Une citoyenne s'attaque à l'air pollué des quartiers Limoilou, Saint-Jean-Baptiste et Baie de Beauport à Québec
L'opiniondes élus.es

De l'attentisme au populisme primaire, les politiciens et politiciennes démontrent leurs intérêts, mais ne s'impliquent pas. Ils laissent la machine tournée, études, analyses, tribunaux, le temps passe en leur faveur, car la population oublie. Bientôt les médias ne parleront plus de l'affaire qui sera devant les tribunaux. Il y a de l'espoir du côté de Québec solidaire puisque le parti politique demande une analyse approfondie de l'impact du Port de Québec sur la santé de la population avant de permettre un agrandissement. Si le comité de citoyen qui a sonné l'alerte ne lâche pas, il y vraiment de l'espoir de voir la qualité de l'air s'améliorer au-dessus de Québec. Mais il est évident que cela coûtera des millions aux propriétaires d'Arrimage Québec propriété de Denis Dupuis et Andrew Chodos.

 
 

Régis Labeaume, maire de Québec s'en remet au ministère de l'Environnement

 
 

Le 24 novembre 2012, même s'il considère que les concentrations en certains métaux étaient élevées, le maire de Québec déclarait

«Nous, ça ne nous regarde pas beaucoup... On va poser des questions quand même, mais c'est la responsabilité de l'entreprise».

«Au conseil municipal, j'ai rencontré Mme Véronique Lalande, qui est une femme très bien, très articulée. J'ai aussi eu une copie du rapport de laboratoire. Je connais un peu les mines, et c'est quand même de la grosse concentration».

Remarquez ci-haut et ailleurs dans ses déclarations, le maire la trouve ben fine la madame. Elle est articulée, intelligente dit-il ailleurs. Aurait-il dit cela d'un homme? D'ailleurs le vice-président du comité exécutif, le conseiller François Picard est lui aussi tombé dans la guimauve langagière  «La dame nous a franchement impressionnés…Elle est très articulée, très posée». On imagine que moins articulée (instruite) et d'une autre classe sociale que celle du maire et du vice-président, on ne l’aurait même pas laissée entrer à l'Hôtel de ville! Voilà de la haute performance d'élus paternalistes et populistes. On se croirait en 1900 dans une paroisse de colonisation…. Peuvent bien rêver au retour des duchesses…


Note de
JosPublic

Forte quantité de zinc

Les analyses montraient une concentration de nickel de 474 mg/kg dans la poussière de Limoilou, soit presque trois fois celle de la poussière de rue de New Delhi, en Inde, une concentration en cuivre de 644 mg/kg et une concentration 998 mg/kg de zinc, soit juste derrière la poussière de mégapoles comme New York et Hong Kong.

«C'est vrai que les quantités sont très élevées, surtout pour le zinc. Du cuivre, il y en a beaucoup, mais le zinc, c'est très élevé», a-t-il déclaré, refusant toutefois de dire qu'il considérait la situation comme préoccupante. «Écoutez, il y a tellement de choses qui sont préoccupantes dans la vie...», a laissé échapper le maire à la suite de la question d'une journaliste.

Au port de se débrouiller

Steeve Verret

«M. Verret est reparti avec ça, mais je pense que c'est trop tard, je pense que la compagnie a reçu une plainte. Ça va être au port de se débrouiller avec ça.

En fait, pas tant au port comme à la compagnie
», a poursuivi le maire, soulignant que son conseiller municipal responsable de l'environnement, Steeve Verret, avait tout de même pris le dossier en main. «On va les laisser, la justice, visiblement, s'occupe de ça, là».

Quelques semaines plus tard, le maire de Québec, à remis en question la crédibilité des données présentées par la citoyenne. «Il faut faire attention pour ne pas alerter les gens avec des résultats qui ne sont pas scientifiquement bien manipulés. La vérité, c'est le Ministère qui va l'avoir avec ses résultats scientifiques», a-t-il fait valoir, précisant néanmoins qu'il trouvait Mme Lalande «très intelligente» et que la Ville a déjà annoncé qu'elle allait balayer les rues dans Limoilou huit fois par année plutôt de deux fois.

Le 12 mars 2013, Régis Labeaume se dit «inquiet» d'une nouvelle étude préliminaire d'un chimiste de l'Université du Québec à Rimouski (UQÀR) qui a découvert la présence de nickel dans l'air de Limoilou. Mais avant d'aller plus loin et de «s'impliquer d'aplomb» dans le dossier, le maire de Québec veut s'assurer d'une confirmation du ministère de l'Environnement.

«Je suis obligé de vous dire que je suis inquiet ce matin, je vais être bien honnête avec vous», a réagi M. Labeaume. «Ma référence va être le ministère de l'Environnement, mais présenté comme ce l'était ce matin, c'est inquiétant.»

«Je vais parler au pdg du Port [Mario Girard] c'est certain», a annoncé le maire qui assure que dès qu'il aura une autre étude, il «s'impliquera d'aplomb» dans le dossier.

«Moi, comme maire, quand même je me fierais sur les tests de l'un et les tests de l'autre, moi, il me faut une référence officielle et ce sera le ministère de l'Environnement», a-t-il martelé.

Le 18 mars 2013 Labeaume s'en remet à la santé publique

Le maire Régis Labeaume a pour sa part dit avoir parlé avec le directeur du Port de Québec, Mario Girard, et le directeur régional de santé publique, Dr. François Desbiens . «Là, nous c'est clair, clair, on s'en remet au Directeur de la santé publique. Légalement, c'est son dossier», a commenté le maire en annonçant qu'un comité a été mis sur pied. Il comprend quatre employés de la Ville de Québec spécialisés en sécurité civile ou en environnement.

Le 21 mars 2013, Yves-François Blanchet, ministre de l'Environnement et Régis Labeaume, maire de Québec tentent de contrôler la perception des citoyens et citoyennes

«Ça fait penser à la légionellose. Lui, il dirige l'affaire et nous, on vient en support. On vit exactement la même affaire», a-t-il dit.

Plus tôt en matinée, M. Labeaume avait aussi commenté l'étude révélée par Le Soleil, qualifiant les résultats de «préoccupants».

«Il faut trouver la source», a-t-il lancé. «Ça ne vient pas de l'incinérateur, c'est quand même une bonne nouvelle nous concernant, mais il faut que ça vienne de quelque part alors il faut régler ça, il n'y a pas de doute

Régis Labeaume a alors estimé que la prochaine étape était de «faire pression sur le Port». «Mais encore là, on va tout vérifier avant», a-t-il ajouté.

Du côté du Port de Québec, on a réagi avec la même circonspection qu'à l'accoutumée, la porte-parole se bornant à dire que l'institution n'émettrait aucun commentaire sur ces données avant d'en avoir pris connaissance.

«Mais on peut confirmer que nous allons collaborer avec [les autorités environnementales]» dans ce dossier, a-t-elle assuré.

19 mars 2013:  «Tous les politiciens, taisez-vous!» ordonne Régis Labeaume.

«Parce qu'à chaque fois que vous parlez, vous faites mal à Limoilou», estime le maire de Québec, selon qui la question est entre les mains de la seule personne crédible dans ce dossier : le directeur de la santé publique. Pour le reste, le maire craint que faire de la politique sur la question de la présence de nickel revienne à «diaboliser le quartier».

«Chaque fois qu'on diabolise Limoilou, ça veut dire que les valeurs de propriétés baissent, la réputation du quartier baisse et il y a des commerces qui vont avoir des problèmes», a énuméré M. Labeaume. Un message que le maire adresse aux élus, particulièrement à ceux de l'opposition à l'hôtel de ville, mais aussi aux citoyens.

Il a notamment appelé à la prudence à la suite du témoignage d'une dame qui habite Limoilou depuis six mois. Lors de la séance du conseil municipal, elle est venue au micro pour raconter qu'elle a fait à répétition des infections à l'oeil et qu'elle perd ses cheveux depuis qu'elle habite le quartier.

«On est vraiment en train de faire mal à Limoilou, a réagi M. Labeaume. On est en train de créer une psychose. Je veux dire aux gens de Limoilou que c'est pas vrai que je vais prendre ça pour du cash.»

Les élus de l'opposition ont pour leur part accusé l'administration Labeaume de ne pas avoir été assez «proactive». «Le maire est responsable de son laxisme dans ce dossier là», a lancé le conseiller de Québec autrement Yvon Bussières.

Le chef du parti, David Lemelin, qui assistait au conseil municipal, a pour sa part dénoncé les propos du maire. «Il a l'air d'être beaucoup plus préoccupé par la valeur des propriétés que par la santé des gens. Moi à mon sens, c'est un très mauvais signal à envoyer.»
 

 

Poussière de nickel dans Limoilou : un show du maire

 
 

«C’est décevant de voir qu’avec Régis Labeaume, il faut attendre que les médias, les citoyens et l’opposition s’en mêlent pour qu’il réagisse enfin. Une fois au pied du mur, il finit par y aller pour l’option qu’il aurait dû choisir dès le départ : mobiliser les intervenants et agir. Tant mieux si l’on met de l’avant des actions pour trouver une solution durable au problème de poussière de nickel dans le quartier Limoilou. C’est ce que nous disions depuis le début. À notre avis, il était temps qu’il se réveille», déclare le chef de Québec autrement, David Lemelin.

David Lemelin

«Le maire a réuni tous ses conseillers pour faire un gros show, histoire de faire oublier sa catastrophique intervention du dernier conseil municipal au cours de laquelle il s’est montré davantage préoccupé par la valeur des propriétés de Limoilou que par la santé des résidents», poursuit M. Lemelin. Comme quoi nous avions raison de dire que c’est une grave erreur de jugement.

 

Rencontre avec Agnès Maltais, députée de Taschereau

 
 

Le 18 mars 2013, la citoyenne Mme Lalande présentait les résultats de son enquête à la ministre responsable de la région, Agnès Maltais, après quoi elle rendra son «rapport» public.

Elle dit arriver à des moyennes «vraiment dans les mêmes chiffres» que Le Soleil, et demeure persuadée que le problème se trouve sur les quais du port de Québec, qui est le plus grand terminal de nickel en Amérique du Nord.

«On pense encore que ce n'est pas à nous de sortir ces chiffres-là, commente-t-elle. On va le faire parce que c'est pertinent pour le public, mais on considère que c'est aux autorités publiques de sortir l'information.»

Agnès Maltais, députée provinciale de la circonscription de Taschereau, Région de la Capitale-Nationale-Québec

À cette rencontre étaient aussi présents des citoyens de Lévis, du Cap-Blanc et de Beauport qui partagent les mêmes préoccupations que Mme Lalande, qui a par ailleurs remis à la ministre un rapport d'enquête.

«Je me suis trouvée inquiète de voir ces chiffres-là, a dit Mme Maltais.

C'est troublant parce qu'il a fallu qu'une simple citoyenne se mette à ramasser la poussière et à ramasser les informations pour qu'on en arrive à découvrir qu'il y a peut-être un problème beaucoup plus profond que ce qu'on croyait. [...] Il est clair qu'il va falloir finir par connaître les véritables impacts sur l'environnement de l'activité portuaire. Je pense que c'est autour de ça qu'on va travailler

Lors de la rencontre avec la députée Agnès Maltais, Véronique Lalande et son conjoint Louis Duchesne ont pu consulter les données du ministère de l'Environnement. L'air de Limoilou ne contenait qu'environ 10 nanogrammes de nickel par mètre cube (ng/m3) entre 1995 et 1999, alors que la norme québécoise actuelle (entrée en vigueur en 2011, notons-le) est de 12 ng/m3. Cette moyenne est toutefois rapidement passée à plus de 20 ng/m3 en 2000-2004 et à 23 ng/m3 en 2005-2009.

Les données de Mme Lalande et de son conjoint confirment également que le nickel de Limoilou semble bien avoir une signature chimique particulière. Le ratio nickel-cobalt, en effet, peut changer d'une station d'échantillonnage à l'autre, mais il est remarquablement constant dans chacune de ces stations, ce qui suggère une source unique.

Leurs efforts ont aussi permis de constater que la concentration moyenne d'arsenic dans Limoilou approche du seuil fixé par le Ministère - à 2,5 ng/m3, soit à peine moins que la limite de 3 ng/m3

Mme Maltais a précisé que son collègue titulaire de l'Environnement, Yves-François Blanchet, aurait voulu assister lui aussi à la rencontre avec Mme Lalande mais qu'il n'a pas pu se libérer.

De son côté, Mme Lalande dit avoir «senti beaucoup d'ouverture et de sérieux de la part» de la ministre. «Je pense que là, ils sont en train de réaliser qu'ils doivent vraiment agir, et qu'ils sont rendus à se demander comment.»

La ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, a réitéré sa volonté de s'asseoir avec le Port de Québec pour comprendre les conséquences de ses activités sur «la population et l'environnement de Québec».

«C'est clair qu'il n'y a pas beaucoup de mines de nickel à Québec», a lancé Mme Maltais.

 

«Préoccupant», dit le ministre de la Santé

 
 

Dr. Réjean Hébert

Le ministre de la Santé, Dr. Réjean Hébert, s'inquiète des résultats d'une étude qui montre une concentration en nickel presque six fois trop élevée dans l'air de Limoilou.

«C'est préoccupant de voir des taux de nickel à ces niveaux, a commenté le ministre, mardi. Il faut s'assurer de confirmer ces taux et pouvoir quels sont les impacts sur la santé de la population.» Le Direction de la santé publique de Québec et son directeur, François Desbiens, ont le dossier bien en main, dit-il.

 

Port de Québec: Québec solidaire exige plus de transparence
et un BAPE sur le projet d’agrandissement

 
 

Dr. Amir Khadir

Québec solidaire a déposé aujourd’hui une motion pour que l’Assemblée nationale joigne sa voix à celle des citoyens de Québec qui sont inquiets des impacts du Port de Québec sur la santé de population de la région, notamment en raison de l’ampleur des concentrations de nickel présentes dans Limoilou et du projet d’agrandissement du Port. Les études préliminaires menées par des citoyens permettent de croire que le Port de Québec est responsable des émissions de particules de métaux.

Selon Amir Khadir, député de Mercier, «il est grand temps que la Direction de la santé publique de la Capitale-Nationale démontre une plus grande proactivité qu’elle ne l’a fait dans les cas de l’éclosion de légionellose et de contamination au TCE à Shannon où sont bilan est pitoyable»

Véronique Lalande

Pour Véronique Lalande, la citoyenne de Limoilou qui a alerté la population sur cette problématique qui va bien au-delà de l’épisode des poussières rouges, « la problématique dure depuis des années et les autorités sont restées passives. Il est inconcevable que des citoyens doivent faire eux-mêmes des tests pour démontrer l’existence d’un problème. Au cours des prochaines années, le Port de Québec veut augmenter de 50% son tonnage.

Il doit se soumettre au processus d’évaluation environnementale et aux normes québécoises.  Nous exigeons un BAPE en bonne et due forme», demande-t-elle.

Le député solidaire de Mercier n'a pas voulu dire si le port de Québec se conduit en bonne entreprise citoyenne. «Jeter un blâme aujourd'hui ne réglerait pas le problème.» Il s'est réjoui que le maire de Québec ait prêté quatre fonctionnaires en santé publique, sans manquer d'évoquer que «j'espère que ce n'est pas juste pour contrôler le message».

Selon lui, les ministères de la Santé et de l'Environnement doivent «agir avec plus de transparence et de diligence» pour préciser les répercussions du port sur la population et le milieu.

M. Khadir a critiqué au passage la Direction de santé publique de la région, «inactive et passive».

À ses côtés, Mme Lalande a fait valoir qu'il est «anormal [...] qu'un acteur au centre de la communauté ne soit pas soumis aux mêmes lois, aux mêmes juridictions que l'ensemble de la communauté». Elle s'est dite consciente que le groupe de citoyens qu'elle pilote s'attaque «à de gros joueurs», simultanément «l'industrie portuaire, l'industrie minière et l'industrie pétrochimique».

Extrait du journal des débats de l'Assemblée nationale du Québec - le 21 mars 2013

M. Khadir:
Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la Chambre pour présenter une motion qui a eu le consentement de tous les partis présents à l'Assemblée nationale jusqu'à la dernière minute:

«Que l'Assemblée nationale invite le ministre de la Santé et des Services sociaux ainsi que le ministère du Développement durable, de l'Environnement, [et] de la Faune et des Parcs à agir avec diligence et totale transparence pour faire la lumière sur les impacts socio-sanitaires et environnementaux de l'ensemble des activités du Port de Québec sur son milieu, qui dépasse le quartier [de] Limoilou;

«Que l'Assemblée nationale invite les autorités du Port de Québec à soumettre son projet d'augmentation de 50 % de sa capacité de transit au cadre québécois d'évaluation des impacts environnementaux.»

La motion sera débattu par les députés.es le 26 mars 2013

Sources: Assemblée nationale du Québec
Journaux:
Québec Hebdo pour Transcontinental inc., Le Soleil, La Presse, Gesca pour Power corporation of Canada
Internet:
Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, et titrage par : JosPublic
Mise à jour : 22 mars 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

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                                     Le Maire de Québec, Régis Labeaume