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Robert-J. Marcil et ses conflits d'intérêts
Ex-directeur des infrastructures et voirie à la ville de Montréal

Un front de boeuf disaient nos ancêtres. Robert-J. Marcil reste imperturbable quitte à plaider l'idiotie. Il est un des personnages qui selon la perspective de la commission Charbonneau, aurait dû tout voir. Il semble avoir participé à de la collusion mais les preuves se volatilisent dès qu'on s'en approche. Seule l'UPAC peut avoir accès à ses comptes en banque et faire la preuve qu'il aurait reçu des pots-de-vin, et encore! S'il a été assez futé pour placer le tout en argent comptant dans des coffrets de sécurité, ce sera difficile. Si notre système judiciaire est bien fait pour éviter le plus possible de condamner des innocents, il y a des criminels qui jouent bien le jeu. En est-ce un? Son témoignage à la commission Charbonneau donne à penser qu'il est aussi rusé que ceux qui ont parlé du parrain de la mafia en soulignant ses qualités de bon père de famille. Allô! l'UPAC! Pourriez-vous-ti enquêter plus à fond? Merci                                                                                                                           - JosPublic

 
 

Est-ce que Robert-J. Marcil s'en sortira sans rembourser la ville de Montréal
5 août 2014

 

La Ville de Montréal n’a pas assez de « preuves » pour intenter une procédure en recouvrement contre les anciens ingénieurs municipaux dont Robert Marcil, qui a reconnu avoir accepté des cadeaux de la part d’entrepreneurs lors de son passage à la commission Charbonneau ainsi que devant le conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec, a appris Le Devoir

L'ingénieur municipal a déjà reconnu avoir reçu de nombreux cadeaux de la part d’entrepreneurs oeuvrant dans le domaine de la construction, alors que ces derniers faisaient affaire avec la Ville de Montréal, lors de leur passage à la commission Charbonneau. 

M. Marcil a plaidé coupable devant l’Ordre des Ingénieurs du Québec OIQ, reconnaissant s’être placé en situation de conflit d’intérêts. M. Marcil attend de recevoir sa sanction de la part de l’OIQ. Lors des audiences de la commission Charbonneau, l’ancien directeur des travaux publics avait raconté avoir reçu des cadeaux, des bouteilles de vin et avoir effectué des visites chez des entrepreneurs à qui la Ville accordait des contrats, notamment lorsqu’il était directeur du service de la réalisation des travaux.

«À l’affût» de nouvelles informations

Malgré tout, les avocats de la Ville de Montréal estiment qu’il n’y a pas assez de preuves pour intenter des procédures en recouvrement.

« Quant à monsieur Marcil, aucune procédure en recouvrement à son égard n’a été entreprise à ce jour »
, explique la porte-parole de la Ville de Montréal Valérie De Gagné au Devoir.

La Ville reconnaît que l'ancien ingénieur a mal agi, mais le contentieux ne peut rien faire pour le moment. « Bien qu’il soit connu que des personnes aient reçu des cadeaux de certains entrepreneurs, aucune preuve suffisante n’a été révélée jusqu’à maintenant pour permettre de fonder une réclamation monétaire », indique par courriel la porte-parole.

« Ceci dit, la Ville, de façon continue, demeure à l’affût de toute information qui pourrait lui permettre de prendre de tels recours, le cas échéant », affirme Mme De Gagné.  

En manque d’outils 

Un moyen de récupérer plus facilement des fonds perdus par les contribuables serait la mise en place d’une loi pour aider les organismes publics à recouvrer les sommes payées injustement lors de l’attribution de contrats publics. 

Un projet de loi avait été déposé en ce sens par le gouvernement péquiste. Il avait été rédigé dans le contexte des nombreuses révélations de la commission Charbonneau en 2013. Mais il est mort au feuilleton, après la défaite péquiste. « Pour votre information, le projet de loi 61 a été déposé sous l’ancienne législature à l’Assemblée nationale. Celui-ci est toutefois mort au feuilleton. Je ne peux vous dire si le gouvernement du Québec souhaite le faire revivre », indique Mme De Gagné, par courriel.

Le projet était destiné à aider le gouvernement à aller chercher l’argent de la corruption, s’il estimait que des entreprises ou des personnes avaient causé du tort aux organismes publics. Mais un projet semblable va être déposé par les libéraux prochainement, assure-t-on du côté du cabinet de Stéphanie Vallée.

« La ministre de la Justice va déposer à l'automne 2014 un projet de loi sur le recouvrement des sommes payées injustement par l’État en raison de la collusion dans la construction », explique l’attachée de presse de la ministre, Jolyane Pronovost. Elle ne peut donner plus de détails pour le moment.

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Robert Marcil reconnaît avoir failli à ses obligations
Le 7 octobre 2014, il écope d'une radiation d'un an

 
 

Robert Marcil, cet ex-directeur des travaux publics à la Ville de Montréal dont le sens de l’éthique avait été remis en question devant la commission Charbonneau, a plaidé coupable à trois chefs d’accusations qui pesaient contre lui devant le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec, le 23 avril 2014.

Le 7 octobre 2014, il écope d'une radiation d'un an de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) pour avoir accepté en 2008 un voyage en Italie avec l'entrepreneur Joe Borsellino. «La conduite reprochée à [Robert Marcil] est grave et porte ombrage à l'ensemble de la profession», peut-on lire dans la décision du Conseil de discipline de l'OIQ. L'ex-fonctionnaire est donc condamné à «deux périodes de radiation d'un an à purger de façon concurrente».

Il a donc reconnu ne pas avoir sauvegardé son indépendance professionnelle et évité toute situation de conflit d’intérêts ; d’avoir omis de respecter l’obligation de s’acquitter de ses obligations professionnelles avec intégrité ; et d’avoir ignoré toute intervention d’un tiers qui pourrait influer sur l’exécution de ses devoirs professionnels au préjudice de son client.

Dans sa décision, le Conseil rappelle que M. Marcil était un ingénieur d'expérience au moment des faits reprochés, lui qui est membre de l'OIQ depuis 1988. Il occupait aussi un poste important à la Ville de Montréal. En tant que directeur des travaux publics au moment du voyage, il dirigeait une équipe de 230 employés et supervisait un budget de 250 millions par an.

Le Conseil souligne également qu'il «se devait de sanctionner [M. Marcil] pour les gestes qu'il a commis et non pour des révélations qui ont été faites devant la commission Charbonneau ou dans les médias».

En février 2013, lors de son passage à la Commission, la juge France Charbonneau avait remis en question son sens de l’éthique, lui demandant même s’il avait été « imbécile et incompétent » pendant ses années à la Ville de Montréal. M. Marcil a parfois siégé à certains comités de sélection de la Ville, alors qu’il avait au moins un bon ami au sein d’une firme de génie-conseil qui pouvait soumissionner pour obtenir des mandats de la Ville. Il avait reconnu ne pas avoir avisé son employeur d’un risque de conflit d’intérêts.

Robert-J. Marcil, Ex-Directeur du Service des infrastructures de la ville de Montréal

L'ex-directeur des travaux publics et de la voirie de Montréal Robert Marcil s'est expliqué durant 3 jours devant la commission Charbonneau. À la fin de la première journée, la Commission a mis en garde l'ingénieur quant à ses réponses. À la fin de la deuxième journée, le fin finaud était démasqué quant au code d'éthique des ingénieurs et la bonne gestion à la ville de Montréal. Par l'ensemble de son témoignage, il a joué sur la frontière du mépris de cour. Il n'a rien avoué quant à la corruption, préférant passer pour un imbécile incompétent.

 
 

Témoignage devant la Commission Charbonneau

 
 

L'enquêteur de la Commission a relevé que, dès 1997, la Ville de Montréal était au courant du gonflement des prix. M. Marcil devra vraisemblablement expliquer pourquoi il n'a pas agi pour freiner l'explosion des dépenses dans les contrats de voirie, lui qui a longtemps dirigé les travaux publics de Montréal.

Mais plusieurs témoins ont affirmé qu'il a fait davantage que simplement fermer les yeux. L'entrepreneur Joe Borsellino ( 01 ) a reconnu qu'il avait payé l'essentiel des dépenses de Marcil (soit plus de 50 000$) lors d'un luxueux voyage en Italie. La Commission a tenté de démontrer que l'ancien fonctionnaire, aujourd'hui employé de la firme de génie Groupe SM ( 02 ), avait été remercié pour avoir confié à Joe Borsellino de Construction Garnier un contrat de plus de 5 millions sans appel d'offres.

Le nom de Robert Marcil est fréquemment revenu devant la commission Charbonneau. Il a été nommé à 635 reprises par différents témoins.

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Témoignage du 25 février 2013

 

Le procureur de la Commission a tenu à conclure la journée en présentant deux extraits de conversations téléphoniques captées en juin 2009 par des policiers de l'opération Diligence, qui enquêtaient sur l'infiltration du crime organisé dans l'industrie de la construction.

Le premier extrait était un message téléphonique laissé par Robert Marcil sur la boîte vocale d'un dénommé Robert Lapointe. Le patron des travaux publics y indique qu'il aimerait passer le voir le lendemain pour lui remettre des documents.

Le second extrait est une conversation entre les deux mêmes hommes, tenue le lendemain. On entend Robert Marcil dire à Robert Lapointe qu'il passe à ses bureaux dans quelques minutes. « Ton bureau est-il à côté de ceux de Valmont, où était le mien avant? » demande Robert Marcil. « Oui », répond Robert Lapointe.

« Je vais arrêter là-dessus monsieur Marcil, et je vais vous demander de réfléchir à vos réponses [...] je vous demanderais de consulter quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'estime, qui est votre avocat », a conclu Me Gallant, avant que la séance ne soit levée.

Le procureur Gallant n'a pas précisé qui était le Robert Lapointe en question. Le témoin avait cependant évoqué un « monsieur Lapointe », plus tôt, lorsqu'on lui avait demandé qui était son contact au sein de l'entreprise Arctic Beluga.

« C'est un monsieur que vous n'êtes pas allé rencontrer spécifiquement pour un contrat, jamais? », lui avait demandé le procureur Gallant. « Non », avait répondu le témoin, selon lequel Arctic Beluga n'était « pas un joueur majeur ».

Construction Arctic Beluga est une entreprise de construction dirigée par Robert Lapointe et sa fiducie familiale. ( 10 ) Ses bureaux sont situés tout près de ceux de Valmont Nadon Excavation, sur le boulevard Dagenais, à Laval.

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Témoignage du 26 février 2013

 

L’ex-directeur des travaux publics a conclu sa deuxième journée de témoignage à la commission Charbonneau dans les câbles quand le procureur Denis Gallant a présenté des textos entre Giuseppe Borsellino et lui, interceptés par l’escouade Marteau.

Ces échanges démontrent que l’ex-patron des travaux publics transmettait des informations privilégiées sur les contrats à venir et les prix au président de Construction Garnier, faussant du coup le jeu de la libre concurrence. « C’est une rupture de contrat, ça équivaut à un congédiement sur le champ », a suggéré Me Gallant au témoin, visiblement embêté.

« C’est une pratique d’affaires répandue et généralisée à la Ville de Montréal et ailleurs », a bafouillé M. Marcil. Vous aviez le devoir d’empêcher que votre cliente, la Ville, se fasse voler, a répliqué Me Gallant. À court d’arguments pour une rare fois, le témoin a blâmé ses superviseurs qui auraient dû faire preuve de vigilance à leur tour, a-t-il dit.

En lien avec « la clique »

Robert Marcil connaissait presque tous les acteurs de la collusion, mais il ignorait tout de leurs activités.

De mai 2004 jusqu’à son départ de la Ville à l’été 2009, il est entré en contact 886 fois avec des entrepreneurs, 106 fois avec l’ingénieur Michel Lalonde, le coordonnateur de la collusion au sein des firmes de génie-conseil, et 119 fois avec son ami, le collecteur de fonds Bernard Trépanier, surnommé « monsieur 3 % ».

Total : 1111 appels avec les principaux acteurs du cartel des ingénieurs et des entrepreneurs, qui ont fait main basse sur les contrats montréalais en échange du paiement d’une ristourne de 3 % à Union Montréal.

Neuf des douze interlocuteurs de M. Marcil chez les entrepreneurs ont un point en commun. Ils faisaient partie du cartel et ils contribuaient au financement illicite d’Union Montréal, selon le témoignage de Michel Lalonde, p.-d.g. de Génius.

Il s’agit de Frank Minicucci (Simard Beaudry), Lino Zambito (Infrabec), Paolo et Tony Catania (Catcan), Giuseppe Borsellino (BP Asphalte), Domenico Cammalleri (Pavages CSF), Giuseppe Borsellino (Garnier), Nicolo Milioto (Mivela) et Paolo Catania (Construction F. Catania). ( 11 )

Le registre des appels comporte des singularités. M. Marcil est toujours l’instigateur des appels à l’endroit de Nicolo Milioto (88 appels) et Michel Lalonde (106 appels), deux hommes identifiés comme des intermédiaires importants dans le financement illégal d’Union Montréal.

M. Marcil entretient des relations particulières avec les Milioto. Il a assisté au mariage de l’une des filles de l’ex-patron de Mivela (Elena), et il a embauché l’autre (Caterina) à la Ville sur recommandation du paternel. Celle-ci a suivi M. Marcil au groupe SM. « Je n’ai pas donné d’information à M. Milioto pour l’aider dans son système de collusion », a dit M. Marcil.

Le commissaire Renaud Lachance a jugé « curieux » ces contacts réguliers de M. Marcil avec « la clique des collusionnaires ». Il lui a fait remarquer qu’il était toujours en lien avec les entrepreneurs et l’ingénieur impliqués dans la collusion et le financement illégal d’Union Montréal, mais qu’il ignorait l’existence des problèmes. « Finalement, vous ne voyez pas grand-chose », a lancé M. Lachance.

« Je ne me suis jamais posé de questions quant à une possible collusion des ingénieurs ou des entrepreneurs », a dit M. Marcil.

L’éthique au rancart

À l’évidence, Robert Marcil faisait peu de cas des obligations éthiques qui lui étaient imposées en vertu du Guide de conduite des employés de la Ville.

Adopté en 2004, ce guide interdit aux employés d’accepter les cadeaux et les marques d’hospitalité, et il leur impose d’éviter toute situation réelle ou apparente de conflit d’intérêts dans l’exercice de leurs fonctions.

M. Marcil est forcé d’admettre qu’il n’a pas suivi ce guide. « J’ai probablement manqué de vigilance. Probablement que l’ensemble de l’organisation a manqué de vigilance », concède-t-il.

Cette imprudence a sonné le glas de sa prolifique carrière à la Ville. En juin 2009, M. Marcil a remis sa démission après avoir été confronté par le Contrôleur général de la ville de Montréal sur un voyage en Italie aux frais de Giuseppe Borsellino, à qui il avait facilité quelques mois auparavant l’obtention d’un contrat sans appel d’offres de 5,9 millions pour la réparation d’urgence d’un égout collecteur sur la rue Sherbrooke.

M. Marcil a payé les billets d’avion pour sa femme et lui, mais il a accepté que le patron de Garnier débourse ses frais de séjour, dans des hôtels de luxe à 700 $ la nuitée. « C’est un manque de jugement. L’éthique me commandait de payer l’ensemble des dépenses du voyage », a-t-il reconnu.

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Témoignage du 27 février 2013

 

La journée a bien rudement commencé pour Robert Marcil, lorsque le procureur de la Commission, Denis Gallant, l'a poussé dans les câbles. Le procureur a placé Marcil devant les allégations de l'ingénieur Michel Lalonde, qui soutient qu'il a payé l'ex-cadre municipal pour qu'il truque les comités de sélection et facilite le partage des contrats entre firmes de génie. «Avez-vous reçu de l'argent?» a demandé Me Gallant. «Je n'ai absolument pas reçu d'argent. M. Lalonde ne dit pas la vérité», a maintenu Marcil.

Pourtant, l'ex-haut fonctionnaire a refusé de dire sous serment qu'il n'a jamais fourni de renseignements sur les comités de sélection. Il soutient qu'il ne s'en souvient pas.

Robert Marcil a accusé Lalonde d'avoir menti à la commission pour se venger de lui. Il croit que le président de Génius lui en veut d'avoir refusé son offre d'emploi, d'avoir débauché deux de ses employés et d'avoir obtenu des contrats dans son marché, sur la Rive-Nord. «Lalonde avait des raisons bien précises de m'en vouloir.»

Cette explication a surpris la juge Charbonneau, qui a demandé au témoin s'il ferait de même.

«Vous auriez été prêt à mentir devant la Commission pour nuire à quelqu'un?», lui a-t-elle demandé.

«Tout est possible», a répondu Marcil.

Après avoir reconnu qu'il avait transmis de l'information privilégiée à un entrepreneur, Robert Marcil a tout de même nié formellement avoir participé de plein gré au système de collusion et avoir été corrompu.

«Vous aviez les deux mains dedans. La collusion et la corruption étaient érigées en système. Vous êtes sous serment, admettez-le donc!», a lancé Me Gallant.

«Je n'étais pas au courant de ce système et je ne participais pas», a toutefois martelé Marcil.

Le témoin s'est plutôt défendu en disant qu'il avait pu être questionné à son insu sur les résultats des comités de sélection qui octroient les contrats aux firmes de génie, notamment par Bernard Trépanier, ex-responsable du financement d'Union Montréal.

Le commissaire Lachance en a profité pour lui faire remarquer qu'il n'avait pas à parler des comités de sélection avec Trépanier, qui n'a jamais travaillé pour la Ville. Ses questions auraient dû aviver sa vigilance, estime le commissaire. «Si ç'a été le cas, je n'ai pas allumé», a simplement répondu Marcil.

Cette réponse a exaspéré la juge Charbonneau:

«

 Êtes-vous en train de nous dire que vous êtes imbécile et incompétent? a lancé à un moment la juge France Charbonneau, impatiente, à l'ingénieur récalcitrant. L'ex-cadre municipal a rétorqué qu'il n'était pas parfait, ce qu'a confirmé la présidente de la Commission.

»

La Commission a fini d'entendre Robert Marcil cet après-midi au terme d'un interrogatoire particulièrement serré. Après trois jours passés à faire admettre au témoin ses nombreux égarements, le procureur Denis Gallant a énuméré un à un les articles du code de déontologie qu'il avait enfreints durant son mandat à la Ville. Le témoin a fini par reconnaître plusieurs manquements.

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Ce que huit témoins ont déclaré au sujet de Robert Marcil

 
 

En date du 25 février 2013, huit témoins ont témoigné du rôle de l'ex-directeur des travaux publics dans le partage des contrats. Le témoignage le plus compromettant est celui de l'ingénieur Michel Lalonde, ( 04 ) président de la firme Génius. Il a reconnu qu'il était le responsable de la collusion entre les firmes de génie à Montréal et a affirmé qu'il avait fait le partage de certains contrats en présence de Robert Marcil. Il soutient qu'il lui a offert une fois un pot-de-vin de 2 000$ mais que, habituellement, c'était le responsable du financement d'Union Montréal, Bernard Trépanier ( 05 ), qui «s'occupait de le récompenser».

Les fonctionnaires Gilles Surprenant et Luc Leclerc ( 06 ), qui ont admis avoir été corrompus, ont affirmé que leur ancien patron était très près de l'entrepreneur Nicolo Milioto ( 07).

Un autre entrepreneur, Michel Leclerc ( 08 ), a quant à lui affirmé devant la Commission que Robert Marcil lui avait promis 180 000$ en faux extras s'il révisait à la baisse une  soumission afin que le projet soit accepté par les élus. Il a également affirmé qu'il avait souvent croisé l'ex-directeur des travaux publics au restaurant en compagnie de l'entrepreneur Nicolo Milioto.

Un vendeur de canalisations, Michel Cadotte, a affirmé pour sa part que Robert Marcil s'était soudainement intéressé à ses produits en 2006 au moment même où Nicolo Milioto cherchait un nouveau fournisseur. Cet intérêt a disparu tout aussi soudainement quand Cadotte a refusé de payer un pot-de-vin de 150 000$ pour trois fonctionnaires, à la demande de l'entrepreneur.

 

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Collusion et corruption

 
 

Le 28 novembre 2012, la Commission Charbonneau a mis en preuve qu'entre 2005 et 2012 Robert-J. Marcil était en compagnie de Paolo Catania ( 09 ), accusé entre autres de fraude et de complot, au club privé 357c, rue de la commune à Montréal.

Le Directeur du Service des infrastructures voyage en Italie avec un entrepreneur!

C'était en octobre 2008 à l'invitation du président de Construction Garnier, une entreprise pour laquelle Monsieur Marcil a approuvé plusieurs contrats ces dernières années.

Joe Borsellino avait également invité Yves Lortie, vice-président de la firme Genivar et administrateur de la fondation GarnierKids, et Jocelyn Dupuis
( 03 ), l'ex-directeur général de la FTQ-Construction.

Les quatre conjointes de ces personnes étaient présentes. Le voyage s'est déroulé durant une dizaine de jours en Italie, à Rome, Sienne et Florence.

Robert Marcil était à l'emploi de la Ville depuis le 4 février 1991. Ingénieur de formation, il a quitté ses fonctions le 31 juillet 2009, un mois après avoir présenté sa démission. Dans sa lettre de démission adressée le 26 juin à Gilles Robillard, directeur général-adjoint du Service des infrastructures, transport et environnement, M. Marcil indique qu'il démissionne «afin de me permettre d'effectuer une réorientation de carrière». C'est la version véhiculée dans un premier temps par l'administration Tremblay. Pourtant, les sources de La Presse et Radio-Canada indiquaient que la démission découlait d'une enquête interne déclenchée à cause d'un «manquement grave aux règles d'éthique».

Finalement, Jean-Yves Hinse, directeur des relations professionnelles au Service du capital humain, a confirmé l'information. Il a expliqué que c'est le maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui a reçu un courriel à la fin du mois d'avril faisant état des allégations au sujet de M. Marcil. «Le maire nous l'a transmis, dit M. Hinse. On a vérifié la crédibilité de la source. À l'origine, on ne nous disait pas qu'il y avait un voyage. C'est par le processus d'enquête interne qu'on a pris connaissance de ce voyage à l'extérieur. Avec leurs épouses. Comme on le fait dans ce genre de cas, on a rencontré l'employé autour du 22-23 juin. Il a décidé de démissionner.»

M. Marcil a-t-il admis les faits? «Des questions lui ont été posées et il a répondu, dit M. Hinse. Il nous a dit qu'il était allé en voyage. Il a vraiment fait ce voyage. C'était durant ses vacances personnelles de deux semaines. On ne sait pas s'il a payé ou non ce voyage. S'il a reçu un voyage payé, cela fera partie de l'enquête.» «M. Marcil nous a présenté des pièces justificatives, mais on ne sait pas si ces pièces n’ont pas été remboursées par la suite» par l'entrepreneur.

Les enquêteurs ont signifié à M. Marcil qu'il avait commis un manquement grave à l'éthique. «C'est clair, dit M. Hinse. D'autant que c'est arrivé simultanément avec tout le débat sur le code d'éthique. Il y a, à tout le moins, une apparence de conflit d'intérêt. Il aurait dû souligner (ce voyage) à son supérieur immédiat.»

D'importants contrats avec la Ville de Montréal

Sammy Forcillo et Robert Marcil

La Presse et Radio-Canada ont constaté que ces dernières années, on retrouve très souvent le nom de Robert Marcil dans les sommaires décisionnels de la Ville comme «responsable du dossier» ou responsable de la validation de contrats octroyés à Construction Garnier. Ainsi, le 13 août 2008, Robert Marcil a recommandé «d'accorder à Construction Garnier, plus bas soumissionnaire conforme», un contrat de 4,4 millions $ pour la construction d'un égout sanitaire dans l'arrondissement de Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles.

Le 16 janvier 2008, Garnier a obtenu le contrat de la reconstruction d'un  égout et d'une conduite d'eau rue Notre-Dame, de la rue de la Montagne à la rue University dans Ville-Marie, pour un montant de 5,6 millions. Selon le sommaire décisionnel, M. Marcil était alors responsable de ce dossier en tant que «chef de division de la construction et de la mise en oeuvre des projets».

Même chose, le 10 octobre 2007 : Garnier remporte un contrat pour les travaux de réfection du passage supérieur Notre-Dame/Angrignon dans Sud-Ouest. Un contrat de 1,5 million pour lequel M. Marcil était responsable du dossier. Même chose le 17 septembre 2007 avec l'octroi à Garnier d'un contrat de 1,57 million pour reconstruire une conduite d'eau secondaire sur l'avenue de Lorimier dans Ville-Marie. Même chose le 6 juin 2007 pour les travaux de construction du nouveau carrefour Du Parc/Des Pins (5,7 millions) et le 30 octobre 2006 pour la reconstruction, pour 4 millions, d'une conduite d'eau secondaire boulevard Saint-Laurent, dans le Plateau-Mont-Royal.

En mai 2008, M. Marcil a également donné un avis favorable pour l'octroi d'un contrat de 2,7 millions $ au consortium SM/Genivar pour les plans et devis et la surveillance du chantier des phases 2, 3 et 4 du secteur du Quartier des spectacles de Montréal.

L'enquête de la Ville va porter sur la relation qui existait réellement entre M. Marcil d'une part et MM. Borsellino, Lortie et Dupuis d'autre part. La Ville va vérifier si ces relations ont eu des conséquences sur l'octroi de contrats. «Ce sont deux entrepreneurs qui travaillent pour la Ville, dit M. Hinse. Vous ne devez pas vous mettre dans une telle situation. Dans l'enquête interne, on va ratisser large et remonter aussi loin que l'on peut et regarder comment les appels d'offre ont été conduits.»

Robert Marcil avait démissionné en juillet 2009 mais s’est rapidement recasé en tant que vice-président au sein du groupe SM, important groupe de génie-conseil qui fait affaire avec la ville de Montréal

 
 

Une planque pour fraudeur

 
 

Robert Marcil quitte le Groupe SM 26 mars 2013 SRC

Le Groupe SM a pour sa part annoncé la démission de l'ingénieur Robert Marcil, l'ex-directeur des travaux publics à la Ville de Montréal, « pour des raisons personnelles ».

Dans un communiqué, la firme précise qu'« à la suite d'une rencontre, les deux parties se sont entendues sur les modalités relatives à ce départ. Il a été convenu que ces modalités demeureront confidentielles ».

Lors de son témoignage à la commission Charbonneau, Robert Marcil a maintenu qu'il ignorait tout de la collusion et de la corruption qui gangrénaient l'octroi et la gestion des contrats de construction de Montréal. Il entretenait pourtant d'étroites relations avec tous les acteurs clés qui usaient de ces stratagèmes illégaux dans les années 2000.

Robert-J. Marcil

Bernard Poulin

La firme SM est dirigée par le Sherbrookois Bernard Poulin, un proche de l’ex-ministre Jean Lapierre connu pour ses accointances avec le Parti libéral du Québec. Elle a été impliquée dans le controversé dossier du Faubourg Contrecœur.

Le journal des lock-outés de Québecor, RueFrontenac.com avait eu vent de l’embauche de Robert Marcil au mois de novembre 2009, soit moins de trois mois après son départ officiel. Le journaliste avait alors contacté SM pour obtenir les commentaires de Bernard Poulin.

Surprise, c’était plutôt Roch Landriault, de la firme de relations publiques National, qui avait rappelé le journaliste de Pierrebourg pour nier les faits : « Monsieur Marcil n’a pas été embauché par le groupe de Bernard Poulin. »

D’autre part, à la même époque, dans le bottin de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Robert Marcil apparaissait toujours comme à l’emploi de la Ville alors que ce n’était plus le cas.

Mais voilà que le journaliste a obtenu la copie d’une carte professionnelle au nom de Robert J. Marcil, vice-président, infrastructures routières et ouvrages d’art, portant le logo de SM International.

L’adresse montréalaise inscrite est celle des bureaux du Groupe SM, tel que mentionné au registre des entreprises. Toujours selon le site gouvernemental, Groupe SM est l’actionnaire majoritaire de SM International.

Nous avons joint M. Marcil à un des numéros inscrits sur sa carte pour savoir, par exemple, depuis combien de temps il travaille chez SM. Celui-ci a mis fin abruptement à la conversation : « Je n’ai aucun commentaire pour vous, monsieur de Pierrebourg. Je vous remercie. Bonne journée. » Nous lui avons également envoyé un courriel. Sans plus de succès.

Sources: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction; Agence QMI et Journal de Montréal pour Québecor Inc.; La Presse Canadienne/Canadian Press Enterprises propriété de CTVglobemedia, Torstar et Power Corporation of Canada; Cyberpresse/Gesca pour Power Corporation of Canada; Radio Canada pour Société CBC/Société Radio-Canada; Le Devoir pour SPEQ Le Devoir inc;
Les Lock-outés de Québecor: Ex-Rue Frontenac

Choix de photos, fusion de textes, mise en page et titrage : JosPublic
Mis à jour le 7 octobre 2014

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Dirigeants

Fiche: Collusion & Corruption Montréal

Fiche:
Collusion et Éthique

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos de l'entrepreneurs Joe Borsellino - Sur MétéoPolitique

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02
 
 

À propos de la firme de génie Groupe SM et son président Bernard Poulin - Sur MétéoPolitique

 
 

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03

À propos de Jocelyn Dupuis - Sur MétéoPolitique

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04
 
 
 

À propos de l'ingénieur Michel Lalonde de la firme Genius Conseil - Sur MétéoPolitique
 
 
 
 
 
 

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05

À propos de Bernard Trépanier et Union Montréal - Sur MétéoPolitique

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06
 

À propos de Gilles Surprenant du service de la planification et Luc Leclerc chargé de projet de surveillance à la ville de Montréal - Sur MétéoPolitique

 

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07
 
 
 
 

À propos de l'entrepreneur Nicolo Milioto - Sur MétéoPolitique
 
 

 
 
 
 

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08

À propos de Michel Leclerc, entrepreneur - Sur MétéoPolitique

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09

À propos de Paolo Catania, entrepreneur - Sur MétéoPolitique

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10
 

À propos de Robert Lapointe, président propriétaire de Construction Arctic Beluga - Sur MétéoPolitique

 

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Liste des gens d'affaires impliqués dans ce dossier - Sur MétéoPolitique

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Fonctionnaires en conflits d'intérêts

Robert-J. Marcil ingénieur radio pour 1 ans, Robert Marcil ing Reconnu coupable par l'Ordre des ingénieurs du Québec Collusion, corruption, travaux publics, ingénierie, conflits d'intérêts, Robert Marcil, Ville de Montréal, Fraude, Ingénieur, Robert Marcil, Commission Charbonneau, fraudeur, Ville de Montréal, Robert Marcil, Ingénieur,

Sujets abordés

L'ingénieur Marcil remboursera-t-il la ville de Montréal?

Reconnu coupable par le Tribunal de l'Ordre des ingénieurs

Témoignage devant la Commission Charbonneau

25 février 2013
26 février 2013

27 février 2013

Ce que huit témoins ont déclaré au sujet de Robert Marcil

Collusion et corruption

Une planque pour fraudeurs