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Médiamensonge et la bourse du carbone pour ne pas dépolluer l'air

Depuis l'avènement du Protocole de Kyoto en 1985, l'observateur éclairé finit par comprendre qu'il n'y a pas de réelle réduction des gaz à effet de serre et que la bourse du carbone permettra au plus grand pollueur de polluer encore plus. Donc, il tombe sous le sens que toute cette démarche est une arnaque pour que certains s'enrichissent en spéculant sur des bouts de papier représentant du tonnage de GES pendant que les plus grands et riches pollueurs pourront continuer à nous empoisonner au quotidien. Commençons par crever la baloune de ce que je nomme le «médiamensonge des GES et du combat contre les changements climatiques» et ensuite regardons le «politicomensonge» à propos du marché des échanges de permis de polluer et de ses effets potentiel sur la diminution de la pollution.  - JosPublic

Montréal dans le brouillard de la pollution par de particules fines en suspension dans l'air: le "smog"

 

 

Médiamensonge et la bourse du carbone pour ne pas dépolluer l'air Québec vraiment de lutte au carbone ou ges
 

Le «diamensonge» à propos de la lutte aux gaz à effet de serre (GES)
Un texte écrit par Daniel Breton

 
 

"Les émissions québécoises ont reculé de 8%. Le Québec a ainsi dépassé l'objectif qu'il s'était fixé dans la foulée du protocole de Kyoto"

Depuis quelques temps, plusieurs médias ont répété la fausseté suivante propagée par le gouvernement : Le Québec a dépassé son objectif de réduction de GES.

On peut d'ailleurs lire dans un texte du journal Le Devoir:

"Les émissions québécoises ont reculé de 8%. Le Québec a ainsi dépassé l'objectif qu'il s'était fixé dans la foulée du protocole de Kyoto"

On peut d'ailleurs lire le même genre de texte dans le Journal de Montréal et La Presse.  ( 01 )

Or, non seulement le Québec n’a pas dépassé les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du protocole de Kyoto, mais il ne les a même pas atteints ! On les a plutôt ratés par environ 30% !!!

Comme l’a très clairement démontré l’Association Québécoise de Lutte contre la Pollution Atmosphérique (AQLPA), on assiste dans ce dossier à une manipulation de l’opinion publique en jouant avec les chiffres et les mots:

« Depuis quelque temps, on proclame avec enthousiasme que nous avons atteint notre objectif de réduction de 6% pour 2012. Dans les faits cet objectif ne se retrouve ni identifié ni confirmé nulle part dans quelque loi ou décret que ce soit, on peut donc considérer cette déclaration comme une dérive de relation publique dans un discours adaptable au gré des besoins, puisque cela n’a jamais été un engagement formel ni légal. Il y a donc là un flou politiquement bien utile peut-être, mais une telle attitude est à la limite de la fausse représentation et induit la population du Québec en erreur. » ( 02 )

Non seulement ce pseudo-objectif de -6% en 2012 ne se retrouve dans aucune loi ou décret au Québec, mais le réel objectif de réduction des émissions de GES pour le Québec de 6% par rapport à 1990 pour la moyenne des 5 années entre 2008 et 2012 se retrouve bel et bien nommé dans la littérature officielle à Québec.

D’ailleurs, le
commissaire au Développement Durable a souligné ce fait dans son rapport de 2012.

En effet, le 5 décembre 2007 l’Assemblée Nationale a déclaré à l’unanimité (décret 1074-2007) « Que le gouvernement du Québec adhère aux principes et aux objectifs du Protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et s’y déclare lié... », objectifs qui visaient pour le Canada à réduire, dès l’année 2008, de 6 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990 et à maintenir ce plafond jusqu’en 2012.

Quels sont les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre du protocole de Kyoto?

Dans le cadre du protocole de Kyoto, le Canada s’était engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6% EN MOYENNE POUR LES 5 ANNÉES 2008, 2009, 2010, 2011 ET 2012 par rapport à ses émissions de l’année 1990.

Cette année-là, les émissions de GES du Canada étaient de 591 Mégatonnes (Mt). Comme toute la planète le sait, le Canada a publiquement renié cet engagement et nous avons plutôt constaté en 2012 une hausse de 18% (699 Mt) des émissions de GES du Canada, celles-ci venant principalement de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta.

Médiamensonge et la bourse du carbone pour ne pas dépolluer l'air Québec vraiment de lutte au carbone ou ges

Daniel Breton - ex-député de l'Assemblée Nationale du Québec et en 2005, fondateur du mouvement
« MCN21 - Maîtres chez nous au 21e siècle ».

Cela dit, comme je l’indiquais plus haut, le Québec a fait siens ces objectifs de réduction d’émissions de GES.

Et quelles ont été les réductions d’émissions de GES du Québec pour ces 5 années?

2008 : -0,99%

2009 : -2,1%

2010 : -5,2%

2011 : -4,9%

2012 : -8%

(Tous ces chiffres de réduction ont été révisés dans le rapport de GES du Québec de 2012) ( 10 )

Le plus récent relevé des émissions de gaz à effet de serre réalisé par Environnement Canada montre que les émissions globales du Canada ont grimpé de 1,5 pour cent de 2012 à 2013, poursuivant une progression lente mais constante depuis la récession mondiale de 2009.
La Presse, le 17 avril 2015

Ces chiffres démontrent que 4 années sur 5, le Québec n’a pas atteint son objectif de réduction de GES de 6%.

Si on prend la moyenne de réduction des GES pour ces 5 années, nous obtenons un résultat de 4,2% plutôt que 6%.

On est donc loin d’avoir atteint notre objectif.

On est plutôt à environ 70 % de celui-ci.

Imaginez-vous maintenant...

... Où en seraient les émissions de gaz à effet de serre du Québec entre 2008 et 2012 si le gouvernement était allé de l’avant tel qu’il le planifiait avec :

- Le projet de centrale au gaz naturel du Suroît ( 03 ) (+3% des GES du Québec)

- Le projet de port méthanier Rabaska ( 04 ) (146, 000 tonnes de GES)

- Le projet de port méthanier Gros Cacouna ( 05 ) (à peu de choses près les mêmes émissions que pour le projet Rabaska)

- Le projet d’exploitation des gaz de schiste ( 06 ) (un potentiel d’augmentation de 20% des GES du Québec si 20,000 puits avaient été creusés tel qu'il en avait été question)

- La centrale au gaz naturel de Bécancour ( 07 ) était restée ouverte (+2,3% des GES du Québec)

- La raffinerie Shell était toujours en opération ( 08 ) (+1,5% des GES du Québec)

Les émissions de gaz à effet de serre du Québec seraient encore plus élevées qu’en 1990.

Au final, la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre de 4,2% pour la moyenne des 5 années entre 2008 et 2012 relève bien plus de la mobilisation citoyenne (Le Suroît, gaz de schiste) et de la conjoncture économique (fermeture d’usines, arrêt des projets Rabaska, Gros Cacouna, Bécancour, fermeture de la raffinerie Shell) que d’un quelconque plan visionnaire de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, comme le commissaire au Développement durable l'a très justement souligné dans son rapport en 2012. ( 09 )

Dans ce contexte, je trouve scandaleux qu’on joue ainsi avec les chiffres et les mots pour manipuler l’opinion publique. Je ne suis pas non plus particulièrement impressionné par le fait que des médias aient relayé cette « information » sans vérifier les faits et les chiffres.

En conclusion et pour être très clair :

-        Le Québec n’a pas dépassé les objectifs de Kyoto.

-        Le Québec n’a même pas atteint les objectifs de Kyoto

-        Le Québec est à environ 70% de cet objectif. On l'a donc raté par environ 30%.

-        Le fait qu’on ait réduit nos GES de 4,2% relève bien plus de la mobilisation citoyenne et de la conjoncture économique que d’un réel plan de réduction

On répète ce mensonge voulant que le Québec a atteint (et maintenant on dit même dépassé!) ses objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre depuis trop longtemps.

Ça suffit.

Médiamensonge et la bourse du carbone pour ne pas dépolluer l'air Québec vraiment de lutte au carbone ou ges
 

Le «politicomensonge» à propos des moyens pour lutter contre la pollution de l'air
Par
JosPublic

 
 

Peut importe le miasme ou le discours empoisonné que nous proposent les politiciens et politiciennes, ces non défenseurs de la qualité de l'air, il n'y a que cinq solutions pour contrer la pollution :

  • La plus intéressante mais qui ne sera jamais envisagée de notre vivant: éviter la pollution à sa source;

  • Une réglementation gouvernementale: la règle du pollueur payeur qui enfreint la loi;

  • Une taxe sur la production de carbone soit aux industries et/ou aux particuliers; (au Canada 230 économistes se sont prononcés en faveur de cette façon de faire ( 11 )

  • Un impôt sur le revenu progressif pour couvrir les frais des conséquences climatiques;

  • Une bourse d’échange de permis de pollution qui eux sont émis par les gouvernements mais échangés sur des parquets de bourses privées. Ce que proposent les gouvernements du Québec depuis plusieurs années.

Seulement cinq ?

Individuellement ou en combinaison, les deux ou trois premières de ces solutions auraient pu se confirmer comme un choix judicieux et équitable vis-à-vis des personnes et des pays les moins nantis. Sauf que néolibéraux et néoconservateurs favorisent la solution 5. Une bourse des permis de pollution ...une autre occasion d’affaires spéculatives.

Pourquoi dénoncer la "bourse du carbone" ?
En quoi la bourse du carbone diffère-t-elle de la taxe sur le carbone?

1. Taxe sur le carbone: une taxe directe imposée à chaque pollueur émettant du gaz carbonique (CO2). Au Canada, le montant de la taxe a déjà été établi par la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie ( 13 ). Selon le modèle de prévision retenu, cette taxe vaudrait 15 $ la tonne de carbone émise dans l'atmosphère à compter de 2010. À partir de 2020, le prix variera entre 25$ et 75$ selon les décisions du gouvernement d'apporter des changements lents ou rapides. À terme, en 2050, cette taxe équivaudra à 350$ la tonne.
 
2. Bourse du carbone - quotas et échange (cap-and-trade) : cette bourse impose une limite d’émissions par secteur d’activité et laisse le marché développer un système d’échanges entre les entreprises très polluantes et celles moins émettrices.

Il faut se souvenir que ceux qui étaient pour le protocole de Kyoto acquiesçaient donc à un système de bourse du carbone qui vise donc essentiellement le libre marché de la pollution. 

Selon Thomas Friedman, chroniqueur au New York Times, « On va donner aux gens de Wall Street le pouvoir de négocier de nouveaux « swaps/papiers commerciaux » et ça va se faire sur le dos de l'environnement cette fois-ci. Ces gens ne s'intéressent pas au réchauffement climatique, mais au rendement qu'on pourrait faire avec ce nouveau produit. » 

Médiamensonge et la bourse du carbone pour ne pas dépolluer l'air Québec vraiment de lutte au carbone ou ges

James Hansen, directeur du Goddard Institute of Space Studies de la NASA/USA est l’un des plus éminents partisans de la lutte contre le changement climatique, depuis ses premières auditions au Congrès états-unien dans les années 1980.

De la conférence de Copenhague, il retient que « Cette approche basée sur le marché permet aux pollueurs et aux traders de Wall Street d’escroquer des milliards de dollars aux citoyens. Car le commerce et la vente de ces permis perpétue en fait la pollution qu’ils sont censés éliminer.

Il existe une meilleure alternative, qui serait moins coûteuse que ce système de quotas et de marché des droits. C’est celle d’une taxe/dividende. Dans cette autre approche, la taxe augmentant graduellement serait perçue à la source - à la mine ou au port de débarquement - pour chacun des carburants fossiles (charbon, pétrole et gaz). Cette taxe devrait être uniforme, et être exprimée en dollars par tonne de dioxyde de carbone contenue dans chaque carburant. Les consommateurs ne paieraient directement aucune taxe, mais le prix des produits augmenterait proportionnellement à la quantité de combustible émettant du carbone utilisé pour leur production. L’entièreté de cette taxe à la source serait ensuite redistribuée à la population. Les ménages prévoyants utiliseraient ce dividende de façon avisée, en modifiant leur style vie, leur choix de véhicule, et ainsi de suite. »

Suite au texte de Hansen, Paul Krugman économiste influent du New York Time a remis en cause le sérieux de l’analyse en s’en prenant à la compétence de Hansen. Bien sûr, nous ne pouvions quand même pas nous attendre à ce que ce chroniqueur se démente publiquement. Cependant, affirmer que Hansen n’est pas économiste, donc qu’il ne connaît rien à la bourse est d’une débilité avancée.

Paul Krugman

Krugman pourrait s’investir de son propre blâme, puisque dans sa chronique, il se prononce sur tout, à cœur de semaine et ce, sans être spécialiste en tout. Si l'argument tenait la route, aucun politicien ne pourrait gérer démocratiquement un État.

Je lui souhaite de ne pas oublier de se recycler et de développer une plus grande ouverture d’esprit, et de consulter d’autres confrères tels que Nouriel Roubini ou Nassim Nicholas Taleb, deux éminences de la finance, qui avaient prévu la crise financière de 2007 créée de toutes pièces par les voleurs cravatés de Wall Street.

Pour en revenir au protocole de Kyoto et son système de bourse du carbone, il ne faut diminuer en rien le constat de ce protocole et surtout pas le fait scientifique des changements climatiques, sauf qu'en embrassant la notion de «Bourse du carbone», il permet que les pollueurs puissent continuer de polluer avec l’achat de permis d’émissions.

Le parlement du Québec, par l’adoption du projet de loi 42 en 2009 ( 12 ), y adhère unanimement et s’acoquine avec la Chicago Climate Exchange (CCE). Et alors ? Il est connu que toutes les bourses du carbone dans le monde appartiennent et sont gérées, pour la plupart, par ces mêmes grands pollueurs et ces mêmes banques d'affaires qui nous ont menés à la crise financière et économique mondiale actuelle.

Ajustez vos jumelles, conflit d'intérêts à l'horizon!

Qu'est-ce ce que Le Chicago Climate Exchange (CCX)
Qui sont les initiateurs ?

C'est un lieu d'échange (vente et achat) de permis de polluer octroyés par les gouvernements. C'est aussi, et surtout, une compagnie privée, filiale de l’International Continental Exchange (ICE) créée en 2000 par des banquiers internationaux, dont Goldman Sachs et des compagnies pétrolières comme Shell et BP.

Depuis cette bourse a fermé ses portes. ( 14 )

ICE avait acheté l’International Petroleum Exchange de Londres, un marché opaque et pratiquement dérégulé sans qu’aucun registre sur les échanges ne soit tenu. Le siège social réside à Atlanta, alors que la société opère à partir de Londres sous la forme d’un centre financier «offshore». Un des associés et fondateurs, Mr. Richard Sandor, est l’inventeur des produits dérivés et des droits d’émissions échangeables sur le CO2.

Goldman Sachs est le plus gros actionnaire de CCX et le numéro deux de ICE. C’est Goldman Sachs qui a lancé Monsieur Al Gore, ancien candidat à la présidence des États-Unis, dans le business des fonds spéculatifs lorsqu’en 2003, Mr. David Bloom, ancien CEO de Goldman Assets Management, a constitué «General Investment Management » avec Al Gore et deux anciens associés de Goldman Sachs.

Les frères André (à gauche) et Paul Jr Desmarais, propriétaire de contrôle de Power Corporation du Canada, du groupe Gesca, (incluant La Presse, et à l'époque Le Soleil, Le Nouvelliste, Le Droit, La Voix de l'Est, La Tribune, etc.) ont été faits officiers par le premier ministre Jean Charest.

Tant qu’à patauger dans le conflit d'intérêts, nous pouvons aussi nous questionner sur la raison qui a motivé notre ex-premier ministre du Québec Jean Charest, à choisir de nous affilier avec ce groupe de boursicoteurs.

Est-ce grâce aux propriétaires du journal La Presse qui a organisé la conférence d'Al Gore à Montréal? Est-ce parce que le clan Desmarais détient aussi le contrôle de Total (pétrolière-Europe) qui exploite des sables bitumineux au Canada? Est-ce une façon de s'assurer que les exploitants de ces sables auront un meilleur accès au marché des permis de polluer? Autant de questions qui me laissent interloqué devant l'ensemble des coïncidences.

Nous avons appris que Jean Charest est intervenu personnellement auprès de la Chicago Climate Exchange pour créer le Montréal Climate Exchange; d'ailleurs on retrouvait au conseil d'administration de cette dernière le fondateur de l'entreprise de Chicago, Monsieur Richard-L. Sandor. N'oublions surtout pas que tout comme la bourse de Wall Street dans le cas des bulles spéculatives, le Chicago Climate Exchange (CCE) s'attendait à gagner des milliards de dollars sur le marché des droits d'émissions et revendiquait un marché non réglementé, ouvert aux spéculateurs.

Franchement, constatons froidement que depuis 1995, les environnementalistes canadiens nous ont fait perdre notre temps à discuter du protocole de Kyoto avec les lobbyistes des grands pollueurs et des politiciens à courte vue, alors que les cheminées des pollueurs continuent à cracher leur venin. Depuis ce temps une taxe sur la production du carbone aurait pu être implantée et déjà nous diminuerions la pollution.

Église de la Climatologie sous la révérente direction de Al Gore

La machine se met en branle au Québec

L’appât du gain a émoustillé les porteurs de valises d’Al Gore et stimulé les invitations pour des conférences au Canada.

À Montréal, l’événement en 2007 avait pris une tournure rocambolesque lorsque les journalistes se sont fait interdire l’accès à la conférence.

S’y étaient pavanés les Desmarais, Charest, Guilbeault, Boisclair, Ignatieff, ne manquait que Gérard D. Laflaque… oups! il était là, représenté par Serge Chapleau.

Plus que le contenu plutôt banal pour des environnementalistes, c'était le fait de se retrouver dans cette salle avec les grands joueurs de la société québécoise et la notoriété de l’orateur qui les a subjugués. L’envoûtement persistera-t-il lors du prochain show de diapositives ? Ou verrons-nous une étincelle de réveil?

Québec Inc., les Lucides et le gratin de Sagard s'y pointe

Du côté des gens d’affaires et des politiciens, la conférence offrait une bonne occasion de se montrer publiquement pour témoigner au petit peuple de leur «souci» d’agir en personnes concernées.

Pourtant, au quotidien, ces gens si intéressés trouvent tous les subterfuges possibles pour éviter de réduire la pollution émise par leurs industries, ou encore agissent comme les premiers ministres Charest et Couillard qui feignent, depuis 2003, de renforcer le ministère de l’Environnement tout en le définancant. ( 17 )

Paul Desmarais père

La conférence était parrainée par le journal La Presse, propriété de monsieur Desmarais, actionnaire majoritaire de la pétrolière européenne Total qui exploite des sables bitumineux canadiens et qui aura bientôt besoin de permis de polluer à bon prix.

Médiamensonge et la bourse du carbone pour ne pas dépolluer l'air Québec vraiment de lutte au carbone ou ges

Al Gore et Jean Charest en tête-à-tête

Vendre le Québec

Le règne de Jean Charest, premier ministre du Québec, de Stephen Harper, premier ministre du Canada, deux conservateurs fervents du pétrole et des marchés boursiers, a bien servi la stratégie de Gore. Que le Dr Philippe Couillard poursuive dans la tradition ne surprend en rien.

Al Gore au sortir de sa conférence à Montréal

Le gouvernement du Québec a adopté la loi 42 en 2009, s’ouvrant ainsi au marché des permis de polluer, geste cautionné par Équiterre, et a entrepris les démarches pour que le Chicago Climate Exchange (CCX) s’implante à Montréal. Suite à sa fermeture, ce fut le silence coupable. La tête entre les jambes ils ont cherché ailleurs d'autres spéculateurs. C'est en Californie qu'ils les ont trouvés, ces génies du capital qui  souhaitent s'enrichir en échangeant des droits de polluer.

Michael Cleland

Paradoxalement, en 2008, l'Association canadienne du gaz, évoque un malaise par la bouche de son président Michael Cleland :

« Je rejette l'idée qu’une bourse soit plus équitable que la taxe. Au contraire, si vous avez amélioré votre efficacité dans le passé, alors vous consommez moins d'énergie, alors vous serez moins soumis à une éventuelle taxe.»

Ce raisonnement démontre qu'en choisissant la bourse du carbone, on renonce à revendiquer auprès du fédéral la reconnaissance des efforts de production énergétique moins polluante par le Québec.

Et maintenant voilà l'Ontario en avril 2015 qui embarque dans le train de la spéculation carbonique
( 15 ) appuyée par des entreprises ayant tout intérêt dans ce marché qui leur permettra de polluer davantage et Greenpeace qui n'a pas encore pris le virage social et continue à patauger dans l'environnementalisme capitaliste. ( 16 )

Le hic : cette bourse californienne comprenant le Québec et l'Ontario vend des contrats sur des permis de polluer évalués en unités de carbone «telles que définies par le gouvernement du Canada». Or, aucune décision fédérale n’a été prise à ce jour.

Pourtant, il est quand même possible d'acheter un produit financier qui repose sur un actif inexistant!

Sources: Journal de Québec/Montréal pour Québecor Inc; MétéoPolitique.com pour JosPublic

Choix de photos, intégration de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 18 avril 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

A ) Texte du journal Le Devoir par Alexandre Shields :

Gaz à effet de serre.
Les émissions québécoises ont reculé de 8 %
. Le Québec a ainsi dépassé l’objectif qu’il s’était donné dans la foulée du protocole de Kyoto
. Publié le 11 avril 2015.

B ) Texte non signé de l’agence QMI: Réduction des émissions de GES: le Québec dépasse son objectif. Publié le 11 avril 2015.

 

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02

 

Texte par André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique AQLPA : Québec, Kyoto : la magie des chiffres et des mots - Site de l'AQLPA, le 18 septembre 2014T

 

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03

À propos du projet de centrale au gaz naturel du Suroît - Sur Wikipédia

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04

 

À propos du projet de port méthanier Rabaska - Sur Wikipédia

 

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05

À propos du projet de port méthanier Gros Cacouna - Sur Wikipédia

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06

 

Présentation chronologique du développement de l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste/shale au Québec - Sur MétéoPolitique

 

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07

 

Bécancour, 2,8 milliards de pertes pour Hydro-Québec  - Sur site de Maître chez nous à traître chez nous.

 

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08

Shell ferme sa raffinerie - Sur Radio-Canada, le 8 janvier 2010

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09

 

Rapport du Commissaire au Développement durable pour l'année 2012 - Site du Vérificateur général du Québec en format PDF

 

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10

 

- Bilan des GES du Québec en 2010 : -1,6%

- Bilan des GES du Québec en 2011 : -4,2%

- Bilan des GES du Québec en 2012 : -8%

Extraits des documents:
Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre et leur évolution depuis 1990

 

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11

 

Plus de 230 économistes canadiens appuient la taxe sur le carbone! - Sur MétéoPolitique

 

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12

 

À propos du projet de loi 42 présenté par la ministre de l'Environnement Mme Lyne Beauchamp et le débat à l'Assemblée nationale du Québec en 2009  - Sur MétéoPolitique

 

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13

 

Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie: les pollueurs doivent payer - Écrit par Hélène Buzzetti pour le journal Le Devoir, les actualités publié le 8 janvier 2008 p. a1

 

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14

 

Bourse du carbone à Chicago: la mort d'un pionnier - Sur La Presse , le 17 novembre 2010

 

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15

 

L’Ontario fait une entrée remarquée sur le marché du carbone - Sur Le Devoir, le 18 avril 2015

 

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16

 

Le Capitalisme casse ou c'est l'humanité qui casse

C'est ce que tente de nous faire comprendre Hervé Kempf, journaliste au quotidien Le Monde, dans son dernier essai intitulé Pour sauver la planète, sortez du capitalisme.  Selon lui, le régime capitaliste, qui a engendré un désastre écologique, est maintenant à l'agonie, et la crise actuelle est l'occasion pour la société de prendre un virage radical

 

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17

 
 

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