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Histoire de corruption et de collusion: le legs de Jean Charest
appuyé par des députés.es sans scrupules et sans éthique

Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction
Commission Charbonneau: d'un show de boucane à une vraie commission
Chronologie d'une demande d'enquête par la population du Québec

 

Histoire de corruption: le legs de Jean Charest et de Philippe Couillard. Depuis 2003, la grogne des hauts fonctionnaires du gouvernement du Québec se développait à une vitesse grand V. Le nombre de prises de retraite prématuré ne cessait de progresser.

La frustration de ne plus pouvoir être satisfait du devoir accompli dans l'intérêt des citoyens et citoyennes et selon la mission de l'État leur restait dans la gorge.

De plus en plus de fonctionnaires disaient tout haut que le Parti Libéral du Québec et son chef conservateur avaient entrepris une opération de démolition de l'efficacité de l'État en voulant transférer toutes les activités vers le secteur privé de l'économie.

Cela se nommait la réingénierie de l'État, ensuite ce fut la modernisation de l'État, autant de slogans pour cacher la privatisation et la commercialisation des activités des services publics. Deux résultats probants : introduction du tandem "collusion & corruption" et affaiblissement de l'expertise de la fonction publique qui fut transférée aux firmes d'ingénierie et de construction.

À d'autres égards, les règles d'octroi de contrats sans soumission proliféraient. Même pour la
nomination des juges: Jean Charest a changé la donne en modifiant la procédure pour permettre le troc d'influence dans le monde juridique. Les cas, de plus en plus fréquents, de conflits d'intérêts de la part des gens du parti politique, les collecteurs de fonds, les donneurs d'ouvrages, les grands contributeurs à la caisse électorale, augmentèrent.

Des voix s'élevèrent de plus en plus fort.

D'avril 2009 jusqu'au 9 novembre 2011, le premier ministre du Québec a refusé de convoquer une commission d'enquête sur la construction malgré l'opinion publique (il se rétracta plusieurs mois après, pourquoi? Pour donner le temps aux amis.es du Parti Libéral du Québec d'éliminer des preuves?). Maintenant que la commission est formée, Robert Lafrenière dirigeant de l'Unité Permanence Anti-Corruption (UPAC) qui, comme Jean Charest ne voulait pas d'une commission d'enquête, continue à mettre des bâtons dans les roues de la Commission.

Comment sommes-nous arrivés à une commission d'enquête ?

2007

Les premières allégations de stratagèmes relatifs à des contrats publics dans l’industrie de la construction commencent à circuler en 2007.  Le contrat des compteurs d’eau, octroyé par la Ville de Montréal au consortium GÉNIeau Groupe Experts, dont fait partie la firme d’ingénieurs Dessau, soulève alors des questions.  Le quotidien Le Devoir révèle en effet que la firme d’ingénierie BPR a participé au processus de sélection du consortium alors qu’elle entretient des liens d’affaires de longue date avec Dessau. La possibilité de conflit d’intérêts dans ce dossier fait la manchette pendant quelques jours, puis s’estompe.

2008

Un an plus tard, l’industrie de la construction est de nouveau portée à l’avant-scène alors que certains éléments de preuve obtenus par écoute électronique dans le cadre du projet Colisée de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sont rendus publics.  La Presse révèle alors que la Ville de Montréal n’a réalisé aucun profit sur la vente des terrains à la base du projet immobilier Faubourg Contrecoeur.  Le quotidien met également en lumière le fait que la preuve recueillie suggère une proximité entre le milieu du crime organisé et la firme Construction Frank Catania & Associés, principal constructeur derrière le projet immobilier.  Un mois plus tard, la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), gestionnaire du projet, amorce une enquête sur les agissements de son directeur général.

Mars 2009

 

En mars 2009, l’émission Enquête de la télévision de Radio-Canada diffuse son premier reportage sur des allégations de malversations liées à l’industrie de la construction.  Ce reportage révèle notamment que le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a séjourné sur le yacht de l’un des plus gros entrepreneurs en construction du Québec, Antonio Accurso.  Quelques jours plus tard, La Presse révèle que Frank Zampino, alors président du comité exécutif de la Ville de Montréal, a également fait une croisière sur ce yacht en compagnie d’Accurso.  Selon les faits allégués, les deux hommes ont été en contact au moment où la firme Simard-Beaudry Construction, propriété de l’entrepreneur, venait de répondre à un appel de qualification pour le contrat des compteurs d'eau à Montréal en consortium avec la firme d'ingénieurs Dessau.

Avril 2009

 

 

Les premiers appels en faveur d'une commission d'enquête publique sur la construction sont lancés à l'Assemblée nationale par Sylvie Roy la chef intérimaire du parti l'Action démocratique du Québec ADQ.

 

Septembre 2009

 

L'hôtel de ville de Montréal annule le plus gros contrat de son histoire, une entente de 355 millions $ pour l'acquisition de compteurs d'eau pour les institutions, commerces, industries et, après la découverte d'irrégularités.

 

Octobre 2009

 

La controverse prend du poids après que l'émission Enquête révèle l'ampleur de la corruption dans l'industrie de la construction, notamment dans les processus d'appel d'offres.  Un groupe d'entrepreneurs de la région de Montréal, surnommé le «Fabulous Fourteen», agirait comme un cartel en se divisant les contrats, bloquant ainsi la voie aux compétiteurs, selon les journalistes de Radio-Canada. Un ancien sous-ministre des Transports soutient pour sa part que la mafia contrôle 80 pour cent des contrats de construction accordés dans la région et entretient des liens avec les entreprises du secteur.  Les montants versés pour les projets de construction au Québec sont plus élevés qu'ailleurs au Canada, conclut Enquête.

 

Québec annonce le déclenchement de l'Opération Marteau, une unité policière provinciale établie pour faire la lumière sur la corruption et la collusion dans le domaine de la construction.

 

Novembre 2009

 

 

M. Renaud Lachance, le vérificateur général du Québec livre les conclusions de sa vérification au ministère des Transports concernant la gestion de contrats présentant des situations à risque – Communiqué le mercredi 18 novembre 2009 (format PDF)

Quelques jours avant les élections municipales à Montréal, le magazine Maclean's publie son édition de novembre avec le titre «Corrompue, en ruine et criminalisée, Montréal est une honte» sur sa couverture.

 

27 janvier 2010

 

Le Mouvement anti-corruption (M.A.C.)

Mouvement de citoyens qui demande la tenue d’une commission d’enquête publique sur le secteur de la construction

- Nous ne voulons pas risquer d’alimenter un système qui nous vole et qui subventionne le crime organisé. C’est pourquoi il faut agir, se réunir et se serrer les coudes lors de la marche du 30 janvier prochain. Le gouvernement a eu bien assez de temps pour bouger

 
 
 

23 février 2010

 

Julie Boulet

 

Norman MacMillan

Question de faire baisser la pression et ne pas être obligé de lancer une commission d'enquête, la ministre de Transport Québec et son adjoint publient un communiqué de presse au titre laconique "Programmation des travaux routiers 2010-2011 QUÉBEC POURSUIT LE REDRESSEMENT DU RÉSEAU ROUTIER. (format PDF)

Dans le communiqué de presse, la nomination de Jacques Duchesneau est banalisée au sein de bien d'autres sujets. On y lit
"Un outil supplémentaire au ministère". Les ministres ont également annoncé la formation d’une unité anticollusion au sein du ministère des Transports. Cette unité sera dirigée par M. Jacques Duchesneau, ancien président et chef de direction de l’Administration canadienne de la sûreté dans les transports aérien et ancien directeur du Service de police de la communauté urbaine de Montréal. L’unité aura, entre autres, pour mandat : d’assurer une surveillance étroite des marchés, de prévenir la fraude, la collusion et la malversation, d’encourager la pratique loyale des affaires et de mettre en place des mécanismes de détection de la collusion. Dans la réalisation de son mandat, l’unité devra signaler tout cas de collusion réelle ou appréhendée aux autorités policières de l’Opération Marteau. Aucun rapport ne lui sera demandé. Le sous-ministre du MTQ, Michel Boivin, lui demande de ne faire aucune intervention auprès des médias. «J'entre dans un sous-marin et ferme l'écoutille», décrit M. Duchesneau.

2 mars 2010: le sous-ministre Boivin présente à M. Duchesneau un affidavit à être joint à son contrat par lequel M. Duchesneau reconnaîtrait ne pas avoir été en contact avec le crime organisé. M. Duchesneau refuse de le signer et juge la demande «indigne».

  Mars 2010 L'Accueil réservé à Jacques Duchesneau par le ministère Transport Québec
Duchesneau freiné par l’indolence libérale
Extraits de son témoignage devant la Commission Charbonneau

Québec connaissait l’ampleur des problèmes de corruption et de collusion depuis 2010
   Chronologie de l'Unité anticollusion du ministère des Transports

 

12 avril 2010: mise en place de l'équipe d'enquête de l'UAC. Aucune ressource particulière n'est accordée. M. Duchesneau souligne que les enquêteurs n'ont aucun ordinateur ni véhicule pour se rendre sur les chantiers.

Michel Bastarache - Commissaire

L'ancien ministre de la Justice Marc Bellemare accuse le gouvernement libéral d'avoir accepté de généreuses contributions politiques visant à influencer les nominations de juges.

Jean Charest déclenche la commission Bastarache pour faire la lumière sur ces allégations.

 

Mai 2010

 

Tony Tomassi

Le député libéral et ministre de la Famille Tony Tomassi est forcé de démissionner après la diffusion d'informations selon lesquelles il utilisait une carte de crédit fournie par la firme de sécurité BCIA, firme qui a conclu des contrats avec le gouvernement. M. Tomassi fait maintenant face à trois accusations au criminel.

 

Août 2010

 

11 août 2010: remaniement ministériel. Julie Boulet est remplacée par Sam Hamad.

Grâce à l'enquête du député de Québec solidaire Amir Khadir, le président des élections fait enquête et la firme d'ingénierie Axor se voit imposer des amendes pour avoir illégalement donné 150 000 $ aux trois plus importantes formations politiques du Québec, dont 113 000 $ aux libéraux.

 

19 août 2010: M. Duchesneau rencontre le chef de cabinet de M. Hamad, Luc Bastien. La rédaction d'un rapport est évoquée.

 

Septembre 2010

 

9 septembre 2010: la première version du premier rapport de l’Unité Anti-Corruption (UAC) du ministère du transport est transmise à l'attaché politique Luc Bastien, chef de cabinet du ministre des Transports, Sam Hamad.

27 septembre 2010: M. Duchesneau rencontre Sam Hamad pour la première fois.

 

Octobre 2010

 

«Mafia Inc.», un livre des journalistes d'enquête André Noël et André Cédilot, révèle que jusqu'à 600 entreprises versent un montant d'argent à la mafia sur une base régulière pour être «protégées».

Le Maclean's fait encore des vagues, cette fois en qualifiant le Québec de «province la plus corrompue au Canada».

La couverture du magazine montre l'emblématique Bonhomme Carnaval tenant un porte-document débordant d'argent.
 


La rédaction d'un deuxième rapport par l'Unité Anti-Corruption (UAC) du ministère du Transport s'amorce en y intégrant notamment les suggestions de Luc Bastien, l'attaché politique de Sam Hamad, le ministre.

 

Novembre 2010

 

4 novembre 2010: l'équipe d'enquête de l'Unité Anti-Collusion (UAC) du ministère du Transport s'agrandit.

18 novembre 2010: M. Duchesneau se retire de ses fonctions le temps que le Directeur général des élections (DGE) fasse enquête concernant des allégations de financement illégal du parti politique municipal montréalais dont il a été le chef.

Michel Arsenault, président et
René Roy, secrétaire général de la FTQ

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ-CTC) s'affiche en faveur d'une commission d'enquête publique sur la construction, laissant les libéraux de Jean Charest virtuellement seuls à s'y opposer.

Les libéraux survivent à une motion de non-confiance à l'Assemblée nationale grâce à leur majorité.

Le premier ministre reporte un voyage en France avec deux ministres pour s'assurer que son gouvernement ne tombe pas.

 

Janvier 2011

 

La commission Bastarache conclut à l'absence de népotisme dans la nomination des juges au Québec. 

Sauf que discrètement le gouvernement libéral modifie la procédure.

Le journal Le Devoir titrait: Charest ne se mêlera plus de la nomination des juges.  Les libéraux ne pourront plus favoriser leurs candidats

 

Février 2011

 

2 février 2011: Luc Bastien, le sous-ministre de Sam Hamad ministre du Transport, est nommé chef de cabinet du premier ministre Jean Charest.

Lino Zambito d'Infrabec

Sept personnes, dont une ex-mairesse de Boisbriand, des cadres d'entreprises de construction, un ingénieur et deux consultants, sont arrêtées dans le cadre de l'Opération Marteau.

Ils sont accusés de fraude, d'extorsion, d'avoir proféré des menaces et d'abus de confiance.

18 février 2011: le Directeur Général des Élections blanchit M. Duchesneau d'avoir posé tout geste à l'encontre de la loi des élections municipales, lors de sa candidature à la mairie de Montréal.

La même journée, le ministre Robert Dutil et la ministre Lise Thériault annonce la création de l’Unité permanente anticorruption du Québec (UPAC), bâtie sur le modèle des services d'enquête de la ville de New York.

 

Juin 2011

 

Juin 2011: Jacques Duchesneau annonce que la première version du deuxième rapport de l'Unité Anti-Corruption du ministère du Transport (UAC) est prête.

 

Septembre 2011

 

1er septembre 2011: M. Duchesneau fait une présentation de son rapport final à Sam Hamad. Une copie du rapport avait déjà été remise une semaine plus tôt au chef de cabinet de M. Hamad, Steve Leblanc.

 

La fuite du rapport explosif de Jacques Duchesneau, patron de l'Unité anticollusion, met le feu aux poudres.  L'ancien chef de police conclut que le ministère des Transports est impuissant face à la collusion et que le crime organisé et les entreprises de construction sont responsables des coûts très élevés payés par l'État pour ses projets de construction. Une partie du magot serait ensuite transférée vers les caisses électorales des partis politiques, affirme le rapport Duchesneau.

6 septembre 2011: l'Unité Anti-Collusion du ministère du Transport l'UAC est intégrée à l'Unité Permanente Anti Corruption du Québec, l'UPAC.

7 septembre 2011: un remaniement ministériel entraîne le départ de Sam Hamad.  Pierre Moreau prend la relève.

14 septembre 2011
: Radio-Canada rend public le rapport de Jacques Duchesneau qui l'a coulé parce qu'il dit avoir craint qu'il ne soit tabletté par le gouvernement.  L'onde de choc est immédiate.


Le rapport Duchesneau pour les nuls par André Noël, journaliste

  Coulage du rapport Duchesneau

16 septembre 2011: Jean Charest tient une conférence de presse au cours de laquelle il affirme ne pas avoir lu le rapport Duchesneau. «Le politique ne mettra pas le nez là-dedans», dit-il.

Le Mouvement du 24 septembre "exige" du premier ministre "de mettre sur pied une commission d'enquête sur la collusion et la corruption dans l'industrie de la construction, (...) une commission chargée d'effectuer une réelle réforme des institutions démocratiques et du financement des partis politiques, de déclencher des élections générales, et de démissionner"

 

 

27 septembre 2011: comparution de Jacques Duchesneau en commission parlementaire.

Après la comparution le gouvernement montre des signes d'ouverture à l'idée de déclencher une commission d'enquête en partie publique, en partie à huis clos.

 

 19 Octobre 2011

 

19 octobre 2011: Le premier ministre Jean Charest annonce la création d'une «Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (CEIC)» qui sera présidée par la juge France Charbonneau.  La commission n'a pas de pouvoir de contrainte ni d'immunité et ne relève pas de la Loi des commissions d'enquête.  Elle aura une durée de deux ans et se déroulera en partie à huis clos.

France Charbonneau

Elle sera présidée par France Charbonneau, juge à la Cour supérieure du Québec.  Les travaux de la commission vont couvrir les 15 dernières années, ce qui inclut donc une période où le Parti québécois était au pouvoir.

Selon le décret adopté par le conseil des ministres, la commission utilisera deux modes de fonctionnement.  L'une à huis clos «pour recueillir toute information pertinente».

Une autre, publique, «pour recevoir les témoignages d'experts et des témoins qui, de l'avis des commissaires, permettraient de démontrer les stratagèmes, d'examiner des pistes de solution et de faire des recommandations en vue d'établir des mesures permettant d'identifier, d'enrayer et de prévenir la collusion et la corruption (...) ainsi que l'infiltration de l'industrie de la construction par le crime organisé».

Tel que défini par le gouvernement, le mandat de la commission est refusé par la population.

Il comprend:

- «d'examiner l'existence de stratagèmes et, le cas échéant, de dresser un portrait de ceux-ci qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l'octroi et la gestion de contrats publics dans l'industrie de la construction incluant notamment les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, incluent des liens possibles avec le financement des partis politiques»

- «de dresser un portrait de possibles activités d'infiltration de l'industrie de la construction par le crime organisé»

- «d'examiner des pistes de solution et de faire des recommandations» pour lutter contre la corruption et la collusion.»

Cette commission ne relève pas de la loi sur les commissions d'enquête. C'est que, selon le décret, elle ne pourra accorder d'immunités ni contraindre à témoigner. Cette mesure vise à ne pas nuire aux enquêtes policières, plaide Québec.

Le gouvernement a confié au juge en chef de la Cour supérieure du Québec, François Rolland, de recommander le président de la commission. Il a entériné sa proposition, France Charbonneau. Elle devra s'adjoindre deux commissaires de son choix.

La commission pourra publier des rapports d'étapes. Son rapport final est attendu le 19 octobre 2013 au plus tard. Tous ces documents ne doivent comporter «aucun blâme» et ne formuler «aucune conclusion ou recommandation à l'égard de la responsabilité civile, pénale ou criminelle de personnes ou d'organisations».

Commission d'enquête : une « véritable arnaque »,
dit l'opposition parlementaire

Jean Charest « n'a pas créé aujourd'hui une véritable commission d'enquête publique » sur l'industrie de la construction, a estimé mercredi la chef du Parti québécois, Pauline Marois, réagissant à l'annonce faite plus tôt par le premier ministre.

« Dans une vraie commission d'enquête, les témoins sont contraints à témoigner. Ce qu'a bricolé Jean Charest aura moins de pouvoir qu'un coroner et moins de pouvoir qu'une commission parlementaire », a-t-elle affirmé.

Le Parti québécois se dit « absolument insatisfait » de l'annonce de Jean Charest sur la tenue d'une commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

 

 

En réalité, Jean Charest a bricolé ce qui s'apparente à une véritable arnaque, une patente, [...] un écran de fumée. — Pauline Marois, chef du Parti québécois

 
 

« Les libéraux refusent de s'élever au niveau qu'exige l'intérêt public sous le prétexte fallacieux de protéger la preuve et les enquêtes policières.  Le gouvernement se défile de ses responsabilités. [...] La seule organisation qui sera protégée, c'est le Parti libéral », a-t-elle déploré.

« Nous voulons la vérité, toute la vérité.  Nous n'allons pas lâcher.  Depuis deux ans, nous avons posé plus de 400 questions sur la corruption.  S'il le faut, nous en poserons 200, 300 ou 400 de plus », a-t-elle ajouté.

Le Parti québécois entend déposer une motion de censure pour défaire le gouvernement.  « Si nous échouons, nous allons en déposer une autre », a soutenu la chef péquiste.

Elle a également fait appel aux militants libéraux qui se réuniront en congrès en fin de semaine.  Au nom des « intérêts du Québec », Pauline Marois leur demande de se lever, de refuser « la loi du silence » et de rejeter « cette arnaque proposée par [leur] chef Jean Charest ».

Si les libéraux « s'obstinent à refuser une véritable commission d'enquête », Mme Marois assure aux Québécois que son parti déclencherait une commission d'enquête publique dans les 100 premiers jours de son premier mandat, si jamais il est élu aux prochaines élections.

Françoise Davis et Amir Khadir, de Québec solidaire

Québec solidaire très déçu

À l'instar de Pauline Marois, la présidente et porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a qualifié l'annonce de Jean Charest de « simulacre de commission d'enquête ». 

 
 

Jean Charest vient de se tailler sur mesure une commission d'enquête au pouvoir anémique.  Il nous donne une sorte de vox pop, où les gens qui auront envie de le faire pourront participer.

            — Françoise David, cofondatrice de Québec solidaire

 
 

Pour Mme David, la commission n'aura aucun pourvoir réel car elle ne pourra contraindre des personnes à venir témoigner.

« C'est extrêmement décevant. Encore une fois, M. Charest ne s'est pas placé en chef de gouvernement qu'il devrait être », a-t-elle ajouté.

Toutefois, elle reconnaît qu'un premier pas dans la bonne direction vient d'être franchi. « M. Charest a été obligé dans son annonce d'utiliser des mots comme corruption, stratagème et infiltration et ça, pour la population du Québec qui se bat depuis des mois pour qu'enfin, il y ait admission d'un problème, il y a là un premier pas », a admis Françoise David .

Elle a donc appelé la population, la classe politique et les militants libéraux qui se réuniront en fin de semaine à continuer de se battre pour que ce premier pas aboutisse à une véritable commission d'enquête « aux pouvoirs réels ».
 

La caricature ci-dessous témoigne du résultat
des délibérations du Parti Libéral du Québec

 

21 octobre 2011

Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics
dans l’industrie de la construction. Le Barreau du Québec ne peut soutenir la commission d’enquête dans sa forme actuelle

 

28 octobre 2011

 

28 octobre 2011: Robert Lafrenière, commissaire de l'UPAC, met fin au contrat de M. Duchesneau.

 

9 novembre 2011

 

À l’issue de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le premier ministre du Québec, Jean Charest, annonce l’adoption d’un décret qui octroie tous les pouvoirs conférés par la Loi sur les commissions d’enquête à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

L'honorable France Charbonneau, juge à la Cour supérieure du Québec, a informé le gouvernement qu'il apparaît essentiel, pour permettre à la Commission d'exécuter pleinement son mandat, que les pouvoirs et immunités prévus par la Loi sur les commissions d'enquête soient attribués à la commission qu'elle préside.

Le décret adopté aujourd’hui permettra notamment aux commissaires de contraindre les témoins, tout en leur permettant de bénéficier de l’immunité relative à leur témoignage. Le premier ministre a également annoncé la nomination, sur recommandation de la juge France Charbonneau, des deux commissaires qui la seconderont dans son mandat.  Il s’agit de messieurs Roderick A. Macdonald, titulaire de la Chaire F.R. Scott en droit public et constitutionnel à l’Université McGill, et de Renaud Lachance, FCA, actuel vérificateur général du Québec.  Les commissaires bénéficieront également de l’immunité dans la poursuite de leurs travaux.

Le premier ministre a quand même réussi à placer à la Commission un ex-fonctionnaire du Conseil exécutif, vétéran du ministère de Jean Charest, Alain Lauzier.  Il s'agit de l'ancien bras droit de Gérard Bibeau, qui conseille la juge France Charbonneau quant à la conduite des travaux de la commission d'enquête sur l'industrie de la construction.  Ce dernier a travaillé pendant 11 ans au Conseil exécutif, le ministère du premier ministre, à titre de secrétaire général adjoint avant de prendre sa retraite en juin 2010.  Il occupe maintenant un poste clé au sein de la commission Charbonneau.  En mai 2012 la Commission Charbonneau a entendu ses premiers témoins.

Le 22 mai 2012
La commission tient sa première audience publique


Déclaration d'ouverture de la juge France Charbonneau aux audiences publiques. La présidente de la CEIC qualifie alors le rapport Duchesneau d'«incontournable».

 

La commissaire juge
France Charbonneau

13 juin 2012: début du témoignage de Jacques Duchesneau à la commission Charbonneau.

 

Octobre 2012

Une histoire de déni de Jean Charest

Les déclarations de Lino Zambito devant la Commission Charbonneau sont explosives. Elles révèlent les stratagèmes de corruption et de collusion qui lient la mafia, les entrepreneurs en construction et le parti du maire de Montréal.

Pendant deux ans, entre les premières révélations et la commission, Jean Charest l'ex-premier ministre du Québec a pourtant refusé la tenue d’une enquête publique.

Voici quelques déclarations que le premier ministre a faites entre 2009 et 2012

« Nous avons déjà posé des gestes immédiats, plus efficaces qu’une enquête dont les résultats prendraient plusieurs mois à se réaliser. » – 2 décembre 2009

« Encore faut-il qu’il y ait des enquêtes policières pour aller au fond des choses. On ne peut pas poser des gestes à partir d’insinuations et d’allégations. Il faut que ce soit posé à partir de faits concrets. » – 4 décembre 2009

« Le gouvernement a déjà posé des gestes très importants. » – 4 décembre 2009

« Par conviction, nous allons agir de manière à donner des solutions permanentes.  Il faut des solutions permanentes.  Une commission d’enquête, ce n’est pas [une solution] permanente. » – 30 novembre 2010

« Aucun gouvernement avant nous n’en a fait autant pour lutter contre la corruption et la collusion. » – 16 septembre 2011

« L’Unité permanente anti-corruption (UPAC), c’est la mesure la plus forte que nous pouvions déployer pour venir à bout des problèmes qui sont soulevés. » – 16 septembre 2011

« Attention.  Ça part dans toutes les directions. Soyons prudents. Le gouvernement va réfléchir. Il faut mesurer chaque choix, mesurer les conséquences. » – 7 octobre 2011, après le Rapport Duchesneau

« Moi, je suis rassuré sur une chose : le Parti libéral du Québec fait son financement correctement, selon les règles. On respecte les lois. » – Juin 2012

Le 5 septembre 2012, Jean Charest accepte la défaite électorale et conséquemment quitte la vie politique.  Son ancien ministre de la Santé Philippe Couillard reprend du service avec la même équipe et la même vision.  Son propre dossier n'est pas reluisant sur le plan de l'éthique. D'ailleurs lors de la course à la chefferie le candidat Raymond Bachand ne se prive pas de lui faire savoir.

Pendant que Pierre et moi combattions la corruption, tu faisais des affaires avec Arthur Porter!
Ici pour plus de détails
Raymond Bachand

À l'élection de 2013, l'équipe du Parti Libéral du Québec comptait 36 candidats qui s'étaient déjà opposés à la tenue d'une enquête publique sur la corruption dans l'industrie de la construction. Le Parti Québécois fit paraître dans les médias l'image forte ci-dessous.

 

Novembre 2015

France Charbonneau publie le rapport de sa Commission
La juge Charbonneau frappe là, où ça fait mal!

Le 24 novembre 2015 - la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction a rendu public son rapport en même temps qu'elle le remettait au gouvernement du Québec


Analyse et commentaires de JosPublic et al.

Si les travaux de la commission d'enquête (261 jours d'audience) ont agi comme un coup de semonce que plusieurs n'ont pas encore compris, le rapport met le Québec face à une vague de blâmes forçant à aller un cran plus loin sur la voie de la vigilance. 

Les commissaires France Charbonneau et Renaud Lachance avaient tout en main pour tirer des conclusions défavorables à l'égard de bon nombre de politiciens, de fonctionnaires, de firmes de génie, d'entrepreneurs, d'avocats et de comptables qui ont été des rouages du système qui a fait l'objet de l'analyse systémique de l'industrie de la construction. 

Face à un système en pleine action où des entreprises organisaient des pactes de collusion pour s'emparer des chantiers touchant les infrastructures, la lucidité de nos élus n'est manifestement pas au rendez-vous.

Nous n'avons qu'à constater le définancement du bureau du Procureur général du Québec par le Parti Libéral du Québec pour comprendre que ce dernier, grand défenseur des collusionneurs, fait tout en son possible pour que les procès traînent et que ses ex-bailleurs de fonds ne paient pas trop la note de leur propre turpitude.

De plus, certains cercles de l'élite québécoise semblent bien soudés lorsque vient le temps de se protéger, quitte à ignorer l'importance de maintenir de saines pratiques, tant sur le plan économique que juridique et social.

C'est à cette solidarité que la commission Charbonneau fait face.  On peut s'attendre à une chorale entonnant les cantiques des bonnes pratiques administratives.  Les ministères, les municipalités, les organismes vont nous bassiner les oreilles et se faire rassurants: les problèmes, les mauvaises pratiques, le manque d'éthique, tout est derrière nous et les corrections ont été faites.  Les firmes de communications étaient déjà à l'oeuvre depuis quelques temps tout-à-fait prêtes à noyer le poisson. 

La commissaire France Charbonneau

 

Sources:
Agences de Presse: QMI; La Presse Canadienne.
Internet: Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction; Cyberpresse pour Power Corporation of Canada; Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada.
Journaux: La Presse pour Power Corporation of Canada, Journal de Montréal et de Québec pour Québecor Inc.; Divers journaux de Transcontinental Inc.; Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc..
Communiqués de presse: Divers d'associations et organisations

Choix de photo, commentaires, fusion de textes, mise en page et titrage : JosPublic
Publication mise à jour le 24 novembre 2015

 

  Pour la suite de l'histoire il faut voir
"La commission Charbonneau"

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Corruption et Éthique