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André Morrow, de Morrow Communications, payé à ne rien faire ?
Scandale des compteurs d'eau
L'UPAC frappe chez Morrow Communications

Sujets Abordés

 Le 19 juillet 2016 :
L’Unité permanente anticorruption (UPAC) se rapproche des firmes de communication impliquées sur la scène municipale , dont celle d’André Morrow qui aurait servi à du financement politique illégal.   L’UPAC soupçonne cette firme d’avoir produit une fausse facture dans le but détourné de financer le parti du maire Gérald Tremblay.   Il avait été question de cette facture à la commission Charbonneau, mais l’UPAC a décidé de pousser les recherches plus loin dans le cadre d’une enquête criminelle, apprend-on dans de nouveaux extraits d’affidavits policiers rendus disponibles il y a deux semaines.

  Le 28 juillet 2015  : la firme fait l'objet d'une perquisition par l'Unité Permanente Anti-Corruption du Québec.   Cette fois il s'agit du scandale des compteurs d'eau de Montréal. André Morrow change le nom de son entreprise pour MW3, mais 1 mois après la perquisition de l'UPAC, il place Groupe MW3 sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité avec un passif de 343 916 $.

  Le 28 mars 2013 : André Morrow témoigne devant la Commission Charbonneau.   Nous apprenons que cette firme spécialisée dans la propagande conseille le maire de Montréal et son parti politique Union Montréal depuis plusieurs années.   Confronté à de fausses factures, le président de la firme Morrow Communications (en 2015 la même firme se nomme MW3), André Morrow a admis avoir facturé 75 000$ à SNC-Lavalin après les élections municipales de 2005.   Cette somme ne servait toutefois pas à payer du temps ou des services rendus au parti Union Montréal.

 

 
 
 

Une facture de Morrow Communications impliquant SNC-Lavalin
est au cœur d’une enquête criminelle
19 juillet 2016

 
 

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) se rapproche des firmes de communication impliquées sur la scène municipale , dont celle d’André Morrow qui aurait servi à du financement politique illégal.

L’UPAC soupçonne cette firme d’avoir produit une fausse facture dans le but détourné de financer le parti du maire Gérald Tremblay.

Il avait été question de cette facture à la commission Charbonneau, mais l’UPAC a décidé de pousser les recherches plus loin dans le cadre d’une enquête criminelle, apprend-on dans de nouveaux extraits d’affidavits policiers rendus disponibles il y a deux semaines.

C’était d’ailleurs la principale raison de la perquisition du 28 juillet 2015 dans les bureaux de Morrow Communications, rue Sainte-Catherine à Montréal, révèlent ces documents obtenus par l'Agence QMI.

« Fausse facture »

Les faits allégués remontent à la campagne électorale de 2005, remportée par le parti Union Montréal de Gérald Tremblay.

Yves Cadotte, ex-v.-p. de SNC-Lavalin, a affirmé à la commission Charbonneau que sa firme avait payé 75 000 $ pour une «fausse facture» à Morrow Communications pour couvrir des services rendus à Union Montréal pendant la campagne. ( 01 )

En fait, il s’agissait selon lui d’un stratagème pour verser une partie des 200 000 $ que devait donner sa firme à Union Montréal afin d’obtenir sa part de contrats à la Ville de Montréal.

Devant la commission Charbonneau, André Morrow avait pour sa part affirmé qu’il ignorait tout de ce subterfuge.

Son interprétation, c’est que SNC-Lavalin lui avait donné 75 000 $ non pas pour du travail fourni au parti de Gérald Tremblay, mais bien comme «retainer-retenir».   Il s’agit d’une somme qu’on verse à une entreprise simplement pour s’assurer de ses services futurs, donc sans que du travail soit nécessairement effectué.

«S’il y avait eu des allusions à cet effet-là, j’aurais refusé et je me serais levé et je serais parti», avait déclaré André Morrow devant la commission Charbonneau.

Produits de la criminalité

Deux ans après son témoignage, l’UPAC voit la situation d’un autre œil.

«J’ai des motifs raisonnables et probables de croire que des [...] obtenues par Morrow Communications sont des produits de la criminalité», écrit le sergent-enquêteur Jean-Frédérick Gagnon dans l’affidavit pour obtenir un mandat de perquisition dans les bureaux de Morrow.

Les enquêteurs cherchent «toute preuve de travail effectué par André Morrow et/ou un membre de la compagnie Morrow Communication au bénéfice de SNC-Lavalin», et, en référence à Union Montréal, «tout document relatif au financement du parti politique».

Les policiers ont finalement saisi sept éléments, principalement des documents papier et informatiques, dont ils se gardent bien de préciser publiquement le contenu.

Les prétentions de l’UPAC, tout comme celles de Yves Cadotte et d’André Morrow, n’ont pas encore passé le test de la justice criminelle.

Néanmoins, le passage de l’expert en communications à la commission Charbonneau a déjà eu des effets.

Le lendemain, sa conjointe et ex-députée fédérale Liza Frulla avait quitté son poste de commentatrice politique à Radio-Canada, «par respect pour le public et pour [ses] collègues».

 
 

28 juillet 2015 - Perquisition chez MW3

 
 

La vague de perquisitions de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en lien avec le scandale des compteurs d'eau se poursuit.  Cette fois, les enquêteurs sont débarqués dans les bureaux de Morrow Communications au centre-ville de Montréal.  Il s'agit de la septième perquisition menée par l'UPAC depuis les quatre dernières semaines.   Elles sont toutes liées au même dossier.

«On parle ici d'une perquisition en cours d'enquête, a dit la porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence.   Cinq enquêteurs se sont rendus sur place et des gens devaient être rencontrés.»

Les policiers présents sur place étaient notamment à la recherche de divers documents qui serviront à étoffer leur preuve dans cette vaste enquête portant sur l'attribution du contrat des compteurs d'eau, le plus gros jamais octroyé dans l'histoire de la ville de Montréal. ( 06 )

En 2005 l'administration Tremblay-Zampino allait de l'avant avec le dossier des compteurs d'eau.  Le contrat de 355 millions$ serait accordé au consortium Génieau (Dessau et Simard-Beaudry) en 2007 puis annulé deux ans plus tard compte tenu des irrégularités soulevées par le vérificateur général de Montréal.

Mais lors de l'octroi du contrat, en décembre 2007, la Ville de Montréal avait prévu mettre en place une cellule de crise au chapitre des communications.

«Comme le projet vise un changement culturel important, l'aspect des communications prend une dimension importante. [...] Une attention particulière sera accordée à tous les groupes d'opinions lors du démarrage du projet», peut-on lire dans les documents soumis aux élus lors de son approbation au comité exécutif.

Aucune arrestation n'était prévue lors de la perquisition chez Morrow Communications, dont le nom a été changé en juin 2015 pour MW3.

 

Témoignage d'André Morrow devant la Commission Charbonneau
28 mars 2013

 
 

André Morrow président de Morrow communications

«La facture n’était pas pour payer mes heures durant la campagne, a-t-il affirmé lors de son témoignage le 28 mars 2013.   Toutes les heures faites à Union Montréal ont été facturées à Union Montréal. J’ai fait des heures bénévoles, mais ça m’appartient, je n’ai jamais facturé

Il s’agissait en fait d’un contrat d’exclusivité qui liait Morrow Communications à SNC-Lavalin pendant deux mois, à la suite de «(son) implication à Union Montréal dans la campagne de 2005».

La lettre d’entente pour le contrat indiquait que M. Morrow devait être rémunéré à un taux horaire, mais le témoin a toutefois reconnu qu’il a fait «peu ou pas de travail pour SNC-Lavalin».   Il a aussi admis avoir falsifié la date du document à la demande de SNC-Lavalin.

«Si j’avais su qu’il y avait une possibilité que ce soit lié à Union Montréal, je me serais levé, j’aurais refusé, et je serais parti», a-t-il déclaré.

Lors de son témoignage le vice-président de SNC-Lavalin, Yves Cadotte, avait affirmé avoir payé cette «fausse facture» à Morrow Communications, pour acquitter les 200 000 $ en argent comptant réclamés par Bernard Trépanier ( 02 ), lors des élections de 2005.

André Morrow dit que Pierre Anctil de SNC-Lavalin lui a offert un contrat de 75 000 $, taxes en sus, en novembre 2005.  Il s’agissait d’une entente exclusive, signée de gré à gré, pour des services en matière de communications à livrer ultérieurement.

Les deux hommes conviennent alors de rédiger une lettre d’entente.

 « À la demande de M. Anctil, elle avait été datée du mois de février », précise-t-il. « J’ai assumé que ça devait rentrer dans leur année financière », affirme le témoin, qui n’a pas posé davantage de questions.

La copie de la lettre d’entente remise à la Commission par Morrow Communications, qui n’est pas signée, précise que l’entente porte sur des services à rendre pour une période allant du 1er février au 31 décembre 2005. ( 03 )  Cette demande avait été formulée par Pierre Anctil, qu’il connaissait depuis qu’ils s’étaient rencontrés au Parti libéral du Québec dans les années 80.

La facture de Morrow Communications à SNC-Lavalin est datée du 15 novembre. ( 04 )  Selon le témoin, c’est Pierre Anctil qui lui a demandé de produire immédiatement une facture pour couvrir l’ensemble des honoraires prévus par l’entente.

« Morrow Communications a été payée, le chèque a été déposé dans le compte de banque de Morrow Communications, on a payé les taxes, on a payé les impôts, et il n’y a aucun argent qui est sorti par la suite. Cet argent-là est resté dans la compagnie », assure André Morrow.

Lorsqu’on l’interroge sur les allégations d’Yves Cadotte, il répond : « je suis tombé un peu à terre quand j'ai entendu ça. Je dois vous dire ça ne m'a jamais été présenté de cette façon-là. […] On m'a proposé ça comme étant un « retainer » pour SNC-Lavalin et c'est ce que j'ai signé et c'est ce que j'ai fait. »

Il admet que SNC-Lavalin était intéressée par ses services en raison de son implication dans la campagne électorale d’Union Montréal.

 « J'ai été très, très clair quand j'ai rencontré les gens de la commission Charbonneau, qu'il est clair que mon implication dans la campagne - parce que j'étais proche du maire, parce que j'étais proche du Cabinet, parce que j'avais aussi des mandats à la Ville -, je suis sûr que ça a joué. »

 

Sources: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction; Métro Montréal pour Rémi Marcoux; Radio-Canada Nouvelles pour la Société CBC/Radio-Canada; TVA Nouvelles pour Québecor Inc.; La Presse pour Power Corporation du Canada Inc..

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour : 31 juillet 2016

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Gens d'affaires
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Politiciens.nes
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Employés.es de l'État
Ayant un sens de l'éthique en conflit avec l'intérêt de l'ensemble de la population

  Éthique et corruption

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

À propos de l'ex-vice-président de SNC/Lavallin, Yves Cadotte - Sur MétéoPolitique

 

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02
 

À propos de Bernard Trépanier le collecteur de fonds d'Union Montréal - Sur MétéoPolitique

 

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03
 

Lettre d'entente entre SNC-Lavalin et Morrow Communications datée du 1er février 2005 - Sur le site de la Commission Charbonneau

 

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04
 

Facture de Morrow Communications en date du 15 novembre et documents du déboursé - Sur le site de la Commission Charbonneau

 

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05
 

Dure à faire taire…

Contexte : On est à l’émission du Club des EX à la Télévision de Radio-Canada et on montre en direct le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron qui parle de la corruption à la ville de Montréal en conférence de presse. Il dénonce des contrats obtenus par Groupe CJB/Octane et Morrow Communications.

Liza Frulla, ex-ministre provincial et fédérale
pour le Parti Libéral du Québec et du Canada

Le conjoint de Liza Frulla est André Morrow, de Morrow Communications. Un peu délicat… surtout qu’on est en direct. Durivage, l'animatieur dit à Frulla de garder ses commentaires pour elle, mais MADAME a de la difficulté à se retenir. Madame est une ex-ministre pour le gouvernement libéral fédéral du Canada. Pour voir la vidéo cliquer ici

aussi: Liza Frulla quitte les ondes de Radio-Canada, le 15 mars 2013
En juillet 2015 Mme Frulla a été nommée par le conseil des ministres du Québec afin de diriger l'Institut du tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ).

 

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06

 

À propos du Scandale des compteurs d'eau à la ville de Montréal  - Sur MétéoPolitique

 

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