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Daniel Ducroix, collusionneur pour SINTRA

Une rencontre secrète a eu lieu entre les présidents des principaux producteurs d'asphalte de la province au début de l'année 2000. Elle a rassemblé le président de Sintra, Daniel Ducroix, le président et le directeur général de Simard-Beaudry, Tony Accurso et Pierre-André Matton, le président de DJL, Jean Paul Dupré et le président de Beaver Asphalt, Joseph Carola. Selon le témoignage de Gilles Théberge ex-employé de Sintra, devant la Commission Charbonneau en mai 2013, le groupe s'est entendu sur un prix plancher pour l'asphalte et des quantités que chaque usine pouvait produire.

Normand Bédard était PDG de Sintra jusqu'en 2011 et est toujours inscrit comme administrateur de la société mère de Sintra, ColasCanada ( 01 ) filiale de Bouygues. Mario Desrochers a été responsable de l'entreprise pour la région de Laval. Tous deux font face à des accusations criminelles. Les autorités croient qu'ils ont comploté avec Gilles Vaillancourt lui-même et plusieurs autres individus pour «commettre des actes de corruption dans les affaires municipales, des abus de confiance et des fraudes envers le gouvernement».

 

Deux compagnies, Sintra et DJL, contrôlent 60 % du marché de l’asphalte au Québec, une situation alarmante aux yeux de l’ex-patron de l’Unité anticollusion (UAC), Jacques Duchesneau, lors de son témoignage le 22 juin 2012

Grâce à la collusion la marge bénéficiaire des participants atteignait 30%, alors que sans cela elle se situait entre 4% et 8% "en libre concurrence". 

Sur le fonctionnement de la collusion, Gilles Théberge a expliqué que les entreprises devaient rester dans leur domaine pour que le partage des contrats fonctionne. «Pour que l'harmonisation fonctionne, tout le monde doit rester dans son domaine.» Son ancien employeur, Sintra, a ainsi fréquemment confié des travaux de trottoirs en sous-traitance à des entreprises comme Mivela et BP Asphalte. ( 04 )

M. Gilles Théberge ( 02 ), aujourd'hui à la retraite, a quitté abruptement l'entreprise le 15 juillet 2000 au lendemain de l'explosion nocturne d'une bombe sous sa voiture, garée devant son domicile. Il avait alors estimé, et l'avait dit au président de Sintra de l'époque, Daniel Ducroix, que la collusion, dont il connaissait la présence depuis quelques années, "allait trop loin", sans émettre d'hypothèse précise sur les causes de l'attentat

Auparavant, il acceptait de participer à des ententes illicites parce qu'il "n'avait pas le choix" pour garder son emploi, pour lequel il touchait un bon salaire, disposait d'une belle voiture de fonction et d'un compte de dépenses. C'est la première fois depuis le début de l'enquête de la commission Charbonneau il y a un an qu'une entreprise appartenant à un groupe étranger est nommément mise en cause.

 

Naissance de Sintra

 

Sintra a vu le jour de la fusion de Fabi & Fils et Modern Paving, en 1974. La compagnie a une forte présence dans la construction de routes, pistes d’aéroport, pistes cyclables. C'est une filiale du groupe européen Colas, qui a des antécédents de collusion.

En 2010, une filiale de Colas, Axium, a été condamnée à une amende de 17,6 millions d’Euros (26,5 millions de dollars canadiens) pour avoir fixé le marché des panneaux de signalisation, en France.

L’autorité de la concurrence française avait épinglé huit entreprises condamnées à des amendes totales de 52,7 millions d’euros. Les firmes se réunissaient régulièrement et se répartissaient les marchés publics, une situation similaire à celle qui prévaut au Québec, où l'asphaltage est gangréné a dit Jacques Duchesneau. «On tente de contrôler l'industrie», a-t-il dit. Son rapport fait état d'une source proche des Hells Angels, à qui il attribue la phrase: «tout ce qui est asphalte à Montréal et aux alentours, on l'a toute.»

Avant même le lancement d’un appel d’offres, les entrepreneurs sont abordés par les oligarques. «On convoque les gens et on leur passe un message qu’il serait mieux pour eux de ne pas répondre à l’appel d’offres», a expliqué M. Duchesneau.

Il n’est pas rare que quatre entreprises seulement déposent une soumission, alors qu’une dizaine auraient pu le faire. «La règle du plus bas soumissionnaire perd tout son sens quand on élimine la concurrence», a dit M. Duchesneau.

Les fournisseurs en situation de domination dans un secteur de l’industrie comme les enduits bitumineux peuvent aussi refuser de vendre leurs produits à des joueurs indésirables, et étouffer ainsi la concurrence.

Lors de son témoignage devant la Commissaire Charbonneau en juin 2012, M. Duchesneau était accompagné d’Annie Trudel et Martin Morin, respectivement agente de renseignements et enquêteur à l’Unité permanente anticollusion (UPAC). Ils étaient tous deux des proches collaborateurs à l’UAC. ( 03 )

Sintra a retrouvé son permis de travail ?

 

Sources : Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada, La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir inc.

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour : 15 février 2014

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  Vers la Fiche:
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Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Noms des administrateurs du groupe Colas - Sur le site de la compagnie

PDF 6 pages

 

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02

À propos de Gilles Théberge, ex-employé de Sintra - Sur MétéoPolitique

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03

 

Duchesneau devant la Commission Charbonneau - Les firmes de génie au pilori - Sur IRIF

 

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04

 

À propos de Mivela construction de Nicolo Milioto et BP Asphalte (était la propriété de Giuseppe Joe Borsellino) - Sur MétéoPolitique

 

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