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Collusion, Corruption, Bahjat Ashkar, ingénieur, développement des affaires, Gilles Vaillancourt, Maire de Laval, Claude Deguise, Jean Gauthier, Jean Leroux, Leroux, Firme d'ingénierie Leroux Beaudoin Hurens et associés (LBHA), BAFA Consultants,

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Bahjat Ashkar, ingénieur et collusionneur chargé du développement des affaires

L'ingénieur a expliqué à la commission Charbonneau comment il a pu prendre pied dans le marché de Laval au tournant des années 2000 en finançant le Pro des Lavallois, par l'intermédiaire du notaire Jean Gauthier. ( 01 ) Aujourd’hui à la retraite il confirme à son tour le fonctionnement du système de collusion implanté à Laval. Il soutient qu’après l’entrée en vigueur de la loi 106, le maire Gilles Vaillancourt ( 02 ) lui dit d’aller voir le directeur du service de l’ingénierie Claude Deguise, pour se faire expliquer la nouvelle procédure à suivre. Le maire lui a aussi demandé de verser ses contributions électorales au notaire Jean Gauthier ( 03 ). Il a expliqué ainsi son implication dans le système de collusion dans le génie mis en place en 2002.

Bahjat Ashkar, en témoignage devant Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, Transcription du 12 juin 2013

Gens d'affaires

Collusion, Corruption, Bahjat Ashkar, ingénieur, développement des affaires, Gilles Vaillancourt, Maire de Laval, Claude Deguise, Jean Gauthier, Jean Leroux, Leroux, Firme d'ingénierie Leroux Beaudoin Hurens et associés (LBHA), BAFA Consultants,

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La première fois

M. Ashkar soutient qu’il est allé voir le maire Vaillancourt vers 1999 ou 2000 après avoir vendu sa firme, BAFA Consultants, à la firme de génie Leroux Beaudoin Hurens et associés (LBHA). L’ingénieur, chargé du développement des affaires, lui a alors offert de contribuer à la caisse électorale du PRO.

« Il y a des échos, tout le monde te dit il faut contribuer à la caisse électorale". Alors, j'ai posé la question. Quand il m'a dit oui, ça m'a sécurisé. J'ai dit : "Avec qui?". Il dit : "Jean Gauthier" », relate M. Ashkar.

À partir de ce moment, l’ingénieur remettra une fois par année une enveloppe remplie de chèques amassés par LBHA au notaire Gauthier, que ce soit à son bureau ou à celui du PRO. ( 04 )
Les sommes remises avoisinent les 2 % des honoraires de la firme, mais l’ingénieur assure en être arrivé à cette conclusion par « intuition ».

« Je rencontre monsieur le maire ce soir ou demain, il va être au courant », lui souligne le notaire Gauthier lors de la première remise d’argent. M. Ashkar continuera d’agir de la sorte jusqu’à ce qu’il présente le patron de LBHA, Jean Leroux ( 05 ), à Jean Gauthier, en 2007 ou 2009.

Gilles Vaillancourt
ex-maire de Laval

Bahjat Askar soutient que c’est le maire Vaillancourt qui lui a demandé d’aller voir le directeur du génie de la Ville après l’entrée en vigueur de la loi 106, en 2002. « La loi a changé et il y a une nouvelle procédure. Il faut que tu contactes Claude Deguise », lui aurait dit le maire de Laval. M. Deguise l’informe alors que les contrats seront accordés « à tour de rôle » aux firmes de génie. « Ça n’a pas changé beaucoup, mais il y a une gymnastique à faire. […] Il dit : "Quand c’est votre tour, je vous dirai qui sont vos compétiteurs. Vous allez leur parler. Et eux, ils sont informés comme vous. Si c’est votre tour de passer, ils vont vous laisser passer" ».

Claude Deguise, poursuit-il, l’appelait effectivement quand son tour était venu d’obtenir un contrat, et ce, avant même que la période pour soumissionner ne soit terminée. Le directeur du génie l’a aussi informé, au fil du temps, des différents interlocuteurs auxquels M. Ashkar devait parler dans les autres firmes.

« Écoutez, moi je trouve que le maire, quand il a inventé ce système, c’était pour rester à chacun son tour », commentera M. Ashkar.

M. Ashkar effectue son premier paiement à Jean Gauthier vers 2000. Lors de cette première rencontre, M. Gauthier lui aurait dit :« Monsieur le maire va être au courant, ce soir ou demain ».

Ces remises d'argent, que M. Ashkar recevait de Jean Leroux, se poursuivront dans les années suivantes. M. Leroux viendra incidemment avec M. Ashkar, en 2007-2008, remettre l'argent à Jean Gauthier. L'ingénieur à la retraite soutient qu'il n'a jamais vraiment su combien d'argent contenaient les enveloppes qu'il remettait au notaire.

La collusion se met en place

Lorsque la loi 106 qui resserre les règles d'attribution des contrats dans le génie est adoptée en 2002, le maire Vaillancourt lui dit d'aller voir le directeur de l'ingénierie Claude Deguise, qui lui explique alors que les firmes auront « les contrats à tour de rôle », comme par le passé, grâce à de l'information privilégiée qu'il leur fournira.

Comme prévu, dans les années suivantes, Claude Deguise avertira donc le gagnant quelques jours avant le dépôt des soumissions. Le gagnant doit alors s'arranger avec les autres collusionnaires, dont les noms sont fournis par Deguise, pour qu'ils fassent des soumissions de complaisance. Les autres firmes procédaient de même manière, M. Ashkar donnant en exemple ses contacts avec Laval Gagnon de CIMA+ ( 06 ).

Déçu des contrats obtenus dans un premier temps, M. Ashkar va voir le maire en 2004-2005 pour s'en plaindre. Lorsque M. Vaillancourt lui réplique : « Il faut faire vos devoirs », il en déduit que LBHA ne donne pas assez.

M. Ashkar ajoute n'avoir jamais parlé directement de collusion ou des contrats arrangés avec le maire dans la foulée de l'adoption de la loi. Il parlait cependant plus librement avant 2002 de contrats avec M. Vaillancourt, alors qu'il était légal pour le maire de s'occuper de l'attribution des contrats de génie.

« Je trouve que le maire, lorsqu'il a inventé ce système, c'était pour rester chacun son tour » comme avant la loi 106, a plaidé M. Ashkar, qui explique qu'on ne parlait pas alors de contrats truqués.

Les firmes de génie collusionnaires et leurs interlocuteurs désignées par Bahjat Ashkar sont les mêmes que celles mentionnées par Roger Debois: CIMA+ (Laval Gagnon), Dessau (Serge Duplessis), Genivar (Yannick Bouchard), Tecsult-AECOM (Roger Desbois), Equiluqs (Guy Jobin), MLC (Claude Chagnon), Filiatrault McNeil (Alain Filiatrault). Ashkar n'est pas certain d'avoir fait affaire avec Triax. ( 07 )

En février 2011, LHBA met fin à son lien d'emploi en raison du volume déclinant de contrats qu'il y rapporte. par ailleurs, selon le registre des entreprises, BAFA a été officiellement dissoute en mai 2013.

M. Ashkar a payé 10 600 $ au PRO des Lavallois au fil des ans, sommes qui lui ont été remboursées par le biais de son compte de dépense chez LBHA. Ses proches ont fourni des sommes similaires au PRO.

Une longue feuille de route

Ingénieur d'origine libanaise, M Ashkar a été formé à Polytechnique au début des années 60 et s'est spécialisé dans le traitement des eaux. Il retourne travailler au Liban, œuvre par la suite au Maroc pour l'ONU, puis revient au Québec dans les années 1970 au service de la firme Gendron-Lefèbvre. Il quitte cette firme en 1985 pour devenir consultant pour la Société québécoise d'assainissement des eaux. Il décide par la suite de proposer ses services comme ingénieur en génie civil et forme CDG, qui fonctionne jusqu'en 1994.

Après l'expérience amère de sa fusion avec CIMA+, il a un passage à vide jusqu'à ce qu'il aille rencontrer, vers 1997, le maire de Laval, ville où il avait déjà eu des contrats. Il obtient un premier contrat de gré à gré et met sur pied BAFA Consultants. Il a par la suite vendu BAFA en 1999-2000 à la firme de génie LBHA eten est devenu salarié.

L'ingénieur Bahjat Ashkar est le premier d'une série d'ingénieurs appelés à comparaître dans les prochains jours devant la commission Charbonneau.

Ashkar confirme les allégations de Desbois et Roberge

Le 22 mai dernier, Roger Desbois, ingénieur à la retraite de la firme Tecsult, a affirmé que M. Ashkar était le représentant de BAFA dans le système de collusion des firmes de génie de Laval.

Roger Desbois avait expliqué que toutes ces firmes devaient verser une ristourne de 2 % au notaire Jean Gauthier. Selon lui, ce notaire proche du maire jouait pour les firmes le rôle de collecteur que lui-même jouait pour les entrepreneurs collusionnaires.

Plusieurs de ces firmes ont été visées par l'UPAC dans le cadre de l'opération Honorer, qui s'est traduite par 37 arrestations le 9 mai dernier. BAFA n'était pas visée.

Roger Desbois avait expliqué que le système de collusion des firmes de génie était dirigé par le directeur du service d'ingénierie de la Ville de Laval, Claude Deguise, mais que le maire Gilles Vaillancourt « était au courant » de toute l'affaire.

Selon lui, M. Deguise désignait les firmes gagnantes avant même les appels d'offres, mais le processus d'appel allait tout de même de l'avant pour lui octroyer une apparence de légitimité.

M. Desbois a expliqué qu'en fait, ces stratagèmes visaient avant tout à perpétuer les façons de faire de l'administration municipale avant la loi 106. Avant 2002, la Ville n'avait aucune obligation d'aller en appel d'offres et décidait, de fait, quelles firmes allaient avoir les mandats.

Le directeur général adjoint de la Ville de Laval, Jean Roberge, avait lui aussi confirmé l'existence d'un système de collusion entre firmes dont il a profité de 2002 à 2007 avec Équation Groupe Conseil, avant d'en assurer la gestion lorsqu'il remplace Claude Deguise à la Ville de Laval à partir d'avril 2008.

Sources: Commission Charbonneau
Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction; Ici Radio-Canada pour La Presse/Gesca pour Power Corporation du Canada;

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 11 octobre 2014

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  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

Collusion, Corruption, Bahjat Ashkar, ingénieur, développement des affaires, Gilles Vaillancourt, Maire de Laval, Claude Deguise, Jean Gauthier, Jean Leroux, Leroux, Firme d'ingénierie Leroux Beaudoin Hurens et associés (LBHA), BAFA Consultants,

Notes & Références encyclopédiques:

01

 
 
 
 
 
 

À propos du notaire Jean Gauthier, gardien des argents du parti politique du maire Gilles Vaillancourt Le Pro des Lavallois - Sur MétéoPolitique

 
 
 

 
 
 
 
 
 

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02

À propos de Gilles Vaillancourt ex-maire de Laval - Sur MétéoPolitique

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03

à propos du notaire Jean Gauthier - Sur Radio-Canada, le 9 janvier 2013

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04

 
 

L’ingénieur Bahjat Ashkar remettra une fois par année une enveloppe remplie de chèques amassés par LBHA au notaire Gauthier - Sur Radio-Canada, le 12 juin 2013

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05

 
 
 
 
 
 

À propos de Jean Leroux dirigeant de Leroux Beaudoin Hurens et associés (LBHA) - Sur MétéoPolitique

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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06

À propos de Laval Gagnon ingénieur collusionneur de CIMA+ - Sur MétéoPolitique

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07

 
 
 
 

Les firmes de génie collusionnaires et leurs interlocuteurs désignées par Bahjat Ashkar sont les mêmes que celles mentionnées par Roger Debois: CIMA+ (Laval Gagnon), Dessau (Serge Duplessis), Genivar (Yannick Bouchard), Tecsult-AECOM (Roger Desbois), Equiluqs (Guy Jobin), MLC (Claude Chagnon), Filiatrault McNeil (Alain Filiatrault). Ashkar n'est pas certain d'avoir fait affaire avec Triax.

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