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Charles Meunier ex-ingénieur chez BPR et son honorabilité

Un troisième témoin confirme à la commission Charbonneau que les grandes firmes de génie-conseil faisaient de la collusion pour se répartir les contrats accordés par la Ville de Montréal à partir du milieu des années 2000, en échange d'une ristourne versée à la caisse occulte d'Union Montréal, par l'entremise de l'argentier du parti Bernard Trépanier.

BPR Présidée par Pierre Lavallée et auparavant par Paul Lafleur, BPR se montre particulièrement dynamique dans les dossiers de gestion de l’eau dans le monde municipal, comme ce fut le cas à Saint-Irénée, dans Charlevoix, ou à Montréal, avec le contrat des compteurs d’eau. BPR a eu à son emploi Jean D’Amour avant qu’il soit député libéral, pour faire du développement des affaires. À cette époque, il présidait le PLQ. Par la suite, il a été reconnu coupable de lobbyisme illégal.

 

 
 

L'engrenage de la corruption

 
 

Charles Meunier, qui a été ingénieur chez BPR ( 01 ) de 1998 à 2010, a raconté qu'il a remis à au moins quatre reprises des sommes variant entre 5 000  $ et 25 000  $ à Bernard Trépanier ( 02 ). Ces sommes constituaient une ristourne pour des contrats que la firme de génie-conseil s'était vu accorder dans le cadre du système de collusion. Il est possible que cette ristourne était fixée à 3 %, a-t-il dit, sans être en mesure de le confirmer. 

Un ex-vice-président de Genivar, François Perreault ( 03 ), a confirmé le même stratagème lors de son témoignage, qui précédait celui de Charles Meunier. L'affaire avait cependant été mise au jour par le témoignage que Michel Lalonde, PDG de Génius ( 04 ), avait offert en janvier 2013. Ce dernier avait expliqué qu'il avait géré ce système de collusion en compagnie de Bernard Trépanier de 2004 à 2009.  

Charles Meunier a effectivement confirmé que c'est Michel Lalonde qui l'appelait pour l'informer des résultats d'un appel d'offres à venir. Si BPR n'était pas désignée pour obtenir le contrat, elle devait présenter une soumission de complaisance, en indiquant le prix donné par Michel Lalonde. Si elle devait obtenir le contrat, Bernard Trépanier appelait pour réclamer son « dû ». Charles Meunier et lui se donnaient alors rendez-vous.

M. Lalonde avait identifié MM. Meunier et François Perreault comme ses interlocuteurs dans le système de collusion. Les autres étaient Yves Cadotte de SNC-Lavalin, Rosaire Sauriol et Serge Duplessis de Dessau, Yves Théberge de CIMA, Pierre Asselin de Tecsult (aujourd'hui AECON), Bernard Poulin et Dany Moreau de SM, France Michaud de Roche, Sylvain Lacasse de Claulac, Normand Brousseau de HBA-Teknika, Jean Leroux de Leroux Beaudoin Hurens et associés et Jacques Grenier d'Axor. ( 05 )

Charles Meunier a expliqué qu'en 2001, son travail chez PBR consistait à développer des liens avec les candidats de l'Union des citoyens et citoyennes de l'île de Montréal (UCCIM), ancienne dénomination d'Union Montréal. L'idée était de faire la promotion d'un procédé pour le contrôle en temps réel des égouts en cas d'orage, une spécialité de BPR.

Ayant participé à quelques activités de financement du parti du maire Gérald Tremblay pendant la campagne électorale, à la demande d'un dénommé Bob Church, l'ingénieur croyait bien qu'il avait atteint son but lorsque le parti a remporté l'élection. Mais il n'en fut rien.

Quelqu'un de BPR, possiblement Yvon Tourigny, dit-il, le met alors en contact avec Bernard Trépanier, qu'il ne connaissait pas. Ce dernier se met rapidement à lui vendre de plus en plus de billets pour des activités de financement. Ne pouvant faire de chèques personnels, puisqu'il n'habitait pas Montréal, Charles Meunier les payait avec des chèques signés par d'autres employés de BPR. 

Charles Meunier dit qu'il avait l'impression d'être « entré dans le cercle » grâce à ses liens avec Bernard Trépanier. Mais le système de collusion s'est vraiment mis en place en 2004 ou 2005, dit-il, lorsque Michel Lalonde l'a appelé pour lui annoncer qu'un consortium BPR-Groupe Séguin (ancien nom de Génius) allait être formé pour un projet qui n'avait pas encore été lancé.

Le consortium remporte bel et bien l'appel d'offres et Charles Meunier dit avoir compris ce qui venait de se passer.

«

Je commence à réaliser... Je ne suis pas fier...
Ce n'est pas très honorable ce qui se passe là
                                                 — Charles Meunier

»

Selon lui, un autre haut dirigeant de l'entreprise, Pierre Lavallée ( 06 ), était au courant de toute l'affaire.

Charles Meunier affirme avoir toujours été mal à l'aise d'être complice de ce stratagème, et particulièrement d'avoir à remettre l'argent en mains propres à Bernard Trépanier.

Dans un cas, il l'a retrouvé dans sa voiture à un point de rencontre à Montréal et a glissé l'enveloppe sous la banquette. Dans un autre, il dit l'avoir déposé sur une armoire, en prévenant l'argentier d'Union Montréal qu'il se trouvait là. 

Interrogé sur ses relations avec Union Montréal, Charles Meunier dira aussi avoir eu l'impression qu'il s'agissait d'une entité bicéphale, avec Gérald Tremblay et Bob Church d'un côté, et Frank Zampino ( 07 ) et Bernard Trépanier de l'autre. Bernard Trépanier, dit-il, se vantait d'être proche de l'ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal.

Il soutient qu'au sein de la firme, « tout le monde est catastrophé » par la collusion, mais ils acceptent cependant ce qu'ils voient comme « la règle » pour travailler à Montréal.

« Quand je suis arrivé à BPR, je ne pensais pas me retrouver pris dans cette affaire-là »

La honte...

M. Meunier soutient avoir tenté de limiter ses rapports avec M. Trépanier, il dit avoir eu honte et cherché, dès 2007, à quitter BPR. Il soutient que s'il est resté jusqu'en 2010, c'est que la situation était, à son avis, compliquée : il ne voulait pas aller dans d'autres firmes pour être confronté à la même situation.

Tous ne voulaient pas de lui non plus : un employeur potentiel le refuse par crainte que son passé chez BPR ne salisse sa réputation. « Je suis tout seul », laisse alors tomber le témoin, qui dit avoir consulté un psychologue industriel pour mieux se réorienter.

L'ex-employé de BPR, qui dit ouvertement être « intimidé » par la commission, soutient que s'il n'a jamais été voir la police, c'est qu'il avait peur : « je trouvais cela trop gros pour moi [...] J'ai voulu me sauver de ça ».

De 2001 à 2010, Charles Meunier a donné 12 779 $ au PLQ, puis 400 $ au PQ en 2012. Il explique que c'est à son initiative qu'il participait à des activités de financement politique, mais ajoute que BPR le remboursait dans ses bonis annuels.

Il conclut cependant que ces appuis financiers aux partis ne l'ont pas pour autant aidé à obtenir des contrats de Québec.

Source: Radio-Canada Nouvelles pour la Société CBC/Radio-Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 17 mars 2013

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  BPR - Ingénierie

  Gens d'affaires
ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Politiciens et politiciennes
ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos de BPR - Sur Wikipédia

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02

À propos de Bernard Trépanier - Sur MétéoPolitique

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03

À propos de François Perreault ingénieur ex-Genivar - Sur MétéoPolitique

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04

À propos de Michel Lalonde PDG de Génius Conseil - Sur MétéoPolitique

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05
 
 
 
 
 

À propos d'Yves Cadotte de SNC-Lavalin, Rosaire Sauriol et Serge Duplessis de Dessau, Yves Théberge de CIMA, Pierre Asselin de Tecsult (aujourd'hui AECON), Bernard Poulin et Dany Moreau de Groupe SM, France Michaud de Groupe Roche, Sylvain Lacasse de Claulac, Normand Brousseau de HBA-Teknika, Jean Leroux de Leroux Beaudoin Hurens et associés et Jacques Grenier d'Axor - Sur MétéoPolitique

 
 
 
 
 

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06

À propos de Pierre Lavallée PDG de BPR Ingénierie - Sur MétéoPolitique

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07
 

À propos de Gérald Tremblay, ex-maire de Montréal et de l'ex-président du Comité exécutif de Montréal, Frank Zampino - Sur MétéoPolitique

 

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