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Pendant que le Québec se voile... les femmes iraniennes risquent la prison pour se dévoiler

Frondeuses et téméraires, ces femmes iraniennes sont de plus en plus nombreuses à braver la loi.  Et la population qui les voit semble prête à les soutenir... De qui parle-t-on?  En 2015, il y a environ 59 millions de femmes en Iran, le nombre de femmes fréquentant les médias sociaux n'est pas connu car elles seraient inscrites au nom du mari ou du père.  La langue nationale est le Persan.  Combien parlent français ou anglais?  Il y aurait une cinquantaine de femmes qui aurait participé et une trentaine arrêtée pour avoir suivi le mot d'ordre sur Facebook.  On comprend que malgré la propagande de l'OTAN, la révolution pro-états-unienne n'est pas pour demain.

Incapables de se ternir debout au Québec, les twitteux encouragent ces femmes à se dévoiler et à se ramasser en prison pendant qu'eux et elles au Québec roupillent avec Québec Solidaire et autres bobos pour permettre à une femme d'être députée à l'Assemblée nationale du Québec, vêtue d'une burqa. Un cas hypothétique bien sûr.  Ce contre quoi la seule députée musulmane du Québec, Fatima Houda Pepin, s'est battue et a été rejetée par le Parti Libéral du Québec.
- JosPublic

Iran : elles enlèvent leur voile en pleine rue

 

Une femme tête nue brandissant son voile sur un bâton est largement utilisée sur les réseaux sociaux pour incarner les manifestations.  La photo est en réalité antérieure aux premiers défilés et ne fait partie d'aucun mouvement connu.

Dans un pays où le port du voile est rendu obligatoire par les autorités, se séparer de cet accessoire est un puissant signe de contestation. 

Or, de plus en plus de femmes iraniennes ont décidé de faire ce geste aussi courageux que symbolique, accrochant leur voile au bout d’un bâton pour le lever fièrement dans le ciel. 

Des images fortes qui méritent toute notre attention.

En décembre 2017, une jeune femme de 31 ans, mère de famille, a été arrêtée pour avoir ôté son foulard en public et l’avoir agité dans la rue.   Depuis, en signe de soutien, d’autres Iraniennes ont décidé de suivre son exemple. 

Un pari risqué qui fait souffler un léger vent de liberté… et de révolte.  Solidaire, pacifique et téméraire ce nouveau mouvement pour plus de liberté ne fait sans doute que commencer…

L’action est en fait liée au mouvement « Mercredi blanc ». initié par Masih Alinejad, journaliste iranienne exilée à Londres depuis 2005 et lancé sur les réseaux sociaux pour protester contre les obligations vestimentaires imposées aux femmes en Iran.

«

Des hommes, des femmes, tout le monde m’encourageait. Personne ne m’a insultée. Avec le soutien des gens, ma peur a peu à peu diminué (…) Les gens criaient : cours, nous te protègerons

»
 

Tchador, foulard ou hidjab?

 

L'initiative d'Iraniennes retirant leur foulard et postant des photos sur facebook a ramené la question de la tenue islamique sur le devant de la scène occidentale et donné lieu à pas mal d'approximations.

Plusieurs dizaines d'Iraniennes ont créé un phénomène sur internet en se prenant en photo sans foulard et en le postant sur un site facebook.   Mais la question du foulard donne lieu à pas mal de d'idées reçues et voile une partie de la réalité de la situation des femmes en Iran

 
 

Traditionnellement, les femmes en milieu urbain portaient le tchador noir ou de couleur sombre, grande pièce de tissu qui recouvre le corps à l'exception du visage.  Son usage tend à céder la place au foulard (roussari, en persan) et au manto , sorte de tunique plus ou moins longue.  Le terme hidjab est peu usité, sauf par la police des moeurs chargée de traquer le "mauvais hidjab", les femmes mal voilées.

Comme il faut le tenir d'une main en le portant, cette tenue ne convient pas aux femmes des campagnes qui portent généralement des foulards.  Raison pour laquelle, dans un film d' Abbas Kiarostami, on voit une jeune paysanne expliquer qu'elle préfèrerait porter la tenue sombre des citadines plutôt que sa robe colorée qui l'identifie comme une fille de la campagne. 

 

Le tri des pistaches, dans la région de Rafsanjan. les femmes sont vêtues d'un manto et d'un foulard

Les écolières et les fonctionnaires portent le maghnae, sorte de cagoule qui s'enfilent sur la tête. mais elles savent le troquer contre un foulard coloré le weekend.

Capture d'écran du film "Une séparation" d' Afghar Farhadi

 

Les femmes ôtent le voile à la maison devant leurs proches -ou leurs amis, selon leur degré de religiosité-, sauf... dans les films, leur présence à l'écran étant considérée comme une présence dans l'espace public. 

Depuis quand les Iraniennes sont-elles obligées de se voiler?

Quelques mois après la révolution islamique de 1979, la loi iranienne impose le port du tchador ou du voile. Pour autant, à la veille de la révolution, seule une minorité de femmes, principalement dans les classes aisées, se promenait sans voile.

 

Femme Bakhtiari, province du Khouzestan

 

Petit retour en arrière.

Influencé par la politique "moderniste" d' Atatürk, Reza Chah Pahlavi, interdit le port du foulard, en 1936, dans un pays profondément religieux.  "Les policiers étaient chargés de dévoiler les femmes qui se promenaient couvertes dans l'espace public, explique Azadeh Kian, professeure de sociologie et directrice du Cedref.  Cela a donné lieu à des scènes d'une grande violence".  Les fonctionnaires devaient se rendre aux cérémonies officielles en compagnie de leurs épouses dévoilées.  

Après son abdication forcée au profit de son fils sous la pression des puissances occidentales qui soupçonnaient sa trop grande proximité avec l'Allemagne nazie, l'interdiction du foulard dans l'espace public n'est plus appliquée.  Mais elle est maintenue dans l'administration. 

"Dans les années 1970, à la veille de la révolution, Il n'y avait quasiment aucune femme voilée à l'université, alors que dans leur grande majorité, les Iraniennes portaient le voile ou le tchador, se souvient Azadeh Kian.  De fait, certaines femmes de la classe moyenne traditionnelle ont sans doute renoncé à accéder aux études supérieures pour cette raison".

 

Femmes turcomanes

La révolution iranienne constitue une revanche pour ces femmes.  Avec le soulèvement populaire, nombre de jeunes filles des quartiers populaires sortent manifester loin de chez elles, une chose inconcevable à l'époque de leurs mères, confinées au foyer ou dans sa proximité immédiate.  Elles accèdent à l'espace public, drapées dans leur tchador.  Avec la révolution, la scolarisation augmente de façon spectaculaire, ce qui entraine de profondes mutations sociales et démographiques: large accès des femmes aux études supérieures, recul de l'âge du mariage et de la nuptialité, forte baisse de la fécondité.  

Y-a-t-il eu un relâchement dans le port du voile, depuis?

Le foulard sert souvent de baromètre de la vie politique.  Avec l'assouplissement du régime sous la présidence de Mohammad Khatami (1997-2005), les contrôles de la police des moeurs se relâchent.  Mais au lendemain de son élection en 2005, son successeur Mahmoud Ahmadinejad se sent obligé de donner des gages à sa base et à ses parrains ultraconservateurs.  Les patrouilles qui sanctionnent les femmes dont les mèches de cheveux dépassent trop du foulard se multiplient.  

Pourtant, quand au cours de son second mandat, le dirigeant populiste entre en conflit avec le Guide de la révolution et le Parlement, il change de discours et tente de séduire la jeunesse.   Ahmadinejad réclame qu'on cesse les actions répressives destinées à faire respecter le port du voile.  "D'une façon générale, en période électorale, ou quand les tensions sociales montent, les contrôles sont allégés", souligne Azadeh Kian. 

 

Quant à l'actuel président, Hassan Rohani, qui a nommé des femmes gouverneures, il a reconnu, en avril 2017, qu'il "existe toujours des insuffisances dans les droits des femmes et l'égalité entre les sexes".  Une manifestation -non autorisée- contre les femmes mal voilées a rassemblé à peine 4 000 personnes à Téhéran en mai 2014.   Commmentaire du gouverneur de la province: "Ceux qui contestent les atteintes à la vertu ne devraient pas eux-mêmes s'abstenir de respecter la loi"

Que risquent les femmes mal voilées?

En théorie, elles risquent des coups de fouet.  Depuis plusieurs années, ceux-ci ont disparu de fait.   "De nombreux témoignages font état de passants qui s'interposent pour soutenir les femmes mal voilées lorsqu'elles sont contrôlées.  Quand ils se produisent, toutefois, les contrevenantes sont embarquées au poste et libérées contre une amende.  Elles risquent les coups de fouet au bout de trois récidives", explique Azadeh Kian, ce qui est très improbable. 

L'usage du tchador est-il en recul?

La mode vestimentaire a changé ces dernières années, et pas seulement dans les classes aisées.  La fréquence de l'usage du tchador a diminué au profit du manto, longue tunique, et du foulard, plus pratiques pour la vie active.  Le manto raccourcit d'année en année.   "Il y a un véritable mouvement de rejet", souligne Azadeh Kian.   Lorsque l'on se promène sur les pentes de l'Alborz qui surplombe Téhéran, le vendredi (équivalant du dimanche en Occident), parmi les nombreux promeneurs, difficile de croiser des femmes en tchador; les tuniques sont de plus en plus courtes et les foulards colorés majoritaires, portés avec beaucoup de relâchement.  Bien sûr, les sentiers montagnards sont proches des beaux quartiers, ceux du nord de la ville.   

 

Dans un bureau de vote, au sud de Téhéran, en 2012

 

Les habitants des quartiers modestes, dans le centre et dans le sud de la ville sont sont doute moins nombreux à traverser la mégalopole pour venir y profiter de la fraîcheur.  Il n'empêche que lorsque l'on se promène dans les quartiers sud de Téhéran ou dans les villes de province, on constate clairement le recul du tchador et là aussi les cheveux dépassent sous le foulard.  Il est fort à parier que si la contrainte était levée, une proportion de femmes beaucoup plus grande qu'avant la révolution choisirait de se découvrir les cheveux.  

Reste que la chevelure des Iraniennes est loin de constituer leur seule préoccupation.  L'inflation, le chômage et, dans la capitale, le logement, font partie de leurs priorités.  

Manipulation occidentale

Cependant des Iraniennes nationalistes refusent d'entrer dans le jeu de Soros l'états-unien "semeur de bordel" disent-elles, qui finance ce genre de mouvement anti-foulard pour détruire le nationalisme et amener le peuple à accepter un gouvernement mondial dirigé par les États-Unis d'Amérique.  Au-delà du courage des unes, il y a aussi l'analyse des autres. 

 

Voilà un débat qui concerne les Iraniennes et pas ceux et celles qui voudraient leur imposer une morale toute occidentale.  Débat, respect et débat...sinon pas de démocratie.  La dictature des idées est un dictature comme les autres.                                                                - JosPublic

 

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Source: POSITIVR et l'Express

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 11 février 2018

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La police de l'habillement: Fou de Dieu ou fou tout court?

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Par Valérie Borde

Notes & Références encyclopédiques:

Son usage tend à céder la place au foulard...

 

Les Iraniennes, entre « mantô » et « tchador » - Sur La Croix, le 13 septembre 2010

 

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tente de séduire la jeunesse...

 
 

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l'actuel président, Hassan Rohani a nommé...

 

Masoumeh Parandvar (à gauche) et Homeira Rigi (à droite)

Iran : deux femmes nommées gouverneures au Sistan-Baloutchistan - Le Monde, le 2 mai 2014

 

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