La poussière de nickel provient d'Arrimage Québec
et l'entreprise le savait malgré ses manigances pour détourner l'attention du public

C'est bel et bien du Port de Québec que provient le nickel qui pollue l'air des quartiers centraux, confirme une analyse présentée le 15 avril 2013 par le ministère de l'Environnement (MDDEP). Un avis d'infraction a été envoyé à Arrimage Québec, qui transborde le nickel qui transite par Québec, et un plan de correction devra être présenté d'ici le 3 mai 2013.

 
 
 

Le ministère de l'Environnement confirme la responsabilité d'Arrimage Québec

 Jean-Marc Lachance

C'est bel et bien du Port de Québec que provient le nickel qui pollue l'air des quartiers centraux, révèlent des analyses faites par le ministère de l'Environnement du Québec. Selon le directeur du Centre de contrôle environnemental pour Québec et Chaudière-Appalaches, Jean-Marc Lachance des amendes sont pour l'instant «une possibilité»

D'ici là, lit-on dans l'avis, Arrimage Québec ( 01 ) devra prendre des «mesures qui limitent l'émission de poussière». Et à «moyen terme», l'entreprise devra étanchéifier ses opérations de transbordement et d'entreposage, notamment en se dotant d'«entrepôt ou dômes étanches maintenus en pression négative ou toute autre mesure équivalente».

Le 12 mars 2013, Le Soleil révélait des données du MDDEP montrant que les concentrations de nickel dans l'air de Limoilou étaient, entre 2010 et 2012, environ 4,3 fois plus élevées que les seuils permis, soit 52 nanogrammes par mètre cube (ng/m3) au lieu de 12 ng/m3. Cette valeur limite, rappelons-le, est entrée en vigueur en juin 2011 et le Québec n'avait aucune norme pour le nickel atmosphérique avant cela.

Depuis le début, tous les soupçons sont dirigés vers le Port de Québec, qui est le plus important terminal de nickel en Amérique du Nord, mais la preuve formelle de sa responsabilité n'avait jamais été faite. L'administration portuaire et Arrimage Québec le répétaient d'ailleurs inlassablement pour se défendre, mais ne pourront désormais plus le faire.

Le MDDEP base en effet ses conclusions sur trois éléments de preuve. D'abord, le nickel prélevé dans Limoilou se présente très principalement sous forme de pentlandite, soit exactement la molécule qui est extraite dans les mines de nickel. La pentlandite n'étant pas stable à long terme en présence d'oxygène, elle est très intimement associée aux activités minières. Et comme il n'y a pas de mine de nickel dans la région, la source est nécessairement une des étapes de transbordement par lesquelles le concentré de nickel est sorti des navires pour être embarqué sur des wagons - en partance pour Sudbury, où il sera fondu et raffiné.

Le Port de Québec reçoit du nickel de deux mines, soit celle de Voisey's Bay, au Labrador, et celle de Raglan, dans le Grand Nord québécois. Dans ce dernier cas, cependant, le transbordement se fait presque entièrement à couvert, ce qui est moins vrai pour le premier. Le Ministère de l'Environnement a aussi pu constater que les quantités de nickel mesurées dans ses stations d'échantillonnage augmentaient quand les vents provenaient du port.

Voisey's Bay, au Labrador ( 02 )

Ainsi, à la station dite «des Sables», proche de l'embouchure de la Saint-Charles, les concentrations de nickel mesurées de 2010 à 2012 étaient de 202 ng/m3 les journées où le vent provenait du port au moins 17h sur 24, alors qu'elles n'étaient que de 15 ng/m3 lorsque le vent ne soufflait pas du tout (0 heure sur 24) dans cette direction.

Enfin, les experts du MDDEP ont noté que ce nickel avait une sorte de «signature chimique», soit un ratio nickel-cobalt constant d'environ 25 pour 1. La grande constance de ce rapport suggère fortement une origine unique.

Arrimage Québec pédale dans la gadoue de propagande

Dans un communiqué publié le 15 avril 2013, Arrimage Québec rappelle qu'elle a déjà commencé des investissements de 8 à 10 millions $ pour réduire ses émissions de poussière, et que les correctifs demandés par le MDDEP «sont déjà en place pour la plupart, sur une base définitive et permanente». À cet égard, le même communiqué fait remarquer que les concentrations de nickel dans l'air «se sont nettement améliorées» de 2010 à 2012 - elles sont passées de 36 ng/m3 en 2010 dans les trois stations d'échantillonnage à 27 ng/m3 deux ans plus tard, après un pic en 2011.

Mais avant de dire que ce n'est pas faux, il faudrait arrimer la quantité de poussière dans les airs à la quantité de vent qu'il y a eu durant ces années!!! Moins de vent, moins de poussière...!

«Depuis plusieurs mois (...) nous travaillons à mettre en oeuvre un plan d'action à plusieurs volets pour renforcer nos mesures de contrôle de la poussière. (...) Sous réserve de l'analyse des données qui nous ont été présentées aujourd'hui, nous assurons les autorités, comme toujours, de notre collaboration», a déclaré le dg d'Arrimage du Saint-Laurent, Jean-François Dupuis.

«

Le Ministère identifie une source d’où proviendrait le nickel. Nous, on prétend qu’il y a d’autres sources qui n’ont pas été identifiées. On va prendre le temps d’étudier les chiffres et d’analyser les conclusions
                       —
Richard Thibault, chargé de la propagande d’Arrimage Québec

»

Même son de cloche du côté du Port de Québec, dont le dirigeant Mario Girard disait vouloir prendre connaissance du rapport du MDDEP avant d'en commenter le détail, mais qui soulignait les millions $ investis pour réduire la poussière.

La citoyenne Véronique Lalande, première à dénoncer les concentrations élevées de nickel dans l'air de Limoilou, était présente au point de presse du ministère de l'Environnement.

Pour la résidente de Limoilou Véronique Lalande, qui accuse le port depuis l'automne 2012 d'être derrière la pollution aux métaux, les analyses du Ministère du Développement durable et des parcs MDDEP c'est une grande victoire. «C’est beaucoup d’émotion, ça fait cinq mois qu’on met des efforts. On a mis en doute notre crédibilité», a-t-elle affirmé, les yeux mouillés.

Mme Lalande a d'ailleurs tenu à souligner le travail «extraordinaire» des fonctionnaires de l'Environnement avec qui elle a eu affaire dans cette histoire, mais n'avait pas d'aussi bons mots pour le port.

«Toutes les opérations au port de Québec sont des opérations à haut risque pour l'environnement et la communauté, et tout ça se fait avec très peu de surveillance, et c'est pour ça qu'on veut que ce soit l'ensemble des activités du Port de Québec qui soit sous la loupe», a-t-elle martelé.

JosPublic attire votre attention sur les extraits d'un communiqué de presse d'Arrimage Québec étayé ci-dessus. Alors, la compagnie aurait fait ce qu'elle dit et ce à coups de millions en ne sachant pas qui était responsable de la poussière? Après nous avoir dit en entrevue télévisée que ce n'était pas évident que la pollution de l'air au nickel provenait de leurs opérations. Ces gens d'affaires ont menti à la population depuis l'été 2012. Encore durant tout l'automne ils ont tergiversé, nié leur apport en poussière nocive sur les quartiers de Québec et Lévis. Ils ont reçu un avis de non-conformité du ministère de l'Environnement à propos d'un déchargement d'oxyde de fer le 26 octobre 2012.


Commentaire de
JosPublic

En mars 2013, la compagnie réfutait les accusations et maintenant ils nous disent que cela fait longtemps qu'ils ont commencé les travaux....Ben quin, on est des poires ou quoi?

Nous sommes devant un cas typique: manipulation médiatique et propagande d'une entreprise qui s'est payé un spécialiste des communications pour brouiller les pistes. Elle a développé un plan d'action médiatique dans lequel elle a fait jouer un rôle de pantin ou d'homme de paille au maire de Québec. Cependant, celui-ci n'a pas manqué de se mettre encore une fois le pied dans la bouche en dénigrant les personnes qui font confiance à Québec Solidaire. La rencontre avec le PQ d'Agnès Maltais c'était ok pour lui ? Un petit politicien ne sait faire que de la petite politique. Est-ce son rôle de maire ou de faux-psy qui lui permet de passer un jugement sur l'intelligence de Mme Lalande ?

«

Je pense que Mme Lalande a fait un excellent travail, qu’elle est très intelligente, très brillante. Sauf que sa conférence de presse avec M. Amir Khadir a créé beaucoup de doutes dans mon esprit.
                                                               
   - Régis Labeaume

»

Le tout est d'un ridicule consommé et je vous invite à consulter l'analyse que JosPublic a publiée le 21 mars 2013  ICI    Arrimage l'unique responsable ?

 

Sources: Le Soleil/Gesca pour Power Corporation of Canada, Radio-Canada information pour la Société CBC/Radio-Canada, Journal de Québec pour Quebecor

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 15 avril 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

Qui est propriétaire et qui sont les administrateurs d'Arrimage Québec - Sur MétéoPolitique  (Arrimage du St-Laurent (ASL) est une division de CAQ

 

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02
 

À propos de la mine Voisey's Bay, au Labrador - Sur Wikipedia, en anglais et traducteur disponible

 

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