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Empoisonner le monde ou le réenchanter?
Entrevue avec Claude BOURGUIGNON, agronome
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C’est là où vous intervenez. Comment évaluez-vous la fertilité d’un sol ?

 
 

Lydia et Claude Bourguignon
du Laboratoire d’Analyse Microbiologique des sols

CB  : J’ai développé cette technique à partir d’une idée fort simple : le sol est un système dynamique souvent profond d’environ trente centimètres, ce qui n’est pas très épais.

Parfois, on analyse des sols qui sortent directement de la roche-mère, que l’on touche en sondant le sol.

Mais d’autres sols sont si profonds qu’on ne peut pas toucher la roche-mère, tel Roissy où trente-trois mètres de profondeur de limons fertiles ont été recouverts par du béton et du goudron !

Bon.  Quand vous êtes en Bourgogne, sur la Côte d’Or, si vous voulez reconnaître l’état d’un sol, vous allez jusqu’à la roche mère.

Je prélève le sol à différentes profondeurs et emplacements.

Je vais jusqu’à la roche et je prélève les différentes couches.

Pour moi, les différentes couches du sol c’est un peu comme des strates dans une forêt équatoriale avec ses différents niveaux écologiques et ses microbes variés.  De multiples situations biologiques.

Je peux alors étudier l’évolution des argiles, leur qualité, leur surface interne de la roche mère jusque vers la surface. Je compare avec la partie travaillée par l’agriculteur.  Je compare le travail accompli par la Nature et celui de l’homme.  Je vais comparer la qualité des argiles.  En analyse chimique, je vais comparer les choses classiques (degré d’acidité en pH, pHO, pHKCL).  Je vais comparer la capacité des charges captioniques.  Je vais regarder l’activité biologique des sols.  Comment elle évolue dans la profondeur du sol.

Je connais aujourd’hui beaucoup de sols sur tous les continents de notre planète.  La conclusion générale est la suivante : normalement, les sols en bon équilibre ont une activité biologique qui baisse avec la profondeur jusqu’à environ 30 centimètres, pour ensuite rester parallèle à la roche mère.  On a deux grands groupes microbiens : en surface ceux de la matière organique.  On est en présence de l’atmosphère.  On a les groupes les plus actifs, le gros de l’énergie vivante qui se déploie.  Ensuite, la seconde couche, des profondeurs, aboutit un substrat purement minéral jusqu’aux organismes dévoreurs de pierres, les chimio-lithotropes.

Avec l’ensemble de cette approche physique, chimique et biologique entre ce que fait l’agriculteur, ce qu’il a donné au sol, je peux déterminer le dynamisme du sol à venir.  Si par exemple je vois de bonnes argiles au fond et que je ne retrouve que de mauvaises argiles à la surface ?

Le sol est en train de s’abîmer.  Les humus sont de mauvaises qualités.  Mon activité biologique n’est pas plus forte en surface que dans la partie minérale ?  Mon sol est en train de se minéraliser jusqu’à la surface.

Ce sol est mort.

C’est en faisant ces relevés et comparaisons que j’ai constaté des faits importants.

Tout le monde constate que la matière organique baisse dans les sols. Mais personne ne s’est jamais occupé de la qualité de cette matière organique.

J’ai étudié la capacité de charge cationique des agricultures conventionnelles.

Elle est deux ou trois fois plus importante.

Hélas cet aspect qualitatif est peu étudié car nous sommes encore dans une société du quantitatif qui se refuse encore à comprendre que les sols sont en train de mourir en Occident.

Ce sont eux qui nous nourrissent, ne l’oublions pas.  Alors si votre sol est déséquilibré, ce n’est pas en lui apportant les éléments NPK que vous allez recharger les choses.  La plante prend environ 28 éléments dans le sol.  Ce n’est pas en lui en apportant trois que vous allez lui rendre la santé.  Alors la plante tombe malade.  Le NPK fait grossir la plante par les éléments de la turgescence. C’est d’ailleurs pour cela que ces 3 éléments ont été retenus. Mais ils ne suffisent pas à la plante.

La nature est sans pitié. Dès qu’il y a quelque chose de carencé, les parasites se jettent dessus pour l’éliminer.  Il ne doit pas faire de progéniture, il doit disparaître.  Donc les plantes tombent malades.  Que font les agriculteurs ?  Ils traitent.  Comme ils traitent, ils massacrent le peu de microflore et microfaune qui reste dans le sol.  Les plantes sont encore plus carencées.

L’agriculteur rachète encore plus de pesticides.  Et comme ce sont les mes firmes qui font les engrais, les pesticides, et qui ensuite font les médicaments.  Alors pour les gens qui mangent ces plantes carencées ce n’est pas prêt de s’arrêter.  D’autant que les marchands d’engrais ont des marges de plus en plus faibles sur leurs engrais et que les vraies marges, c’est sur les pesticides et les produits phytosanitaires qu’ils les font.  Donc, ils n’ont pas du tout envie, pas du tout du tout, que cette manne s’arrête.  Rééquilibrer nos sols, rééquilibrer nos plantes, ça voudrait dire aussi baisser les charges de Sécurité Sociale dans les sociétés occidentales.  Ce que personne ne veut voir !  Parce que toute l’industrie pharmaceutique est là .

Absurde.

 

Si on laisse faire, quelle est la perspective ?

 
 

CB  :  Nul besoin d’être prophète.  Tout ce que les écologistes sérieux ont avancé depuis trente ans se vérifie aujourd’hui.  Nous jouons à l’heure actuelle l’avenir de notre civilisation.  Nous sommes en train de vivre l’Austerlitz de l’Occident.  Que va-t-il se passer si on laisse faire ?  L’Occident va s’écrouler parce qu’il n’y a plus de critiques, plus de remises en cause.  Et nous allons mourir comme toutes les civilisations par destruction des sols.  Comme l’empire romain, les mayas...

L’humus c’est le mot humanité.  Nous avons surtout notre malheur en nous-mêmes.  C’est notre civilisation qui est dangereuse car elle porte sa mort en elle.

Elle est en train de s’auto-détruire en criant un grand cocorico de victoire.  La science peut nous tuer car la morale ne suit pas.  Nous avons une morale biblique et une technologie du XXIe siècle.  Les scientifiques sont devenus les nouveaux prêtres., au XIIe siècle ils étaient moines !!

Le commun des mortels est coupé de la culture scientifique, technique et industrielle que manipulent les spécialistes distanciés.  Et cela fait très peur.  Regardez le pilote d’avion qui dirige sa bombe avec un laser sur des objectifs !  Il fait une guerre propre.  La preuve ?  Il ne voit pas le résultat de son geste sur son écran
T.V. !!!

La science occidentale moderne distancie essentiellement les choses. Elle le fait de tout.

 
 

Et au niveau alimentaire de l’Occident ?

 
 

CB  : La distanciation au niveau alimentaire est claire.  Les gens ne veulent plus savoir qu’ils mangent la mort d’un animal.

En conséquence, on leur propose une espèce de viande carnée, congelée, mise en sachet dans un bac.

Les poissons ?  Ils sont déjà panés.  Les abattoirs sont présentés comme très hygiéniques.  Les bêtes n’y souffrent plus...  

Il n’y a plus la moindre trace de meurtre.

La personne peut donc manger la viande comme si c’était de la purée.  Elle n’a pas l’impression de participer à un crime.  Le steak haché type hamburger il faut beaucoup d’imagination pour rapprocher cela de la viande.  Donc l’homme se sent complètement déculpabilisé et à ce moment il peut accepter que les bêtes soient élevées comme elles le sont : dans des camps de concentration absolument monstrueux.

J’estime que tous les lycéens de France devraient aller voir au moins une fois comment on traite les cochons, les poulets, les veaux, etc. dans l’industrie intensive.  Et ils devraient aller ensuite visiter un abattoir.

C’est très impressionnant de voir des bêtes qui arrivent vivantes et qui, en moins de 15 mètres, sont déjà complètement saignées. La vitesse de transformation de la bête vivante.

C’est extraordinairement choquant !

Sans faire du passé un âge d’or, la notion de fête est perdue.  Autrefois, la mort d’un animal était rare et festive. L’animal était un compagnon et sa mort était vécue, acceptée, transcendée, transformée par un acte touchant la vie et la mort.

La source du sacré.  L’animal était complice de la vie de l’homme, lorsque ceux-ci entretenaient un rapport d’amour respectueux de la nature.  Maintenant la viande est devenue un produit totalement banal et pour pouvoir donner de la viande de façon banale à tout le monde, tous les jours de la semaine, on fait des camps d’élevage atroces.  Les bêtes sont piquées tous les jours.  Si on ne pique pas les cochons industriels aux tranquillisants ils meurent de crise cardiaque, etc.  Ce qu’on arrive à faire dans les élevages industriels, c’est à vomir.

A vomir.

Et c’est accepté en toute impunité de la science, de l’hygiène, de la technologie.  Vous savez je pense qu’une société qui traite la vie comme cela ne peut pas se traiter elle-même correctement.

La société fait des guerres propres.  C’est comme l’agriculteur qui passe dans son champ avec ses produits de mort à 400 grammes l’hectare.  Après il a un champ nickel-chrome.  Il n’y a plus un seul coquelicot pour le blé. Plus une mauvaise herbe.  Propre.  Rationnel.  Enfin quelque chose de propre !

La mort est d’une grande beauté...

Agriculture biologique en biodiversité dans la région du Valais

 

Quelles solutions alors ?

 
 

CB  : Comme le disait très bien Kant, une chose est morale quand elle est généralisable à l’ensemble de l’humanité.  Notre agriculture industrielle n’est pas généralisable.  S’il fallait simplement pour l’azote industriel apporter à l’ensemble des terres cultivées la quantité d’azote que mange la France, la totalité de la flotte mondiale ne suffirait pas transporter l’azote en question.

C’est impossible.  Ce n’est pas généralisable.  Donc il faut changer d’agriculture.  Car on se garde bien de dire aux Français qu’avec notre système alimentaire il faut un hectare de terre cultivée pour manger dans les pays riches. Tandis qu’il ne reste que 2600 m2 de terres cultivées par habitant.

Alors ?  Si nous consommons un hectare, c’est qu’il y a des êtres humains qui ne mangent pas.  C’est une simple mathématique, mais elle est vraie.  Et il faut continuer.  Il reste 3 hectares par habitant à l’heure actuelle sur la planète Terre, toutes terres confondues, Sahara, Pôles.  Tout.  Sur ces trois hectares on prélève de quoi s’habiller, faire notre maison, notre voiture, etc.  Et sur ces terres il reste 2600m2 cultivés, pour manger.  Et il en disparaît à l’heure actuelle l’équivalent de la surface de la France tous les ans par érosion.

Les rendements sont en train de stagner en Europe.  On parle de fatigue des sols.  Avant c’était tranquille, les engrais solubles étaient déversés et on augmentait de 3 quintaux/hectare/an.  Tout le monde criait victoire. L’INRA annonçait déjà 150 quintaux à l’hectare dans le début des années 80.  Aujourd’hui, on remet sérieusement en doute cela.  On voit des agriculteurs habitués à leurs 100 quintaux qui tombent à 40 quintaux.  Par fatigue des sols...

Or si vous comparez la teneur en éléments des sols telle qu’elle se pratique dans les méthodes d’analyse conventionnelle, les sols d’agriculture biologique ont souvent moins d’éléments solides que les sols en conventionnel ; donc selon les critères retenus par l’agriculture conventionnelle, ils sont moins fertiles.  Par contre en tant que milieu "sol", les sols en agriculture conventionnelle sont déséquilibrés.  Cela dit, il y a des gens en "Bio" qui travaillent très mal.  Certains ont simplement remplacé les engrais chimiques par des engrais organiques.  Ce n’est pas cela l’agriculture.

L’agriculture vivante est celle qui amende ses sols.

Amender ?

Restituer.

C’est l’équivalent pour l’agriculteur de l’entretien du matériel productif par l’industriel ; le sol est ce qui produit, donc il faut l’entretenir.

La fertilisation (ou l’amendement donc) possède trois volets. Traditionnellement, on fabriquait de l’humus en compostant.

Raisins biologique

Pour les argiles, on marnait : on apportait des argiles calcaires et on les mélangeait à un liant, la plupart du temps le calcium.  Le tout était mélangé au compost et on épandait sur le sol.  On entretenait ainsi tous les ans son matériel de production.  Et on l’améliorait.

Second volet de l’amendement : la fertilisation des microbes.  Les microbes vont nourrir les plantes, donc il faut les fertiliser.  On fertilise les deux grands groupes : le groupe de la matière organique et celui de la chimie lithotrophe.

Le groupe de la matière organique se divise en trois.

a) le groupe de l’humification que l’on fertilise par le compost.
b) le groupe de la minéralisation qui est fertilisé par les engrais verts.
c) le groupe de la rhizosphère (les microbes qui vivent contre les racines des plantes et qui les nourrissent, est entretenu par la rotation des cultures.

En effet, chaque espèce de plantes stimule une certaine microflore.  Et enfin il y a le groupe des chimiolithotrophes, c’est-à dire celui des roches mères.  On les nourrit par des roches broyées.  Si on est en terrain calcaire, on broie du granit et on équilibre ce que la géologie a mal distribué.  Et puis enfin le dernier volet : la fertilisation des plantes.  Elle consiste à apporter ce que l’on a exporté pour ne pas appauvrir son sol en éléments nutritifs.

Vous prélevez 50 kg d’azote ?  Vous restituez 50 kg d’azote.  Maintenant avec l’agriculture industrielle, les deux premiers volets n’existent plus.  On fait de la monoculture.  On ne fait plus que la fertilisation des plantes.  Et dès qu’on a un système non généralisable qui se généralise c’est la mort garantie à très brève échéance, dans n’importe quel groupe humain.  On ne donne pas trente ans à cette civilisation en analysant les sols.

Quand vous voyez l’Afrique, c’est affolant !  Les pays comme l’Éthiopie et le Soudan ont coupé 95% de leur surface forestière depuis 1960 !  Négociés en 30 ans !  Et maintenant c’est une marée humaine de crève-la-faim. Les boat people vont être le gros problème de l’Occident.  On ne pourra pas faire face, surtout si on limite à la peur, le rejet et la force.  Allez en Indes, c’est le cauchemar l’Inde !  Et on a fait croire que le problème allait être résolu techniquement.

Mais le problème n’est pas technique.  Le problème est bien plus subtil que cela.

La Terre est quelque chose de très subtil.

Nourrir les hommes, ce n’est pas simple.

On a cru qu’en vendant des engrais aux Hindous et en mettant des variétés à haut rendement, on allait régler le problème.  On a érodé des millions d’hectares aux Indes depuis les années 70 par les techniques dites de la Révolution Verte.  Les résultats de cette Révolution Verte qui a valu à son promoteur, Norbert Borlaug, un prix Nobel, s’annoncent aujourd’hui en toute clarté : des millions de vies exterminées par cette Révolution Verte.

Tous les pays du Maghreb étaient à peu près autosuffisants jusqu’en 1945.  Ils sont maintenant importateurs à 85% de leur alimentation.  Alors ils s’amusent à faire pousser de la luzerne dans le désert sous plastique noir.  Je veux bien !  En Arabie Saoudite, on fait pousser du blé dans le désert qui coûte 45 fois le prix mondial, quelque chose comme Marie-Antoinette qui fait la promenade des moutons.  Inepte.

Indigne de l’homme et de la Femme.  Non.

La seule chose qui puisse sauver l’humanité des grandes catastrophes c’est l’agriculture biologique & la biodynamie.  L’Amour.  Un nouvel Art de la Science.  Le Bon Sens.

 
 

Quelles sont les solutions adaptées que vous préconisez ?

 
 

CB  : Il faut : 

a) Replanter des haies en maillage de 20 hectares.
b) Reboiser les zones sensibles.
c) Gérer la matière organique des villes à part des gadoues industrielles afin de pouvoir remonter le taux de matière organique des sols.

 

 

La biodynamie ?

 
 

CB  : Je pense qu’à l’heure actuelle la seule et unique solution pour le Tiers-Monde est l’agriculture biodynamique. L’agriculture biodynamique ne coûte rien.  Elle se fait uniquement avec des préparations manuelles.  Elle peut être enrichie des savoir locaux.  Elle est d’une simplicité extraordinaire.  L’agriculture biodynamique correspond de plus parfaitement à la mentalité des pays du Tiers-Monde qui ne sont pas choqués de travailler avec des notions de forces cosmiques.

Mon point de vue scientifique sur l’agriculture biodynamique c’est que d’évidence c’est spécial.  Les préparations biodynamiques font plus penser à des grimoires médiévaux de recettes de sorcellerie qu’à de la science propre.  Et pourtant, j’ai étudié quelques préparations et il y en a qui m’ont totalement époustouflé.  En particulier la préparation de bouses de cornes.

La bouse de cornes au microscope c’est hallucinant ce que cela peut entretenir comme vie microbienne !  Or, normalement, dans la bouse de vache il n’y a pas grand chose.  Et Steiner lui nous fait enterrer une corne de génisse à la St Michel, puis la déterrer à la St Jean. C’est carrément de la sorcellerie du Moyen-Age.  Ou d’antiques connaissances, d’anciennes sciences de la nature.  Et ensuite ce qui est hallucinant, c’est le résultat.

Qu’est-ce qui se passe ?  Je n’en sais rien du tout.  Je ne sais pas quel type d’énergie touche la biodynamie mais en tant que scientifique je me garde bien d’en rire.  Je dis simplement que je n’ai pas d’explication.  Mes appareils de mesure ne voient rien, n’ont pas accès à la fréquence des énergies actionnées par la biodynamie. 

La seule chose que j’observe c’est que leurs sols sont plus actifs.  Par exemple les composts évoluent trois semaines plus tôt quand ils sont traités avec les préparations biodynamiques de Rudolf Steiner.  Et effectivement, il y a des préparations qui ont des activités biologiques remarquables.  C’est tout ce que je peux dire.  Mais je ne peux pas mesurer les activités de la biodynamie. 

Si j’étais à la tète d’un Institut, je ferai faire des expériences pour voir ce qu’il y a derrière cela.  Avec une vision scientifique.  Telles la naissance ces dix dernières années de plusieurs chaires de biodynamie dans un certain nombre d’universités américaines, et également allemandes.  Le dossier de l’agriculture biologique débouche sur la vision de la naissance de véritables universités écologiques rurales et urbaines.

La grande fracture dissimulée là par toute notre histoire culturelle est le rapport à la Terre, à la Femme.  La Terre a besoin de respect.  La Terre manque de bras pour être cultivée avec le soin qu’elle demande mais hélas les hommes ne veulent plus la travailler car être paysan est devenu dégradant.

La destruction des sols agricoles est le problème majeur auquel l’humanité va être confrontée au siècle prochain. Il faut arrêter l’érosion des sols cultivés.

L’urgence de l’urgence c’est la vie des sols.

 

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  Un plan pour nourrir le Québec par Roméo Bouchard
Co-fondateur de l'Union Paysanne

Autosuffisance alimentaire: vision de Jean Garon. Ex-ministre de l'Agriculture du Québec

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