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George W. Bush, Stephen Harper, Philippe Couillard
Les liens politiques de Arthur T. Porter

Le Dr Arthur Porter était incarcéré depuis le 27 mai 2013 dans une prison du Panama. Sa femme a été extradée vers le Canada, a plaidé coupable de blanchiment d'argent et purge toujours sa peine en prison (juillet 2015). Les soutiens politiques du Dr Porter tels que Dr Philippe Couillard, Dr Yves Bolduc, Stephen Harper, George W Bush doivent moins s'inquiéter depuis son décès le 30 juin 2015. Porter parlait de publier un autre livre et de dévoiler des secrets que ses anciens supporteurs n'auraient pas trop apprécié. La publication est maintenant en suspens. Tout dépend de ce qu'a en main le biographe Jeff Todd, l'autorisation de la famille ou les termes du testament du Dr Arthur T. Porter.

Arthur Porter, W. Bush, Stephen Harper, David Angus, Stephen Harper, Dr Philippe Couillard, Fraude, Arthur Porter

 

Stephen Harper accrédite Arthur Porter

 
 

Proche des républicains à l'époque de George W. Bush aux États-Unis, du Parti libéral du Québec (PLQ), du Parti conservateur à Ottawa et du président Ernest Koroma en Sierra Leone.

Arthur Porter se serait aussi lié au pouvoir politique des Bahamas, en s'associant avec le conseiller spirituel du premier ministre.

George W. Bush

Neil Ellis

Un homme que l'ambassade des États-Unis considère comme l'un des plus influents et des plus controversés du pays.

Le site web de la clinique privée du Dr Porter à Nassau précise que l'un des membres du conseil d'administration est l'évêque autoproclamé de la Mount Tabor Full Gospel Baptist Church, Neil Ellis.

À la tête d'une église de 7 000 membres qu'il a fondée à la fin des années 80, M. Ellis connaît un grand succès financier qui lui a valu les attaques de certains médias locaux, critiques de son train de vie prospère et de sa maison évaluée à 1 million$ dans un quartier chic de Nassau. Son église compte 27 employés.es à temps plein, dont 2 pour gérer sa banque et ses services d'assurances.

Des câbles diplomatiques américains secrets rendus publics par le site WikiLeaks décrivent le religieux comme un «poids lourd politique» et «un des personnages les plus controversés des Bahamas». Il serait devenu un incontournable de la vie politique du pays, notamment grâce à son rôle de conseiller spirituel du premier ministre Perry Christie et à sa capacité de mobiliser ses fidèles en campagne électorale.

Cette proximité avec les leaders politiques n'est pas nouvelle pour Arthur Porter. Sa biographie le présente comme le conseiller personnel du président de la Sierra Leone, son pays natal. Il était d'ailleurs ambassadeur plénipotentiaire de ce pays au Canada jusqu'à récemment.

Porter a été la cible de critiques lorsque le journal National Post a révélé qu'il représentait ce pays étranger au Canada tout en étant président du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, un organisme fédéral qui scrute le travail des espions canadiens.

Arthur H Porter         Stephen Harper

Dans son édition du 18 novembre 2011, le National Post s’intéresse au double-emploi de l’ancien ministre québécois Philippe Couillard d’abord comme membre du comité fédéral responsable de superviser les activités d’espionnage du SCRS, puis comme conseiller du gouvernement de l’Arabie saoudite. L’article de Kathryn Blaze Carlson intitulé Watching the spywatchers (Surveiller ceux qui surveillent les espions) mentionne que le Dr. Couillard a joint le Comité canadien de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) le 24 juin 2010 et qu’il développa ses contacts en Arabie saoudite lorsqu’il y fonda un service de neurochirurgie en 1992.

Philippe Couillard estime peu probable qu'Arthur Porter, son ami et associé d'affaires, l'ait fait nommer en 2010 au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS).

Or, l'arrivée de Philippe Couillard à cet organisme - qui est censé être neutre, représentatif politiquement et ne compter que de trois à cinq membres au maximum - n'aurait rien du hasard, selon plusieurs interlocuteurs du milieu de la sécurité nationale.

C'est le premier ministre Stephen Harper qui avait nommé le Dr Porter à ce poste, où il a siégé aux côtés de son ami et associé - pendant une brève période -, l'ex-ministre de la Santé libéral Philippe Couillard.

Le premier ministre canadien Stephen Harper avait aussi nommé Arthur Porter membre à vie du Conseil privé de la reine pour le Canada.

Porter fréquentait aussi le sénateur conservateur David Angus, qui présidait le conseil d'administration de son centre hospitalier.

Pendant son séjour au Canada, le Dr Porter avait versé 3 300$ aux conservateurs et 6 000$ au Parti Libéral du Québec PLQ.

Sénateur/avocat David Angus et Dr. Arthur Porter

Ses contributions politiques ont toutefois été beaucoup plus élevées lorsqu'il dirigeait un centre hospitalier de Detroit, au début des années 2000. Il avait alors versé plus de 37 000$ au Parti républicain, dont une partie pour la campagne électorale qui a reporté au pouvoir George W. Bush et son vice-président Dick Cheney en 2004.

Selon un reportage de L'actualité médicale, Porter avait été choisi par le président Bush pour devenir Surgeon General, c'est-à-dire grand patron de la santé publique aux États-Unis, mais il avait refusé l'offre en raison de différends d'opinion avec le président.

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Philippe Couillard partenaire d'affaires d'Arthur Porter

 
 

L’entreprise PORTER, COULLARD ET ASSOCIÉS a été mise sur pied le 22 juin 2010 soit deux jours avant la nomination de Philippe Couillard au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité du Canada (CSARS). en compagnie d’Arthur Porter.

En fondant une firme de consultation dans le domaine de la santé avec son ami Philippe Couillard, Arthur Porter, qui dirigeait alors le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), a agi dans l’illégalité. 

L’Agence de la santé et des services sociaux (ASSS) de Montréal a confirmé au Devoir qu’Arthur Porter n’avait jamais demandé d’autorisation pour créer la firme Porter, Couillard et associés inc. en juin 2010, contrevenant ainsi à la Loi sur la santé et les services sociaux. « Il n’y a pas eu de demande et donc d’autorisation concernant la création de cette compagnie », a indiqué la porte-parole de l’Agence, Marie-France Coutu. 

Or, en vertu de la Loi sur la santé et les services sociaux, le directeur général d’un centre hospitalier ne peut poursuivre d’autres activités lucratives dans le domaine de la santé à moins d’obtenir une autorisation formelle tant du conseil d’administration de l’établissement que de l’Agence de la santé. L’article 199 de la Loi stipule que « le directeur général doit, sous peine de déchéance de sa charge, s’occuper exclusivement du travail de l’établissement et des devoirs de sa fonction ». Il peut occuper un autre emploi, une autre charge ou fonction dans le domaine de la santé seulement s’il obtient une autorisation à la fois de l’agence et du conseil d’administration, une autorisation qui est loin d’être automatique. « C’est la compréhension de l’Agence qu’une telle autorisation était nécessaire pour la création de cette entreprise », a signalé la porte-parole. 

Porter, Couillard et associés a été fondée 17 mois avant qu’Arthur Porter ne fût forcé de démissionner en décembre 2011, quatre mois avant la fin de son mandat à la tête du CUSM. 

Selon David Levine, qui dirigeait l’ASSS de Montréal à l’époque, le directeur général du CUSM, comme tout autre directeur général de centre hospitalier, doit être au service exclusif de l’établissement, en dehors de cours qu’il aurait pu donner à l’université et des activités liées aux fondations du CUSM ou aux associations professionnelles. 

Philippe Couillard a déjà indiqué que Porter, Couillard et associés, qui visait à obtenir des mandats de consultation en santé sur la scène mondiale, n’avait jamais été active. Que la firme ait été active ou non, l’autorisation était nécessaire, soutient-on à l’Agence. L’entreprise fut dissoute le 4 octobre 2012, le jour après avoir annoncé qu’il se lançait dans la course à la chefferie du Parti libéral. 

L’entourage de Philippe Couillard a souligné que celui-ci avait demandé à Arthur Porter, au moment de l’incorporation de la compagnie, s’il avait obtenu toutes les autorisations nécessaires. « Et l’individu a répondu oui », a-t-on rapporté. À l’époque, la réputation du Dr Porter était sans tache, a-t-on rappelé, à tel point qu’on voulait donner son nom à une rue. 

Jean Charest         Yves Bolduc ex-ministre de la santé  et  Arthur T Porter

Cliniques privées 

C’est en juin 2008 que Philippe Couillard a quitté son poste de ministre de la Santé et des Services sociaux pour se joindre au Fonds d’investissement PCP, ( 01 ) un fonds actif dans l’établissement de cliniques privées. En 2009, il est nommé membre du conseil d’administration de la société minière Canadian Royalties, tout comme Arthur Porter.

L’année suivante, il est nommé membre du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) que préside Arthur Porter.

En 2011, Philippe Couillard se joint à Secor-KPMG à titre de conseiller stratégique en santé.

En novembre 2011, quelques semaines avant qu’Arthur Porter ne démissionne, on apprenait que Porter, Couillard et associés n’était pas la seule entreprise dans le domaine de la santé qu’avait fondée Arthur Porter. Ce dernier possédait et dirigeait une clinique privée aux Bahamas. Il était également président du conseil d’administration de Cancer Partners UK, une société britannique vouée à l’essor de cliniques de radiologie au Royaume-Uni. En outre, le Dr Porter était propriétaire d’une entreprise en Sierra Leone, son pays d’origine, entreprise qui aurait été impliquée dans la vente d’armes. 

À la mi-novembre 2011, le conseil d’administration du CUSM a convoqué Arthur Porter afin d’obtenir des explications. À l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé et des Services sociaux à l’époque, Yves Bolduc, avait dû répondre à des questions à ce sujet. Le ministre avait mentionné que le conseil d’administration du CUSM avait tenu une réunion de six heures pour discuter de la situation. Peu de temps après, Arthur Porter remettait sa démission. 

Au moment de l’embauche du Dr Porter en 2004, certains membres du conseil d’administration du CUSM avaient été informés d’une façon générale que le nouveau directeur général était autorisé à garder quelques-uns de ses clients privés, mais jamais qu’il dirigeait une clinique médicale aux Bahamas. L’ASSS de Montréal n’avait pas non plus donné d’autorisation relativement à cette activité. À l’ASSS de Montréal, on n’a retrouvé aucune demande du Dr Porter, ni du conseil d’administration du CUSM portant sur une autorisation visant cette clinique.

Plus le piège se referme sur les suspects du scandale de corruption du CUSM, plus le nom d'Arthur Porter devient lourd à porter pour ses anciennes fréquentations, notamment pour les acteurs du milieu de la santé qui ont eu le malheur de se retrouver avec lui dans un voyage de pêche alors que son projet du mégahôpital était en pleine gestation.

Lors d'un voyage de pêche au Nouveau-Brunswick en 2006, Philippe Couillard (3e de la gauche) pose entre autres aux côtés de l'ancien patron du CUSM Arthur Porter (5e à partir de la gauche) et de l'avocat Marc Dorion (1er à gauche).  Pour en savoir plus sur la partie de pêche ci-dessus cliquez ici - Sur Cyberpresse, le 14 mars 2013

Arthur Porter, W. Bush, Stephen Harper, David Angus, Stephen Harper, Dr Philippe Couillard, Fraude, Arthur Porter

Sources: Conseil privé et le CSARS Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité du gouvernement du Canada, l'Association canadienne des institutions de santé universitaires (ACISU)
Journaux:
The Montreal Gazette et The National Post pour Paul Victor Godfrey, The Guardian pour le Scott Trust, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 21 mars 2014

Dr. Arthur T. Porter et le sens de l'éthique en affaires

Biographie chronologique

Le scandale du Centre universitaire de santé McGill

Liens d'affaires hétéroclites

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

Philippe Couillard chez Fonds d’investissement PCP - Sur MétéoPolitique

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