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Pour un nouveau matin du monde

Comme il serait facile de succomber à la tentation de ramasser l’écume des jours et de plonger dans les remous de l’éphémère pour la plus grande satisfaction des colporteurs du quotidien et des marchands de gazettes !

Les sujets foisonnent : Les ayatollahs de l’inclusion qui excluent à tour de bras ; le débat public sous la coupe réglée de la niaise rectitude politique ; la parole emprisonnée dans le temple même de la liberté d’expression. Les élus de la souveraineté nationale muselés par des états-majors partisans ; les honteuses alliances avec les plus farouches adversaires du projet souverainiste ; la « vieille ethnie canadienne-française », fondatrice du pays réel passée à pertes et profits au nom d’un vague nationalisme « civique », amnésique et sans repères ; un parti politique respectueux de la présomption d’innocence à l’égard d’un citoyen ; une assemblée nationale en proie à un délire de fin de session parlementaire qui en expédie un autre, sans préavis et sans débat, dans les cachots de la honte et de l’opprobre, légitimant ainsi le délit d’opinion des régimes totalitaires. ( 01 )

Lucien Bouchard - ostraciseur en chef

Sur chacun de ces sujets, vous risquez de payer fort cher le prix de votre liberté d’expression si tant est que d’aventure la témérité vous prenne de vous prononcer sur les débats de la société québécoise. Dans le malheur des temps qui nous accablent, l’addition est plutôt salée : de longues et vieilles amitiés compromises ; quarante ans de service de la patrie aux vidanges de l’Histoire ; une souveraineté qui prétend libérer un peuple en emprisonnant la parole et en se fondant sur une injustice ; voilà autant de sujets d’amère inquiétude et de troublante réflexion.

Quoi qu’il en soit, l’affaire qui porte mon nom ne sera close que lorsque l’Assemblée nationale retrouvera son autorité morale en reconnaissant qu’elle a erré gravement en condamnant à la va-vite, sans nuance et sans débat, des propos dont pas un seul député n’a pris la peine de s’enquérir de leur nature exacte. Cette affaire dépasse de loin ma personne. Elle constitue un abus de pouvoir sans précédent dans l’histoire de notre démocratie parlementaire et porte atteinte à la loi suprême de l’État québécois, aux droits fondamentaux de toute personne « à la liberté d’opinion, la liberté d’expression, au droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation. » ( Articles 3 et 4 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.)

Pour conclure cette entrée en matière, je me mépriserais moi-même si je permettais à quiconque, fussent les puissances coalisées des appareils partisans et des vestibules d’intérêts de salir mon nom et celui de mes descendants. Comme la souveraineté, la réparation restera à faire tant qu’elle ne sera pas faite. ( 02 )

Vous me permettrez de quitter ces terrains fangeux dans lesquels je suis à mon corps défendant enlisé depuis quelques mois, pour essayer de prendre un peu de hauteur et aller à l’essentiel des grandes questions de notre vie nationale.

Le 15 novembre 1976, René Lévesque et le Parti Québécois, étaient appelés à conduire les affaires de la nation. Ce fut ce jour-là, et cela demeure, une date phare dans l’histoire de notre peuple qui se donna alors pour la première fois de sa vie, soumise et obéissante depuis sa sujétion par la violence des armes, un gouvernement voué à la pleine maîtrise de son destin national, c’est-à-dire à sa souveraineté. René Lévesque, dont nous demeurons tous inconsolables de sa disparition, en fut le grand architecte, façonnant dans l’impatience des jours difficiles, le socle de notre avenir.

Gouvernement René Lévesque 1976

Bien des choses ont changé depuis, qui affectent notre longue marche vers la normalité. Comme le pays en devenir que nous sommes ne peut être étranger au monde, le monde ne saurait nous être étranger. Le typhon de l’histoire a pulvérisé le mur de Berlin et précipité dans les décombres l’utopie communiste.

Il n’y a plus de contrepoids à l’hégémonie américaine et le libéralisme à vitesse formule-1. Les pays que l’on dit démocratiques sont comme des chiens fous courant dans toutes les directions, à la recherche éperdue de la pierre philosophale de la mondialisation.

Veau d'or de Wall street à New York USA

Le marché est désormais le début et la fin de l’aventure humaine. Il est le nouveau maître du jeu, le veau d’or devant lequel s’agenouillent toutes les puissances. Pouvoir anonyme, lieu introuvable où se mobilise une armée de cambistes et de prédateurs financiers, le nouveau capitalisme financier est en voie de s’imposer contre la démocratie dont il se réclame pourtant à cor et à cri.

La nouvelle économie, dit-on, est l’ « économie du savoir ». Encore une expression fétiche vide de sens. L’économie du savoir n’est pas le savoir de l’économie, la vraie, qui repose sur les bases solides du rapport entre les bénéfices de l’entreprise et la valeur du bilan.

Les turbulences qui secouent actuellement les corbeilles de la planète ramènent heureusement les boursicoteurs du virtuel à la vérité des chiffres et au simple bon sens.

C’est donc dans ce contexte radicalement différent de celui de 1976, au seuil d’une révolution mondiale plus importante que celle du passage du cheval à l’automobile ( 03 ), que les Québécois sont appelés à forger les instruments de leur avenir.

Les chantres de la mondialisation se mettent un doigt dans l’oeil s’ils croient que la loi du marché, qui n’est que la loi de la jungle et la loi du plus fort, verra le triomphe d’un néolibéralisme, destructeur des identités nationales. Car la nation, décriée par les apatrides de l’argent ou les faux citoyens du monde, demeure le lieu naturel de la démocratie, laquelle est indissociable de la souveraineté nationale. Elle est l’ultime rempart contre les effets pervers et dissolvants d’une mondialisation qui n’est à toutes fins utiles que l’américanisation de la planète. C’est par l’absence de contrôle des États sur les mouvements de capitaux et les fluctuations monétaires que nous frisons la catastrophe. Seuls des gouvernements responsables et souverains peuvent endiguer les marées dévastatrices des prédateurs en bretelles qui déterminent les destins des économies nationales.

Hier nécessaire, la souveraineté du Québec est désormais indispensable. C’est sur des communautés humaines comme la nôtre, incrustées dans une même histoire et une volonté de vivre un même destin collectif, enrichies de l’apport précieux de nouveaux citoyens, de toutes races, confession, couleur, que se fondent les nations, lieu privilégié et irremplaçable d’une solidarité d’hommes et de femmes qui partagent les mêmes valeurs, parlent une langue commune et sont parties prenantes à un « vouloir vivre ensemble » selon la célèbre définition de la nation de Ernest Renan. Si c’est cela le nationalisme « civique » ? Je suis preneur.

«

La vérité, est que partout où il y a des patries, c’est-à-dire des groupes historiques ayant conscience de leur continuité, toute atteinte à l’intégrité et à la liberté de ces patries est un attentat contre la civilisation.
                                                                       - Jean Jaurès

»
 

La patrie québécoise a quatre siècles d’enracinement. Elle est là pour rester, durer, tenir, grandir et prospérer au rythme de son génie et de son extraordinaire résistance à ce jour à l’assimilation.

À chaque peuple sa muraille de Chine !

Discours des patriotes lors de l'Assemblée des six comtés

La nôtre n’est pas faite de pierres mais elle est faite de mémoire du sang de patriotes qui ont payé de leur vie leur résistance à l’anglicisation et leur insoumission au conquérant. Elle est faite aujourd’hui de la langue de nos ancêtres, parlée et transmise de génération en génération, ciment indestructible de notre identité nationale, vecteur de notre accès à l’universel et le rare lieu de convergence qui transcende les voix de discordance et de contradiction de nos débats démocratiques.

Tous les États généraux du monde ne changeront rien au fait avéré, têtu, brutal et inquiétant, que la minorité anglo-québécoise représentant 8% de la population assimile la moitié des nouveaux venus en terre québécoise. Cela ne peut ni ne doit durer.

Québécois d'origine italienne et francophone s'affrontent
au moment des débats sur la loi 63
MIS Saint-Léonard (Montréal)

Tout consentement paresseux au statu quo est une démission, une lourde hypothèque sur notre avenir. Lorsqu’un peuple est envahi dans son territoire, il n’est que vaincu. S’il est envahi dans sa langue, il est fini.

J’entends encore aujourd’hui, trente deux ans après l’adoption de l’insoutenable loi 63 les mêmes voix frileuses et complaisantes évoquer l’hérétique liberté de choix en matière de la langue d’enseignement public. Il n’y a aucun exemple au monde où cette liberté de choix existe.

Tous les pays protègent et renforcent leur obligation d’intégration de leurs nouveaux venus aux valeurs fondamentales de leur culture. Jusqu’à la plus grande puissance de la planète, les États-Unis d’Amérique, dont la Chambre des représentants adoptait le 1er août 1996 par un vote de 259 contre 169, l’anglais comme la langue officielle du gouvernement de ce pays. A ce jour, trente États américains ont décrété la langue anglaise, langue officielle sur leur territoire. ( 08 )

L’école primaire, secondaire, l’enseignement général et professionnel sont les passages obligés de l’intégration à la collectivité québécoise. C’est d’abord là et avant tout que se joue notre destin. Il faut revoir la Charte de la langue française pour élargir l’enseignement obligatoire en langue française jusqu’aux cégeps inclusivement. Le français ne deviendra jamais la langue d’usage et de travail si nous hésitons à prendre d’urgence cette mesure indispensable. Les Montréalais constatent tous les jours l’érosion de leur langue et l’affaiblissement de son pouvoir d’attraction. Notre langue est malade, atteinte d’anémie pernicieuse, dans la deuxième ville de langue française du monde. Tôt ou tard, la maladie se propagera à toutes les régions du Québec.

Anglicisation de la rue Sainte-Catherine à  Montréal où Futur Shop fait face à Foot Looker

J’espère que je n’assisterai pas durant les jours qui me restent à vivre à un «munich linguistique », à des coupables apaisements, à des suites de compromis et de compromissions devant le danger d’érosion de notre langue. Les pusillanimes qui sont tentés de sacrifier l’honneur et l’avenir de notre société à la recherche d’une paix linguistique factice et illusoire se retrouveront en bout de ligne sans la paix dont ils rêvent et sans honneur. Je suis chagriné que la résolution prévoyant la fréquentation obligatoire des cégeps de langue française ait été défaite lors du dernier congrès plénier du Parti québécois et qu’un moratoire de trois ans ait été décrété.

Note du webmestre: contextualiser ce paragraphe, c'était en 2001 et Yves Michaud écrivait - "Quel pari téméraire et audacieux sur l’avenir ? Et si les caprices de la fortune électorale retournaient sur les bancs de l’opposition le Parti Québécois ? Pas un seul délégué n’a évoqué cette funeste hypothèse. Il serait étonnant que le Parti libéral du Québec, prisonnier de sa clientèle électorale traditionnelle, prenne les mesures idoines pour freiner l’anglicisation de la métropole québécoise. Enregistrant mon droit à la dissidence reconnu par les statuts du Parti Québécois, je m’inscris en faux contre le fait de remettre à des lendemains incertains des mesures qui doivent être prises sur l’heure."

Je sais que cette prise de position agace, irrite, indispose, choque les tenants de l’orthodoxie attentiste, mais je persiste et je signe.

On ne changera rien à la situation géopolitique du peuple québécois, îlot gaulois de résistance dans l’emporium linguistique canado-américain. Pour résister au plus fort, l’histoire a démontré que les placebos de l’incitation et de la persuasion donnent de bien timides pour ne pas dire de futiles résultats. C’est la loi qui est notre potion magique, quoi qu’en disent les commissaires des États généraux qui semblent tentés par l’utilisation de petits moyens pour guérir de grands maux. « Entre le fort et le faible, disait Henri Lacordaire, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit »

Yves Michaud

Louise Beaudoin

Entendez, selon l’expression de René Lévesque, la liberté du renard dans le poulailler ! Songeons un instant à l’assimilation galopante de nos frères séparés de la « vieille ethnie (sic) canadienne-française » que Madame Louise Beaudoin entend combattre et remiser aux oubliettes. Je ne suis pas très fier, soit dit en passant, de l’indifférence de notre gouvernement national québécois à l’égard de nos compatriotes hors Québec, englués dans les marais du multiculturalisme « canadian .» 

Déclencherais-je une autre crise a mare usque a mare si j’osais suggérer, à l’exemple de d’autres peuples, une sorte de « loi du retour » pour les « exilés » qui souhaiteraient revenir à leur patrie d’origine après une longue errance dans les états fédérés de l’ancien Dominion du Canada? Prudence obligeant, je m’en garderai pour éviter de voir se profiler l’hydre au masque pointu d’une motion de blâme unanime de la Chambre des communes du Canada….

Les avatars du fédéralisme canadien ont démontré hors de tout doute raisonnable qu’il ne faut rien attendre du parlement de l’autre rive de l’Outaouais. Ni de la majorité dominante, ni des nôtres qui y siègent, zélotes pour la plupart, - exception faite des représentants du Bloc québécois -, d’un fédéralisme niveleur, complices d’un État centraliseur pour maintenir le Québec dans une situation permanente de minorité mendiante, docile et corvéable. Je ne veux pas m’instituer en censeur à l’égard de ces égarés de leur patrie. L’histoire, et particulièrement la nôtre, n’est pas avare de ce type de collaboration.

 « Depuis 1763, écrivait Léon Dion, nous n'avons plus d'Histoire, sinon celle, à réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d'autant plus facile que nous sécrétons nos propres bourreaux. »

Il y a eu et il y aura toujours, des héritiers de Lord Durham, dont l’expression contemporaine prend le visage hideux du «partitionisme», des héritiers félons toujours prêts à troquer leur identité pour les assiettes garnies de la mangeoire fédérale, Nous avons, hélas, la mémoire courte. Le bréviaire de la honte qu’est le rapport Durham devrait être entre les mains de tous les écoliers et les écolières du Québec, que dis-je de tous les citoyens et citoyennes, car il est encore malgré l’usure du temps, l’alpha et l’oméga de notre soumission.

Il emprunte des mots nouveaux et cajoleurs de « société distincte», de « caractère unique », mais son projet assimilateur est toujours le même, conforté par le brouillage permanent de nos repères identitaires et du constant rappel de notre culpabilité d’exister.

Léon Dion

Lord Durham

Avec leur plan B, leurs tricheries, leurs faux-fuyants, leur partition, leur Cour Suprême, leur loi C-20 d’obscure clarté ( 05 ), leur envahissement sur les plages de débarquement de nos compétences souveraines, les ténors du fédéralisme canadien se donnent les moyens d’espérer que notre peuple signera enfin son acte de capitulation.

En voulant accentuer notre dépendance dans un régime constitutionnel dans lequel nous ne serons jamais qu’une minorité en déshérence, ils fouettent nos ardeurs et nous invitent davantage, d’une part, à monter la garde, et d’autre part à reprendre notre bâton de pèlerin pour qu’au début du siècle qui vient de s’ouvrir, le Québec prenne fièrement sa place à la table des nations. Ils inventeront n’importe quoi pour nous maintenir en l’état de peuple concierge dans ce qu’ils appellent pompeusement « le plus beau pays du monde » : des élans d’amour hypocrites aux insultes les plus infâmes, rien ne nous sera épargné. Souvenons-nous du dernier référendum : la Place du Canada, à Montréal, résonnait encore des bruyantes manifestations d’attachement de nos voisins d’outre-frontières, que des salves d’injures fusaient de toutes les directions.

L’un des nôtres, vénérable sénateur de la Chambre haute fédérale qualifiait de «vache séparatiste », l’une de nos politicologues les plus respectés du Québec ; Mordecai Richler écrivait que «encouragés par l’abbé Lionel Groulx, les Québécois prenaient leurs femmes pour des truies ! ».

La rédactrice en chef d’un journal torontois en remettait en écrivant que « les séparatistes sont des racistes, ethnocentriques, responsables du mauvais état de l’économie canadienne et qu’il fallait sortir Lucien Bouchard du pays parce qu’il est à la tête d’une entreprise criminelle (sic) visant à détruire le Canada... »  Simultanément, une meute déchaînée applaudissait au galganovisme naissant ( 06 ), qualifiant les « séparatistes de bâtards .» Et encore, n’ai-je exhumé que quelques exemples du bêtisier du racisme ( hostilité violente contre un groupe social. Grand Robert) et de la vulgarité, dont le premier article a été écrit par un ancien premier ministre fédéral décrivant l’aspiration à la souveraineté du peuple québécois comme «un crime contre l’histoire de l’humanité».

Horreur amplifiée par M. Charles Bronfman qui déclarait le 15 novembre 1976, jour de la prise de pouvoir par le Parti québécois : « C’est un groupe de bâtards qui tentent de m’enlever mon pays. Je vois la destruction de mon pays, la destruction de la communauté juive. Si le P.Q, est porté au pouvoir ce sera l’enfer, l’enfer absolu ." Que je sache, aucune motion de blâme n’a été votée par l’Assemblée nationale pour condamner ces injures à la nation!

Nous n’avons pas assez de joues pour essuyer tous ces camouflets, ni assez d’oreilles pour entendre ce concert d’insultes. Je veux bien croire que le peuple québécois est docile, obéissant, pacifique, qu’une longue soumission lui fait préférer le confort de la servitude au risque de la liberté, mais n’en jetez plus, la cour est pleine. Les Québécois d’aujourd’hui sont aussi les héritiers des hommes et des femmes qui depuis des siècles, dans le courage et la fatigue des combats recommencés, nous ont laissé la noble tâche d’un pays à finir.

Mordecai Richler

Abbé Lionel Groulx ( 1927)

Lucien Bouchard

Charles Bronfman

La génération dont je fais partie au titre de « dinosaure », aimable qualificatif dont m’a affublé le B’Nai Brith, a entrebâillé la porte de l’avenir, mais sans l’ouvrir complètement. Le verrou est sauté mais les gonds restent coincés. Le dernier coup d’épaule viendra de ceux et celles qui sont la relève. L’heure n’est pas à l’abandon et au désarmement. Il ne sera pas dit que nous passerons en silence de l’indolence à l’oubli.

Nous le devons à ceux et celles qui nous ont précédés, à nous-mêmes, et aux générations à venir. Nous le devons à nous-mêmes. À René Lévesque, aux militants et militantes qui battent encore la semelle dans les rues du Québec pour qu’arrive le début d’un temps nouveau. Nous le devons enfin, pour la suite du monde, aux filles et garçons qui ont vingt ans aujourd’hui dans nos collèges et universités et qui se préparent à vivre, à travailler, à aimer, à espérer, à entreprendre, avec leurs enfants et leurs descendants, dans un pays où ils seront maîtres chez eux.

Un nouveau matin du monde doit se lever. À la fois pour remplir les anciennes promesses et faire en sorte que ce pays que nous portons en nous comme un enfant, «entre dans l’Histoire, écrit Serge Cantin, ( 07 )dans l’expérience de la conscience de soi. Le dernier mot sera à Fernand Dumont qui nous a quittés pour l’éternelle patrie, après avoir été toute sa vie, la référence de l’homme québécois et l’exégète le plus lucide de notre peuple : « Nous voulons que la parole commence avec nous. Nous payons ainsi le prix de l’indéfinie liberté. Nous sommes tous des individus, chacun recommençant à tisser à neuf le fil du destin se croyant libre de survoler en entier l’inextricable fouillis du hasard et de proférer le sens du monde. » Ce «sens du monde » se résume en quelques mots : un Québec souverain, maître en sa demeure, et libre.

APPUI À JEAN-MARTIN AUSSANT

Pendant plus de cinquante années de participation et d'observation de la vie politique québécoise, j'ai eu le rare privilège de côtoyer des personnalités de haute stature : Georges Émile-Lapalme, Jean Lesage, Paul Gérin-Lajoie, Jacques Parizeau et René Lévesque.

À ce jour, je n'ai jamais eu le privilège de rencontrer Jean-Martin Aussant mais écouté plusieurs de ses interventions à l'Assemblée nationale. S'il devait bénéficier d'une bonne fortune électorale, M. Aussant me paraît avoir toutes les qualités de ceux que j'ai mentionnés pour s’inscrire dans l'histoire des grands hommes qui ont marqué la patrie québécoise.

Yves Michaud
Ancien député de l’Assemblée nationale du Québec
29/08/12

Source: Communication le 1er avril 2001 À Gatineau (Hull) Pour "Impératif français" et "Salon du Livre de l'Outaouais"
Fond d'écran:
Sébastie.com

Choix de photos, mise en page et références par :
JosPublic
Publication :2 septembre 2012

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Les fleurs poussent dans l’fumier (titre original: les patriotes)

  Fiche Vision du monde

  Dossier Vision du monde

Notes & Références encyclopédiques:

01

L'Affaire Michaud - Le Livre de Gaston Deschênes

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02
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L'affaire Yves Michaud , mon exécution parlementaire: L'ex-historien de l'Assemblée nationale Gaston Deschênes a lancé son nouveau livre, L'affaire Michaud : chronique d'une exécution parlementaire, publié aux éditions Septentrion. L'auteur revient sur ce qu'il décrit comme une tache sur le système parlementaire québécois. On en discute avec Yves Michaud et le journaliste Marc Laurendeau.

La discussion est très animée entre les deux intervenants. Yves Michaud est le fondateur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC) Marc Laurendeau est journaliste.

Source: Radio Canada vous avez accès au débat audio
27 octobre 2010 Yves Michaud a écrit une lettre aux médias, publiée dans Le Devoir, intitulé « Mon exécution parlementaire ». Il souligne que La Presse ne l'a pas publiée et n'en a pas parlé. Marc Laurendeau pense que l'Assemblée nationale n'a pas à se substituer aux tribunaux.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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03
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mike DAVIS
Ethnologue, sociologue, historien américain

 
 
 
 
 
 

De la charrue à l'ordinateur ou de l'homme de glace à l'Homo-économicus aveuglé. Adieu à l’Holocène! Bienvenue dans l'Anthropocène

Une présentation du sujet en 2011 par Denis Noël. C'était en 2008 et la vénérable société savante des Géologues Britanniques a proclamé dans l’indifférence générale la fin du monde tel que nous l’avons connu. L’époque de l’Holocène, débutée voici plus de 10 000 ans, s’est selon eux achevée pour laisser place à l’Anthropocène, nouvelle période où l’empreinte humaine surdétermine l’ensemble des mécanismes naturels. Les bouleversements de l’écosystème terrestre sont d’une telle ampleur que l’évolution sur la planète prend un virage décisif, lourd de conséquences. Quelles sont nos chances de maîtriser ce processus ? L’état des lieux que dresse aujourd’hui Mike Davis ne laisse que peu de place à l’optimisme

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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04
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Au Québec, l’histoire de la presse écrite est intimement liée à celle de la société, de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. Cette presse fait son apparition seulement après la Conquête britannique car la monarchie française, soucieuse de contrôler la circulation des idées dans sa colonie américaine, n’autorisera pas l’implantation d’une presse à imprimer en Nouvelle-France. Autre important héritage britannique, le régime parlementaire donnera naissance, au tournant du XIXe siècle, à la presse d’opinion, lieu de débats des idées sociopolitiques. Dans les dernières décennies du XIXe siècle, d’importants changements socioéconomiques engendreront un nouveau modèle de presse écrite qui s’imposera tout au long du XXe siècle, celui du grand quotidien d’information.   

 
 
 
 
 
 
 
 
 

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05

Loi de la clarté référendaire

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06
 
 
 

Qui est Howard Galganov? L'activiste Howard Galganov a une carrière radiophonique. Il anime une ligne ouverte à la station anglaise CIQC. Pour sa première émission, le nouvel animateur, qui s'est fait connaître comme le défenseur de l'affichage commercial unilingue anglais à Montréal, a tenu des propos prudents, évitant de s'en prendre aux politiques linguistiques du Québec.

 
 
 

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07
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 

Serge Cantin est professeur de philosophie à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il est également chercheur associé au Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ-Trois-Rivières). Au cours des dernières années, Serge Cantin s’est surtout fait connaître par ses interventions publiques sur la question nationale québécoise. Il est membre titulaire de l’Union des écrivains du Québec et fait partie du Comité scientifique de la Chaire Fernand-Dumont sur la culture.

 
 
 
 
 
 
 
 
 

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08
 
 
 
 

English As The Official Language : Passage of H.R. 123 Roll No.391 : August 1, 1996 English language Empowerment ; By a recorded vote of 359 ayes to 169 noes, Roll No. 391, House passed H.R.123 to amend title 4, United States Code, to declare English as the official language of the Government of the United States. Pages H-9738-72.

 
 
 
 

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Yves Michaud, Les raisons de la colère, Montréal, Fides, 2005.

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