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Les collaborateurs du maire de Montréal
Martial Fillion et la SHDM: Le bras droit de Gérald Tremblay et ses problèmes d'éthique.
Il décède le 5 février 2013
Martial Fillion a connu une fin de carrière entachée par le scandale du Faubourg Contrecoeur

 
 

Décès de Martial Fillion

 
 

L'ex-directeur du cabinet de Gérald Tremblay et l'un des principaux accusés au coeur du scandale du Faubourg Contrecoeur ( 01 ), Martial Fillion, est mort subitement le 5 février 2013 après avoir été hospitalisé.
 

Le nom de Martial Fillion se trouvait au coeur des audiences de la commission Charbonneau depuis quelques temps, alors que le scandale du Faubourg Contrecoeur était abordé. La policière Isabelle Toupin a expliqué le rôle central que l'homme, accusé de fraude et complot, aurait joué.

Tout premier directeur de cabinet de Gérald Tremblay à la mairie de Montréal, l'homme avait démissionné de ce poste en octobre 2002 pour devenir une semaine plus tard le pdg de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM). En 2004, son organisation reçoit le mandat de développer le site Contrecoeur.

En mai 2012, l'escouade Marteau avait arrêté M. Fillion, en même temps que l'entrepreneur Paolo Catania et l'ex-président du comité exécutif de Montréal, Frank Zampino, dans la foulée de son enquête sur le scandale du Faubourg Contrecoeur. M Fillion était accusé de complot, fraude et abus de confiance.

Auparavant, M. Fillion avait aussi travaillé au sein des cabinets de l'ex-premier ministre Robert Bourassa et de l'ancien chef du Parti libéral du Québec Claude Ryan.

Au cours de la fin de semaine du 3 février 2012, Martial Fillion a été admis à l'hôpital Sacré-Coeur, dans le nord de Montréal, pour des douleurs au pancréas. Il a été transféré aux soins intensifs. Il est finalement décédé ce matin à l'hôpital.

Plusieurs proches ont indiqué aux journalistes que Martial Fillion était très malade ces dernières semaines. Il prenait des médicaments et devait même se déplacer avec une canne récemment. La nouvelle de son décès a été annoncée à plusieurs proches au cour de la journée.

L'ex-maire de Verdun Georges Bossé, qui connaissait M. Fillion de longue date et qui côtoyait son épouse à la Fondation de l'institut de gériatrie de Montréal, dit avoir été informé que le vieux routier de la politique avait rendu l'âme suite à «une complication de santé».

«C'était quelqu'un de bien aimable, j'ai un bon souvenir de l'individu. Je sais très bien ce qu'on lui reprochait. Je trouve malheureux qu'il quitte pour un si long voyage sans pouvoir exprimer son côté des choses», a dit M. Bossé.

La femme de Fillion, Francine Sénécal, est une ex-conseillère municipale. Elle a déjà siégé au comité exécutif, soit la garde rapprochée du maire Tremblay. La Presse a tenté de s'entretenir avec celle-ci ce soir, mais nos demandes ont été refusées. Plusieurs proches de Martial Fillion étaient réunis à la résidence familiale en soirée, mais ils ont préféré ne pas faire de commentaires publics pour l'instant.

 

Une autre volée de bois vert pour l'ancienne direction de la SHDM

 
 

Deux rapports dévastateurs viennent de mettre en lumière les pratiques douteuses qui avaient cours à la Société d'Habitation de Montréal SHDM sous la direction de son ex-directeur général Martial Fillion. Les faits reprochés sont d'une telle gravité que le dossier, qualifié de «version montréalaise du scandale des commandites» par le chef de l'opposition, sera confié à la Sûreté du Québec.

Le rapport de Samson Bélair Deloitte & Touche sur le projet du Faubourg Contrecoeur brosse un portrait inquiétant de la gestion du dossier par la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM). S'il est sévère à l'égard de la SHDM, le rapport éclabousse aussi la firme Groupe Gauthier Biancamano Bolduc et le promoteur Construction Frank Catania ( 02 ).

Dans son empressement pour démarrer le projet du Faubourg Contrecoeur, la SHDM a imposé des délais très serrés aux promoteurs pour le dépôt de leur proposition, révèle le rapport. Deux soumissions ont été retenues parmi les cinq reçues, soit celles de Construction Marton, une entreprise de Tony Accurso ( 03 ), et de Construction Frank Catania. C'est ce dernier qui a été choisi pour réaliser le projet de 1 800 logements dans l'est de la métropole.

De la sélection du promoteur à la réalisation du projet, de nombreuses étapes ont été entachées d'irrégularités, ont constaté les auteurs du rapport rendu public. Les critiques sont sévères à l'égard du Groupe Gauthier Biancamano Bolduc, une filiale de Dessau responsable du plan de gestion du projet. Sans avoir obtenu l'autorisation de la SHDM, cette firme a détruit les documents soumis par les cinq entrepreneurs ayant répondu à l'appel de qualification.

«Le processus d'appels d'offres, quant à lui, nous amène à questionner le bien-fondé de la transmission de certains renseignements à Catania», indique le rapport en faisant référence à quatre rencontres qu'aurait eues Martial Fillion avec le président de Catania, Paolo Catania, avant la publication de l'appel de qualification. «Nous avons relevé plusieurs similitudes entre la proposition de Catania et le plan d'affaires de la SHDM», ajoute-t-on.

Les reproches qu'on fait à la direction générale de la SHDM sont nombreux. Celle-ci a engagé des dépenses sans l'autorisation du conseil d'administration de la SHDM et a omis de faire un suivi adéquat des dépassements de coûts. De plus, le coût de la décontamination des sols, d'abord estimé à 10,9 millions, aurait dû être évalué de façon plus rigoureuse. Une étude récente de Genivar ( 04 ) le fixe maintenant à un maximum de 7,3 millions $.

Catania n'est pas épargné par le rapport, qui souligne que le promoteur n'a pas respecté plusieurs de ses obligations, dont les conditions de remboursement du prêt consenti par la SHDM.

Un autre rapport, celui-là du vérificateur général de la Ville de Montréal, n'est pas plus tendre envers Martial Fillion. Michel Doyon a scruté à la loupe 20 transactions effectuées par la SHDM en 2007 et 2008 et il a relevé de nombreuses irrégularités. Certains immeubles ont été vendus à un prix inférieur à leur valeur marchande, sans appel d'offres ou sans les autorisations requises. Les faits sont si troublants qu'ils ont incité le vérificateur à réclamer que la police soit saisie du dossier: «Il faut aller plus loin. Je suis allé aussi loin que j'étais capable avec les moyens et les pouvoirs dont je dispose», a expliqué M. Doyon. Il a toutefois refusé de révéler les éléments précis qui motivaient sa demande, prétextant ne pas vouloir nuire à l'éventuelle enquête.

Martial Fillion a refusé de collaborer à l'enquête du vérificateur et M. Doyon ne pouvait l'obliger à le faire. Quant à Frank Zampino ( 05 ), ex-président du comité exécutif de la Ville et responsable politique de la SHDM, le vérificateur n'a pas jugé nécessaire de le rencontrer.

La nouvelle direction de la SHDM entend remettre tout le dossier à la Sûreté du Québec. Le président du conseil d'administration de la SHDM, Jean-Claude Cyr, s'est dit choqué par de nombreux éléments des rapports. S'il a été outré par «le laxisme, le manque de rigueur administrative, par l'incompétence dont ont fait preuve certains anciens dirigeants de la SHDM», il a lancé un appel à la prudence: «Pour l'instant [...] nous ne pouvons conclure que des éléments de nature criminelle ont été commis par quiconque.» Il a par ailleurs indiqué que la SHDM entendait récupérer toutes les sommes versées en trop au promoteur Catania.

De son côté, le maire Gérald Tremblay a qualifié d'«inadmissibles» les agissements de l'ancien directeur général de la SHDM qui fut également son chef de cabinet. Il soutient que son administration ignorait tout de ce que faisait Martial Fillion. «Il n'y a aucune référence, dans le rapport, sur une participation des élus ou une ingérence politique dans ce dossier», a-t-il dit.

Pour sa part, Paolo Catania a soutenu que toutes les «anomalies» dans le dossier du Faubourg Contrecoeur avaient été réglées au cours des dernières semaines. Le promoteur nie toutefois avoir obtenu des informations privilégiées à l'occasion de ses rencontres avec Martial Fillion en 2006. Il soutient qu'il s'agit d'une «pratique normale» qui permet aux promoteurs de mieux évaluer les projets.

Groupe Aecon, qui avait vivement protesté lorsque sa soumission avait été refusée par la SHDM, affirme n'avoir eu aucune rencontre du genre avec M. Fillion à cette époque. Malgré les nombreuses irrégularités relevées dans les deux rapports, l'entreprise n'envisage pas intenter de poursuites contre la SHDM pour l'instant.

 

Martial Fillion favorise Paolo Catania

 
 

Le 24 janvier 2013, lors de son témoignage devant la Commission Charbonneau, Isabelle Toupin a présenté différents éléments de l'enquête qui permettent de croire que des urbanistes, des ingénieurs, des fonctionnaires municipaux et des élus ont comploté afin que l'entrepreneur Frank Catania et associés soit choisi en décembre 2006 pour mener ce projet d'une valeur de 300 millions de dollars.

Le témoignage de la sergente-superviseure soulève notamment des questions quant à la neutralité du comité de sélection qui a retenu la soumission de Frank Catania et associés en décembre 2006.

Quatre membres nommés par le directeur général de la Société d'habitation de Montréal (SHDM) Martial Fillion y siégeaient, soit Jean-François Bertrand, directeur général adjoint, l'avocat Mario Paul Hus, le comptable Marc Deschamps et le président-directeur général du groupe Gauthier Biancamano Bolduc (GGBB), Daniel Gauthier.

Marc Deschamps ( 06 )

Paolo Catania

Selon Isabelle Toupin, Marc Deschamps, qui était l'agent officiel d'Union Montréal - un poste qu'il occupe toujours - a par la suite été le comptable de Paolo Catania, le président de Frank Catania et associés.

Cette information, a-t-elle précisé, a été fournie par Marc Deschamps lui-même, lors d'une déclaration faite aux enquêteurs. « Il nous précise [qu'il a travaillé pour lui] en 2007, il nous parle aussi [...] qu'il a fait le bilan financier de M. Catania en septembre 2008 ».

La présence de Daniel Gauthier au comité de sélection est également troublante puisque la firme GGBB, qu'il présidait, avait été sélectionnée dès décembre 2004 par la SHDM pour établir le plan d'affaires et préparer les documents d'appel d'offres pour le projet Faubourg Contrecoeur.

D'autres irrégularités concernant plus particulièrement Martial Fillion ont aussi été observées après que la firme Frank Catania et associés eut été choisie par le comité de sélection, a indiqué Isabelle Toupin.

Elle a par exemple souligné que le prêt de 14,6 millions accordé à l'entrepreneur en 2007 pour la décontamination du terrain a été assorti d'un taux d'intérêt de 0,5 % plutôt que 2 %, comme cela était normalement le cas pour ce type d'entente.

« Le taux a été abaissé à 0,5 % le 28 mai 2007 et l'abaissement du taux a été fait par Martial Filion à l'insu du conseil d'administration », a-t-elle raconté. « Le conseil d'administration a entériné par la suite la décision. Mais ce montant-là fait partie, entre autres, des transactions financières qui ont soulevé des questionnements. »

MM. Gauthier et Fillion font partie des neuf personnes arrêtées et accusées de fraude, de complot et d'abus de confiance dans le cadre de l'enquête sur Faubourg Contrecoeur.

Sources: Journal Le Devoir pour SPEQ Le Devoir, Inc., La Presse pour Power Corporation of Canada, Radio-Canada pour CBC/Radio-Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 5 février 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Des gens d'affaires
mêlés à des histoires douteuses sur le plan de l'éthique

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  Vers la Fiche:
Corruption et Éthique

Notes & Références encyclopédiques:

01

Qu'est-ce que le Faubourg Contrecoeur ? Sur MétéoPolitique

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02
 

Qui sont Groupe Gauthier Biancamano Bolduc et le promoteur Construction Frank Catania dirigé par Paolo Catania ?

 

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03

Qui est Tony Accurso ? Sur MétéoPolitique

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04

Qui est Genivar ? Sur MétéoPolitique

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05

Qui est Frank Zampino ? Sur MétéoPolitique

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06

Dossier de Marc Deschamps sur MétéoPolitique

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