ans passés dans le milieu de la construction dont 33 ans à titre de directeur général et secrétaire financier de la FIPOE (Fraternité interprovinciale des ouvriers en électricité) ( 01 ), en mars 2010 il prend sa retraite.

M. Lavalllée a contribué à la fondation de la FTQ-Construction en 1981 ( 02 ).

Il tire sa révérence avec le sentiment du devoir accompli et confiant dans une relève de jeunes travailleurs activement engagés dans leur milieu et leur syndicat. 

"Ma plus grande fierté est d'avoir su gagner la confiance des délégués et des membres de la FIPOE et de la FTQ-construction durant toutes ces années et de les avoir représentés au meilleur de mes connaissances, dans les bons comme dans les mauvais moments. Je les remercie et, surtout, je leur dis de resserrer les rangs et de ne jamais lâcher parce que les principes et les valeurs pour lesquels on se bat valent la peine qu'on y consacre nos énergies", a indiqué le dirigeant syndical.

«La FTQ-construction en a traversé des tempêtes et des négociations difficiles depuis 30 ans. Collectivement, les travailleurs de la construction se sont donné des conditions de travail, des régimes de retraite et des milieux de travail qui n'ont rien à voir avec ce qui se passait avant chez nous et avec ce qui prévaut encore ailleurs. C'est en bonne partie à des bâtisseurs comme Jean Lavallée qu'on doit ces avancées", a fait valoir le président de la FTQ, Michel Arsenault, tout en lui souhaitant la meilleure des retraites.

Rappelons que c'est avec Louis Laberge, alors président de la FTQ, que Jean Lavallée a réussi à créer la FIPOE, donnant ainsi aux électriciens québécois une structure syndicale qui leur soit propre et qu'ils contrôlent collectivement depuis près de 30 ans.

Il a mis sur pied un fonds de formation de plus de 150 millions de dollars pour l'industrie de la construction, d'un fonds pour le traitement de l'alcoolisme et autres toxicomanies.

En plus, le dirigeant de la FIPOE a participé activement à la création du premier régime de retraite et d'avantages sociaux pour les travailleurs de la construction. "On parle rarement de ces initiatives dans les médias et, pourtant, ce sont des pas importants accomplis pour donner aux travailleurs des conditions de travail décentes et la fierté de travailler dans cette industrie qui bâtit le Québec d'aujourd'hui", a ajouté M. Lavallée.

En plus de ses fonctions à la FIPOE et à la FTQ-construction, Jean Lavallée a œuvré comme vice-président de la FTQ et a siégé à de nombreux conseils d'administration dont ceux de la CSST, de la CCQ et du Fonds de solidarité de la FTQ.

La FIPOE représente 14 000 membres au Québec, dont 86 % sont des électriciens, des monteurs de ligne ou œuvrant dans les systèmes de sécurité.

Les temps sont durs pour les électriciens du Québec. Pendant qu'un grand nombre d'entre eux travaillent volontairement au noir, leur représentant travaillait au chaud. Voilà ce qui arrive lorsque les membres des syndicats ne participent pas à la vie démocratique de leur syndicat, trop occupé avec leurs passe-temps, les "sidelines" et le magasinage(trop souvent dans des commerces antisyndicaux.) Il arrive que l'on ait les cheufs que l'on mérite - JosPublic

 
 

Mise en contexte

 
 

À l'automne 2013, la Commission a présenté de nombreux extraits d'écoutes électroniques réalisées en 2008-2009 par la Sûreté du Québec lors de l'opération Diligence. Le Fonds de solidarité FTQ, Michel Arsenault et Guy Gionet ont tenté de les en empêcher, ( 03 ) en vain, en recourant aux tribunaux.

Ces conversations ont notamment permis de réaliser que M. Arsenault et le PDG du Fonds, Yvon Bolduc, se démenaient au début de 2009 pour que le Fonds ne soit pas éclaboussé par ce que ce dernier a qualifié de « dossiers toxiques », dont ceux qui impliquaient M. Vincent. L'affaire s'est soldée par le départ de Jean Lavallée des conseils d'administration du Fonds et de la SOLIM, le départ précipité de Guy Gionet au terme d'une enquête interne, et l'implantation de nouvelles règles de gouvernance au Fonds et au fonds immobilier.

Yvon Bolduc

Ronnie Beaulieu ( 06 )

La Commission a aussi montré que l'ex-directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis faisait beaucoup de lobbying auprès de MM. Arsenault et Gionet pour que des projets de ses amis Raynald Desjardins et Ronnie Beaulieu, des criminels notoires, obtiennent une aide du Fonds.

Certaines de ses démarches ont porté leurs fruits.

De nombreuses questions subsistent d'ailleurs quant à l'infiltration de la mafia au sein de la FTQ-Construction.

L'ex-syndicaliste Ken Pereira ( 05 ) a dit croire que Raynald Desjardins était le vrai « boss » du syndicat, tandis que M. Arsenault souligne sur une écoute électronique que Richard Goyette lui a admis avoir demandé la permission à M. Desjardins avant de briguer la succession de Jocelyn Dupuis.

 
 
 

La filière à Johnny

 
 

Les travaux de la Commission ont montré qu'elle s'intéresse particulièrement aux agissements d'un quatuor d'hommes que la procureure de la Commission Charbonneau Sonia LeBel a baptisé « la filière à Johnny ».

Jean « Johnny » Lavallée, ex-président de la FTQ-Construction et ex-membre des conseils d'administration du Fonds de solidarité FTQ et de la SOLIM;

Denis Vincent, une relation des Hells Angels de Trois-Rivières, considéré proche de Jean Lavallée, que l'enquêteur Comeau a qualifié de « courtier fantôme »;

Guy Gionet,
ex-PDG du bras immobilier du Fonds (ex-SOLIM), relevé de ses fonctions en mai 2009 dans la foulée d'une enquête interne;

Tony Accurso
, important entrepreneur en construction du Québec, qui a été accusé au terme des opérations Gravier (Mascouche) et Honorer (Laval);

Michel Arseneault, ex-président de la FTQ, impliqué par ses fonctions de responsable de l'application des statuts de la Centrale syndicale et de voir à la probité des affiliés, malgré qu'une affiliation à la FTQ est une affiliation ne comprenant aucun lien juridique.

Dans les extraits d’écoute électronique entendus à la Commission Charbonneau, la filière Denis Vincent, Jean Lavallée, Tony Accurso et Guy Gionet, ex-président de la SOLIM, est clairement exposée et identifiée. Et M. Vincent constate avec désolation que pour le groupe, la récréation est terminée. «D’après moi, le party est fini», s’exclame Denis Vincent, dans un de ces extraits qui date de mai 2009.

Jean « Johnny » Lavallée

Guy Gionet

 Tony Accurso

Michel Arsenault

M. Vincent est un intermédiaire qui soumettait des projets à la SOLIM, le bras immobilier du Fonds de solidarité de la FTQ. Les policiers l’ont identifié comme une relation de certains Hells Angels, qui s’est même rendu à une de leurs fêtes, à Grand-Mère.

C’est la désolation pour eux parce que Jean Lavallée, ex-président de la FTQ-Construction qui siégeait à la SOLIM, a quitté et que Guy Gionet vient d’être suspendu de son poste pour une enquête interne, puis finira par quitter.

La filière Vincent-Lavallée-Accurso-Gionet, donc, se désintègre. «La marde est pognée dans la grosse fan», lance Denis Vincent.

Puis il annonce à son interlocuteur que les dirigeants du Fonds «ont mis Gionet à la porte» et il l’appelle «mon président de SOLIM».

«C’est un gars avec toi, ça?» lui demande son interlocuteur.

«Bien oui, avec moi, pis Tony (Accurso), pis Johnny (Lavallée)», lui répond Denis Vincent.

Étonnamment, M. Vincent identifie l’entrepreneur en construction Tony Accurso comme un des fondateurs du Fonds de solidarité, avec Louis Laberge —longtemps président de la FTQ et véritable fondateur du Fonds —et Jean «Johnny» Lavallée.

Selon l’enquêteur de la Commission Michel Comeau, qui a présenté ces extraits le 28 novembre 2013, MM. Accurso, Gionet, Vincent et Lavallée sont encore en relation aujourd’hui, bien que MM. Gionet et Lavallée n’occupent plus de poste à la SOLIM, au Fonds, à la FTQ ou à la FTQ-Construction.  Dans ces conversations qui datent de 2009, Denis Vincent s’en prend aussi à l’actuel président-directeur général du Fonds de solidarité, Yvon Bolduc, parce qu’il veut faire le ménage à la SOLIM.

Michel Comeau enquêteur de la Commission Charbonneau

M. Vincent le traite de «dangereux», de «traître» à cause de cette volonté qu’il a de se défaire des dossiers toxiques, dont ceux qui sont associés justement à Denis Vincent.

Il veut même rencontrer l’ancien président de la FTQ, Henri Massé, pour qu’il parle à Yvon Bolduc afin de calmer ses ardeurs de nettoyage. M. Massé a pourtant quitté la présidence de la FTQ en novembre 2007.

La juge France Charbonneau a demandé au procureur du Fonds de solidarité de la FTQ, Me André Ryan (le même qui défendait le Parti Libéral du Québec lors de la Commission Bastarache ( 08 )), de lui donner une preuve par écrit du fait que le Fonds et sa division immobilière n’ont plus aujourd’hui de dossiers auxquels est associé Denis Vincent.

Finalement, le Fonds de solidarité a diffusé un communiqué dans lequel il affirme qu’il ne fait plus d'affaires avec Denis Vincent. Le Fonds «confirme que ni le Fonds immobilier ou encore le Fonds lui-même n’est actuellement impliqué avec l’individu précité». Il ajoute que «les quelques dossiers qui avaient été conclus avec cette personne ont tous été désinvestis de façon ordonnée».

Fait à noter, dans un extrait d’écoute téléphonique entendu, M. Accurso avait affirmé au président de la FTQ, Michel Arsenault, qu’il refusait catégoriquement de faire des affaires avec Denis Vincent. M. Accurso disait que les affaires de Vincent n’étaient pas claires, le qualifiait de «sangsue» à la recherche de «commissions».

Or, MM. Accurso et Vincent font partie du quatuor identifié par M. Vincent lui-même, dans les nouveaux extraits entendus, avec MM. Gionet et Lavallée

Dupuis facilite l'accès à la SOLIM pour financer une marina déjà fréquentée par les Hells

Selon le témoignage de Ken Pereira devant la Commission une marina de Saint-Sulpice qu'aurait fréquentée les Hells Angels a reçu du financement du Fonds de solidarité de la FTQ. Nouvelle affirmation que des proches ou des connaissances des hauts dirigeants de la FTQ pouvaient parfois avoir accès au vaste capital du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec.

Le Bureau d'enquête de l'Agence QMI révèle que c'est Jocelyn Dupuis, à l'époque directeur général de la FTQ-Construction qui aurait facilité la transaction en donnant au propriétaire de la marina, Michel Brousseau, les numéros de téléphone des hauts dirigeants Guy Gionet et Henri Massé. Monsieur Dupuis fréquentait alors cette marina pour y faire réparer sa voiture de collection.

Jean Lavallée, qui avait alors un siège au conseil d'administration du Fonds de solidarité FTQ, est celui qui a débloqué le dossier de la marina alors qu'aucune banque ne voulait accorder de prêt pour ce développement. Il a d'ailleurs été vu à la marina Brousseau à plusieurs reprises, dont une fois où il a été photographié sur le bateau de Tony Accurso.

La marina a reçu des prêts de 149 000 $ et de 1,1 million $, qui ont tous deux été remboursés intégralement.

 

 

 

Jean Lavallée sur le bateau "Touch" de Tony Accurso en 2005 aux Îles-Vierge. On l'imagine en grande réflexion sur l'avenir du mouvement syndical tout en prenant une puff d'un bon cigare

 
 

Réel pouvoir de Johnny

 
 
 

Richard Marion, qui a été p.-d.g. de la SOLIM, le bras immobilier du Fonds, de 1995 à 2004, s’est fait annoncer son congédiement par Jean Lavallée, président du conseil de la SOLIM, devant l’entrepreneur Tony Accurso, à son restaurant L’Onyx à Laval. La grande classe, quoi!

Richard Marion

Devant la commission Charbonneau, l’ex p.-d.g. de la division immobilière a décrit l’importance de l’entrepreneur Tony Accurso auprès du Fonds de solidarité de la FTQ, plus particulièrement de la SOLIM. À la SOLIM, Tony Accurso « avait son mot à dire », même s’il était un entrepreneur qui sollicitait des fonds à la SOLIM, a affirmé M. Marion. 

«Je veux tout» 

Pour illustrer l’ambition de M. Accurso, M. Marion a relaté une conversation qu’il a eue avec lui lorsque ce dernier souhaitait acheter des terrains face au Centre Bell, au centre-ville de Montréal, pour y construire des immeubles d’appartements en copropriété. M. Marion, lui, trouvait que le marché n’y était pas propice à l’époque. « Écoute Tony, ce n’est pas un projet que je veux faire. Et à part de ça, ce n’est pas dans mon mandat d’acheter des terrains ; on veut faire du développement immobilier, c’est ça mon mandat. Tu n’auras pas tout avec moi », lui a dit M. Marion. 

« Tu n’as pas compris ? Je veux tout », lui a répondu M. Accurso. Selon M. Marion, M. Accurso voulait alors dire tous les projets possibles avec la SOLIM.

 Il a déjà été mis en preuve par la Commission que M. Accurso était un grand ami de Jean Lavallée, qui à la fois était président du conseil de la SOLIM, siégeait au Fonds de solidarité et était président de la FTQ-Construction jusqu’en novembre 2008. « Les gens de l’industrie trouvaient qu’Accurso en menait large », a rapporté M. Marion.

C’est d’ailleurs devant M. Accurso que M. Marion a été congédié par Jean Lavallée. « Tu n’as jamais rien fait pour moi », lui a lancé Jean Lavallée, avant de le « lapider d’injures et de gros mots » pendant 10, 15 minutes. Puis, il a appelé l’entrepreneur Accurso et « a continué ». L’entrepreneur était « mal à l’aise, il regardait à terre », a rapporté le témoin. M. Lavallée lui aurait alors dit : « Je vais te descendre », une phrase que M. Marion a prise au figuré, dans le sens qu’il veillerait à ce qu’il perde son emploi et que, même après, la progression de sa carrière serait bloquée. M. Lavallée lui a offert 50 000 $ en lui disant : « T’es pas mal vieux là, prends ta retraite. »

En fait, M. Lavallée lui reprochait surtout d’avoir refusé certains projets qu’il lui avait présentés, en plus d’avoir mis fin au contrat de son neveu, Stéphane Lavallée, qu’il lui avait dit d’embaucher. Il a cité un troisième facteur à son renvoi : son adjoint Guy Gionet voulait son poste et coulait de l’information à Jean Lavallée sur les dossiers qui étaient présentés à la SOLIM.

M. Marion a cité trois dossiers soumis par Jean Lavallée dans lesquels il a refusé que la SOLIM investisse : la marina Brousseau à Saint-Sulpice, un projet d’édifice d’appartements en copropriété à Saint-Léonard et la pourvoirie Joncas dans le parc de La Vérendrye.

Trop de proximité

Dans tous les cas, M. Marion croyait qu’il ne s’agissait « pas d’un deal d’affaires » en immobilier.

En plus, dans le cas du projet d’édifice d’appartements en copropriété, il voyait trop de proximité avec des représentants de la FTQ-Construction, qui envisageaient d’y acheter une unité. « Ce sont des gens qui sont très près de Johnny Lavallée et le groupe est très près de la FTQ. Et je ne crois pas que la SOLIM a été créée, ou que le Fonds a été créé, pour faire plaisir aux gens de la FTQ en particulier », a répondu M. Marion à la juge France Charbonneau, qui lui demandait ce qui l’avait indisposé au juste dans ce dossier.

Mais de crainte que le puissant Jean Lavallée lui fasse perdre son emploi s’il refusait des projets qu’il lui présentait, M. Marion ne refusait pas d’emblée. « Un refus catégorique et je serais parti plus tôt de la SOLIM », a avancé Richard Marion.

C’est peu après son refus d’investir dans la marina Brousseau que M. Marion a perdu son poste. Il a touché 1 250 000 $ à son départ et a reçu six ou sept mois de salaire, après près de 10 ans à la tête de la SOLIM.

Sources: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. Agence La Presse Canadienne/Canadian Press Enterprises propriété de CTVglobemedia, Torstar et Power Corporation of Canada, Ici Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada, Fédération des travailleurs et travailleurs du Québec (FTQ), Agence QMI pour Québecor

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 12 janvier 2013

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Des gens d'affaires
mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique

  Politiciens et politiciennes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

Employés.es de l'État
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  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

  Notes & Références encyclopédiques:

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Antonio "Tony" Accurso - Jocelyn Dupuis - Jean "Johnny" Lavallée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

À propos de la FIPOE (Fraternité interprovinciale des ouvriers en électricité) - Sur le site du syndicat

 
 

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02

 

À propos de la FTQ-Construction - Sur Wikipédia

 
 

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03

 

Le Fonds de solidarité FTQ, Michel Arsenault et Guy Gionet ont tenté d'empêcher la Commission Charbonneau de jouer les bandes sonores des enregistrements téléphoniques - Sur Ici Radio-Canada, le 22 novembre 2013

 

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04

 

À propos de Guy Gionet:  Évaluateur immobilier pour CB Richard Ellis et au Crédit foncier, nommé directeur des investissements à la SOLIM au début des années 2000. En 2004, il devient p.d-g de la SOLIM. Quitte la SOLIM en 2009 à la suite d’une controverse sur l’octroi de prêts à un proche des Hells Angels, Il est maintenant p.d-g du groupe d’investissement Bpa.

 

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05

 

À propos de Ken Pereira: «Ma motivation, c'est la vérité!». Sur Radio-Canada, le 28 octobre 2013

 

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06

Un prêt pour un ancien proche des Hells - Sur Radio-Canada, le 29 avril 2009

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07

À propos de Antonio "Tony" Accurso - Sur MétéoPolitique

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08

À propos de la Commission Bastarache - Sur MétéoPolitique

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09

 

Vincent à l'origine de la crise au Fonds de solidarité - Sur Radio-Canada, le 28 novembre 2013

 

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10

 

À propos de Richard Marion.

Richard Marion a pris la tête de la SOLIM en 1995 après avoir approché Jean Lavallée, alors membre du CA et président de la FTQ-Construction.

Comptable de formation, spécialisé dans la gestion immobilière, Richard Marion, qui y agissait déjà comme consultant, a expliqué être passé par l'entrepreneur Tony Accurso, qu'il savait proche de M. Lavallée, pour rencontrer ce dernier afin de plaider sa cause. Il affirme avoir agi ainsi pour la simple raison qu'il s'agissait de la seule personne qu'il connaissait qui était proche de l'organisme.

M. Marion avait connu l'entrepreneur par l'entremise de l'ancien PDG de la SOLIM, Jacques Magnan, limogé en 1995, et avait agi pour lui, mais très peu, comme consultant.

La rencontre avec M. Lavallée a eu lieu au Tops ou à L'Onyx, deux établissements de M. Accurso dans les galeries Laval. Ce dernier était d'ailleurs présent lors de la rencontre.

La décision de l'embaucher ne viendra cependant pas avant plusieurs mois et sera prise seulement au terme d'une rencontre avec Henri Massé, alors secrétaire général de la FTQ, et Jean Lavallée. M. Marion a expliqué qu'à son arrivée à la SOLIM, le conseil d'administration était présidé par Claude Blanchet, à qui lui succédera, peu après, Jean Lavallée.

Il est impossible de trouver les communiqués de presse à propos de son embauche. Lorsque l'on tape son nom dans le moteur de recherche du Fonds de solidarité, le programmeur de l'organisme a fait que son nom se change en Mario et rien n'est disponible. Ce genre de situation démontre que c'est une démarche volontaire de faire disparaître l'existence même de l'ex de la SOLIM.

 

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11
 
 
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12

 

À propos d'Yvon Bolduc - PDG du Fonds de Solidarité de la FTQ - Sur MétéoPolitique

 

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13

 

À propos de Michel Arsenault, ex-Président de la FTQ et du Fonds de solidarité de la FTQ

 

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14

À propos du "Deal-Blanchet-Marois-FTQ" - Sur MétéoPolitique

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