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M. Bunkorn YUN

Propriétaire de 6119697 Canada inc.
Sources: La Presse, Cyberpresse

 

Choix de photos, mise en page : JosPublic
Publication : mai 2010

Monsieur Yun est un homme d'affaires, gradué de l'université de Phnom Penh, il est aussi gradué des Hautes Études Commerciales (HEC) de Montréal. Il est président de la chambre de Commerce du Cambodge. Il est le président de Canada Capital Finance et propriétaire de La Presse Cambodgienne du Canada. Jusqu'à tout récemment il siégeait au comité de financement du Parti Libéral du Québec et en 2009 il a contribué 1000 $ au parti du maire Gérald Tremblay, Union Montréal

Le Parti Libéral du Québec écarte un membre de son comité de direction

Bunkorn Yun est étroitement lié à la firme KL services financiers, selon plusieurs documents publics. KL gère des bureaux de change et des centres d'encaissement de chèques, comme celui de la rue Jarry Est (photo ci-dessus).

Dans la foulée de l'affaire BCIA, le Parti libéral du Québec a demandé à un membre de son comité de direction de démissionner, a appris La Presse.

À la demande notamment du président du PLQ, Marc Tanguay, l'homme d'affaires Bunkorn Yun a quitté le comité le 12 mai 2010 . Il y représentait les communautés culturelles depuis plusieurs années.

Le transport des valeurs de la firme KL était assuré par l'agence de sécurité BCIA, dont la faillite a fait perdre des millions de dollars au gouvernement du Québec.

Blanchiment d'argent

Le 1er mai, La Presse a mis en lumière les liens entre ces bureaux de change et une affaire de blanchiment d'argent, en 2005. À l'époque, une opération policière canado-américaine contre un réseau de trafic de marijuana avait mené à l'inculpation du montréalais Kien Huy Phung, entre autres. Phung avait plaidé coupable à une accusation d'avoir blanchi 590 000$ et avait été condamné à 16 mois d'emprisonnement.

Le crime avait été commis par l'entremise des bureaux de change montréalais Everest Financial Services et Candex. Bunkorn Yun n'a pas été accusé dans cette affaire, mais plusieurs éléments le lient à Phung et à ces bureaux de change.

D'abord, Candex et Everest étaient financés par des entreprises détenues par Bunkorn Yun ou auxquelles il était associé, selon des documents produits en Cour. Parmi ces entreprises, mentionnons Canada Capital Finance et le groupe KL.

Deuxièmement, Phung déclare, dans une déposition écrite produite en Cour, qu'il travaillait comme comptable à 500$ par semaine pour l'une des entreprises de M. Yun, en 2005. Avant cet emploi, entre 2003 et 2005, M. Phung déclare qu'il occupait les mêmes fonctions au même salaire, mais chez Everest.

En juin 2005, peu après l'inculpation de Phung, la firme KL a continué les activités d'Everest dans le même local et avec le même numéro de téléphone. Or, KL est étroitement liée à l'une des entreprises de Bunkorn Yun, Canada Capital Finance.

KL et Capital Finance ont en effet partagé le même compte bancaire et ont le même avocat, selon des documents publics. Qui plus est, c'est Bunkorn Yun qui a signé avec BCIA le contrat de transport de valeurs pour les deux bureaux de change de KL.

Dans l'affaire du blanchiment, la police avait également accusé Kheng Ly, du groupe KL. La Couronne a abandonné les accusations contre M. Ly en échange de la reconnaissance de culpabilité de Phung. L'infiltrateur de la police avait clairement dit à Ly et Phung qu'il voulait blanchir des fonds provenant du trafic de drogue.

Le comité de direction du PLQ compte une quarantaine de membres. Bunkorn Yun en faisait partie depuis plusieurs années, selon le porte-parole du PLQ, Michel Rochette, qui n'a pas rappelé pour nous dire précisément quand et par qui M. Yun y avait été nommé.

Bunkorn Yun est très engagé dans sa communauté, notamment auprès de la Fondation Enfants cambodgiens et de l'Association des victimes des Khmers rouges.

Des prêts à plus de 50%

En plus de gérer des centres d'encaissement, les entreprises de M. Yun font notamment des prêts, parfois à taux très élevé. En 2008, Luigi Coretti, patron de BCIA, a emprunté 150 000$ à l'entreprise de M. Yun à un taux de 1% par semaine, selon un document de cour. Par l'effet composé, ce taux correspond à 68% par année, ce qui excède le taux considéré comme usuraire dans le Code criminel (60%).

Ce prêt n'est pas un cas isolé. En 2008, KL a prêté 250 000$ à l'homme d'affaires Andrea Cortellazzi, au taux de 50%. Comme l'a révélé récemment La Presse, des investisseurs accusent M. Cortellazzi d'être au coeur d'une arnaque boursière.

Par ailleurs, dans le cadre d'une enquête sur une présumée fraude par télémarketing aux États-Unis, la GRC a perquisitionné dans les locaux de Bunkorn Yun et au centre d'encaissement KL de la rue Jarry Est à l'été 2009.

Selon le mandat de perquisition, 15 des 23 chèques émis par des victimes américaines, d'un total de 736 050$, ont été encaissés chez KL entre septembre 2008 et mai 2009. Ils avaient été endossés par Canada Capital Finance, propriété de M. Yun.

Aucune accusation n'a été portée contre M. Yun ou des dirigeants de KL dans cette affaire. La Presse a donné plusieurs jours à M. Yun pour s'expliquer mais, au moment de mettre sous presse, la réplique n'était toujours pas venue.

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