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Serge Pourreaux putché par la clique de collusionneurs

La lutte à la collusion à Montréal a été torpillée par un putsch politico-administratif connu et avalisé par l’administration Tremblay-Zampino. D’un ton calme et détaché, l’ancien fonctionnaire Serge Pourreaux a réduit à néant, devant la commission Charbonneau, les explications et dénégations de l’ancien maire Gérald Tremblay, qui disait ignorer l’ampleur de la collusion à Montréal.

Sujets abordés

Présentation de Serge Pourreaux

Constat des surcoûts

Rapport aux élus.es

Putsch: les porteurs de dossier sont écartés

Québec s'en lave les mains

 
 

Témoignage de Serge Pourreaux devant la commission Charbonneau

 
 

Directeur des approvisionnements de 2003 à 2006, Serge Pourreaux est la cheville ouvrière qui a produit la fameuse étude, pas si secrète, sur la collusion.

Il affirme que dès son entrée en poste, il a mis en marche «une grosse machine» afin d'optimiser les processus de contrats et d'achats de l'administration, qui représentent 25% des dépenses annuelles de la Ville.

Selon M. Pourreaux, ces démarches devaient aboutir à une nouvelle politique en approvisionnement, au début de 2006.

Robert Abdallah ( 01 )

Ces travaux suscitaient un grand intérêt dans la haute direction de la Ville.

L'ancien fonctionnaire a affirmé que lors d'une de ses premières rencontres de travail, le directeur général de l'époque, Robert Abdallah, lui «
a dit clairement, en cognant le poing sur la table: Serge, ça n'a pas de christ de bon sang que ça coûte aussi cher de couler un mètre cube de béton à Montréal, que de l'envoyer à la Baie-James.»

Sous la gouverne de M. Pourreaux, la direction de l'approvisionnement avait envisagé divers moyens pour permettre de réaliser des économies. La Ville aurait par exemple pu acheter elle-même des matériaux et embaucher un entrepreneur pour faire le travail, ce qui lui aurait permis de contrôler 40 % du coût des projets.

Il était aussi envisagé de recourir à un processus d'enchères inversées pour les travaux de construction. La Ville aurait défini le prix maximal qu'elle était prête à payer, en laissant le soin aux entrepreneurs de soumettre leur meilleur prix.

Note: pour la compréhension de ce texte, lorsqu'il est question d'un marché fermé, cela signifie en mots diplomatiques qu'il y a collusion ou entente de la part des fournisseurs de services ou des firmes de construction ou d'ingénierie conseil pour contrôler les prix et empêcher la concurrence sur le territoire de Montréal .

«

Nous on ne se préoccupait pas de pourquoi le marché était fermé :
 on voulait tout simplement l'ouvrir.
                                                            — 
Serge Pourreaux

»
 
 

Constat des surcoûts

 
 

La «fermeture» du marché des contrats d'infrastructures à la Ville de Montréal n'est pas un mythe. Elle existait à la fin des années 80, et déjà, à cette époque, «tout le monde savait. Les entrepreneurs le savaient, les firmes de génie-conseil le savaient. La plupart des ingénieurs à la Ville le savaient aussi».

Serge Pourreaux a affirmé que cette «fermeture» se manifestait encore au début des années 2000, même avant l'arrivée de Robert Abdallah, quand il a chargé quatre ingénieurs du privé de trouver les raisons expliquant le «surcoût de 35% à 50%» des travaux d'infrastructure dans la métropole.

Selon lui, ces ingénieurs ont recueilli en cours de travail des confessions de plusieurs entrepreneurs «qui voulaient rentrer sur le marché de Montréal et qui ont reçu des menaces verbales ou physiques», pour les convaincre d'aller travailler ailleurs.

Le document de 2004 était la pierre d’assise d’une nouvelle stratégie d’optimisation dans l’octroi et le suivi des contrats qui devait permettre des économies annuelles évaluées à 50 millions de dollars par an. Le maire Tremblay était emballé, se souvient M. Pourreaux. 

Guy Desrosiers ( 02 )

Dans un témoignage précédant celui de monsieur Pourreaux, l'analyste-enquêteur de la commission, Guy Desrosiers, a expliqué que le rapport en question avait été rédigé par MM. Gérald Pelletier, André Perreault, Roger Trottier et Claude Vincent. L'objectif de l'exercice était de vérifier si les travaux exécutés à la Ville de Montréal coûtaient plus cher que dans d'autres villes du Québec, ce qui s'est bel et bien avéré.

M. Desrosiers a expliqué que le groupe avait recommandé d'ouvrir le marché public de Montréal, d'établir un meilleur partage de risques entre la Ville et les entreprises et d'adopter une politique de gestion proactive du processus d'appel d'offres impliquant tous les gestionnaires de projet.

Ce travail préliminaire à un grand plan d'action à venir plus tard, devait rester confidentiel. Des mesures avaient été prises pour modifier la typographie et le langage des exemplaires du rapport en circulation. Chaque exemplaire était unique, ce qui aurait permis de retracer d’éventuels auteurs de fuites dans les médias.

Le but de l’exercice était de corriger les lacunes dans l’octroi des contrats avant qu’elles ne deviennent publiques, en a déduit la juge France Charbonneau. Serge Pourreaux a dit qu'avec l'appui de son patron Guy Hébert et du directeur général de la Ville Robert Abdallah, il avait entrepris une démarche visant à générer des économies d'au moins 175 millions de dollars sur cinq ans, sur la base des propositions élaborées dans le rapport produit en 2004.

Juge France Charbonneau

Les stratégies d'optimisation des coûts devaient être implantées le 1er janvier 2006 mais à minuit moins une, rien ne va plus.

Selon le témoin, tout roulait pourtant comme sur des roulettes jusqu'à l'automne 2005. Il avait été décidé que l'optimisation souhaitée passerait par la création d'une équipe d'approvisionnement stratégique qui gérerait dorénavant les « secteurs chauds : les travaux publics, l'informatique, les immeubles et certains autres dossiers », avec un budget de 2,4 millions de dollars.

Le sommaire décisionnel entérinant le fait que les processus d'appels d'offres passeraient sous l'autorité de la direction de l'approvisionnement était prêt et le service des finances n'attendait plus que les commentaires de différents intervenants pour procéder à l'embauche de 23 personnes. Même les communiqués internes et externes étaient prêts.

« Le 15 novembre 2005, on souhaitait que ça passe au comité exécutif du mois de décembre », a expliqué Serge Pourreaux. 

L'affaire s'est cependant effondrée en deux temps trois mouvements. Son patron, le directeur du service des services administratifs, Guy Hébert, est tassé au mois de décembre, sans qu'il ait jamais su pourquoi, et remplacé par Robert Cassius de Linval, à qui il présente alors l'ensemble du dossier.

Robert Cassius de Linval ( 03 )

Puis au retour des Fêtes, nouveau coup de théâtre. M. de Linval le rencontre brièvement et lui dit:

« ça marchera pas nous deux, je ne peux pas travailler avec quelqu'un comme toi : vos projets, ça marche pas. Tu vas quitter : tu peux prendre ta retraite ou sinon on peut te réaffecter à l'intérieur de la Ville ».

La rencontre a duré deux minutes, explique-t-il.

Il tente alors, en vain, de rencontrer M. Abdallah, mais son entourage lui fait comprendre que
« M. Abdallah n'est plus là pour ce dossier-là. J'en suis resté abasourdi : (lui qui) cognait sur la table pour dire que ça n'allait pas assez vite ! »

Lorsque M. Abdallah quitte la Ville en mai 2006, il comprend alors qu'après Guy Hébert et lui-même, le directeur général a aussi été tassé du dossier.

«

« Il n'y a pas grand monde qui peut tasser un directeur général dans une ville, il y a le maire ou le président du comité exécutif. »

                                                                                   — Serge Pourreaux

»

Le dossier est resté lettre morte, dans les mois et les années suivantes

 
 

Rapport aux élus.es

 
 

L'étude sur les surcoûts de l'approvisionnement (travaux de construction, informatique et autres) a fait grand bruit à l’hôtel de ville à l'automne 2012. Ignorée pendant huit ans, elle faisait état d’un gonflement du coût des travaux de 30 à 40% à Montréal, où les mêmes entrepreneurs se partageaient les contrats dans une logique de «marché fermé».

                                  

L’ex-maire menteur "Téflon" Tremblay et les membres du comité exécutif ont dit qu’on leur avait caché cette étude. Pourtant, M. Pourreaux se souvient très bien d’avoir présenté le document à M. Tremblay et à trois autres membres du comité exécutif: son président, Frank Zampino, l'ex-président du comité exécutif, Sammy Forcillo, Georges Bossé ainsi qu'un ou deux autres conseillers municipaux. Ces trois personnes faisaient partie d'un comité créé par le comité exécutif de l'administration Tremblay, spécialement  pour suivre l'évolution de ces travaux,

 

Transcription de témoignage de Serge Pourreaux
le 28 février 2013 par Me Claudine Roy de la Commission


Q. Est-ce que vous êtes en mesure de nous nommer les personnes qui faisaient partie du comité stratégique.

R. Bien, ce que j’ai nommé hier, je sais que monsieur Zampino était là, monsieur Forcillo comme chef de cabinet, assistait aussi. Bon, c’est sûr qu’il y avait le directeur général et l’équipe, monsieur Hébert. Il y avait, de mémoire, monsieur Bossé, et je pense qu’il y avait un ou deux autres conseillers municipaux qui étaient sur le comité exécutif, mais je ne me souviens plus les noms. Puis probablement que ça a évolué aussi, parce que comme ça s’est étiré sur deux ans, il y avait eu des changements

M. RENAUD LACHANCE, commissaire :
Question: Vous nous avez dit hier, il me semble, que le maire était d’office membre de ces sous-comités-là du comité exécutif.

R. Oui.

Q. Est-ce que vous savez si le maire a participé à des réunions de ce sous-comité-là?

R. Bien, je peux vous raconter une anecdote qui confirme qu’il était au moins présent... Il a été présent à plus qu’une réunion, mais au moins à une réunion. Parce que je me souviens très bien d’une présentation qu’on avait faite dans la salle du comité exécutif, puis au bout d’une heure et demie, la présentation était terminée, puis bon, on était à la salle de bain à côté, puis le maire était avec moi, il m’a dit, il dit, «Monsieur Pourreaux, avec quarante-cinq (45) à cinquante millions (50 M) de plus pour faire des infrastructures, on va vite faire le rattrapage », parce qu’il connaissait mon implication dans le dossier de la réhabilitation, « Avec quarante-cinq (45) à cinquante millions (50 M), on va accélérer le processus de réhabilitation du réseau, c’est extraordinaire. »

Q. Donc, le quarante-cinq (45) à cinquante millions (50 M), c’était des économies qu’on attendait...

R. Oui.

Q. ... de votre initiative d’optimisation.

R. Oui.

Q. Donc, lui connaissait ce chiffre-là, donc vous faites...

R. Oui. C’était dans les présentations.

Q. Donc, vous faites la déduction que, compte tenu qu’il connaissait le chiffre d’économies, il savait, il était au courant du contenu de votre démarche, et peut-être du rapport. C’est ça?

R. Hum, hum.

Gérald Tremblay ( 04 )

Frank Zampino ( 06 )

Sammy Forcillo ( 07 )

Georges Bossé ( 08 )

Guy Hébert ( 09 )

Robert Cassius de Linval

Le rapport caché qui n'était pas caché

Serge Pourreaux a dit avoir été « surpris » par tout le « brouhaha » causé par l'histoire du « rapport caché » de 2004, évoqué par l'actuel maire de Montréal Michael Applebaum, en novembre 2012, pour justifier sa décision de démissionner de son poste de président du comité exécutif de la Ville.

Selon Serge Pourreaux, le rapport sur les coûts des travaux à Montréal,
( 05 )  qu'il avait commandé à quatre ingénieurs de l'externe en 2004, se trouvait tout simplement dans les dossiers de la Direction de l'approvisionnement, qu'il a dirigé de 2003 à 2006. « Ce n'était pas caché », assure-t-il.

Le rapport en question avait été remis à l'époque non seulement à la Direction de l'approvisionnement, mais aussi au « comité directeur de la démarche d'optimisation de l'approvisionnement », auquel siégeaient notamment :

Guy Hébert, directeur du « service des services administratifs »;
Yves Provost, directeur général adjoint;
Robert Cassius de Linval, directeur des affaires corporatives;
Denis Savard, vérificateur interne de la Ville;
Pierre Desjardins, un chargé de projet qui relevait de Robert Abdallah.

M. Pourreaux a expliqué qu'au début de la démarche, l'ensemble des élus.es n'avait pas eu copie de ce rapport qui rendait compte des surcoûts dans les travaux à la Ville. Mais ils en connaissaient cependant « l'esprit », puisque le comité stratégique du comité exécutif se réunissait tous les deux-trois mois pour faire le suivi.

M. Pourreaux soutient que le maire Gérald Tremblay a été présent à « plus d'une réunion » du comité et qu'à une occasion, il lui a dit qu'il était content des économies de 45 à 50 millions de dollars envisagées par année.

Fait à souligner, l’ancien directeur général de la Ville, Robert Abdallah, avait déclaré à l'automne que le comité exécutif avait été informé en temps utile de l’existence de cette étude et de ses conclusions. Ses explications paraissent plus crédibles aujourd’hui.( 00 )

À la demande du nouveau maire, Michael Applebaum, le Contrôleur général Alain Bond a mené une enquête sur l’opération de camouflage de l’étude de 2004. Son rapport n’a pas été rendu public, mais il a été transmis à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). M. Bond a pointé un doigt accusateur en direction de Frank Zampino et Robert Abdallah.

À la lumière du témoignage de M. Pourreaux, les preuves d’une opération de camouflage sont de la nature suivante: ils n'ont pas cherché le rapport pour le trouver. Lorsqu’il a été question de l’étude secrète, cet automne, M. Pourreaux a appelé tout bonnement son ancienne secrétaire pour lui dire où se trouvait le document. Selon lui, l’administration a cherché partout, sauf où se trouvait le rapport.

Les démarches entreprises par la conseillère Elsie Lefebvre pour obtenir un exemplaire du rapport, en vertu de la loi sur l’accès à l’information, démontrent aussi qu’il n’était pas si difficile à trouver.

Le responsable de l’accès à l’information a mis moins d’une journée à le retracer. Alain Bond, et le directeur général et Guy Hébert, ont cependant court-circuité la démarche de Mme Lefebvre.

Elsie Lefebvre ( 10 )

Lors d’une opération de relations publiques bien planifiée, ils ont donné aux médias une série d’études (incluant celle de 2004) pour faire valoir les bons coups de l’administration Tremblay dans sa longue lutte contre la collusion et la corruption.

Vision Montréal a porté plainte à la Commission d’accès à l’information (CAI) pour ce geste qualifié «d’ingérence politique» dans le traitement des demandes d’accès à l’information.

 
 

Putsch: les porteurs de dossier sont écartés

 
 

M. Pourreaux a très vite senti que la démarche d’optimisation rencontrait de la résistance, entre autres dans les arrondissements. «Il y avait une forme d’obstruction systématique pour retarder [le projet]».

Parmi les solutions pour régler le problème, il préconisait entre autres que le service Approvisionnement s’occupe des appels d’offres. Ce qui aurait fortement déplu au service des Travaux publics. «Ça les a beaucoup effarouchés puis choqués […] c’était un gros morceau pour eux», a rapporté Serge Pourreaux, précisant qu’il avait soulevé «l’ire d’Yves Provost», l'ex-directeur du service Infrastructure, Transport et Environnement (SITE). Ce dernier serait alors allé se plaindre auprès des hautes instances de la Ville, toujours selon M. Pourreaux. «Ça a pas de bon sens, on n'est pas pour casser ça», aurait-il expliqué à l’ex-président du comité exécutif Frank Zampino. «Ça ne m'a pas été dit comme ça, mais c'est ce que j'ai compris.»

Yves Provost ( 11 )

On se souviendra qu'Yves Provost a été impliqué dans le choix des processus pour fixer les prix et les façon d'aller en soumission dans le dossier des compteurs d'eau (Industrie, commercial et institutionnel)A peine le processus terminé il a accepté un emploi chez BPR le chef d'orchestre du scandale des compteurs d'eau à Montréal.

Le chantier d’optimisation, qui devait être lancé en 2006, a été torpillé. Les trois porteurs de dossiers ont tour à tour été écartés. Guy Hébert, qui avait parrainé l’étude à titre de directeur des approvisionnements, a été muté à la direction générale de l’arrondissement de Ville Marie (celui du maire Tremblay, dont il était le protégé). Ses ambitions d’accéder à au poste de directeur général de la Ville étaient déjà connues à l’époque, a dit M. Pourreaux. Il avait intérêt à ne pas faire de vagues.

Le successeur de M. Hébert, Robert Cassius de Linval, a suggéré fortement à Serge Pourreaux de prendre sa retraite. Quant à Robert Abdallah, scandalisé par le gonflement des coûts et fier supporteur du chantier d’optimisation au départ, il a baissé les bras. En mai 2006, il quittait la Ville.

Le chantier d’optimisation était trop avancé pour que la Ville puisse interrompre les travaux. La seule façon de torpiller le projet était de muter les principaux responsables, selon M. Pourreaux. Deux hommes étaient assez puissants à l’hôtel de ville pour mettre le directeur général sur une voie de garage: Frank Zampino et Gérald Tremblay.

Avec le recul, M. Pourreaux estime qu’il est retrouvé au centre d’une «collusion politique» et d’une «collusion administrative». «Ça été un putsch», résume-t-il.

«C’est la jonction de ces deux éléments qui a fait que M. Abdallah a quitté la Ville», a-t-il enchaîné. L’optimisation «tenait beaucoup à cœur à Robert Abdallah».

Robert Abdallah

« Lorsque je vois tout ce qui s'est passé (...), je vois une collusion administrative et une collusion politique : c'est la jonction de ces deux éléments qui a fait que M. Abdallah (...) a quitté la Ville », a-t-il poursuivi. L'optimisation des coûts des travaux publics « était un projet qui tenait beaucoup à cœur à Robert Abdallah, c'était très clair dans toutes les rencontres, il voulait que ça se réalise ».

Il reconnaît n'avoir jamais essayé d'obtenir de la bouche même de MM. Hébert ou Abdallah les raisons pour lesquelles ils ont quitté la Ville, mais il est convaincu que, de toute façon, ils ne lui auraient pas dit.

M. Pourreaux a enfin décoché une flèche au comité conseil formé par le maire Applebaum pour revoir l’octroi des contrats. Le groupe de travail, présidé par Jacques Léonard, ( 12 ) n’a qu’à s’inspirer du chantier d’optimisation. À son avis, 80% du travail est déjà fait.« Quand j'ai vu la création du comité présidé par M. Léonard ( 00 ) pour améliorer les façons de faire, il a juste à aller chercher les documents (...) et 80 % du travail serait fait, à mon avis », a-t-il fait remarqué, alors que son témoignage touchait à sa fin.

«

Ça a été un putsch : comme le projet ne pouvait pas être arrêté, ils ont écarté les trois porteurs de dossiers en ordre hiérarchique.
                                                                          — 
Serge Pourreaux

»
 
 

Québec s'en lave les mains

 
 

Au terme de son témoignage, Serge Pourreaux a invité les commissaires à consulter les données du ministère québécois des Affaires municipales, qui, dit-il, compile le coût de tous les travaux réalisés dans le cadre des programmes d'infrastructures fédéral-provincial-municipal.

Ces travaux s'élèvent, au total, à plus d'une dizaine de milliards de dollars.

Le ministère, a-t-il souligné, gère ces programmes pour le gouvernement fédéral, de sorte qu'il approuve les études de faisabilité, les règlements d'emprunts des projets, les contrats, en plus de vérifier les bordereaux et les coûts des travaux. Des ingénieurs peuvent poser des questions pour tous les projets.

Serge Pourreaux dit avoir déjà confié à l'ancien directeur et l'actuel responsable du ministère pour la région de Montréal qu'il était insensé que Québec finance tant de travaux à Montréal, malgré les surcoûts indus.

Il a déploré que le responsable, qu'il n'a pas nommé, lui a répondu qu'il s'agissait d'un problème politique relevant de la Ville de Montréal, et que cela ne relevait pas de Québec.

Transcription Volume 67 - Serge Pourreaux
Interrogatoire Me Claudine Roy Le 28 février 2013

Le ministère des Affaires municipales, depuis une douzaine d'années, voit l'ensemble des coûts de tous les travaux de construction qui sont faits dans le cadre du programme tripartite, mais on parle de douze 12 à quinze (15) milliards $. Il s'en est fait des centaines si ce n'est pas des milliers de travaux dans les réseaux d'aqueducs et d'égouts secondaires, dans le repavage de chaussées de différentes façons, dans le thermorapiéçage, dans les travaux sur les trottoirs. C'est sûr qu'il y a des cas particuliers comme à Montréal. Mais à Montréal, là, il y a vingt pour cent (20 %) c'est des artères puis des collectrices. Le restant c'est des rues résidentielles ou semi-résidentielles, puis les coûts sont comparables. Donc, ils ont une base de données sur l'ensemble des coûts depuis douze (12) ans de tous les travaux d'infrastructures.

Puis j'ai bien connu les deux directeurs qui sont responsables des infrastructures au ministère des Affaires municipales depuis... depuis quatre-vingt-quatorze (94), donc ça fait vingt (20) ans. Et je me souviens très bien de plusieurs conversations que j’ai eues, notamment avec celui qui est le directeur en place à l’heure actuelle pour la région de Montréal. Parce qu’il siégeait sur le conseil d’administration du CERIU comme représentant du ministère des Affaires municipales. Puis comme ça fait quinze (15) ans qu’on se connaît, on échangeait.

Puis on a discuté du fameux rapport de deux mille quatre (2004) puis on a discuté du rapport du vérificateur de quatre-vingt-dix-sept (97). Puis je disais : « Ça n’a pas de bon sens, vous financez les deux tiers et, dans certains cas, même plus que les deux tiers, jusqu’à quatre-vingts pour cent (80 %) coûts des projets puis vous savez que ça coûte trente-cinq, quarante pour cent (35 %-40 %) plus cher. J’ai dit, vous acceptez de financer un surcoût de trente-cinq, quarante pour cent (35 %-40 %) ». Bien, il dit : « Nous, ce n’est pas notre rôle, nous, on finance. Le problème, c’est la Ville qui a le problème. C’est un problème politique, ce n’est pas un problème au niveau du programme tripartite », donc... Puis on a discuté de ça aussi avec les sous-ministres adjoints au fil des années en disant : « Il faut faire quelque chose, il faut... » parce que c’est un dossier que, même quand j’ai quitté la Ville, on continuait à en parler.

Le ministère des Affaires municipales a une base de données qui est même probablement supérieure à Montréal parce qu’ils ont les coûts de tous les projets d’infrastructures secondaires, principales, pavages, chaussées dans toute la province pour toutes les municipalités. Puis à un certain moment, quand vous avez six cents, huit cents (600-800) projets, il y a des coûts unitaires qui peuvent se comparer. Il peut y avoir des écarts dus à des conditions particulières, mais ils ont toute l’information sur le coût des projets et ils savent que ça coûte plus cher à Montréal et ils continuent à financer deux tiers de ce coût-là à
partir des fonds fédéraux et provinciaux.

Je pense que c’est important là, ce n’était pas... les surcoûts, ce n’est pas caché là, c’était su même au niveau du ministère.

«

Je ne me fais pas des amis en disant ça, mais il fallait le dire

»

 

 Sujets abordés

Présentation de Serge Pourreaux

Constat des surcoûts

Rapport aux élus.es

Putsch: les porteurs de dossier sont écartés

Québec s'en lave les mains

 

Sources:
Journaux:
Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc., La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada
Internet:
Radio-Canada Nouvelles pour Société CBC/Radio-Canada
Télévision: TVA Nouvelles pour Quebecor

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 1er mars 2013

Serge Pourreaux, Ville de Montréal, Approvisionnement, éthique, surcoûts, Serge Pourreaux, Collusion, Marché fermé

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Réaction du chroniqueur Yves Boisvert au témoignage de
Serge Pourreaux

Dirigeants Montréal

Fiche: Collusion & Corruption
à Montréal

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos de Robert Abdallah - Sur MétéoPolitique

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02
 
 
 
 

À propos de la Commission Charbonneau et son équipe - Sur MétéoPolitique

 
 
 

 
 
 
 

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03

À propos de Robert Cassius de Linval - Sur MétéoPolitique

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04

À propos de Gérald Tremblay - Sur MétéoPolitique

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05
 
 

Le rapport sur les coûts des travaux à Montréal - Sur le site de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction

 
 

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06

À propos de Frank Zampino - Sur MétéoPolitique

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07

À propos de Sammy Forcillo - Sur MétéoPolitique

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08
 
 
 
 
 

Ici, pour voir mentir à pleine bouche l'ex-maire de l'arrondissement de Verdun, Georges Bossé....Il siégeait au comité spécial de l'exécutif de la ville mais évidemment il était au courant de rien! Georges Bossé rejette les allégations de Gilles Surprenant - Sur Radio-Canada Information

 
 
 
 
 

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09
 

À propos de Guy Hébert, directeur général de la ville de Montréal - Sur MétéoPolitique

 

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10
 

À propos de Elsie Lefebvre, conseillère municipale pour Vision Montréal - Sur Wikipedia

 

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11
 
 

À propos d'Yves Provost ex-directeur du SITE de la Ville de Montréal et impliqué dans la préparation des soumissions et cahier de charge dans l'histoire scandaleuse des compteurs d'eau

 
 

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12
 

À propos du maire Michael Applebaum - Sur MétéoPolitique et le comité présidé par M. Léonard - Sur Radio-Canada

 

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