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Gilles Théberge: "bag man" pour Sintra Inc.

Gilles Théberge a expliqué à la commission Charbonneau que Sintra, entreprise pour laquelle il travaillait de 1996 à 2000, a fait de la collusion dans l'asphalte sur des contrats du ministère des Transports du Québec (MTQ). La collusion se faisait entre producteurs d'asphalte non seulement à Montréal mais tant sur la Rive-Sud que sur la Rive-Nord de Montréal. L'intimidation et la violence régnaient dans l'industrie de la construction au début des années 2000 alors qu'un cartel de l'asphalte s'était mis en place. Devant la Commission Charbonneau, le témoin Gilles Théberge estime avoir été visé par un attentat à la bombe après avoir refusé de laisser le champ libre aux entrepreneurs en construction d'origine italienne.

 
 

Le cartel de l'asphalte de Montréal

 
 

Gilles Théberge ex-employé de Sintra

Un cartel de l'asphalte a été mis sur pied en 2000 dans la région de Montréal par les principaux producteurs de bitume, a relaté un témoin devant la commission Charbonneau. Gilles Théberge, qui travaillait à l'époque pour Sintra, dit avoir participé à la création de ce système de collusion. Ce témoin devant la Commission Charbonneau affirme qu'une rencontre secrète a eu lieu entre les présidents des principaux producteurs d'asphalte de la province au début de l'année 2000.

Elle a rassemblé le président et le directeur général de Simard-Beaudry, Tony Accurso et Pierre-André Matton, le président de DJL, Jean Paul Dupré, le président de Sintra, Daniel Ducroix, et le président de Beaver Asphalt, Joseph Carola.

Selon Théberge, le groupe s'est entendu sur un prix plancher pour l'asphalte et des quantités que chaque usine pouvait produire.

Si la collusion a toujours été présente dans la région, selon Théberge, c'est la première fois qu'elle était aussi structurée. «C'était pas juste entre les producteurs d'asphalte, c'était aussi les sous-traitants, les Villes. Il n'y a pas de partie qu'on ne touchait pas. On touchait à tout le monde», a-t-il dit.

La mise en place de cette entente a permis de faire grimper en flèche la marge de profit des producteurs d'asphalte. Gilles Théberge a évalué qu'en concurrence, la marge de profit des producteurs est de 4 % à 8 %. En collusion, elle était d'«au moins 30 %».

Ce système visait toute la région de Montréal, dont la Rive-Sud, a précisé Gilles Théberge. Même les contrats du ministère des Transports du Québec, n'y ont pas échappé.

Tony Accurso et Pierre-André Matton pour Simard-Beaudry
( 01 )

Jean Paul Dupré pour DJL
( 02 )

Daniel Ducroix pour Sintra
( 03 )

Joseph Carola pour Beaver Asphalte-division du groupe Devesco ( 04 )

«Pour le Ministère du Transport du Québec MTQ, on s'échangeait les projets d'asphalte.» Le témoin dit ne pas avoir assisté personnellement à la rencontre, mais en avoir été informé par Daniel Ducroix dès le lendemain.

Gilles Théberge a affirmé qu’il a souvent cherché à réduire le coût des chantiers sur lesquels il travaillait. « Si vous trouviez une façon de faire économiser de l’argent, la bonne chose aurait été d’en faire bénéficier les contribuables », a alors souligné la juge France Charbonneau. Mais voilà, l’idée n’a jamais effleuré son esprit. « Non, c’était de faire bénéficier l’entrepreneur. Je n’ai jamais fait quelque chose pour en faire bénéficier le contribuable », a-t-il répondu, surpris par la remarque.

Le président de Sintra lui a demandé de veiller au respect de l'entente intervenue entre les dirigeants. «C'est descendu au deuxième niveau. C'est nous qui devions nous occuper de toute cette organisation

Sintra a hérité de la Rive-Sud et d'une partie de Montréal. Sur la Rive-Sud, la mainmise du cartel s'est étendue de Valleyfield à Boucherville et jusqu'à St-Jean-sur-Richelieu au sud.

Gilles Théberge affirme que la mise en place du système était très difficile, un travail à temps plein. «C'était compliqué et fastidieux de satisfaire les producteurs d'asphalte.»

Gilles Théberge a rapidement quitté le navire, victime d'un attentat le 15 juin 2000. À 2 h 45 du matin, sa voiture a volé en éclat devant sa résidence familiale. Avant même d'appeler la police, son premier réflexe a été d'appeler son ancien patron de Sintra. «Je lui ai dit que ma voiture avait sauté. Je lui dis de me trouver un avocat. Je lui ai dit qu'il voulait étendre la collusion trop loin. Il m'a pas répondu», a relaté le témoin.

Soupçonnant fortement un geste des Italiens, Gilles Théberge n'a jamais identifié l'auteur de l'attentat. Il soupçonne fortement les «Italiens», entrepreneurs avec lesquels il avait maille à partir.

En mai 2000, on lui demande de se retirer d'un appel d'offres pour un contrat d'égouts près de l'usine Atwater, dit le projet Rolls Royce.

Le dirigeant de Sintra a refusé et fini par remporter le mandat d'un demi-million, devant Garnier Construction de Joe Borsellino. ( 05 )

Des fois, il faut dire non. Mais cette réponse ne fait pas l'affaire de tout le monde

Usine de production d'eau potable Atwater à Montréal

Ce contrat correspond à une vague d'intimidation contre Gilles Théberge. Il y a d'abord eu des appels anonymes à son domicile. Puis début juin, le témoin dit avoir constaté que 7 à 8 vitres de l'un de ses voisins ont été brisées. Théberge appelle l'entrepreneur Nicolo Milioto ( 06 ) pour faire enquête. Celui-ci lui assure ne pas être responsable, mais lui dit qu'il s'agit bien d'un avertissement et que l'auteur s'est trompé d'adresse : c'est lui qu'on visait.

Autre réflexe, Gilles Théberge dit avoir appelé l'entrepreneur Tony Accurso le 15 juin pour lui demander s'il savait qui avait ordonné cet attentat contre lui. S'il a pensé à appeler Accurso, c'est que la veille de l'explosion, Théberge avait assisté à l'inauguration de son restaurant de Laval, l'Onyx. Tous les entrepreneurs de la région étaient présents.

Gilles Théberge dit d'ailleurs y avoir eu un accrochage avec Joe Borsellino, de Garnier, au sujet d'un projet de 14 millions que l'entrepreneur tenait à décrocher. Le témoin a dit ne jamais lui avoir répondu à ce sujet puisqu'il a refusé de retourner travailler après l'attentat contre sa voiture.

 
 

Le cartel de l'asphalte à Laval

 
 

L'entreprise Valmont-Nadon ( 07 ) a touché un faux extra de 600 000$ pour l'un de ses contrats à Laval, a affirmé un ancien employé, Gilles Théberge. Le témoin de la commission Charbonneau toutefois dit avoir eu à verser de 40 000$ à 60 000$ à l'ingénieur Roger Desbois pour y avoir droit.

Au milieu des années 2000, Valmont-Nadon décroche un contrat de 3,6 millions à Laval. À la fin du mandat, l'entreprise constate que le chantier ne lui a coûté qu'un peu plus de 3 millions.

Pour éviter de «perdre dans la nature» le 600 000$ auquel il estimait avoir droit, Gilles Théberge a conclu une entente avec l'ingénieur Roger Desbois, de Tecsult ( 08 ), pour obtenir des faux extras. En échange, le témoin dit avoir remis un paiement de 40 000$ à 60 000$ à l'ingénieur responsable du chantier. Roger Desbois a confirmé lors de son témoignage avoir empoché des montants d'argent pour accorder des faux extras.

Le commissaire Renaud Lachance a rapidement fait remarquer au témoin que les 600 000$ n'auraient pas été perdus, mais seraient plutôt restés dans les coffres de la Ville de Laval, ce qui aurait représenté une économie pour les Lavallois.

Le témoignage de Gilles Théberge vient corroborer celui des trois derniers témoins qui sont venus décrire l'existence d'un système de partage des contrats et de ristourne pour le parti de l'ex-maire Gilles Vaillancourt. Le témoin a indiqué que Valmont-Nadon avait bonne réputation sur la question du paiement du 2%. «On se faisait un devoir de bien payer», a-t-il dit. Pour être dans les bonnes grâces, l'entreprise payait même la moitié de sa ristourne dès la confirmation de l'obtention d'un contrat.

Gilles Théberge a précisé que, à sa connaissance, la  collusion existe à Laval au moins depuis le milieu des années 1980. Et selon lui, tous les entrepreneurs en construction savaient que «le boss, c'était Gilles Vaillancourt». 

Il dit avoir tenté de percer le marché de Laval au milieu des années 1990. Gilles Théberge dit qu'il savait à l'époque que le marché lavallois était fermé par un système en place depuis 1985, mais que son entreprise a malgré tout voulu forcer son entrée. Pour y arriver, Sintra a fait une offre très agressive sur un appel d'offres destiné à un autre entrepreneur.

Claude Deguise ( 09 )

Contrairement à Montréal où les entrepreneurs se partageaient les contrats, c'est un fonctionnaire municipal, Claude Deguise, qui annonçait le gagnant des appels d'offres. Gilles Théberge précise toutefois que celui-ci ne faisait que transmettre les ordres de son supérieur.

«Pour nous, le boss c'était Vaillancourt.»

Peu après le lancement des appels d'offres, les entrepreneurs qui étaient pressentis pour gagner un contrat recevaient un appel de Claude Deguise. Ils devaient lui rendre visite pour recevoir la liste des autres participants. Les entrepreneurs devaient appeler leurs concurrents pour leur indiquer à quel montant préparer leurs soumissions de complaisance.

Gilles Théberge a expliqué que la collusion à Laval a permis aux entrepreneurs de gonfler leur marge de profits à plus de 30 %. «Ça comprenait le 2 % qu'on devait remettre», a-t-il précisé. Selon lui, la marge de profit d'une telle entreprise est normalement de 8 % à 10 % et peut même être de 0 % en début d'année quand les carnets de commandes sont vides.

La commissaire France Charbonneau a demandé au témoin s'il arrivait que des contrats soient octroyés en libre concurrence à Laval. «Il n'y en a aucune à Laval», a répondu le témoin.

 
 

Qualité de l'asphalte en baisse

 
 

La qualité de l'asphalte est en baisse depuis dix ans au Québec, favorisant l'apparition des nids-de-poule notamment à Montréal, a affirmé le témoin Gilles Théberge devant la commission Charbonneau le 27 mai 2013.

Cet ex-employé de l'entreprise de construction Sintra poursuit son témoignage aujourd'hui. La commissaire France Charbonneau a questionné le témoin sur les conséquences de la collusion entre les producteurs du bitume qu'il a dénoncée la semaine dernière.

«Est-ce que vous pourriez nous dire si la qualité du bitume était ainsi faite pour que l'asphalte soit à refaire chaque année ?»

Plan d'asphalte de DJL

Sans se prétendre expert en qualité de l'asphalte, Gilles Théberge a indiqué «les raffineries vont rechercher tout ce qu'elles peuvent pour faire leurs huiles et ce qu'il reste comme résidus est envoyé pour faire l'asphalte. C'est comme prendre un citron et plus tu le presses, moins il va en sortir. Ce qui ressort des raffineries est de moindre qualité selon moi

Le témoin a dit constater une baisse de qualité depuis 10 ans, sinon plus, dans la qualité de l'asphalte produite au Québec. Il s'est dit convaincu que ces difficultés ont pour conséquence directe l'apparition précoce des nid-de-poule dans la métropole.  Le témoin a toutefois précisé que la collusion n'était pas nécessairement directement responsable de la baisse de qualité.

Il a souligné que les producteurs doivent s'approvisionner aux raffineries et que ce sont elles qui sont responsables de la qualité du sous-produit utilisé pour la conception du bitume. «Les producteurs d'asphalte n'ont pas le choix de prendre le produit qu'on leur vend.»

Sur le fonctionnement de la collusion, Gilles Théberge a expliqué que les entreprises devaient rester dans leur domaine pour que le partage des contrats fonctionne. «Pour que l'harmonisation fonctionne, tout le monde doit rester dans son domaine.» Son ancien employeur, Sintra, a ainsi fréquemment confié des travaux de trottoirs en sous-traitance à des entreprises comme Mivela et BP Asphalte. ( 10 )

Gilles Théberge a aussi affirmé que certains arrondissements étaient réservés à des entrepreneurs. Verdun était ainsi le territoire de Catcan, entreprise de Tony Catania. St-Laurent était divisé en trois entreprises : Infrabec de Lino Zambito, Garnier Construction de Joe Borsellino et Construction Frank Catania de Paolo Catania. ( 11 )

Le témoin a aussi détaillé certaines pratiques de corruption employées à l'époque. Il a ainsi relaté avoir payé pour plus de 25 000 $ en aménagement paysager à l'ex-fonctionnaire Luc Leclerc ( 12 ) pour le remercier pour les faux extras accordés sur leurs chantiers. Selon Gilles Théberge, sa complaisance pour autoriser des suppléments était bien connue dans le milieu. «Tout le monde voulait Luc Leclerc sur son chantier», a-t-il expliqué.

Sintra invitait une ou deux fois par année des fonctionnaires de la Ville de Montréal et du ministère des Transports du Québec dans une loge du Centre Bell. Théberge ne se rappelle toutefois pas le nom des fonctionnaires provinciaux invités.

 
 

Cartel de l'asphalte au Ministère du Transport du Québec

 
 
Ça vous a jamais vraiment inquiété qu’on vous prenne la main dans le sac? ''C’est exact'' » 

Le 28 mai 2013, Gilles Théberge a expliqué à la commission Charbonneau que Sintra, entreprise pour laquelle il travaillait de 1996 à 2000, a fait de la collusion dans l'asphalte sur des contrats du ministère des Transports du Québec (MTQ). La collusion se faisait entre producteurs d'asphalte tant sur la Rive-Sud que sur la Rive-Nord de Montréal.

M. Théberge a précisé qu'il « n'y avait aucune collusion avec les gens du ministère », expliquant par exemple que les entrepreneurs ne pouvaient bénéficier de complicité pour obtenir de faux extras. Il a cependant reconnu que Sintra obtenait de directeurs territoriaux du MTQ des informations privilégiées, lors d'activités sociales qu'elle organisait.

Les collusionnaires entre 1996 et 2000 dans l'asphalte, sur la Rive-Sud, étaient Bernier, Baillargeon, Pavages Chenail, DJL et Sintra; sur la Rive-Nord Sintra, Campeau et Desjardins Asphalte.

« Sur la Rive-Sud, [DJL] était un excellent partenaire en collusion : c'était dans leur mentalité et leur savoir-faire. On aurait dit qu'ils avaient été élevés dans la collusion. » — Gilles Théberge

Les producteurs d'asphalte collusionnaires tentaient de respecter leurs territoires respectifs en s'arrangeant pour que les contrats aillent à celui dont l'usine d'asphalte était la plus proche du lieu où ils devaient être exécutés. La position des usines « détermine » le territoire de chacun, soutient M. Théberge.

Il estime, d'après les cartes du MTQ situant les entreprises d'enrobé bitumineux présentées par la commission, que le territoire de Sintra a incidemment peu changé depuis 2000.

Sintra, qui possédait - et possède toujours - de nombreuses usines d'enrobés bitumineux au Québec, tirait en 2000 environ 60 % de son chiffre d'affaires des contrats du MTQ, selon M. Théberge.

De 1997 à 2012, selon les données du ministère, Sintra a obtenu environ 27 % des contrats « a prédominance d'asphaltage » du MTQ, pour un total de 863 millions de dollars. Sintra a au total obtenu 9 % de tous les contrats reliés à la construction accordés par le MTQ au cours de cette période, pour un total cumulé de 1,645 milliard de dollars.

Son plus proche rival, DJL, vient loin derrière avec des contrats totalisant 1,016 milliard$, pour une part de marché inférieure à 6 %. Simard-Beaudry vient en troisième place avec des contrats de 668 millions de dollars.

Dans 13 régions du Québec, Sintra a été l'un des trois plus gros entrepreneurs en asphalte de 1997 à 2012.

Carrière Bernier

Baillargeon

Pavages Chenail

Sintra

Campeau et Desjardins Asphalte

DJL Construction

« C'est pas la collusion, c'est le profit qui est important », souligne Gilles Théberge, qui précise que le but de la collusion n'est que de faire augmenter les profits.

Il ne peut dire s'il y a eu de la collusion dans l'asphalte après son départ de Sintra, puisque Valmont Nadon, son employeur à partir de 2001, n'avait pas de contrats au MTQ.

M. Théberge ajoute ne pas avoir fait de collusion sur des contrats de construction de routes.

Le témoin avait déjà expliqué que Sintra était à la fois un producteur d'asphalte et un entrepreneur en construction faisant des travaux de planage et resurfaçage, et qu'elle faisait de la collusion pour les contrats publics accordés dans ces deux domaines par la Ville de Montréal entre 1996 et 2000.

Petits cadeaux et gros profits
Des cadres du MTQ fournissaient de l'information à Sintra

Gilles Théberge a expliqué qu'il pouvait commencer à organiser la collusion des producteurs d'asphalte pour les contrats du MTQ grâce à des informations privilégiées qu'il obtenait auprès des directeurs territoriaux de Montréal, St-Jérôme, Lachute, Ormstown et Napierville, lors de repas au restaurant payés par Sintra.

« On discutait, dans son territoire à lui, quels genres de projets j'aurais soit à négocier, ou qu'est-ce qui s'en venait en soumission un peu plus tard ou dans l'année courante. [...] Il m'expliquait ce qu'il y avait comme programme dans l'année courante », a-t-il précisé.

« Auriez-vous pu avoir cette information-là sans l'aide de cette personne-là? Non Madame. Ce n'était pas de l'information publique? Elle devenait publique… Peut-être un ou deux mois après, c'était publié dans les journaux. » — Échange entre Gilles Théberge et la commissaire France Charbonneau

« Il est important de connaître notre marché lorsqu'on rencontre la compétition », a poursuivi Gilles Théberge. « Quand on rencontre la compétition, normalement, c'est pour discuter pratiquement de collusion, a-t-il expliqué. Tout le monde veut connaître le marché, qu'est-ce qui s'en vient, qu'est-ce qui va apparaître comme projets dans l'année courante. »

Sintra pouvait aussi offrir des bouteilles de vin ainsi que des billets pour des matchs de hockey, de baseball ou de football à ces directeurs territoriaux, a ajouté Gilles Théberge.

Des huitres et du steak...

Le vice-président marketing de Sintra, Jacques Parenteau, organisait en outre diverses activités destinées aux interlocuteurs de l'entreprise au sein du MTQ. Chaque année, ces directeurs territoriaux et leurs adjoints, notamment, étaient invités à Gould, à l'est de Sherbrooke, pour une fête.

Ce sont les directeurs territoriaux de Sintra qui faisaient les invitations pour cet évènement, a dit Gilles Théberge.

Des autobus étaient réservés pour transporter de 100 à 150 personnes sur les lieux de l'évènement. Des maires et des directeurs généraux de municipalités étaient aussi invités. Personne ne couchait cependant sur place, a-t-il dit.

« Il y avait là-bas une grande maison, appelez ça pratiquement un château sur le bord d'un grand lac. On recevait les gens là-bas avec des huîtres et du steak. » — Gilles Théberge

Selon Gilles Théberge, Jacques Parenteau a aussi organisé plusieurs parties de pêche au saumon dans le coin de La Baie. Sintra louait un chalet et deux guides pour cette activité à laquelle étaient conviées une dizaine de personnes.

Sintra payait toutes les dépenses liées à ces activités, a assuré Gilles Théberge. Le témoin s'est cependant montré avare d'informations sur les personnes qu'il avait invitées à ces évènements. Il s'est souvenu d'avoir invité un directeur régional du MTQ, Yvon Tourigny, à Gould, et un autre Pierre-André Dugas, à La Baie.

Gilles Théberge a précisé que ce ne sont pas les directeurs territoriaux du MTQ qui accordaient les contrats, ces décisions étant prises selon lui à Québec.

Le témoin a par ailleurs glissé dans une de ses réponses qu'avant 2000, le MTQ payait son bitume plus cher que les entrepreneurs privés auprès des raffineries. Il n'a pu expliquer cette différence de prix. « Faudrait poser la question au ministère » a-t-il dit.

Sources: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada, La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour :15 février 2014

Notes & Références encyclopédiques:

01

 
 
 

À propos de Tony Accurso ex-président de Simard-Beaudry - Sur MétéoPolitique

 
 
 
 
 
 

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02

À propos de Jean Paul Dupré président de DJL construction - Sur MétéoPolitique

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03

À propos de Daniel Ducroix pour Sintra construction - Sur MétéoPolitique

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04

 

À propos de Joseph Carola pour Beaver Asphalte-division du groupe Devesco - Sur MétéoPolitique

 

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05

À propos de Joe Borsellino de Garnier Construction - Sur MétéoPolitique

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06

 

À propos de Nicolo Milioto - Sur MétéoPolitique

 
 
 
 

 

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07

À propos de Valmont-Nadon - Sur MétéoPolitique

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08

À propos l'ingénieur Roger Desbois, de Tecsult - Sur MétéoPolitique

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09

 

À propos de Claude Deguise ex-directeur du Génie de ville Laval - Sur MétéoPolitique

 

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10

 

À propos de Mivela construction de Nicolo Milioto (voir en 06 ci-dessus) et BP Asphalte (était la propriété de Giuseppe Joe Borsellino) - Sur MétéoPolitique

 

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11

 
 
 

Verdun était ainsi le territoire de Catcan, entreprise de Tony Antonio Catania. St-Laurent était divisé en trois entreprises : Infrabec de Lino Zambito, Garnier Construction de Joe Borsellino ( voir ci-dessus en 05) et Construction Frank Catania de Paolo Catania.  - Sur MétéoPolitique

 
 
 

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12

 

À propos de l'ex-fonctionnaire de la ville de Montréal, Luc Leclerc - Sur MétéoPolitique

 

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